Au Royaume-Uni, les grèves de la colère face à l'inflation

Les acheteurs marchent le long d'Oxford Street dans le centre de Londres le 17 août 2022. (AFP)
Les acheteurs marchent le long d'Oxford Street dans le centre de Londres le 17 août 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 18 août 2022

Au Royaume-Uni, les grèves de la colère face à l'inflation

  • Jeudi et samedi, des dizaines de milliers d'employés des chemins de fer britanniques sont appelés à cesser le travail par les syndicats RMT, TSSA et Unite
  • Le pouvoir d'achat est grignoté par les hausses de prix à une vitesse record, ce qui «démontre le besoin vital (...) de défendre la valeur de la rémunération des travailleurs», selon le communiqué Sharon Graham

LONDRES: Cheminots, postiers, dockers: le Royaume-Uni connaît ses pires grèves depuis des décennies avec une nouvelle salve qui démarre cette semaine pour de meilleurs salaires face à l'inflation qui flambe et le pouvoir d'achat qui fond.

Jeudi et samedi, des dizaines de milliers d'employés des chemins de fer britanniques sont appelés à cesser le travail par les syndicats RMT, TSSA et Unite, nouvel épisode de la plus grosse grève en 30 ans dans le secteur, entamée fin juin.

En cette période de vacances scolaires, Network Rail, le gestionnaire public du réseau, a prévenu que seul un train sur cinq circulerait, appelant les Britanniques à ne voyager "que si cela est absolument nécessaire".

Vendredi, l'ensemble du réseau de transport de Londres sera quasi paralysé, et restera très perturbé pendant tout le week-end.

Dimanche, les dockers du port de Felixstowe (est de l'Angleterre) - le plus gros pour le fret dans le pays - démarrent une grève de huit jours, menaçant de mettre à l'arrêt une grande partie du trafic de marchandises du pays.

Partout le mot d'ordre est le même: les employés réclament des hausses de salaires en phase avec l'inflation, qui a atteint en juillet 10,1% sur un an au Royaume-Uni et pourrait dépasser 13% en octobre, selon les prévisions de la Banque d'Angleterre.

Le pouvoir d'achat est grignoté par les hausses de prix à une vitesse record, ce qui "démontre le besoin vital (...) de défendre la valeur de la rémunération des travailleurs", assure dans un communiqué Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite, l'un des principaux du pays.

Impasse 

A l'appel du syndicat sectoriel CWU, plus de 115 000 postiers britanniques ont prévu quatre jours de débrayage entre fin août et début septembre, et quelque 40 000 employés de l'opérateur de télécoms BT poursuivront leur première grève en 35 ans.

Des actions sont prévues ou ont eu lieu dans les entrepôts d'Amazon, chez les avocats pénalistes ou parmi les éboueurs.

"Les employeurs font leur possible pour aider leur personnel à traverser cette période", a assuré mardi le syndicat patronal CBI dans un communiqué. "Mais une large majorité ne peut se permettre d'augmenter suffisamment les salaires pour suivre l'inflation", a-t-il fait valoir.

Certaines grèves ont pourtant été récemment évitées à la dernière minute, suite à des offres de rémunération jugées satisfaisantes.

C'est le cas de salariés d'une entreprise de ravitaillement en carburant à l'aéroport d'Heathrow, qui menaçaient de perturber le trafic et ont finalement renoncé à débrayer.

Des personnels au sol de British Airways, qui demandaient au minimum le rétablissement de salaires amputés de 10% pendant la pandémie, ont accepté une hausse de 13% et levé la grève.

Si les cheminots poursuivent leur mouvement jeudi, c'est que les négociations avec la multitude d'opérateurs privés du secteur sont dans l'impasse. Ils ont aussi rejeté une offre salariale de Network Rail qu'ils accusent d'être conditionnée à des licenciements massifs.

Le ministre des Transports, Grant Shapps, qui a refusé de s'impliquer directement dans les discussions, est pointé du doigt par les organisations, accusé de ne pas donner de mandat suffisant aux entreprises pour négocier.

Autre motif de colère syndicale: le gouvernement vient de modifier la loi afin de permettre le recours à des intérimaires pour remplacer les grévistes.

Le célèbre grand magasin de luxe londonien Harrods a été "le premier employeur à menacer son personnel" de faire usage de cette loi, alors que certains employés votent actuellement une éventuelle grève, selon Unite.

Les mouvements pourraient durer au-delà de l'été, et aussi s'étendre aux fonctionnaires de l'enseignement ou encore de la santé, où le syndicat a taclé des offres salariales "misérables" de 4%.


«Nous pouvons arriver subitement la nuit»: Erdogan menace la Grèce et les pays qui l’«agacent»

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, prend la parole lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée après une réunion de la Communauté politique européenne au château de Prague, à Prague, en République tchèque. (AP)
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, prend la parole lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée après une réunion de la Communauté politique européenne au château de Prague, à Prague, en République tchèque. (AP)
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  • La Grèce doit prendre au sérieux les avertissements concernant la réponse de la Turquie à toute menace, a déclaré le président Erdogan
  • Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a affirmé que son pays était ouvert au dialogue avec tout pays voisin

PRAGUE: Lors de la lancée de la nouvelle plateforme de concertation continentale à Prague, la Communauté politique européenne, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a indiqué que la Grèce, et d’autres pays qui l’«agacent», ont compris le message d’Ankara lorsque des responsables turcs ont déclaré: «Nous pouvons arriver subitement la nuit», un commentaire que les responsables grecs et d’autres responsables occidentaux considèrent comme une menace.

Il a accusé Athènes de fonder ses politiques sur des «mensonges». «Ils ne sont pas là où ils sont censés être», a lancé M. Erdogan lors d’une conférence de presse à Prague. «Toute leur politique est fondée sur des mensonges. Ils ne sont pas honnêtes. Nous n’avons rien à discuter avec la Grèce.»

Il a souligné que la Grèce devait prendre au sérieux ses avertissements concernant la réponse de la Turquie à toute menace, et a également déclaré au sommet qu’il attendait de l’UE qu’elle «appelle la Grèce à un dialogue bilatéral au lieu de soutenir des initiatives illégales déguisées en unité ou en solidarité». De son côté, le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a affirmé que son pays était ouvert au dialogue avec tout pays voisin.

«La Grèce ne provoque jamais, et elle répond toujours avec confiance lorsqu’elle est provoquée», a dit M. Mitsotakis. «Il est insensé d’accuser la Grèce de faire monter la tension en mer Égée alors que la Turquie soulève même les questions de souveraineté des îles», a-t-il ajouté. «La Grèce ne ferme pas la porte au dialogue. Nous sommes certains que le droit international est de notre côté.»

Jeudi, des dirigeants de toute l’Europe ont entamé leurs réunions à Prague dans le cadre du sommet inaugural. Le premier rassemblement au grand complexe du château de Prague a réuni un groupe hétéroclite de 44 nations, du Caucase (sud-est) à l’Islande (nord-ouest).

Le président russe, Vladimir Poutine, qui n’a pas été invité, dominait les discussions lors de la réunion en raison des crises économique et sécuritaire provoquées par son invasion de l’Ukraine.

* Avec Reuters and AFP

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La fête des lumières à Berlin promet d'économiser l'énergie comme jamais

Le festival des lumières de Berlin démarre vendredi soir. (Photo, Berlin.de , © www.enrico-verworner.de)
Le festival des lumières de Berlin démarre vendredi soir. (Photo, Berlin.de , © www.enrico-verworner.de)
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  • Lors de cette fête qui a lieu tous les ans depuis 2005, les principaux monuments historiques sont illuminés de mille couleurs avec des motifs créatifs et changeants
  • Le festival éteindra ses lumières une heure plus tôt que les années précédentes, à 23H00 contre minuit auparavant, et réduira le nombre de sites illuminés à 35, contre près d'une centaine les années passées

BERLIN : Attendu au tournant en période de sobriété énergétique, le festival des lumières de Berlin, qui démarre vendredi soir, se targue d'avoir cette année la plus faible consommation d'électricité de son histoire.

Lors de cette fête qui a lieu tous les ans depuis 2005, les principaux monuments historiques, comme la Porte de Brandebourg, la tour de télévision et le château de Charlottenbourg, sont illuminés de mille couleurs avec des motifs créatifs et changeants.

Juste avant le week-end, Bild, quotidien lu par près de 8 millions d'Allemands, a fustigé la maire de la ville, Franziska Giffey, lui reprochant d'autoriser cet événement alors que les citoyens sont appelés à moins se chauffer et s'éclairer.

Une critique rejetée par l'un des porte-paroles de la ville, Matthias Kuder, interrogé par l'AFP. Rappelant que le gouvernement allemand avait prévu «en matière d'économies d'énergie des exceptions pour les illuminations de Noël et les manifestations culturelles», M. Kuder a affirmé que la ville avait demandé aux organisateurs de ce genre d'événements de se montrer particulièrement économes. «On n'utilisera pas l'argent du contribuable», a-t-il ajouté.

De son côté, le «festival of lights» s'engage à consommer 75% d'électricité de moins que l'an passé. Et celle-ci sera issue à 100% d'énergie renouvelable, écrit-il sur son site internet.

De plus, il éteint ses lumières une heure plus tôt que les années précédentes: à 23H00 contre minuit auparavant. Il a également réduit le nombre de sites illuminés: 35 contre près d'une centaine les années passées.

«Nous avons aussi fait le choix de performances moins énergivores», a expliqué à l'AFP Birgit Zander, fondatrice du festival.

Elle a cité en exemple le «Berliner Dom» (cathédrale de Berlin, en réalité un temple luthérien) sur lequel on pouvait voir l'an passé d'immenses projections et qui sera cette année décoré par des «luminéoles», des oiseaux imaginaires avec un éclairage basse consommation, créés par l'entreprise française «Porté par le vent».

Comme l'an passé, Mme Zander attend environ deux millions de visiteurs à ce festival gratuit qui dure jusqu'au 16 octobre.


Réchauffement climatique: Washington va détailler une nouvelle stratégie pour l'Arctique

Face à l'impact croissant du réchauffement climatique, Washington souhaite aider l'Alaska -- son Etat le plus septentrional -- à renforcer sa résilience et à s'adapter, et entend aussi suivre les initiatives internationales visant à réduire les émissions dans l'Arctique. (AFP).
Face à l'impact croissant du réchauffement climatique, Washington souhaite aider l'Alaska -- son Etat le plus septentrional -- à renforcer sa résilience et à s'adapter, et entend aussi suivre les initiatives internationales visant à réduire les émissions dans l'Arctique. (AFP).
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  • Le réchauffement climatique fait notamment fondre la banquise, ouvrant à la navigation des zones auparavant fermées et offrant de nouvelles opportunités à des pays comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine, de se disputer ressources et influence
  • «La stratégie présente la vision américaine d'un Arctique pacifique, stable, prospère et coopératif»

WASHINGTON : L'administration Biden va dévoiler vendredi une nouvelle stratégie concernant l'Arctique, intégrant les conséquences de plus en plus marquées du réchauffement climatique dans la région et la concurrence accrue, ont annoncé des haut responsables américains.

Le réchauffement climatique fait notamment fondre la banquise, ouvrant à la navigation des zones auparavant fermées et offrant de nouvelles opportunités à des pays comme les Etats-Unis, la Russie et la Chine, de se disputer ressources et influence.

"La stratégie présente la vision américaine d'un Arctique pacifique, stable, prospère et coopératif", a indiqué un des responsables.

Elle comprend quatre grands domaines: la sécurité, le changement climatique et la protection de l'environnement, un développement économique durable et une coopération internationale.

En matière de sécurité, les Etats-Unis s'engagent à "dissuader les menaces qui pèsent sur le territoire américain et sur nos alliés", ainsi qu'à mieux comprendre comment opérer dans cette région, a déclaré le haut responsable.

Face à l'impact croissant du réchauffement climatique, Washington souhaite aider l'Alaska -- son Etat le plus septentrional -- à renforcer sa résilience et à s'adapter, et entend aussi suivre les initiatives internationales visant à réduire les émissions dans l'Arctique.

En matière économique, les Etats-Unis veulent identifier des manières d'accentuer la croissance dans la région "et d'améliorer les moyens d'existence en Alaska, surtout pour les communautés autochtones", a dit un responsable.

La coopération entre Etats dans la région a été rendue plus difficile depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais "les Etats-Unis sont toujours engagés à soutenir les institutions en place pour la coopération arctique", a-t-il noté.

Le dernier document détaillant la stratégie américaine en l'Arctique remonte à près de 10 ans.