Sécheresse: dans le Nord, le boom des piscines privées interroge

Une photo prise le 19 juillet 2022 montre les dégâts autour de la piscine du camping "La Forêt", qui a été ravagé par un incendie de forêt à Pyla sur Mer en Gironde, dans le sud-ouest de la France. PHILIPPE LOPEZ / AFP
Une photo prise le 19 juillet 2022 montre les dégâts autour de la piscine du camping "La Forêt", qui a été ravagé par un incendie de forêt à Pyla sur Mer en Gironde, dans le sud-ouest de la France. PHILIPPE LOPEZ / AFP
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Publié le Jeudi 11 août 2022

Sécheresse: dans le Nord, le boom des piscines privées interroge

  • Selon la Fédération des professionnels de la piscine (FPP), sur les 3,2 millions de piscines privées existant en France fin 2021, 135.000 étaient dans les Hauts-de-France, contre moins de 30.000 en 2005
  • Certains élus plaident pour une tarification progressive: un volume d'eau gratuit pour les besoins essentiels, puis un prix élevé au-dessus d'un certain seuil

VERLINGHEM: "Enfant, jamais je n'aurais imaginé avoir une piscine !", s'émerveille Clotilde en aspergeant son neveu dans le bassin familial flambant neuf, à Verlinghem (Nord). Favorisées par la hausse des températures, ces constructions se multiplient dans les Hauts-de-France, suscitant des interrogations au moment où la France manque d'eau.

Brassards orange et rire éclatant, Basile, 3 ans, tournoie au-dessus de l'eau dans les bras de son père. "Cette piscine, ça donne une autre dynamique à la vie de famille", raconte Clotilde Sanz. Pour elle, ses soeurs, leurs enfants, la maison parentale est depuis quelques mois "encore plus un lieu de vie, de retrouvailles".

Né du confinement, "ce projet nous change la vie. Dès le réveil, on est en vacances !", s'enthousiasme son père, Frédéric Sanz, qui hésitera désormais "beaucoup plus" à voyager l'été.

"Depuis la crise du Covid-19, on a multiplié nos ventes par sept", confirme Vincent Brisse, directeur commercial de "Sensassion Piscine", leur installateur. "Quand j'ai commencé en 2003, on en vendait une vingtaine par an. Aujourd'hui, c'est plus d'une centaine".

Selon la Fédération des professionnels de la piscine (FPP), sur les 3,2 millions de piscines privées existant en France fin 2021, 135.000 étaient dans les Hauts-de-France, contre moins de 30.000 en 2005.

Les Français grands adeptes des piscines privées

Avec une piscine privée pour un peu plus de vingt et un habitants, les Français font figure d’adeptes du bassin, révélant la "démocratisation" du secteur depuis plusieurs années, souligne la Fédération des professionnels de la piscine (FPP).

3,2 millions

La France compte environ 3,2 millions de piscines privées dont 1,55 million de piscines enterrées et 1,64 million de piscines hors-sol, selon les derniers chiffres de la FPP publiés en avril, réaffirmant la position de la France comme leader européen dans la construction de bassins.

En 2021, le parc a augmenté de 244.000 piscines et le chiffre d’affaires des pisciniers a bondi de 32% sur un an, "grâce à l'effet +booster+ du Covid et une météo favorable", indique à l'AFP Joëlle Pulinx Challet, déléguée générale de la FPP, qui regroupe plus de 1.400 entreprises françaises spécialistes de la piscine et du spa.

En 30 ans, la taille des bassins est passée de plus de 70m3 à 43m3, souligne-t-elle, et le prix moyen est actuellement de 24.000 euros selon les niveaux d'équipements et les régions.

«Démocratisation»

Le marché des piscines privées s’est "démocratisé" ces dernières années, avait indiqué en avril le président de la FPP, Stéphane Figueroa.

Selon une enquête menée par le cabinet Decryptis en février et mars 2022 pour le compte de la FPP auprès d'un échantillon de 18.000 foyers habitant une maison individuelle, la part des ouvriers, agriculteurs et employés possédant une piscine enterrée aurait bondi de "10% en quatre ans", passant de 14,1% des propriétaires de piscines en 2017 à 24,7% en 2021.

Celle des entrepreneurs et des cadres est, de son côté, restée "stable" ces dernières années, à 41,6% en 2021, selon l’étude de Decryptis.

En revanche, les retraités sont désormais "moins représentés" parmi les possesseurs de piscines enterrées à domicile: ils étaient 33,7% en 2021 contre 40,1% en 2017.

Une consommation énergétique «réduite»

A l'heure où la France fait face à une sécheresse historique, "l'utilisation en eau d'une piscine représente en moyenne 15m3 par an, soit autant que pour produire 1kg de viande de boeuf", se défend Mme Pulinx Challet, qui ajoute: "En 25 ans, elle a même été réduite de 45%".

La déléguée générale attribue cette baisse au fait que "les clients ne vident plus leurs piscines entièrement, chaque année, comme autrefois", mais aussi à "l'utilisation des couvertures pour éviter l'évaporation" ou encore "la mise en place de cuves pour récupérer l'eau".

"La totalité des piscines ne représentent que 0,12% de la consommation annuelle d'eau de la France", argue-t-elle encore, évoquant "un impact très faible" des piscines sur l'utilisation en eau dans le pays.

Les systèmes de chauffage ont, eux aussi, vu leur consommation diminuer, par un facteur de quasiment 10 en 35 ans, selon des estimations. Ces systèmes consommaient environ 15.000 kW/h par an en 1980, contre 1.570 kW/h/an en 2015.

Enfin, des améliorations technologiques sur les pompes de filtration ou encore les éclairages ont également permis de diminuer la facture énergétique des piscines.

«Non-sens»

Seules 7% des maisons individuelles en sont aujourd'hui équipées dans la région, mais la hausse des températures aide "le marché à se développer", observe la déléguée générale de la FPP Joëlle Pulinx-Challett.

"Les piscines sont aussi devenues plus petites, moins chères", offrant "la possibilité à une clientèle moins aisée d'y accéder", note Laurent Piette, vendeur de piscines "en kit".

Dans un jardin à la pelouse brûlée à Leforest (Pas-de-Calais), il aide un client à finaliser son bassin. Cette partie du département n'est pas encore placée en "alerte sécheresse", laissant la possibilité de le remplir.

"C'est toujours au pied du mur qu'on agit. Les mesures de restriction devraient être prises bien en amont", déplore Arnaud Gauthier, enseignant-chercheur dans le domaine de l'eau à l'Université de Lille.

A l'heure où la France connaît sa pire sécheresse depuis 1959, "construire des piscines relève du non-sens", tranche-t-il. Quelques communes françaises "réfléchissent même activement à modifier les plans locaux d'urbanisme pour limiter leur construction", note-t-il.

En 2020, chaque Français a consommé 148 litres d'eau potable par jour en moyenne (54 m3/ an), selon l'observatoire national des services de l'eau et d'assainissement (Sispea). Avec d'importantes disparités géographiques: 232 litres dans les Alpes-maritimes, contre 116,6 dans le Nord. "Le climat, l'impact potentiel des piscines", l'expliquent en partie, selon Sispea.

«Bouc émissaire»

"Les piscines privées représentent 0,1% de la consommation totale d'eau en France", réplique Joëlle Pulinx-Challett. Si le premier remplissage est consommateur (45 m3 environ), l'eau n'est renouvelée que d'un tiers chaque année.

"Cela peut représenter 15% de la consommation d'une famille", analyse Nicolas Roche, chercheur au Centre Européen de Recherche et d'Enseignement de Géosciences de l'Environnement (CEREGE). Mais "arroser sa pelouse de 100 m2 pendant un mois consommera dix fois plus", ajoute-t-il, appelant à "éviter la politique du bouc émissaire".

L'eau, essentielle à toutes les activités, sera plus rare à l'avenir et "des usages prioritaires doivent être désignés" localement, souligne-t-il. Il appelle à "donner une valeur environnementale à l'eau", avec un prix fluctuant l'été, "lorsqu'elle est moins disponible", et en fonction des usages, "essentiels" ou "récréatifs".

Dans le bassin Artois-Picardie, "le volume annuellement disponible est aujourd'hui totalement utilisé, on n'a plus de marge", alerte le directeur de l'Agence de l'eau régionale, Thierry Vatin. Un tiers est consommé durant l'été, majoritairement pour l'agriculture, dont les besoins grandissent. "Avec des excès d'usages récréatifs en plus, on surexploite."

"On a l'objectif de réduire de 10% la consommation d'ici six ans", indique-t-il. Le partage entre types d'usagers doit être prochainement tranché au sein de "commissions locales" incluant toutes les parties. "Tous devront faire des économies."

Certains élus plaident pour une tarification progressive: un volume d'eau gratuit pour les besoins essentiels, puis un prix élevé au-dessus d'un certain seuil.


Incendies toujours non maîtrisés en France et en Espagne, la chaleur en embuscade

"Une situation très défavorable": en France comme en Espagne, les pompiers se préparent lundi à une nouvelle journée de combat contre les gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid, à la veille d'un nouvel épisode météo de fortes chaleurs risquant de nourrir les brasiers. (AFP)
"Une situation très défavorable": en France comme en Espagne, les pompiers se préparent lundi à une nouvelle journée de combat contre les gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid, à la veille d'un nouvel épisode météo de fortes chaleurs risquant de nourrir les brasiers. (AFP)
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  • Après plusieurs journées de progression ininterrompue en Gironde, "la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler", a écrit la préfecture lundi matin dans une boucle réservée aux médias
  • Les pourtours du très touristique bassin d'Arcachon ont auparavant fait face dans la nuit de samedi à dimanche à un redoutable "pyrocumulonimbus" appelé "orage de feu", explique à l'AFP le lieutenant-colonel Éric Brocardi

BORDEAUX: "Une situation très défavorable": en France comme en Espagne, les pompiers se préparent lundi à une nouvelle journée de combat contre les gigantesques incendies qui ravagent la région bordelaise et la périphérie ouest de Madrid, à la veille d'un nouvel épisode météo de fortes chaleurs risquant de nourrir les brasiers.

Ces incendies ont déjà forcé plus de 325.000 personnes à fuir, notamment près de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, où les flammes se situent à 15 km de l'agglomération, mais aussi dans plusieurs régions espagnoles.

Après plusieurs journées de progression ininterrompue en Gironde, "la situation est restée globalement stable au cours de la nuit, sans évolution majeure à signaler", a écrit la préfecture lundi matin dans une boucle réservée aux médias.

Les pourtours du très touristique bassin d'Arcachon ont auparavant fait face dans la nuit de samedi à dimanche à un redoutable "pyrocumulonimbus" appelé "orage de feu", explique à l'AFP le lieutenant-colonel Éric Brocardi.

Face à ce phénomène, comme à l'ampleur des flammes, les pompiers jouent en défense, selon l'image de ce porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers: "c'est une stratégie de guerre, on n'arrête pas de se faire bombarder et il faut mettre tout le monde à l'abri".

 "Aider ceux qu'on peut aider" 

Les températures élevées annoncées pourraient aggraver les incendies, redoute la préfète (représentant de l'Etat) de la Gironde (sud-ouest de la France) Sophie Brocas.

Météo-France prévoit une probable vague de chaleur sur le sud-ouest à partir de mardi avec des maximales jusqu'à 40°C et des vents un peu moins forts mais plus secs.

Quelque "115.000 hectares ont été parcourus" à ce stade par des incendies depuis le début de l'année en France, "bien plus que ce qu'on a pu connaître par le passé", a annoncé dimanche le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur une chaîne publique française, évoquant "30 à 40 feux combattus simultanément" au quotidien.

Il a répété que sur le front des incendies en Gironde, dans les Landes (sud-ouest) et le Var (sud-est) notamment, la situation restait "très défavorable".

Le brasier géant a englouti 240 habitations, et quelque 220.000 personnes ont été évacuées depuis mercredi.

De nombreux bénévoles assistent ces réfugiés du feu, comme Yannick Poulet. "Il faut aider tous ceux qu'on peut aider pour sauver les habitants, sauver nos bois, nos villages et nos villes. C'est une petite aide dans cet océan de besoins", décrit ce fonctionnaire territorial de 59 ans.

"Des dizaines, sans doute des centaines de personnes se sont manifestées pour être volontaires", salue Cyril Charpentier Réglat, élu de la ville de Lacanau. "Même la dame, là-bas, vous la voyez, elle a perdu sa maison au Porge et elle est venue prêter main forte".

Sur cette côte atlantique française, dans le département de la Gironde, les flammes ont parcouru à ce jour 42.000 hectares (quatre fois la superficie de Paris), "soit 10.000 de plus qu'hier", selon la préfète Brocas.

Elles sont désormais "à 15 kilomètres" de la métropole bordelaise (850.000 habitants), mais une évacuation de la ville n'est "pas à l'ordre du jour", a réaffirmé son maire Thomas Cazenave.

Une fumée orangée obscurcit le ciel de Bordeaux et l'odeur de brûlé atteint les rues.

"Impossible opérationnel" 

Au Porge, entre la station balnéaire chic du Cap Ferret et Bordeaux, les images aériennes de l'AFP témoignent de la violence du feu : des rangées de maisons ravagées, des voitures carbonisées et des bâtiments entièrement détruits.

Non loin, le tissu d'industries de défense et de sites scientifiques autour de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, avec poudrerie, usine de missiles et centres de recherches, est désormais sous haute surveillance, exposé à l'incendie massif.

Cette région réputée dans le monde entier pour son vignoble est aussi celle de France qui compte le plus de campings, 45 établissements ont été évacués, représentant environ 40.000 campeurs.

L'incendie perturbe également fortement les transports, une autoroute est fermée sur 60 kilomètres et le trafic ferroviaire interrompu.

Dans le département voisin des Landes, où le feu est "mieux contenu mais pas fixé", il y a déjà eu 30.000 évacuations.

Les pompiers approchent d'un "impossible opérationnel", explique le lieutenant-colonel Éric Brocardi.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols européens sont très secs depuis des mois, phénomène accentué par les canicules exceptionnelles qui ont traversé le continent en juin et en juillet et fait évaporer davantage d'eau.

"Pacte national" espagnol 

De terribles incendies font également rage en Espagne, où le Premier ministre, Pedro Sanchez s'attend à des "heures difficiles". Il se rendra lundi dans la zone sinistrée de Castellón, près de Valence.

"Nous accumulons ici une quantité de problèmes. Mais ces choses peuvent être évitées. La plus grande partie de l'Espagne est boisée, qu'on ne me dise pas qu'elle est propice aux incendies: c'est parce que rien n'est nettoyé", peste Juan Manuel Moreno, 71 ans, originaire du village d'Aldea del Fresno, dans la région de Madrid.

L'incendie d'Avila, près de Madrid, est le plus grand de l'histoire récente du pays (25.000 ha ravagés, 60.000 personnes évacuées).

Près de Valence, dans l'est de l'Espagne, le feu a fait une première victime.

Là-bas, à La Vall d'Uixó, où des hélicoptères équipés de seaux suspendus arrosent les flammes, "nous nous sommes fait une belle peur", raconte Azucena Paguada, l'une des personnes évacuées.

"On a dû quitter Villavieja en toute hâte (...), la Guardia Civil est venue chez nous et nous a fait sortir en nous disant qu'on était en danger". "Ça a été une terrible frayeur", confie cette rescapée.

Se reposant dans le gymnase de Villamanta, Margarita, 70 ans, montre les taches sur son T-shirt, qu'elle porte depuis quatre jours. "Nous sommes partis avec les seuls vêtements que nous avions sur le dos. Nous pensions retourner chez nous le lendemain", explique sa fille Helena, 45 ans.

Le roi Felipe VI et la reine Letizia d'Espagne étaient à leur chevet dimanche, comme les autres évacués d'Aldea del Fresno. "La reine est venue nous dire bonjour, et je portais ce truc sale...", soupire Margarita.


Incendies en France: nouvelles évacuations dans plusieurs communes près de Bordeaux

Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
Vue de la fumée provenant de l’incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon (visible en haut), avec une vue sur une plage et l’océan Atlantique (en bas), près de Lège-Cap-Ferret, dans le sud-ouest de la France, le 24 juillet 2026. (AFP)
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  • Un important incendie en Gironde a entraîné l’évacuation préventive de plusieurs communes proches de Bordeaux, alors que les flammes progressent dans le département
  • Les autorités ont mobilisé d’importants moyens pour contenir le feu, qui a déjà détruit des milliers d’hectares et provoqué des évacuations massives

BORDEAUX: L'incendie qui sévit depuis mercredi en Gironde, dans le sud-ouest de la France, nécessite l'évacuation de "manière préventive" de sept communes aux portes de Bordeaux, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi la préfète du département.

Cette nouvelle mesure concerne les habitants des communes de Saint-Médard-en-Jalles (33.000 habitants), Le Haillan (11.400), Saint-Jean d'Illac (9.600), Martignas-sur-Jalles (8.000) et Saint-Aubin de Médoc (7.800), toutes proches ou faisant partie de la métropole de Bordeaux.

Les communes de Mérignac (78.000) et d'Eysines (24.800), limitrophe de la ville de Bordeaux, sont aussi partiellement concernées.

"Au regard de la progression du feu et malgré les moyens importants mobilisés par les services d'incendie et de secours, la situation nécessite la mise en sécurité des habitants des zones concernées", a indiqué la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, dans un communiqué.

"Cet incendie avec lequel nous vivons, contre lequel nous luttons ici en Gironde depuis trois jours, a pris une ampleur inédite" et "se dirige vers l'est du département et la métropole bordelaise", avait-elle auparavant déclaré lors d'une conférence de presse.

Bison Futé, le service public officiel de l'information routière en France, a en outre appelé dans la nuit de vendredi à samedi les automobilistes à "éviter de se rendre ou de traverser le département de la Gironde" en raison des incendies en cours, alors que la journée est classée rouge au niveau national dans le sens des départs.

Le président Emmanuel Macron a demandé vendredi aux Armées "de se mobiliser pour venir en renfort maximal de la sécurité civile" face aux violents incendies dans le Sud-Ouest, selon son entourage

Les autorités vont "tout faire pour protéger" la ville de Bordeaux, a assuré quant à lui le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sur TF1.

Le feu, qui a débuté au nord du bassin d'Arcachon, a détruit 19.000 hectares et 100 bâtiments en trois jours, selon un dernier bilan donné en préfecture où Sophie Brocas s'exprimait devant la presse.

Au moins 141.000 évacuations ont eu lieu depuis mercredi soir en raison des feux qui ravagent le Sud-Ouest de la France, avec 110.000 personnes évacuées en Gironde et 31.000 dans les Landes, selon le ministère de l'Intérieur.

La préfecture de Gironde avait activé vendredi un plan d'évacuation par la route et par la mer, d'une ampleur inédite, pour mettre les habitants et vacanciers de la presqu'île du Cap-Ferret, dans le bassin d'Arcachon, à l'abri des flammes. Un protocole cadré et anticipé depuis 2023.


Villepin, le quasi-candidat qui attend son heure

L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin visite le Salon international de l’agriculture à Paris Expo Porte de Versailles, à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
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  • Dominique de Villepin retarde l’annonce officielle de sa candidature à la présidentielle, misant sur une entrée en campagne à l’automne et sur une stratégie de rassemblement plutôt qu’une déclaration précoce
  • Malgré des intentions de vote limitées (autour de 3 %) et environ 200 promesses de parrainage, il espère fédérer des soutiens issus du centre, de la gauche modérée et des écologistes

PARIS: Rien ne sert de courir vers l'Elysée. Ou, en tout cas, rien ne sert de se déclarer trop tôt. Dominique de Villepin, clairement en campagne, fait le choix de repousser l'officialisation de sa candidature et parie sur un rassemblement aux contours abstraits.

Au centre, Gabriel Attal et Edouard Philippe s'affrontent déjà. A gauche, une foule de prétendants cherchent à s'imposer.

Et quelque part entre eux, dans un espace politique volontairement indéfini, Dominique de Villepin, 72 ans, poursuit son chemin en sous-marin, sans émerger dans les sondages.

Ces derniers mois, il s'est rendu à Strasbourg, La Rochelle, Aix-en-Provence, Avignon ou encore Lille, pour ne citer que quelques déplacements.

Un "gros Tour de France", comme le dit son entourage, qui a permis à l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac de déployer son amour du discours et sa connaissance de la géopolitique, et d'afficher sa popularité chez une partie de la jeunesse.

Ses fréquentes interventions médiatiques lui ont offert l'occasion d'avancer quelques points de programme, comme le retour d'un impôt sur la fortune (ISF) repensé ou une taxe carbone.

Mais toujours pas de déclaration de candidature.

Son entourage est persuadé qu'il est trop tôt. Et que les candidats qui ont déjà organisé de grands meetings, comme Gabriel Attal, Edouard Philippe ou Bruno Retailleau, commettent une erreur.

Ces évènements, coûteux, "n'ont pas fait bouger grand-chose" et ont "cramé une partie de la caisse", estime un proche.

Pour eux, la présidentielle se jouera en décembre. C'est là, à les croire, que les électeurs plongent vraiment dans la présidentielle et que tout se cristallise.

François Hollande, vu comme un potentiel rival dans le camp Villepin, envisage les choses de la même façon. Il a prévenu que, s'il devait se déclarer, ce serait en décembre.

Dominique de Villepin devrait lui officialiser à l'automne, même si aucune date n'est calée.

- "Assez pour espérer" -

Laisser les plus pressés se lancer dans la bataille, les voir échouer à convaincre, et arriver en rassembleur. Voilà, en résumé, le scénario idéal pour Dominique de Villepin.

Paraît-il le plus probable ? Pas vraiment.

Dans les sondages, à prendre certes avec des pincettes, il peine à dépasser les 3% d'intentions de vote.

"C'est largement assez pour espérer", a-t-il répondu la semaine dernière sur BFMTV. Mais pas assez pour fédérer.

Dominique de Villepin croit qu'à ce stade, personne au sein du bloc central n'a la moindre chance de se qualifier au second tour de la présidentielle face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

Il martèle ces dernières semaines un appel au rassemblement pour dépasser les clivages partisans. Il dit compter sur "un moment de lucidité", un "esprit de responsabilité", qui pousserait les candidats à se ranger derrière un seul (lui, par exemple).

Son entourage assure ne pas s'inquiéter des tièdes sondages, ou de l'absence de ralliement. Un de ses conseillers explique viser les "orphelins" politiques, des responsables qui ne croient dans aucune des candidatures ayant déjà émergé.

Dominique de Villepin pourrait devenir, dans son esprit, le patriarche d'une grande famille recomposée, dont les membres seraient issus de la gauche hors LFI, de la Macronie ou des écologistes.

Une ministre macroniste n'y croit pas.

Pour elle, Dominique de Villepin est "un Fabien Roussel inversé". Comme le patron du Parti communiste français, apprécié à droite, cet ancien de l'UMP est un "candidat de droite que la gauche aime bien", ce qui "ne paye pas au niveau électoral".

Et puis il y a ses lucratives activités et conférences à l'étranger ces deux dernières décennies, notamment en Chine. La ministre pense qu'elles pourraient "lui poser problème" dans la campagne.

Le vraisemblable candidat a réfuté tout conflit d'intérêts. Tout comme dans l'affaire des statuettes reçues lorsqu'il était ministre des Affaires étrangères, qu'il a depuis données au Quai d'Orsay.

Ira-t-il au bout ? Ne pas se déclarer, c'est aussi garder une porte de sortie, si les vents ne paraissent pas favorables.

En 2012, il avait jeté l'éponge après avoir échoué à obtenir les 500 parrainages d'élus locaux nécessaires pour candidater.

Pour l'instant, il a récolté environ 200 promesses, encore loin du compte. Mais son entourage, confiant, rappelle que c'est avant d'avoir annoncé sa candidature, et donc "envoyé la grosse Bertha".