L'Argentine dans l'attente nerveuse d'un nouveau ministre de l'Economie

L’ex ministre de l’économie Argentine Martin Guzman (Photo, AFP).
L’ex ministre de l’économie Argentine Martin Guzman (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 juillet 2022

L'Argentine dans l'attente nerveuse d'un nouveau ministre de l'Economie

  • Martin Guzman a été le grand artisan des négociations avec le FMI pour restructurer la dette argentine
  • Changement de cap ou simplement de personne?

BUENOS AIRES: Le président argentin Alberto Fernandez tenait dimanche une série de consultations pour désigner un nouveau ministre de l'Economie, après la démission surprise samedi de Martin Guzman, artisan de l'accord sur la dette argentine, mais incapable au final de dompter l'inflation.

Le président de centre-gauche, qui ne s'est pas exprimé depuis la démission de Martin Guzman samedi en fin de journée, a convoqué à la mi-journée plusieurs collaborateurs et membres du gouvernement à la résidence officielle d'Olivos (nord de Buenos Aires), dont le président de la Chambres des députés Sergio Massa.

Martin Guzman, 39 ans, nommé en décembre 2019 par Alberto Fernandez juste élu, a été le grand artisan des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour restructurer la dette argentine de près de 45 milliards de dollars, héritage d'un prêt record contracté en 2018 par le précédent gouvernement du libéral Mauricio Macri.

Salué pour avoir évité à l'Argentine, 3e économie d'Amérique latine, un défaut de paiement, le jeune ministre a pourtant régulièrement été mis en cause par l'aile gauche de la coalition gouvernementale "Frente de Todos", la frange péroniste incarnée par la toujours influente Cristina Kirchner, vice-présidente du pays (et cheffe de l'Etat de 2007 à 2015).

Réclamant régulièrement une inflexion sociale, elle n'avait jamais caché sa réticence à un accord avec le FMI, son refus de toute ajustement structurel -- de sinistre mémoire en Argentine -- et ses doutes sur un surcroît de discipline budgétaire -pourtant au coeur de l'accord avec le FMI-- dans un pays comptant 37% de pauvres.

Et les mois passant, l'inflation toujours prégnante (+29,3% depuis janvier) et une méfiance continue envers le peso argentin (130 pour un dollar au taux officiel,  mais 239 au taux de la rue contre 170 il y a un an) ôtaient de facto de la crédibilité à la patiente ligne Guzman.

«Moment de tension»

Il y a quelques semaines, Cristina Kirchner a encore mis en cause la stratégie de lutte contre l'inflation, qui a atteint en mai 60,7% sur douze mois, après 59% en 2021, pointant plutôt du doigt l'évasion de devises et les attaques spéculatives, que les déficit budgétaires ou la fuite en avant des salaires.

Martin Guzman, un économiste disciple du Nobel de l'Economie Joseph Stiglitz mais sans profil ni parcours politique en Argentine, a paru payer au final le prix de ce manque d'appui, hormis celui du chef de l'Etat encore ces derniers jours.

Dans sa lettre de démission, il exprime ce regret, estimant que pour son successeur, "d'après mon expérience, il sera primordial de travailler à un accord politique au sein de la coalition gouvernementale".

Dans une analyse prémonitoire en juin, le cabinet de consultants Eurasia group prédisaitque "les luttes intestines au sein du gouvernement vont continuer de s'aggraver, nuisant davantage à la capacité d'élaborer un plan politique cohérent".

"Au-dela d'un nom, ce qu'il doit y avoir c'est la paix politique, l'ordre politique, l'accord politique", a estimé sur Radio con Vos Diego Mosso un économiste et ancien dirigeant de la Sécurité sociale. "Parce que si après 10 jours vous prenez une décision et que sort un tweet quelqu'un disant qu'il faut aller dans l'autre sens, c'est très difficile".

L'opposition de droite, qui était restée mesurée à l'égard de Guzman, a tiré ce week-end à boulets rouge sur la coalition, le chef du groupe radical (centre-droit) Mario Negri, estimant que sa démission "corrobore que ce gouvernement est sur un toboggan" et évoquant un "moment de tension maximale".

Horacio Rodríguez Larreta, maire (centre-droit) de Buenos Aires et l'un des potentiels présidentiables en vue de l'élection fin 2023, a appelé le chef de l'Etat à "des mesures immédiates pour réduire l'incertitude générée par les affrontements au sein du gouvernement et l'absence de plan".

Changement de cap ou simplement de personne ? Avec la réaction des marchés en début de semaine, celle du FMI au changement d'interlocuteur argentin pourrait donner un indice des difficultés des prochains mois pour l'économie argentine. "Pour le FMI, Guzman était un moindre mal", résumait pour l'AFP l'analyste politique Carlos Fara.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
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  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
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  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.


Eric Trump affirme que les réformes boursières de l'Arabie saoudite attireront des milliards de dollars

 Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
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  • Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an
  • "Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump

RIYAD: Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, l'homme d'affaires, qui est le vice-président exécutif de la Trump Organization, a également fait l'éloge des récents projets de développement qui prennent forme à Riyad, en particulier à Diriyah.

Le Royaume a annoncé que ses marchés financiers seraient ouverts à tous les investisseurs étrangers à partir du 1er février, avec la suppression de restrictions telles que le cadre de l'investisseur étranger qualifié, qui exigeait un minimum de 500 millions de dollars d'actifs sous gestion, et l'abolition des accords de swap.

À propos de cette décision, M. Trump a déclaré : "Je pense que la nouvelle législation autorisant les investissements étrangers en Arabie saoudite va permettre à des milliards de dollars d'affluer sur le marché.

"Il est évident que l'ouverture des marchés boursiers eux-mêmes à de nouveaux investissements étrangers va entraîner l'arrivée de milliards de dollars supplémentaires sur le marché. Je pense que cela va aider le commerce, le tourisme et bien d'autres choses encore".

Selon M. Trump, l'environnement d'investissement en Arabie saoudite s'améliore au fil du temps, et de grandes marques du monde entier entrent sur le marché du Royaume pour en exploiter le potentiel.

Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an.

"Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump.

Un rapport publié par l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite en décembre a révélé que les entrées nettes d'investissements directs étrangers ont atteint 24,9 milliards de SR (6,64 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025, ce qui représente une augmentation de 34,5 % par rapport à la même période de l'année précédente.

M. Trump a fait ces commentaires alors que le promoteur immobilier saoudien Dar Global a annoncé qu'il lancerait deux projets de luxe portant la marque Trump à Riyad et à Djeddah, d'une valeur totale de 10 milliards de dollars.

Ces projets comprennent le Trump National Golf Course et le Trump International Hotel dans le quartier de Diriyah à Riyad.

Commentant l'attrait de l'Arabie saoudite, M. Trump a déclaré : "La vision de la ville, la vision de ce qui se passe à Riyad, en particulier à Diriyah, est incroyable. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie".

Il a ensuite ajouté : "La vision de ce que sera le nouveau Riyad, et la vision de l'ensemble de l'Arabie saoudite qui continue à s'ouvrir - vous voyez toutes ces grandes réformes financières, qui devraient rendre inévitable l'augmentation des investissements en Arabie saoudite. C'est incroyablement excitant.

M. Trump a poursuivi en déclarant que "les meilleurs jours pour l'Arabie saoudite sont à venir", ajoutant : "Même depuis six ou sept ans que je viens dans le pays, ce qui a été construit, ce qui a été fait, est incroyable. Et je pense que le pays devrait être incroyablement fier de lui-même".