Un réseau houthi de contrebande d'armes révèle des informations sur les itinéraires de transport d'armes de l'Iran

Un combattant houthi armé d'un lance-roquettes, à Sanaa, au Yémen, le 21 février 2019. (AFP)
Un combattant houthi armé d'un lance-roquettes, à Sanaa, au Yémen, le 21 février 2019. (AFP)
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Publié le Lundi 15 août 2022

Un réseau houthi de contrebande d'armes révèle des informations sur les itinéraires de transport d'armes de l'Iran

  • Les membres de la cellule ont dit qu'ils recevaient de l'argent de la milice et étaient formés par des Iraniens
  • Les contrebandiers ont mentionné la ville iranienne de Bandar Abbas comme point de départ des expéditions d'armes

DJEDDAH : Une cellule de contrebande loyale aux Houthis au Yémen, récemment démantelée, a fourni davantage d'informations sur les itinéraires et les techniques de transport d'armes de l'Iran, ainsi que des preuves supplémentaires de son soutien militaire à la milice, ont déclaré des responsables yéménites.

Les forces conjointes du gouvernement yéménite, qui regroupent trois grandes unités militaires sur la côte ouest du pays, ont publié samedi une vidéo montrant les aveux de quatre membres d'une cellule houthie impliqués dans la contrebande d'armes iraniennes vers les zones contrôlées par les Houthis.

Les forces conjointes ont déclaré qu'elles avaient récemment démantelé des cellules houthies le long de la côte occidentale impliquées dans la contrebande d'armes, l'espionnage et qui avaient pour cible des responsables militaires et la sécurité au Yémen.

Les quatre hommes font de la contrebande d'armes depuis l'Iran vers le Yémen depuis cinq ans.

Le chef de la cellule, Ali Mohammed Halhali, est toujours en fuite, ont déclaré les forces conjointes, qui ont promis de diffuser d'autres vidéos d'autres contrebandiers et agents houthis dans les jours à venir.

D'après les aveux, les contrebandiers yéménites partaient généralement de différentes villes côtières telles que Sheher, dans la province du Hadramout (sud-est), et Al-Ghaydah, dans la province de Mahra (est).

Ils ont rencontré un autre groupe de contrebandiers yéménites à un endroit du golfe d'Oman, où ils ont transporté des armes iraniennes depuis leurs bateaux avant de se rendre à un point de transit en Somalie.

Plus tard, un autre groupe de contrebandiers acheminait la même cargaison au Yémen.

Certains bateaux accostaient dans des zones contrôlées par les Houthis en mer Rouge, tandis que d'autres navires chargés d'armes entraient dans des zones contrôlées par le gouvernement en mer d'Oman ou en mer Rouge.

Ibrahim Omer Hassan Akad, membre de la cellule, a déclaré que lui et plusieurs contrebandiers ont navigué de Sheher vers le golfe d'Oman, où ils ont rencontré d'autres contrebandiers transportant des armes depuis l'Iran.

Les contrebandiers se sont ensuite dirigés vers le port somalien de Berbera, où ils ont livré la cargaison à d'autres contrebandiers yéménites qui ont transporté les marchandises au Yémen.

Après avoir réussi à livrer les armes, Akad a entrepris un autre voyage en utilisant les mêmes itinéraires à travers Sheher, le golfe d'Oman et la côte somalienne.

Au cours de l'un de ses voyages, on lui a demandé, ainsi qu'à d'autres contrebandiers, de se rendre en Iran où ils ont reçu des armes directement des Iraniens et les ont remises à d'autres Yéménites.

Akad a déclaré qu'il avait également fait passer du carburant et des engrais aux Houthis via certains ports somaliens.

Les autres contrebandiers, Mustafa Ahmed Gadad, Ali Mohammed Halhali et Hussein Yahiya Futaini, ont déclaré que les Houthis avaient donné à certains d'entre eux 1,5 million de Yer (1 Yer = 0,0039 Euro) pour chaque voyage et qu'ils avaient été capturés par la marine américaine en 2018 alors qu'ils transportaient des armes de l'Iran vers le Yémen.

Les États-Unis ont confisqué les armes et remis les contrebandiers aux autorités d'Aden, qui les ont ensuite relâchés.

Les contrebandiers ont mentionné la ville iranienne de Bandar Abbas comme un point de départ clé pour les expéditions d'armes iraniennes et ont dit avoir reçu une formation à la contrebande de la part des Iraniens.

Des responsables gouvernementaux, des journalistes et des militants yéménites ont demandé que les Iraniens soient sanctionnés pour avoir sapé la paix au Yémen en armant la milice, arguant que la contrebande d'armes à laquelle se livrent les Houthis montre qu'ils se préparent à la guerre.

Le journaliste yéménite Hassan Ghaleb a déclaré que les confessions contredisaient les affirmations des Houthis selon lesquelles ils fabriquaient des missiles, des drones et d'autres armes au Yémen et le fait qu’ils aient démenti recevoir un soutien militaire de l'Iran.

« La contrebande est la source d’armes la plus importante pour les Houthis, en particulier pour les missiles guidés, les drones et la technologie militaire iranienne », a déclaré Ghaleb.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".