Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique

Cette photographie prise le 29 juillet 2022 montre une église catholique nouvellement construite à Bugojno. (Photo, AFP)
Cette photographie prise le 29 juillet 2022 montre une église catholique nouvellement construite à Bugojno. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 12 août 2022

Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique

  • Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, Husejn Smajic a découvert les fondations d'une église catholique médiévale
  • Il a cédé à l'Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l'invasion ottomane du XVe siècle

BUGOJNO : A la sortie de l'église tout juste consacrée par une messe, les fidèles remercient chaleureusement un homme de bonne stature en chemise blanche. Husejn Smajic n'a pas assisté aux célébrations religieuses, mais l'édifice catholique n'existerait pas sans ce musulman qui pense qu'une Bosnie fraternelle est toujours possible.

Depuis la guerre intercommunautaire qui fit 100 000 morts dans les années 1990, la Bosnie est divisée selon des lignes de fractures ethniques, avec une entité serbe et une fédération croato-musulmane où les deux communautés cohabitent péniblement.

Bugojno n'est pas épargnée. La plupart des Croates catholiques, avant-guerre 34% des 47 000 habitants de cette localité de Bosnie centrale, furent expulsés en 1993 par les forces musulmanes bosniaques et moins d'un tiers sont revenus. Des crimes ont été commis des deux côtés.

Husejn Smajic, 68 ans, ne veut pas de cette Bosnie là.

Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, l'homme d'affaires retraité a découvert les fondations d'une église catholique médiévale. Le cardinal Vinko Puljic, alors chef de l'Eglise catholique de Bosnie, avait inspecté le site où furent retrouvés 12 squelettes ainsi que les lambeaux d'un habit doré, peut-être selon les archéologues celui de la reine Jelena Gruba, seule femme à avoir dirigé le royaume bosnien médiéval vers la fin du XIVe siècle.

Husejn Smajic décida alors de concrétiser sa vision de la Bosnie multiethnique.

Il a cédé à l'Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l'invasion ottomane du XVe siècle.

Mariages mixtes

Propriétaire d'une scierie et de deux petites centrales hydroélectriques, il est relativement aisé et a financé en grande partie les opérations. Il a aussi fait appel à ses partenaires et bénéficié de dons d'argent et de matériel de Croates mais aussi de musulmans et de Serbes.

"J'ai fait ça pour que les gens voient qu'on peut vivre bien tous ensemble. Il ne peut pas y avoir ici de beauté sans mélange des communautés, c'est notre richesse", explique-t-il à l'AFP.

Il est marié à une catholique, Vesna, et sait de quoi il parle. "J'ai réussi depuis 45 ans déjà à vivre avec mon ennemie", ironise-il. Leurs trois enfants gèrent désormais les entreprises familiales.

"Sa famille, un mariage mixte, lui musulman et sa femme catholique, ses filles mariées à des catholiques, c'est la particularité de ce pays dans lequel nous vivons avec nos différences et où nous pouvons vivre ensemble si nous nous respectons les uns les autres", dit à l'AFP Mgr Puljic dans un sourire approbateur, après avoir consacré la nouvelle église.

Dans les années 1970, les mariages mixtes étaient fréquents dans le petit pays des Balkans de 3,5 millions d'habitants, des Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes. La guerre a largement déchiré les trois communautés, y compris les familles, et les coins multiethniques sont rares. Souvent, même dans des localités multiethniques, les enfants ne fréquentent pas les mêmes écoles.

En sortant de l'église, les larmes aux yeux mais "heureuse et fière", Zeljka Sistov Franjic, Croate de 61 ans qui vit aujourd'hui en Croatie, pense que le geste de Smajic est d'une "grande importance pour la cohabitation à Bugojno et en Bosnie".

Son père de 78 ans vit seul à Bugojno et des voisins musulmans s'en occupent. "C'est ça la vie ici", raconte-t-elle.

«Nous ferions une Suisse»

"Si nous étions tous comme lui, si nous avions tous cet amour pour l'autre, je pense que ce pays serait tellement heureux et que plus personne n'irait en Allemagne, en Autriche, en Suisse. Nous ferions une Suisse ici", dit Mihovil Klisanin, la soixantaine, parmi les centaines de fidèles qui ont assisté à la messe dans l'église et à l'extérieur.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Bosniens fuient leur pays, l'un des plus pauvres d'Europe, pour des raisons économiques et à cause de l'absence de perspectives dans un système où des élites politiques accrochées au pouvoir n'ont pas intérêt au changement.

"Les gens comme Husejn sont rares en Bosnie, surtout après ces conflits tragiques. Il a un coeur grand comme une montagne", dit Frano Glavas, 58 ans, Croate originaire de Bugojno et qui vit lui aussi en Croatie.

L'intéressé invoque plutôt l'amour pour la Bosnie.

"Si on aime ce pays et si on aime ce peuple, je dis bien tout son peuple, il faut travailler contre les hommes politiques et vous êtes alors certainement sur la bonne voie. Ce qu'ils font ne mène nulle part", dit Husejn Smajic.

En attendant, la cérémonie se conclut autour de vastes tablées de cevapis, saucisses prisées dans tous les Balkans.


Une vingtaine de blessés après qu'un homme a pulvérisé une substance dans un centre commercial de Tokyo

Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers. (AFP)
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  • A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue
  • En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment

TOKYO: Une vingtaine de personnes ont été blessées dans un centre commercial de luxe du centre de Tokyo après qu'un homme y a pulvérisé une substance, ont indiqué lundi des responsables de la police et des pompiers.

Le porte-parole de la police de Tokyo, Yusuke Koide, a expliqué à l'AFP qu'un homme avait pulvérisé une substance près d'un distributeur automatique au rez-de-chaussée du bâtiment, tandis qu'un responsable local des pompiers a précisé qu'une "vingtaine de personnes ont été blessées" après un signalement faisant état d'une "odeur" dans ce quartier très touristique.

A la mi-journée, quelques rues autour du bâtiment, situé dans le quartier commerçant de Ginza qui abrite de nombreuses marques de luxe, ont été bloquées après l'incident et des camions de pompiers et des ambulances se sont alignés le long de la rue.

En revanche les passants, essentiellement des touristes, continuaient à déambuler, filmant et photographiant sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, et certains sortaient même tranquillement par les autres accès du bâtiment.

"Pour le moment, 19 personnes ont été transportées à l'hôpital", a dit aux journalistes le responsable des pompiers, Ryosuke Kobayashi.

Un journaliste de l'AFP sur place a vu deux personnes sur des brancards être installées dans une ambulance, tandis que des pompiers et des responsables vêtus de combinaisons de protection chimique faisaient sortir des personnes du centre commercial pour les examiner dans des véhicules spécialisés.

"Ma gorge me grattait" 

"Quand je suis arrivée, l'agitation avait déjà commencé, et j'ai pensé qu'il y avait peut-être eu un petit incendie ou quelque chose comme ça. Une fois entrée dans le coin des distributeurs, ma gorge me grattait, presque engourdie", a témoigné auprès de la chaine de télévision NHK une femme de 70 ans qui se trouvait dans le centre commercial.

NHK a indiqué que les blessures semblaient légères.

Selon une source proche de l'enquête citée par NHK, la substance pulvérisée contiendrait de la capsaïcine, un composant actif du piment qui provoque une sensation de brûlure.

L'enquête de police a rapidement débuté, a déclaré un officier des pompiers présent sur les lieux, sans donner plus de détails.

La capitale japonaise reste marquée par l'attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, perpétrée en mars 1995 par la secte Aum et qui avait fait 14 morts et plus de 5.800 blessés.

Le 20 mars 1995, vers 08H00 du matin, cinq disciples de la secte Aum ont quasi simultanément déposé des sacs en plastique remplis de ce gaz liquéfié, un virulent agent neurotoxique, dans des rames de métro de différentes lignes avant de les percer avec la pointe d'un parapluie et de s'enfuir.

La criminalité violente est relativement rare au Japon, qui affiche un faible taux d'homicides, et ses lois sur les armes à feu sont parmi les plus strictes au monde.

Cependant, des attaques au couteau et même des fusillades se produisent occasionnellement, comme lors de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Shinzo Abe en juillet 2022.

En décembre dernier, quatorze personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau dans une usine du centre du Japon, au cours de laquelle un liquide non spécifié avait également été pulvérisé.


Le chef de l'armée pakistanaise Munir est en Chine avec le Premier ministre Sharif 

Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi. (AFP)
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  • Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois
  • M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran

ISLAMABAD: Le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir, médiateur principal dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, est en Chine aux côtés du Premier ministre Shehbaz Sharif pour des rencontres avec des dirigeants chinois, a rapporté la télévision pakistanaise lundi.

M. Munir était à Téhéran vendredi et samedi avec le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, dans le cadre des efforts de médiation en cours visant à mettre fin durablement à la guerre en Iran.

La Chine a déclaré vouloir travailler avec le Pakistan afin de "contribuer de manière positive au rétablissement rapide de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient".

Shehbaz Sharif a commencé samedi sa visite officielle en Chine dans la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang (est).

Le Pakistan multiplie ses efforts de médiation dans le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le pays avait accueilli en avril des pourparlers historiques en face-à-face qui n’ont pas abouti à un accord durable.

La Chine joue un rôle plus discret, facilitant des appels téléphoniques et des réunions avec des responsables des pays du Golfe concernés.

S’adressant aux dirigeants chinois à Pékin aux côtés de M. Munir, M. Sharif a déclaré que "le monde traverse un moment critique", selon les images de la télévision pakistanaise PTV.

"Le Pakistan a joué un rôle sincère de médiation entre les États-Unis et l’Iran. Le maréchal (Munir) était à Téhéran et ne voulait pas manquer cette grande visite", a-t-il ajouté.

"Les choses vont dans la bonne direction. Je voudrais remercier la Chine pour son soutien à la promotion de la paix", a-t-il encore déclaré.


Pakistan: un accident de bus fait 17 morts et 10 blessés

Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités. (AFP)
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  • Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement
  • "Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique

PESHAWAR: Au moins 17 personnes ont été tuées et 10 ont été blessées dans un accident de la route lundi au Pakistan, selon les autorités.

L'accident s'est produit lorsqu'un bus de passagers reliant le district de Swat à Peshawar, dans le nord du pays, a subi une panne mécanique et s'est arrêté sur le bord de la route.

Les passagers sont descendus du véhicule et attendaient à proximité lorsqu'une camionnette a perdu le contrôle et a percuté la foule ainsi que le bus en stationnement.

"Au moins 17 personnes ont été tuées et plus de 10 blessées", a déclaré à l'AFP Bilal Ahmad Faizi, un responsable des secours, ajoutant que trois des blessés étaient dans un état critique.

Muhammad Ali, un médecin d'un hôpital local accueillant les victimes, a également confirmé le bilan.

De nombreux passagers rentraient chez eux à l'approche de l'Aïd, l'une des fêtes religieuses les plus importantes du calendrier musulman.