Sempé et Goscinny, les blessures des papas du «Petit Nicolas»

L'illustrateur français de livres pour enfants Jean-Jacques Sempe à Paris (Photo, AFP).
L'illustrateur français de livres pour enfants Jean-Jacques Sempe à Paris (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 14 août 2022

Sempé et Goscinny, les blessures des papas du «Petit Nicolas»

  • «Le Petit Nicolas, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?»
  • Lorsqu'il rencontre Sempé dans le Paris des années 1950, Goscinny est un jeune homme qui a déjà roulé sa bosse

PARIS: Un gamin battu, monté à Paris, ses croquis sous le bras, et un exilé dont la famille a été meurtrie par l'antisémitisme : pour René Goscinny comme pour Sempé, décédé jeudi, créer le "Petit Nicolas" fut un moyen de panser les plaies d'une enfance cabossée.

Hasard du calendrier, le processus créatif à l'origine du plus célèbre des petits écoliers, héros incontournable de la littérature jeunesse, et désormais doublement orphelin, après la mort jeudi de Sempé, est au cœur d'un film d'animation qui doit sortir le 12 octobre en salles.

"Le Petit Nicolas, qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?", pour lequel les réalisateurs Amandine Fredon et Benjamin Massoubre ont rencontré Sempé avant son décès, a remporté en juin le Cristal d'Or au Festival du film d'animation d'Annecy.

Loin de la France idéalisée des années 1950 retracée dans leurs ouvrages communs, il montre comment les deux hommes ont puisé l'inspiration dans leurs blessures intimes pour créer le petit garçon espiègle, meilleur copain de générations de lecteurs et vendu à 15 millions d'exemplaires.

Lorsqu'il rencontre Sempé dans le Paris des années 1950, Goscinny est un jeune homme qui a déjà roulé sa bosse : parti tout petit à la fin des années 1920 en Argentine avec ses parents alors que l'antisémitisme montait en Europe, il a ensuite bourlingué entre les États-Unis où il rêve de travailler avec Walt Disney, et rencontre notamment Morris, le créateur de Lucky Luke, et la France.

Sempé, lui, est un gamin issu d'une famille populaire de Bordeaux, battu par son beau-père et monté à Paris, carton à dessin sous le bras, pour tenter sa chance. L'amour du dessin n'est donc pas la seule chose qui relie les deux jeunes hommes.

La création du "Petit Nicolas", "c'est une histoire de résilience, de deux mecs qui se sont fait voler leur enfance, l'un par la Shoah et l'autre par un beau-père abusif, et qui vont créer cette enfance rêvée du Petit Nicolas", expliquait à l'AFP Benjamin Massoubre, l'un des coréalisateurs, lors du Festival d'Annecy.

«Dur de faire du Sempé»

L'occasion de montrer autrement ces deux personnalités complices, crayon à la main, tantôt chez eux, tantôt à la terrasse d'un café : "Goscinny, très loin de son image de franchouillard en pantoufles, est un globe-trotteur", Sempé en amoureux du jazz et de la musique.

Les premiers croquis, le choix du prénom, presque au hasard, grâce à une publicité pour le caviste "Nicolas"... Le film retrace la genèse de ce qui deviendra l'une des œuvres les plus lues du patrimoine français.

Les réalisateurs, qui ont travaillé main dans la main avec la fille de René Goscinny, Anne, ont pu exploiter les archives des artistes. Et recréer fidèlement le trait élégant de Jean-Jacques Sempé, qu'il a fallu adapter à l'écran, une gageure.

"Pour être fidèles à son univers, on est partis de ses dessins et on a fait des dossiers : les restaurants, les bars, les parcs, les arbres", pour constituer une base de données dans lesquels les dessinateurs puisaient, explique Amandine Fredon, l'autre réalisatrice.

"C'est très dur de faire du Sempé", reconnaît la cinéaste. Mais le pari est réussi : le film, désormais en forme d'adieu, permettra aux spectateurs de s'asseoir comme s'ils y étaient à la table où Jean-Jacques Sempé, crayon à la main, a créé ce petit garçon qui parlait tellement à l'enfant malheureux qu'il avait été.


Cool et glamour, Victoria Beckham intègre la Fashion week à Paris

La mannequin américaine Bella Hadid présente une création pour le défilé Victoria Beckham printemps-été 2023 lors de la Fashion Week de Paris (Photo, AFP).
La mannequin américaine Bella Hadid présente une création pour le défilé Victoria Beckham printemps-été 2023 lors de la Fashion Week de Paris (Photo, AFP).
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  • L'ex-Spice Girl n'est pas venue saluer les invités comme le veut l'usage après le défilé
  • Rose, bleu, mauve et lilas: les couleurs printanières s'ajoutent au noir cher à la créatrice

PARIS: Avec un casting 5 étoiles sur le podium, son mari et ses enfants se mêlant aux invités du défilé pour prendre un verre, la styliste britannique Victoria Beckham a débuté vendredi à Paris à la Fashion week, la plus prestigieuse au monde.

La collection respirait la féminité: la mannequin Bella Hadid portait une robe verte avec la taille soulignée, et de hauts gants noirs. Sa soeur Gigi était vêtue d'un tailleur pantalon noir...

L'ex-Spice Girl n'est pas venue saluer les invités comme le veut l'usage après le défilé qui s'est déroulé au Val-de-Grâce, ancienne abbaye et hôpital militaire devenue musée.

Vêtue d'une longue robe noire ajustée et de bottes chaussettes mettant en valeur sa minceur, au bras de son mari David Beckham, elle est sortie dans la cour pour poser.

Une attitude rare pour les défilés parisiens où l'accès en coulisses est réservé aux célébrités et aux "happy few".

"C'est Londres qui vient à Paris et c'est cool", pouvait-on entendre alors que Victoria Beckham posait entourée de son fils Brooklyn et de sa belle-fille Nicola Peltz.

En robe noire décolletée décorée de dentelles et baskets, Harper, la fille de Victoria et David, s'est jointe à eux.

Une femme qui parle aux femmes 

Sur le podium, l'ultra-féminité était de mise: talons aiguille, découpes, transparences, le tout présenté par des mannequins très minces à l'image de la styliste de 48 ans, aux 30 millions d'abonnés sur Instagram et qui promeut sur Tik Tok son régime à base de poissons et légumes vapeur.

Rose, bleu, mauve et lilas: les couleurs printanières s'ajoutent au noir cher à la créatrice.

Lancée en 2008, la marque Victoria Beckham a défilé à New York et à Londres et a fait une pause de deux ans. Certes, l'expérience des Fashion weeks "à connotation plus commerciale" de New York et Londres "compte", mais c'est celle de Paris, la plus en vue, "qui valide les marques qui ont une vraie identité créative", estime Benjamin Simmenauer, professeur à l'Institut français de la mode.

C'est à Paris que défilent depuis des décennies les grandes maisons japonaises, mais aussi les britanniques comme Vivienne Westwood ou Stella McCartney.

La Fashion week parisienne a récemment débauché le prometteur Craig Green, qui est revenu sur les podiums à Paris en juin pour la mode masculine après avoir commencé à défiler à Paris avant la crise sanitaire.

Poids lourds français

Pour Victoria Beckham, défiler à Paris signifie entrer "dans la cour des grands", a expliqué à l'AFP Ralph Toledano, président du conseil d'administration de Victoria Beckham LTD et ancien président de la Fédération de la haute couture et de la mode.

"C'est une femme qui parle aux femmes avec des vêtements qui sont en même temps créatifs et désirables et sont le reflet de Victoria", qui incarne une "femme active", un style "sexy, élégant et subtil, avec une touche British", énumère-t-il.

Appréciée par des spécialistes dès sa création, la maison a connu des soucis financiers, mais la situation est en train de changer depuis l'arrivée des Français Ralph Toledano et Marie Leblanc de Reynies, auparavant responsable des achats du grand magasin parisien Printemps, comme PDG.

En quatre ans, la maison a été réorganisée: les deux lignes de prêt-à-porter ont fusionné, avec un nouveau positionnement en matière de prix, les lignes d'accessoires et des produits de beauté ont été développées ainsi que VB Body, une ligne de brassières et robes moulantes en jersey tricoté.

"Financièrement on vient de loin", affirme Ralph Toledano, mais "on est prêt" pour l'aventure parisienne.


Le portrait du roi Charles pour les futures pièces britanniques dévoilé

Le portrait du roi Charles pour les futures pièces britanniques dévoilé. (Reuters).
Le portrait du roi Charles pour les futures pièces britanniques dévoilé. (Reuters).
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  • Le portrait officiel qui décorera les futures pièces à l'effigie de Charles III, oeuvre du sculpteur Martin Jennings, a été conçu à partir d'une photo, et approuvé par le roi
  • «C'est l'oeuvre de plus petite taille que j'ai jamais créée», commente-t-il, se disant touché «par le fait qu'elle sera vue et tenue par tant de gens»

LONDRES : Le portrait du roi Charles III pour les futures pièces de monnaie à son effigie a été dévoilé vendredi par l'organisme chargé de battre la monnaie britannique, Royal Mint.

Ce portrait apparaîtra sur deux pièces au sein d'une série spéciale célébrant la vie de la reine Elizabeth II: une de 5 livres sterling et une autre de 50 pence. Elles entreront en circulation "dans les prochains mois", probablement autour du mois de décembre, précise Royal Mint dans un communiqué.

Le portrait officiel qui décorera les futures pièces à l'effigie de Charles III, oeuvre du sculpteur Martin Jennings, a été conçu à partir d'une photo, et approuvé par le roi.

"C'est l'oeuvre de plus petite taille que j'ai jamais créée", commente-t-il, se disant touché "par le fait qu'elle sera vue et tenue par tant de gens".

"Selon la tradition, le portrait du roi regarde vers la gauche, direction opposée de la reine Elizabeth II" sur le portrait qui adorne pour l'instant les pièces en circulation, précise Royal Mint

Les pièces à l'effigie du roi porteront l'inscription en latin: "CHARLES III • D • G • REX • F • D • 5 livres • 2022”, soit "Roi Charles III, par la grâce de dieu, défenseur de la foi" - l'un des titres du souverains.

Le revers de la pièce commémorative de 5 livres portera deux nouveaux portraits de la reine Elizabeth II, conçus par l'artiste John Bergdahl en collaboration avec Royal Mint.

"Toutes les pièces britanniques à l'effigie d'Elizabeth II vont rester légale et en circulation. Il est usuel historiquement d'avoir des pièces à l'image de différents monarques en circulation au même moment", indique Royal Mint, qui "appose les portraits de la famille royale sur des pièces depuis plus de 1 100 ans".

L'organisme précise qu'il y a actuellement 27 milliards de pièces au Royaume-Uni à l'effigie Elizabeth II et qu'elles seront remplacées au fil du temps, lorsqu'elles sont abimées.


Karl Lagerfeld en vedette d'une grande rétrospective au Met de New York

Né dans une famille aisée mais stricte en Allemagne, Lagerfeld démarra sa longue carrière à Paris, où son amitié transformée en rivalité avec Yves Saint-Laurent devint légendaire. (AFP).
Né dans une famille aisée mais stricte en Allemagne, Lagerfeld démarra sa longue carrière à Paris, où son amitié transformée en rivalité avec Yves Saint-Laurent devint légendaire. (AFP).
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  • En pleine Fashion week, la toute-puissante rédactrice en chef de Vogue aux Etats-Unis, Anna Wintour, figurait parmi les autres personnalités réunies dans l'ancien studio photo de Lagerfeld pour présenter l'exposition
  • Première rétrospective internationale depuis son décès en février 2019, «Karl Lagerfeld, A Line of Beauty» se tiendra du 5 mai au 16 juillet 2023 au Met et retracera sa carrière depuis les années 1950

PARIS : Karl Lagerfeld sera à l'honneur d'une grande rétrospective au Metropolitan Museum of Art de New York en 2023 et de son prochain Met Gala, rendez-vous fantasque des plus grandes stars internationales, ont annoncé les organisateurs vendredi.

En pleine Fashion week, la toute-puissante rédactrice en chef de Vogue aux Etats-Unis, Anna Wintour, figurait vendredi parmi les amis du couturier et autres personnalités réunis dans l'ancien studio photo de Lagerfeld, à Paris, pour présenter l'exposition.

Première rétrospective internationale depuis son décès en février 2019, "Karl Lagerfeld, A Line of Beauty" se tiendra du 5 mai au 16 juillet 2023 au Met et retracera sa carrière depuis les années 1950 jusqu'à sa dernière collection en 2019.

Destiné à financer le département mode du Met (The Costume Institute), le flamboyant "Met Gala", qui coïncide traditionnellement avec la grande exposition annuelle du musée, sera organisé le 1er mai en l'honneur du couturier au catogan et lunettes noires, dont le nom est indissociable de la maison Chanel.

"La majorité des environs 150 créations exposées seront accompagnées des croquis de Lagerfeld", précise ses organisateurs.

"De Fendi à Chanel en passant par ses propres marques, son génie fut de rénover constamment ses objectifs, de toujours absorber de nouvelles informations sans jamais perdre son cap", a déclaré Anna Wintour. "Sa carrière fut pleine de paradoxes. Karl était le roi du commerce, mais aussi un grand intellectuel de la mode, une des personnes les plus cultivées que j'ai jamais connues."

Né dans une famille aisée mais stricte en Allemagne, Lagerfeld démarra sa longue carrière à Paris, où son amitié transformée en rivalité avec Yves Saint-Laurent devint légendaire. Ses créations et défilés spectaculaires pour Chanel, Fendi et sa propre marque, ainsi que sa forte personnalité, ont profondément marqué le monde de la mode.