Argentine: Des milliers de personnes manifestent à Buenos Aires pour le pouvoir d'achat

Manifestation sur la place Plaza de Mayo devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires (Photo, AFP).
Manifestation sur la place Plaza de Mayo devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Argentine: Des milliers de personnes manifestent à Buenos Aires pour le pouvoir d'achat

  • Parmi leurs revendications figurent une hausse drastique du salaire minimum
  • Les organisations de gauche radicale dénoncent la timidité des mesures sociales du gouvernement

BUENOS AIRES: Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mercredi à Buenos Aires, s'apprêtant pour une partie d'entre elles à camper la nuit devant la présidence, pour réclamer une hausse des salaires, à la veille de l'annonce de l'indice d'inflation pour juillet qui devrait rogner encore le pouvoir d'achat.

Les manifestants, à l'appel d'organisations situées à la gauche du gouvernement (centre gauche) d'Alberto Fernandez, ont convergé, sans incidents, vers la Plaza de Mayo, siège de la présidence, et du ministère de l'Economie dans une rue adjacente.

A la tombée de la nuit, quelques centaines de tentes étaient dressées sur la place ou à même la chaussée, des petits feux ou barbecues improvisés en musique, par les manifestants qui demandent à être reçus par le nouveau ministre de l'Economie Sergio Massa depuis une semaine.

Les organisations de gauche radicale dénoncent la timidité des mesures sociales du gouvernement, plus soucieux selon elles de rassurer les marchés financiers que d'amortir le choc inflationniste pour les couches défavorisées.

Parmi leurs revendications figurent une hausse drastique du salaire minimum, de 45.540 pesos (325 dollars au change officiel) à 105.000 pesos (744 dollars), la valeur estimée du panier alimentaire pour une famille de quatre pour se maintenir au-dessus du seuil de pauvreté.

Ils réclament aussi une prime de 20.000 pesos (143 dollars) pour les retraités, les autoentrepreneurs vulnérables, les travailleurs précaires.

"Le ministre (Massa) s'est adressé aux marchés, aux pouvoirs économiques, mais n'a apporté aucune réponse aux secteurs populaires sur la façon d'atténuer un processus inflationniste sans fin", a dénoncé Eduardo Belliboni, dirigeant du Polo Obrero, une des principales organisations au coeur de la manifestation.

Le rassemblement, qui fait suite des mobilisations similaires ces dernières semaines, intervient à la veille de la publication de l'indice d'inflation pour juillet, qui selon les prévisions de plusieurs économistes, pourrait être, autour de 7%, le plus élevé de l'année en cours.

L'économie argentine, notoirement instable, a vécu un mois de juillet particulièrement fébrile, avec la démission surprise du ministre de l'Economie depuis deux ans Martin Guzman, un bref intérim de Silvina Batakis, et des efforts à ce jour vains du gouvernement pour enrayer une inflation à 36,2% pour le premier semestre, 64% sur les douze derniers mois.

Le ministre Massa a annoncé mercredi un coup de pouce (+15,53%) pour les retraites, les allocations familiales, malgré l'objectif de discipline budgétaire auquel s'est engagée l'Argentine dans le cadre de son accord, en mars, avec le FMI pour le refinancement de sa dette.


La Chine assouplit ses restrictions sanitaires dans la foulée des manifestations

Un homme portant un masque promène son chien dans une rue pendant la pandémie de Covid-19 à Pékin le 1er décembre 2022. (Photo de WANG Zhao / AFP)
Un homme portant un masque promène son chien dans une rue pendant la pandémie de Covid-19 à Pékin le 1er décembre 2022. (Photo de WANG Zhao / AFP)
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  • Dans la capitale, Pékin, les autorités sanitaires ont appelé les hôpitaux jeudi à cesser de refuser des soins en l'absence de test PCR négatif datant de moins de 48 heures
  • La Chine a connu une série de décès, quand les soins ou les secours ont été retardés par les strictes mesures anti-Covid, en particulier la mort récente d'un bébé de quatre mois coincé en quarantaine avec son père

PEKIN: Plusieurs villes chinoises ont encore allégé les règles draconiennes anti-Covid vendredi, dans la foulée des manifestations historiques des derniers jours pour réclamer la fin des restrictions et davantage de libertés.

La colère et la frustration des Chinois à l'égard de la ligne dure de Pékin en matière de lutte contre la pandémie ont débordé dans les rues du pays le week-end dernier, une mobilisation d'une ampleur inédite depuis des décennies.

Dans la foulée, plusieurs villes ont commencé à assouplir les restrictions sanitaires, comme l'abandon des tests quotidiens de masse, un des piliers fastidieux de la vie sous le règne du "zéro-Covid".

À partir de vendredi, la métropole de Chengdu (sud-ouest) n'exigera plus un résultat de test négatif récent pour entrer dans les lieux publics ou prendre le métro, mais seulement un pass sanitaire au vert, confirmant qu'ils n'ont pas traversé une zone "à haut risque".

Dans la capitale, Pékin, les autorités sanitaires ont appelé les hôpitaux jeudi à cesser de refuser des soins en l'absence de test PCR négatif datant de moins de 48 heures.

La Chine a connu une série de décès, quand les soins ou les secours ont été retardés par les strictes mesures anti-Covid, en particulier la mort récente d'un bébé de quatre mois coincé en quarantaine avec son père.

En janvier, une femme enceinte de la ville de Xi'an avait également perdu son bébé, après le refus de l'hôpital de la prendre en charge faute de test PCR.

Ces décès ont été un cri de ralliement pendant les manifestations, un post devenu viral énumérant les noms de tous ceux qui sont morts à cause de négligences liées aux restrictions sanitaires.

De nombreuses autres villes touchées par une recrudescence des cas de coronavirus autorisent désormais la réouverture des restaurants, des centres commerciaux et même des écoles, s'écartant ainsi clairement des règles strictes de confinement qui prévalaient jusqu'ici.

Dans la ville d'Urumqi, capitale de la région du Xinjiang (nord-ouest), où un incendie mortel avait déclenché les premières manifestations, les autorités ont annoncé vendredi que les supermarchés, les hôtels, les restaurants et les stations de ski seraient progressivement rouverts.

Cette ville de plus de quatre millions d'habitants a subi l'un des plus longs confinements de Chine, certains quartiers ayant été fermés début août.

L'incendie d'un immeuble d'habitations, le 26 novembre, y avait fait 10 morts, et les restrictions ont été accusées d'avoir retardé les secours.

Quarantaine à domicile

Dans une analyse publiée vendredi par le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste au pouvoir, plusieurs experts de la santé soutiennent les mesures prises par certaines autorités locales pour permettre aux cas positifs de rester en quarantaine chez eux.

Il s'agit d'un changement radical par rapport aux règles prévalant jusque-là et qui, dans encore une grande partie du pays, exigent que les personnes infectées soient confinées dans des installations gouvernementales.

La ville industrielle de Dongguan (sud) a annoncé jeudi que les personnes remplissant des "conditions spécifiques" devaient être autorisées à rester en quarantaine à domicile, sans préciser quelles sont ces conditions.

La mégalopole technologique de Shenzhen, également dans le sud, a mis en place une politique similaire mercredi.

Au niveau national, des responsables du gouvernement ont aussi signalé qu'un assouplissement plus large de la politique pourrait être envisagé.

S'exprimant mercredi devant la Commission nationale de la santé, la vice-Première ministre Sun Chunlan a reconnu la faible dangerosité du variant Omicron et l'amélioration du taux de vaccination, selon l'agence d'Etat Chine Nouvelle.

C'est pourquoi l'approche de la Chine vis-à-vis du virus "fait face à de nouvelles circonstances", a-t-elle déclaré.

Figure centrale de la stratégie chinoise face à la pandémie, Mme Sun n'a fait aucune mention de la politique "zéro Covid", laissant espérer que cette stratégie, qui bouleverse depuis trois ans la vie des Chinois et l'économie de leur pays, serait bientôt assouplie.


L'Ukraine va limiter les activités des organisations religieuses affiliées à Moscou

Les militaires du Service de sécurité ukrainien (SBU) vérifient les documents des visiteurs du monastère de Kiev Pechersk Lavra, le 22 novembre 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
Les militaires du Service de sécurité ukrainien (SBU) vérifient les documents des visiteurs du monastère de Kiev Pechersk Lavra, le 22 novembre 2022, au milieu de l'invasion russe de l'Ukraine. (AFP)
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  • Le gouvernement est chargé de proposer au Parlement un projet de loi pour rendre impossible les activités en Ukraine des organisations religieuses affiliées aux centres d'influence en Russie
  • Ces mesures font suite à des perquisitions menées en novembre par les services de sécurité ukrainiens dans le principal monastère de Kiev et plusieurs autres lieux de cultes, sur fond de soupçons de liens avec Moscou

KIEV: L'Ukraine va limiter les activités sur son territoire des organisations religieuses affiliées à la Russie et remettre en question le statut de l'Eglise orthodoxe dépendante du patriarcat de Moscou, a annoncé jeudi le président Volodymyr Zelensky.

"Le Conseil de sécurité nationale et de défense a chargé le gouvernement de proposer à la Verkhovna Rada (le Parlement, ndlr) un projet de loi pour rendre impossible les activités en Ukraine des organisations religieuses affiliées aux centres d'influence en Russie", a déclaré M. Zelensky dans son discours vidéo du soir.

Selon M. Zelensky, l'Etat ukrainien devra également "s'assurer de l'expertise religieuse du statut de l'Eglise orthodoxe ukrainienne sur la présence d'un lien canonique avec le patriarcat de Moscou et, si nécessaire, prendre les mesures prévues par la loi".

Ces mesures font suite à des perquisitions menées en novembre par les services de sécurité ukrainiens dans le principal monastère de la capitale Kiev, lieu de résidence du primat de l'Eglise orthodoxe ukrainienne, et plusieurs autres lieux de cultes, sur fond de soupçons de liens avec Moscou.

Les services ukrainiens ont ensuite assuré y avoir saisi plusieurs milliers de dollars et de la "littérature prorusse".

L'Ukraine, pays à majorité orthodoxe, est divisé entre une Eglise dépendante du patriarcat de Moscou - qui a cependant annoncé rompre ses liens avec la Russie fin mai du fait de l'invasion du pays  - et par une autre Eglise représentée par le patriarcat de Kiev ayant prêté en 2019 allégeance au patriarche Bartolomée, basé à Istanbul.

L'Eglise orthodoxe russe, dont le patriarche Kirill est un important soutien du président russe Vladimir Poutine, avait dénoncé les perquisitions menées en Ukraine comme un "acte d'intimidation" envers les croyants.


La guerre en Ukraine montre que l'Europe n'est «pas assez forte», selon la Première ministre finlandaise

Le Premier ministre australien Anthony Albanese (à droite) accueille la Première ministre finlandaise Sanna Marin à Kirribilli House à Sydney le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
Le Premier ministre australien Anthony Albanese (à droite) accueille la Première ministre finlandaise Sanna Marin à Kirribilli House à Sydney le 2 décembre 2022. (Photo, AFP)
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  • «L'Europe n'est pas assez forte en ce moment, nous serions en difficulté sans les Etats-Unis», a déclaré a Première ministre finlandaise
  • Depuis leur adhésion à l'Union européenne en 2004, des nations comme l'Estonie et la Pologne ont exhorté les autres membres de l'UE à adopter une ligne plus dure à l'égard de M. Poutine

SYDNEY: La Première ministre finlandaise Sanna Marin a dressé vendredi un bilan "très honnête" des capacités de l'Europe à l'aune de la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, déclarant sans ambages qu'elle n'est "pas assez forte" pour tenir seule tête à Moscou.

En visite en Australie, la dirigeante du pays candidat à l'adhésion à l'Otan a souligné que l'invasion et l'occupation de l'Ukraine voisine par la Russie ont révélé les faiblesses et les erreurs stratégiques de l'Europe face Moscou.

"Je dois être très honnête (....) avec vous, l'Europe n'est pas assez forte en ce moment, nous serions en difficulté sans les Etats-Unis", a-t-elle pointé auprès du Lowy Institute, un groupe de réflexion basé à Sydney.