La frappe israélienne sur la tour Palestine, synonyme de mort et destruction

Les habitants de la tour Palestine ont été contraints de «se déplacer dans l'obscurité», à la suite d'une frappe aérienne israélienne qui a fait des morts et des dégâts vendredi. (Photo, AFP)
Les habitants de la tour Palestine ont été contraints de «se déplacer dans l'obscurité», à la suite d'une frappe aérienne israélienne qui a fait des morts et des dégâts vendredi. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 11 août 2022

La frappe israélienne sur la tour Palestine, synonyme de mort et destruction

  • «Il y avait des cris et nous avons entendu des explosions dans toutes les directions», a raconté un survivant au Daily Telegraph
  • Cette frappe aérienne était la première d'une série de bombardements de trois jours qui a tué quarante-quatre Palestiniens, dont quinze enfants, et a fait des centaines de blessés

LONDRES: Une frappe de missiles israéliens sur un immeuble de bureaux et d'appartements dans la ville de Gaza a détruit des maisons et tué des innocents, a rapporté mercredi The Daily Telegraph.

Les correspondants du journal présents sur le terrain, James Rothwell et Siham Chamalakh, ont rapporté les événements depuis la tour Palestine, où les résidents ont été contraints de «se déplacer dans l'obscurité» après une frappe aérienne israélienne qui a fait plusieurs victimes et causé de nombreux dégâts vendredi.

Les deux journalistes ont trouvé «des vêtements, des canapés et d'autres fragments de la vie de ces résidents […] enfouis sous des murs effondrés».

MM. Rothwell et Chamalakh ont ajouté: «Dans une pièce qui appartenait à une famille de huit personnes, on voit du sang étalé sur un mur. L'air est lourd de fumée et d'une odeur âcre et chimique que les résidents soupçonnent d’avoir été laissée par les missiles.»

Cette offensive est intervenue alors qu'Israël a lancé sa plus grande offensive sur le territoire palestinien depuis mai 2021. Le tir de missile de vendredi a assassiné Tayssir al-Jabari, un commandant du Djihad islamique.

Khalil Kanoon, qui habite la tour, a déclaré au Daily Telegraph que sa famille et lui étaient en train de déjeuner lorsque les missiles ont frappé. Il a indiqué que sept missiles ont frappé le bâtiment où il vit avec sa famille.

«Ma mère, ma femme et moi-même étions dans la cuisine et mes enfants jouaient dans la chambre», a confié Kanoon.

«Je disais à ma femme qu'il semblait qu'Israël était sur le point de frapper Gaza; avant que je finisse ma phrase, nous avons entendu une très grosse explosion et les fenêtres ont explosé. Il y avait des cris et nous avons entendu des explosions dans toutes les directions», a-t-il poursuivi.

Kanoon a raconté au Telegraph que sa famille et lui ont échappé à la destruction en courant pieds nus dans les débris de verre, mais que sa mère a été blessée à la main.

Il a ajouté que les résidents qui se sont retrouvés sans abri, avec peu d'espoir d'être relogés d'urgence, ne savaient pas qu'Al-Jabari se trouvait dans la tour et qu’ils n'ont pas été prévenus de l'attaque.

Cette frappe aérienne sur la tour était la première d'une série de bombardements de trois jours qui a tué quarante-quatre Palestiniens, dont quinze enfants, et a fait des centaines de blessés.

Israël a déclaré qu'il disposait de renseignements sur des attaques imminentes et qu'il a dû lancer cette frappe aérienne pour empêcher le Djihad islamique d'attaquer les villes israéliennes proches de la bande de Gaza.

Le cessez-le-feu instauré dimanche soir n'a guère contribué à ménager les nerfs des résidents de la tour.

Kanoon a signalé au Daily Telegraph: «Nous condamnons cette frappe israélienne injustifiée, avec toutes ces bombes qui ont visé des civils, qui n'ont pas été prévenus, au cours d’un week-end. Nous demandons que les bâtiments soient reconstruits pour que nous puissions retourner dans nos appartements.»

Il a ajouté: «La situation est très difficile, certaines familles devront louer ailleurs, d'autres sont hébergées chez des proches et d'autres encore n'ont nulle part où aller. Nous demandons aussi un soutien psychologique.»

The Daily Telegraph s'est également rendu à l'hôpital Chifa, situé dans la ville de Gaza. Les médecins ont affirmé aux journalistes qu'ils soignaient principalement des blessures aux membres inférieurs et des traumatismes crâniens.

«Même sans cette attaque, le système de santé menace de s’effondrer. Chaque année, la situation empire», s’est désolé le Dr Hani Sami al-Haytham, directeur du service des accidents et des urgences de l’établissement.

Il a ajouté: «L'échographie a été offerte par la Croix-Rouge, mais elle est hors d'usage et nous n'avons pas d'autre recours en raison des fréquentes coupures de courant. […] Comme l’électricité est coupée en permanence, cela provoque des défaillances.»

Selon The Daily Telegraph, plusieurs enfants ont subi des blessures qui vont changer leur vie, notamment Rahaf Soleiman, 11 ans, dont les pieds et le bras ont dû être amputés.

Ghassan Abou Ramadan, un ingénieur de 65 ans à la retraite, a été blessé lors des frappes. «Vous ne pouvez pas imaginer l'explosion. Nous n'arrivons pas à croire que nous avons survécu», a-t-il témoigné.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.

 


Le Premier ministre du Qatar à Téhéran pour relancer la diplomatie

Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre. (Reuters)
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  • Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne
  • "Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire"

TEHERAN: Le Premier ministre du Qatar, pays médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, a rencontré jeudi à Téhéran le chef de la diplomatie iranienne pour tenter de relancer la voie diplomatique, au point mort après six mois de guerre.

Déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran qui a riposté en bombardant les pays du Golfe, dont le Qatar, le conflit a baissé en intensité ces derniers mois, se cristallisant autour du détroit stratégique d'Ormuz, verrouillé par Téhéran.

Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, Premier ministre et chef de la diplomatie qatarie, s'est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi, a rapporté la télévision d'Etat iranienne.

"Ils ont discuté des efforts déployés pour apaiser les tensions", ainsi que des échanges en cours entre l'Iran et Oman, pays qui bordent le détroit d'Ormuz, au sujet de "la mise en place d'un couloir maritime conjoint temporaire", a indiqué sur X le ministère qatari des Affaires étrangères.

Le Premier ministre qatari a "souligné la nécessité de respecter la souveraineté des pays voisins et la liberté de navigation", et insisté sur "l'importance de poursuivre les efforts diplomatiques pour résoudre les différends par le dialogue", indique le ministère.

Navire attaqué 

L'Iran exclut tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit, par lequel transitait avant fin février un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Une situation inacceptable pour Washington et plusieurs autres pays de la région, qui réclament la réouverture du passage.

En début de semaine, l'Iran et Oman avaient annoncé discuter d'un accord-cadre en vue d'établir un "couloir temporaire" et de déployer un projet conjoint de déminage.

Selon les discussions en cours, les navires entrant dans le Golfe emprunteraient les eaux iraniennes, et ceux en sortant passeraient par les eaux omanaises avant de poursuivre leur route dans les eaux iraniennes, a indiqué Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.

Mi-août, le Qatar avait appelé Mascate et Téhéran à finaliser un accord, afin de "faciliter" la reprise des négociations visant à mettre fin à la guerre.

Toutefois, un navire a une nouvelle fois été touché par un projectile dans le détroit d'Ormuz dans la nuit de mercredi à jeudi, a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO.

Les navires tentant de franchir le détroit sont régulièrement pris pour cible par l'Iran, qui conditionne la réouverture complète du détroit à une série de concessions de Washington et un arrêt de la guerre "sur tous les fronts".

Mais la visite du ministre qatari intervient aussi à un moment où les Etats-Unis, délaissant le volet militaire de la guerre, accentuent la pression économique sur l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Lundi, le ministre des Finances américain Scott Bessent a annoncé un nouveau paquet de sanctions et menacé d'isolement économique tout pays qui continuerait de commercer avec Téhéran.

Bien que la République islamique ait assuré que les Etats-Unis n'obtiendront "rien" avec cette pression, le président iranien Massoud Pezeshkian a reconnu que son pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques".

Le blocus des ports iraniens, imposé par Washington en représailles au verrouillage d'Ormuz, empêche le pays d'importer de l'essence, alors que la production nationale ne suffit pas à couvrir les besoins, a admis mercredi soir un haut responsable iranien.

Réduction des quotas d'essence 

Après l'annonce des nouvelles sanctions, les files d'attente s'allongeaient devant les stations-service en Iran.

Les autorités ont annoncé une rare réduction des quotas d'essence en vigueur depuis des années, avec des prix majorés pour quiconque souhaiterait les dépasser.

Les prix des carburants en Iran, l'un des principaux producteurs de pétrole mondiaux, sont parmi les plus bas du monde.

En 2019, une hausse soudaine du prix de l'essence avait provoqué des manifestations qui s'étaient étendues à une centaine de villes, faisant des dizaines de morts.

Alors que les Etats-Unis veulent sanctionner les partenaires économiques de l'Iran, le ministre iranien du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé jeudi que les ventes de pétrole au-delà des eaux territoriales iraniennes se poursuivaient.

"Des livraisons sont effectuées aux clients. (...) Elles ont certes diminué, mais elles ont persisté", a-t-il assuré auprès de l'agence Isna.

Les cours du pétrole brut restent stables jeudi matin, le marché jugeant que les initiatives diplomatiques se poursuivent au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échangeant à 88 dollars.