Immobilier: en Chine, des chantiers à l'arrêt et des acheteurs à bout

Les promoteurs ont pu se développer grâce aux prêts bancaires. Mais leur endettement a tellement gonflé que les autorités ont décidé à partir de 2020 d'y mettre le holà. (AFP)
Les promoteurs ont pu se développer grâce aux prêts bancaires. Mais leur endettement a tellement gonflé que les autorités ont décidé à partir de 2020 d'y mettre le holà. (AFP)
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Publié le Vendredi 12 août 2022

Immobilier: en Chine, des chantiers à l'arrêt et des acheteurs à bout

  • Des acheteurs dans des dizaines de villes boycottent les remboursements pour faire pression sur les promoteurs... eux-mêmes criblés de dettes et en manque de liquidités
  • «Ils m'ont dit que la construction reprendrait bientôt», raconte monsieur Wang, qui ne souhaite pas révéler son nom complet. «Mais au final, aucun ouvrier n'est venu»

PEKIN: Jeune marié, monsieur Wang s'apprêtait à emménager avec sa femme enceinte dans leur nouvel appartement. Mais le rêve vire au cauchemar avec la crise immobilière en Chine qui empêche certains promoteurs d'achever les travaux.

Pour acheter le logement il y a trois ans, le futur papa de 34 ans a contracté un prêt équivalent à 300 000 euros. Mais sans avancée du chantier depuis près d'un an, il a pris une décision radicale: arrêter le paiement des mensualités.

Comme lui, des acheteurs dans des dizaines de villes boycottent les remboursements pour faire pression sur les promoteurs... eux-mêmes criblés de dettes et en manque de liquidités.

"Ils m'ont dit que la construction reprendrait bientôt", raconte monsieur Wang, qui ne souhaite pas révéler son nom complet. "Mais au final, aucun ouvrier n'est venu."

Habitant de Pékin, il comptait déménager dans ce logement acheté à Wuhan, une grande ville du centre de la Chine.

"C'était difficile pour nous de nous payer cet appartement. J'y ai mis toutes mes économies", explique-t-il. "Au final, on doit toujours rembourser deux millions de yuans (300 000 euros) pour le prêt."

La Chine a connu depuis la libéralisation du marché immobilier en 1998 un boom du secteur.

Les promoteurs ont pu se développer grâce aux prêts bancaires. Mais leur endettement a tellement gonflé que les autorités ont décidé à partir de 2020 d'y mettre le holà.

Cela a réduit les possibilités de financement pour les géants de l'immobilier comme l'ex-numéro un Evergrande, qui s'efforce depuis plusieurs mois de rembourser des montagnes de dettes.

«Situation impossible»

La tâche est compliquée par ces boycotts de mensualités et par la pression venue du gouvernement - soucieux de stabilité sociale - afin de livrer au plus vite les appartements aux acheteurs.

A Wuhan, d'autres futurs propriétaires affirment que la date de livraison de leur logement a été reportée à plusieurs reprises par le promoteur Myhome Real Estate.

Ils devaient emménager fin 2021 mais ne voient toujours rien venir. Le constructeur a promis cette semaine qu'il espérait boucler le chantier fin 2022.

En Chine, les appartements neufs sont le plus souvent vendus avant leur construction. Alors quand un promoteur est incapable d'achever les travaux, c'est l'acheteur qui se retrouve lésé.

Cela a conduit à une véritable "crise de confiance" dans le marché immobilier, estime dans un récent rapport Andrew Batson, analyste du cabinet Gavekal Dragonomics.

"Je n'aurais jamais pensé que ça pouvait arriver", raconte monsieur Hu, un acheteur de Wuhan âgé de 25 ans, à propos de son logement encore non terminé.

Il explique que toute sa famille a payé pour financer l'achat en 2018 de son trois pièces.

"Je n'ai plus envie de payer", explique monsieur Xue, un autre acheteur. Faute de pouvoir rentrer dans son logement, le jeune homme de 24 ans loue un appartement dont le loyer pèse lourdement sur ses finances.

"Ce n'est pas mépriser la loi ou les contrats. C'est juste que cette pression nous met dans une situation impossible."

Cercle vicieux 

Sa famille a apporté un premier versement de 800 000 yuans (116 000 euros). Il a aussi contracté un prêt de 600 000 yuans (87 000 euros).

Selon plusieurs acheteurs de Wuhan, des manifestations de propriétaires mécontents ont eu lieu dans la ville.

En tout, plus de 300 projets immobiliers dans environ 100 villes sont touchés par ces boycotts des paiements, selon un document collaboratif mis en ligne sous le titre "WeNeedHome" (nous avons besoin d'un logement").

Beaucoup se trouvent à Zhengzhou, une grande ville du centre de la Chine, où les autorités ont toutefois créé un fonds d'aide aux promoteurs afin qu'ils puissent achever les travaux.

Selon la banque Nomura, les promoteurs en Chine n'ont pour l'instant livré qu'environ 60% des logements pré-vendus entre 2013 et 2020.

Les difficultés de l'immobilier chinois, qui représente un quart du PIB du pays, ont été révélées l'an passé lorsqu'Evergrande a commencé à peiner à rembourser ses créanciers.

Désormais, la perte de confiance des Chinois dans le secteur pourrait encore aggraver la crise, prévient Tommy Wu, analyste du cabinet Oxford Economics.

"Le danger de voir se développer un cercle vicieux - baisse des ventes et des prix des logements, détresse croissante des promoteurs et détérioration des finances des collectivités locales - est préoccupant."


Les chemins de fer saoudiens battent des records en 2025 : 14 millions de passagers et 30 millions de tonnes de fret

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025, SAR a réussi à supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
Le train "Dream of the Desert" se compose de 14 wagons abritant 34 suites de luxe, offrant une expérience exclusive et intimiste aux voyageurs. (Photo SPA)
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  • Le transport de 30 millions de tonnes de fret par rail en 2025 a permis de supprimer 2 millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume et d’économiser 139 millions de litres de carburant
  • Cela a également entraîné une réduction des émissions de carbone de 364 000 tonnes, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne

​​​​​​RIYAD : Les chemins de fer saoudiens (Saudi Arabia Railways, SAR) ont annoncé des résultats opérationnels record pour l’année 2025, consolidant leur position comme un pilier des secteurs logistique et touristique du Royaume.

SAR a transporté plus de 14 millions de passagers, soit une augmentation significative par rapport aux 11,2 millions de passagers enregistrés en 2023, soulignant l’adoption croissante du rail tant pour les déplacements quotidiens que pour les pèlerinages, rapporte l’Agence de presse saoudienne.

De même, le transport de fret a fortement progressé, passant d’environ 24 millions de tonnes en 2023 à 30 millions de tonnes en 2025, stimulé par la demande industrielle accrue et la logistique minière.

En transportant 30 millions de tonnes de fret par rail, le réseau a permis de supprimer deux millions de trajets en camion sur les autoroutes du Royaume, entraînant une économie de 139 millions de litres de carburant.

Cela s’est également traduit par une réduction de 364 000 tonnes d’émissions de carbone, contribuant directement à l’Initiative Verte Saoudienne.

Ces chiffres soulignent le rôle central de SAR dans la réalisation de la Stratégie nationale des transports et de la logistique (NTLS) et de la Vision 2030 de l’Arabie Saoudite, en offrant un réseau à la fois efficace et durable sur le plan environnemental.

“Dream of the Desert”

Une réalisation marquante de 2025 a été le lancement officiel du Dream of the Desert, le premier train de luxe au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

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Le ministre des Transports et des Services Logistiques et président de SAR, Saleh Al-Jasser, a dévoilé le premier wagon du “Dream of the Desert” en octobre dernier lors du FII9. (Photo SPA)

Développé en partenariat avec le groupe italien de luxe Arsenale, ce service a redéfini le tourisme ferroviaire. Le train comprend 40 cabines de luxe sur mesure, offrant une expérience de « croisière ferroviaire » inspirée de l’Orient Express classique, mais avec une identité saoudienne unique. L’itinéraire traverse le Royaume de Riyadh à Al Qurayyat, en s’arrêtant sur des sites culturels clés tels que Ha’il et Al-Jouf, transformant ainsi le voyage lui-même en destination.

Dans un mouvement majeur pour tirer parti du Transit-Oriented Development (TOD), SAR a annoncé la création d’un fonds immobilier de 6 milliards SAR axé sur La Mecque.

Ce fonds est dédié au développement de terrains premium adjacents à la gare du Haramain High Speed Railway à La Mecque. L’initiative vise à améliorer l’expérience des pèlerins en construisant des hôtels à grande capacité, des centres commerciaux et des unités résidentielles directement connectés à la gare. Ce développement permet non seulement de diversifier les sources de revenus de SAR, mais soutient également l’objectif du gouvernement d’accueillir 30 millions de pèlerins pour la Omra chaque année en intégrant parfaitement transport et hébergement.

Reconnaissance internationale

À l’international, l’engagement de SAR pour l’excellence a été reconnu. SAR est devenue la première entreprise à recevoir le prestigieux prix de l’Union internationale des chemins de fer (UIC) pour les trains touristiques longue distance.

La cérémonie s’est tenue au siège de l’Union à Paris, en France, avec la participation de grandes compagnies ferroviaires mondiales.

L’UIC, organisation ferroviaire mondiale, a décerné le prix en reconnaissance de l’innovation de SAR dans l’intégration du tourisme de luxe à l’infrastructure ferroviaire lourde.

Cette distinction consolide la réputation de SAR pour la qualité de ses services et place le Royaume comme destination de premier plan pour les passionnés de chemins de fer et les voyageurs de luxe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Forbes France cesse de paraître, après le retrait de son investisseur français

L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France. (AFP)
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  • "En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun"
  • L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe"

PARIS: L'édition française de Forbes va cesser de paraître près de dix ans après sa naissance, a annoncé jeudi le groupe d'édition français qui détenait sa licence et entend se  concentrer désormais sur d'autres titres, dont Time France.

"En dix ans", ce trimestriel en français, déclinaison de la version originale américaine, "a publié 33 numéros, tirés à 100.000 exemplaires chacun, et développé un site réunissant 2 millions de visites par mois, ainsi qu'une communauté de plus de 430.000 personnes sur les réseaux sociaux", indique le groupe  360 Business Media dans un communiqué.

L'entrepreneur Dominique Busso  veut "(concentrer) ses efforts sur Time France, lancé en décembre dernier, sur le magazine Oniriq, ainsi que sur d'autres projets éditoriaux fidèles à l'ADN du groupe", ajoute -t-il, confirmant une information parue dans le quotidien économique Les Echos.

Le dernier numéro de Forbes France a paru en décembre. Le magazine pourrait être relancé si un repreneur se déclare.

Le magazine américain, connu pour son classement annuel des plus grandes fortunes de la planète, édite des versions dans de nombreux pays et en plusieurs langues.

Interrogé par l'AFP, le groupe 360 Business Media a précisé qu'il employait 20 salariés, dont 10 pour Forbes France, à qui "il sera proposé de basculer sur les autres titres s'ils le souhaitent".


La France «ne baisse pas les bras» dans son soutien économique à l'Ukraine, dit Nicolas Forissier

La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7. (AFP)
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  • La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays
  • Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes

KIEV: La France "ne baisse pas les bras" dans son soutien économique à l'Ukraine en guerre, affirme à l'AFP le ministre français délégué au Commerce extérieur Nicolas Forissier, à l'issue d'une visite de deux jours à Kiev mardi et mercredi, et alors que la France assure en 2026 la présidence du G7.

Q: La France marque des points politiquement en Ukraine en restant un soutien fort du pays. Comment transforme-t-on ces points en gains économiques ?

R: En étant opiniâtres, en étant francs dans la négociation et la discussion. Il s'agit de mettre en place des partenariats gagnant-gagnant entre entreprises françaises et ukrainiennes. C'est l'esprit dans lequel il me semble que nous avons travaillé, l'esprit de cette visite à Kiev. On réussit parce qu'on a aussi de l'excellence, des savoir-faire, des entreprises qui sont dans tous les domaines. Et parfois, même souvent, et c'est le cas en Ukraine mais pas seulement, nos partenaires préfèrent travailler avec des entreprises françaises. Il y aura toujours une concurrence quel que soit le pays. Mais il y a une relation particulière qui existe aujourd'hui entre l'Ukraine et la France.

Q: Quelle impression vous a laissée la population ukrainienne lors de cette visite de deux jours ?

R: J'ai été très ému par la visite de Boutcha (ville où des massacres de civils ont eu lieu par l'armée russe en mars 2022, NDLR). Aussi par la remise des générateurs électriques donnés par la France à l'Ukraine. Je pense que c'était le sentiment de tous ceux qui ont participé à cette mission: c'est quand nos amis sont dans la difficulté qu'on doit être avec eux.

Q: L'Ukraine traverse un hiver froid et la communauté internationale s'intéresse moins au sort du pays. Comment attirer l'attention ?

R: D'abord, ce n'est pas le cas de la France, nous sommes vraiment présents et nous le démontrons. Dans le cadre du G7 énergie on va le montrer aussi, on va encore une fois pousser beaucoup pour apporter des solutions. Je suis venu pour inciter nos entreprises à être conquérantes, présentes, à ne pas avoir peur parce qu'il y a une situation compliquée. C'est maintenant qu'il faut être présents. C'est le message du ministre du Commerce extérieur mais aussi du gouvernement français tout entier. Cela va de pair avec la solidarité qu'on a exprimée aux Ukrainiens pendant tout ce voyage: on ne baisse pas les bras.