Argentine: La nomination très «politique» d'un nouveau ministre de l'Économie

Un soldat de la Garde présidentielle se tient devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires, Argentine (Photo, AFP).
Un soldat de la Garde présidentielle se tient devant le palais présidentiel Casa Rosada à Buenos Aires, Argentine (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 30 juillet 2022

Argentine: La nomination très «politique» d'un nouveau ministre de l'Économie

  • Le peso argentin s'est renforcé sur le marché informel, où il avait récemment atteint un record de 350 pesos contre un dollar
  • M. Massa va notamment remplacer Silvina Batakis, nommée au portefeuille de l'Économie il y a moins d'un mois

BUENOS AIRES: Les marchés sont restés calmes vendredi en Argentine au lendemain de la nomination d'un nouveau "super ministre" de l'Économie, troisième titulaire de ce portefeuille en moins d'un mois, une désignation avant tout "politique", selon les analystes.

Le peso argentin s'est renforcé sur le marché informel, où il avait récemment atteint un record de 350 pesos contre un dollar. Vendredi, sur ce marché parallèle, dont les échanges sont marginaux en volume d'opérations, mais qui représente pour les Argentins un thermomètre économique, un dollar s'échangeait à moins de 300 pesos.

L'indice de référence de la Bourse de Buenos Aires, le Merval, était en légère baisse de 0,73% à l'ouverture, tandis que les titres de la dette ont repris des couleurs.

"La réaction des marchés a été positive parce qu'ils voient en (Sergio) Massa une figure pragmatique, avec des bonnes relations avec les entrepreneurs et le marché", a décrypté pour l'AFP l'économiste Nery Persichini, du cabinet d'analyses GMA Capital.

Jeudi, le président de centre gauche Alberto Fernandez a annoncé la nomination du président de la Chambre des députés, Sergio Massa, à un poste de "super ministre" de l'Économie, chapeautant aussi l'Agriculture, le Développement productif et les relations avec les organismes internationaux.

Cet avocat de 50 ans, engagé de longue date en politique, entrera en fonction mardi après que la Chambre des députés lui aura désigné un successeur.

M. Massa va notamment remplacer Silvina Batakis, nommée au portefeuille de l'Économie il y a moins d'un mois, le 3 juillet, en remplacement de Martin Guzman, artisan de la renégociation de la dette argentine, notamment avec le Fonds monétaire international (FMI).

M. Guzman avait démissionné sur fond de tensions au sein de l'exécutif entre le président Fernandez et l'aile gauche de la coalition au pouvoir, incarnée par la vice-présidente et ex-cheffe de l'État Cristina Kirchner (2007-2015) qui critiquait l'accord avec l'institution financière.

Cette démission surprise avait entraîné une nouvelle flambée de l'inflation, une envolée du taux de change sur le marché informel et la dépréciation des titres de la dette.

"M. Massa n'est pas un économiste, mais un politique. Et il se trouve que la crise argentine est politique. Il manquait quelqu'un avec les épaules et une habilité politique", a estimé auprès de l'AFP l'analyste Carlos Fara.

Élections à venir 

M. Massa, figure de proue de la coalition au pouvoir, prendra la tête d'un portefeuille qui fusionne les ministères de l'Économie, du Développement productif, de l'Agriculture et de l'Élevage, ce qui va impliquer un remaniement ministériel.

Selon le chef de l'État, cette nomination a pour objectif une "meilleure coordination" de la politique économique. "Concentrer (en un seul ministère) la définition de la politique économique permettra de travailler de manière plus rapide, agile et efficace", a-t-il fait valoir sur Twitter.

L'Argentine, troisième économie d'Amérique latine, connaît l'un des taux d'inflation les plus élevés au monde, avec un cumul de 36,2% au seul premier semestre et plus de 60% sur les douze derniers mois. La pauvreté touche 37% des 45 millions d'habitants.

Si le FMI prévoit une croissance économique de 4% pour 2022 -- après une hausse de 10% en 2021 succédant à trois ans de récession -- le nouveau ministre de l'Économie va devoir faire face à plusieurs défis.

En particulier celui d'augmenter les réserves internationales, qui, selon plusieurs analystes, sont à un niveau critique, et d'assurer une réduction du déficit public conformément à l'accord de renégociation de la dette conclu début 2022 avec le FMI.

Le pays sud-américain, qui a renégocié avec le FMI le rééchelonnement d'un prêt de 44 milliards contracté en 2018, s'est engagé à une réduction du déficit public de 3% du PIB en 2021 à 0,9% en 2024.

Le vote d'approbation au Parlement de l'accord avait d'ailleurs jeté une lumière crue sur les divergences au sein de l'exécutif, le courant de Mme Kirchner ayant voté contre.

Pour le cabinet d'analyses Capital Economics, la nomination de M. Massa "permet d'espérer que le gouvernement respectera son accord avec le FMI, même si le respect des objectifs du programme sera une tâche ardue, notamment en raison des élections" présidentielles et législatives de 2023.


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.