Dans les Landes, la sécheresse est un «coup de massue» pour les producteurs de maïs

Michel Larrère, agriculteur français, inspecte des tiges de maïs séchées au soleil dans un champ à Montaut, dans le sud-ouest de la France, le 9 août 2022. GAIZKA IROZ / AFP
Michel Larrère, agriculteur français, inspecte des tiges de maïs séchées au soleil dans un champ à Montaut, dans le sud-ouest de la France, le 9 août 2022. GAIZKA IROZ / AFP
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Dans les Landes, la sécheresse est un «coup de massue» pour les producteurs de maïs

  • L'irrigation est interdite et les plantes sont desséchées. Cette semaine encore, les températures grimperont jusqu'à 39 degrés.
  • Le maïs est une part essentielle de l'économie du département et notamment de Chalosse, pour nourrir les canards et plus largement pour l'élevage

MONTAUT: Dans le sud des Landes, en Chalosse, où il n'a "pas plu depuis le 28 juin" Michel Larrère ne met plus un pied dans ses champs de maïs pour ne pas "aller voir la misère", qualifiant la sécheresse actuelle de "coup de massue" pour la profession.

"Je suis du genre optimiste mais quand tu subis le Covid, puis une quatrième pandémie d'influenza aviaire, puis quatre épisodes de canicule et une sécheresse, c'est dur", commente cet agriculteur de 56 ans, installé dans le petit village de Montaut depuis 25 ans.

Sur son exploitation de 98 hectares, 55 hectares sont consacrés au maïs, le reste aux légumes, tournesol et élevage de poulets.

L'irrigation est interdite et les plantes sont desséchées. Cette semaine encore, les températures grimperont jusqu'à 39 degrés.

La succession des vagues de chaleur depuis juin a condamné 60% de son rendement annuel, affirme Michel Larrère. "Six plantes sur dix n'ont pas d'épis", explique l'agriculteur en écartant les feuilles des tiges.

Les rares épis qui ont poussé, sont pour certains rachitiques. Alors qu'il prévoit une récolte dans les prochains jours, un mois en avance, l'exploitant table sur une perte de 70.000 euros, "soit deux-tiers de ma culture et trois fois mon revenu annuel". D'hypothétiques pluies dans les jours ou semaines à venir n'y changeraient pas grand chose, estime l'agriculteur.

Le quinquagénaire, par ailleurs secrétaire départemental du syndicat agricole FNSEA, ne met plus un pied dans ses champs, à l'image de beaucoup de ses voisins, "j'évite d'aller voir la misère".

Selon lui, le moment de la récolte et des "remorques qui ne vont pas se remplir" sera un "coup de massue" pour nombre d'entre eux, "on a beau s'en douter, c'est toujours pire que ce à quoi on avait pensé".
Le maïs, essentiel en Chalosse

Depuis sa terrasse, il peut voir ses champs de tournesol, très précoces et moins productifs, et un champ vierge. "Celui-là, je ne l'avais pas ressemé cette année et j'ai bien fait sinon, tous les soirs, j'aurais mangé avec vue sur un champ en souffrance."

Michel Larrère souhaiterait que cet été 2022, "encore plus fort que la canicule de 2003", mène à la création de retenues d'eau.

Selon des données du ministère de l'Agriculture, la région Nouvelle-Aquitaine est le premier producteur de maïs en France, avec 54% de sa production assuré par les Landes. Le maïs est une part essentielle de l'économie du département et notamment de Chalosse, pour nourrir les canards et plus largement pour l'élevage. "Sans eau, notre zone agricole va disparaître", résume l'agriculteur.

Il dénonce des projets "dans les tuyaux depuis 15 ans" mais bloqués pour "des raisons environnementales, des études d'impact ou la découverte d'écrevisses à patte blanche", ironise-t-il.

"Aucun politique ne veut se lancer, ça n'avance pas", regrette-t-il, citant en exemple le projet abandonné du barrage de Sivens, en 2015, dans le Tarn.

"Il fait de plus en plus chaud et on est en train de réfléchir à comment diviser une même bouteille d'eau alors qu'il nous en faut une deuxième", résume le Landais, un peu désabusé. "S'il se met à pleuvoir, dans deux mois, tout le monde aura oublié l'été qu'on vient de passer."


Lancement mi-octobre de formations sur l'environnement pour les députés

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance), à Louan-Villegruis-Fontaine, le 6 septembre 2022. (Photo, AFP)
La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance), à Louan-Villegruis-Fontaine, le 6 septembre 2022. (Photo, AFP)
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  • La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est à l'origine de ces formations qui ont aussi pour but d'«améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux dans le travail parlementaire»
  • Composé de 14 députés de tous bords et présidé par Mme Braun-Pivet elle-même, il se réunira pour la première fois le 6 octobre

PARIS: Les députés vont être formés aux enjeux de la transition écologique, avec un premier rendez-vous fixé au 19 octobre, afin qu'ils disposent "d'un socle de connaissances partagées", a indiqué mercredi la présidence de l'Assemblée nationale. 

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) est à l'origine de ces formations qui ont aussi pour but d'"améliorer la prise en compte des enjeux environnementaux dans le travail parlementaire", selon un communiqué. 

Une conférence inaugurale, suivie d'ateliers thématiques, se tiendront le 19 octobre, avec la participation de la paléo-climatologue et membre du GIEC Valérie Masson-Delmotte, de l'écologue Philippe Grandcolas et de l'économiste du climat Céline Guivarch. 

Cette rencontre "ne sera qu’une première étape d’un cycle de formations", de sorte que "la formation des députés, mais aussi des personnels et collaborateurs travaillant dans l’institution, s’inscrive dans la durée", poursuit la présidence de l'Assemblée. 

Dans l'optique d'une "Assemblée verte et vertueuse", Mme Braun-Pivet a aussi mis sur pied un groupe de travail chargé de proposer "des pratiques environnementales exemplaires" au sein de l'institution. 

Composé de 14 députés de tous bords et présidé par Mme Braun-Pivet elle-même, il se réunira pour la première fois le 6 octobre. Le groupe de travail doit se pencher sur des "mesures immédiates" pour "éviter des coupures énergétiques cet hiver", ainsi que sur un "plan de transition énergétique à moyen et long terme" d'ici fin février 2023, afin de réduire les consommations de 60% d’ici 2042. 

Enfin, un "plan de transition écologique" devra être remis d'ici juin 2023, sur la réduction des déchets, le verdissement du transport des députés, personnels et collaborateurs, et encore sur la promotion d'une alimentation saine et durable. 

"Il y a encore beaucoup à faire en termes de réduction de la consommation (énergétique), même si beaucoup a été fait avec une baisse de 30% ces dix dernières années", soulignait la titulaire du perchoir dans Le Parisien lundi, en relevant qu'"une partie des bâtiments (de l'Assemblée) est classée monument historique, ce qui ne facilite pas le travail". 


Retraites: «ce que s'apprête à faire le président est une folie», dit Ruffin

Député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, acronyme de "Nouvelle Union Populaire Ecologique et sociale", François Ruffin réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 19 juillet 2022. (AFP)
Député du parti de gauche français La France Insoumise (LFI) et membre de la coalition de gauche NUPES, acronyme de "Nouvelle Union Populaire Ecologique et sociale", François Ruffin réagit lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris le 19 juillet 2022. (AFP)
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  • «Je vais essayer d'être solennel: je pense que ce que s'apprête à faire le président de la République est une folie» a déclaré le député de la Somme sur le plateau de franceinfo
  • «La retraite, c'est l'injustice au-dessus des autres», a-t-il encore argumenté, évoquant «des gens qui se demandent comment déjà, ils vont pouvoir bosser jusqu'à 60 ans»

PARIS: Le député LFI François Ruffin a estimé mercredi que la réforme des retraites voulue et annoncée par le président Emmanuel Macron était "une folie" dans un pays "épuisé" et "exaspéré" par deux ans de Covid-19, l'inflation et la  "fatigue démocratique".

"Je vais essayer d'être solennel: je pense que ce que s'apprête à faire le président de la République est une folie", a déclaré le député de la Somme sur le plateau de franceinfo quelques heures avant la tenue d'un dîner décisif de la majorité, autour du président, sur ce sujet.

"Quand on a eu deux ans de crise Covid, qu'on a un peuple qui est épuisé, qui est exténué, qu'il (Emmanuel Macron, NDLR) a été réélu finalement sans élan, sans enthousiasme, qu'il a une majorité de raccroc à l'Assemblée nationale (...), qu'on s'apprête à ne pas savoir si on va pouvoir payer nos factures, qu'on a une crise d'inflation, que les salaires ne suivent pas", a-t-il énuméré, rappelant des sondages montrant qu'une large majorité des Français ne souhaitent pas une réforme.

Niant l'utilité même de la réforme, il a estimé qu'"on installe du ressentiment dans le cœur des gens".

"La retraite, c'est l'injustice au-dessus des autres", a-t-il encore argumenté, évoquant "des gens qui se demandent comment déjà, ils vont pouvoir bosser jusqu'à 60 ans".

Le président Macron reçoit mercredi soir avec Élisabeth Borne les principaux chefs de la majorité, divisés sur la manière de mener cette réforme, afin de décider de la méthode: amendement, texte ad hoc ou budget rectificatif de la Sécurité sociale.

La décision finale est attendue "d'ici la fin de la semaine".

Promesse de campagne la réforme, qui devrait notamment reculer l'âge légal de départ à la retraite, doit permettre selon l'exécutif de conduire le régime à l'équilibre et de dégager des marges de manœuvres pour financer l'éducation, la santé ou la transition énergétique.


Hôpital: 4 300 lits supprimés en 2021

Au total, plus de 21 000 lits ont été supprimés sur la période fin 2016-fin 2021 correspondant en majeure partie au premier quinquennat d'Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Au total, plus de 21 000 lits ont été supprimés sur la période fin 2016-fin 2021 correspondant en majeure partie au premier quinquennat d'Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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  • Au 31 décembre, les 2 984 hôpitaux publics et privés disposaient très exactement de 382 587 lits d'hospitalisation complète, soit 4 316 de moins en un an
  • Un chiffre provisoire en léger repli par rapport à 2020 (-4 900) mais encore supérieur aux baisses constatées avant la crise sanitaire

PARIS: Plus de 4 300 lits d'hospitalisation complète ont été fermés en 2021 dans les établissements de santé français, qui ont créé dans le même temps 2 700 places d'hospitalisation partielle, selon une étude du ministère de la Santé publiée mardi.

En plus de l'épidémie de Covid, qui a encore conduit l'an dernier à fermer des services et des chambres doubles, les capacités hospitalières ont aussi subi des "contraintes de personnel ne permettant pas de maintenir les lits", explique la direction statistique des ministères sociaux (Drees).

Au 31 décembre, les 2 984 hôpitaux publics et privés disposaient très exactement de 382 587 lits d'hospitalisation complète, soit 4 316 de moins en un an.

Un chiffre provisoire en léger repli par rapport à 2020 (-4 900) mais encore supérieur aux baisses constatées avant la crise sanitaire.

Au total, plus de 21 000 lits ont été supprimés sur la période fin 2016-fin 2021 correspondant en majeure partie au premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Soit deux fois plus que sous son prédécesseur François Hollande (-10 000) mais nettement moins que durant le mandat de Nicolas Sarkozy (-37 000).

Cette tendance au long cours "reflète la volonté de réorganiser l'offre dans un contexte de virage ambulatoire", expression consacrée pour désigner la part croissante des soins sans nuit à l'hôpital, notamment en chirurgie.

Le nombre de places d'hospitalisation "de jour" a d'ailleurs poursuivi sa hausse: 2 743 ont été ouvertes en 2021, portant leur total à 82 502, soit 9 000 de plus en cinq ans.

L'hospitalisation à domicile a également enregistré une nette progression de ses capacités, de 6,8% après un bond de plus de 10% en 2020.

Avec 22 800 patients "pouvant être pris en charge simultanément sur le territoire", ce mode de prise en charge représente désormais "7,6% des capacités totales en hospitalisation complète" hors psychiatrie, contre 2,1% en 2006.