Algérie: plus de 10 000 hectares d'un parc classé par l'Unesco partis en fumée

Plus de 10% de la réserve de biosphère d'El Kala, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, ont été détruits par des incendies qui ont ravagé le nord-est de l'Algérie, tuant au moins 38 personnes (Photo, Unesco).
Plus de 10% de la réserve de biosphère d'El Kala, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, ont été détruits par des incendies qui ont ravagé le nord-est de l'Algérie, tuant au moins 38 personnes (Photo, Unesco).
Short Url
Publié le Samedi 20 août 2022

Algérie: plus de 10 000 hectares d'un parc classé par l'Unesco partis en fumée

  • Les gigantesques incendies mercredi et jeudi dans le nord-est de l'Algérie ont fait selon les données officielles 37 morts
  • Chaque été, le nord de l'Algérie est touché par des feux de forêt, un phénomène qui s'accentue d'année en année sous l'effet du changement climatique

ALGER : Plus de 10% de la superficie d'un parc national du nord-est de l'Algérie classé par l'Unesco ont été détruits par les violents incendies qui ont ravagé ces derniers jours le nord-est de ce pays du Maghreb, a indiqué un expert samedi à l'AFP.

Doté d'un écosystème unique dans le bassin méditerranéen et classé réserve de biosphère par l'Unesco en 1990, "le parc national d'El Kala a vu plus de 10 000 hectares partir en fumée ces derniers jours", a déclaré l'universitaire Rafik Baba Ahmed.

Les gigantesques incendies mercredi et jeudi dans le nord-est de l'Algérie ont fait selon les données officielles 37 morts, tandis que des médias locaux font état d'une 38e victime, un homme de 72 ans à Guelma (est), ainsi que de disparus.

"Au cours des dernières 48 heures, les pompiers sont intervenus sur 51 feux" dans 17 départements, et ils luttent encore contre deux incendies à Tlemcen, dans l'ouest du pays, a indiqué samedi la protection civile algérienne sur son compte Facebook.

Le parc d'El Kala, situé non loin de la ville du même nom, est considéré comme l'un des principaux réservoirs de biodiversité du bassin méditerranéen. D'une superficie totale de près de 80 000 hectares, il abrite plusieurs centaines d'espèces d'oiseaux, de mammifères et de poissons qui lui confèrent "une richesse biologique exceptionnelle", souligne M. Baba Ahmed, qui a été directeur du parc.

"La Réserve de biosphère d'El Kala abrite une faune aviaire très remarquable, plus de 60 000 oiseaux migrateurs chaque hiver", indique l'Unesco sur son site.

"C'est une mosaïque d'écosystèmes marins, dunaires, lacustres et forestiers, avec sa bande marine riche en coraux, herbiers de posidonies et poissons", ajoute l'organisation de l'ONU.

Chaque été, le nord de l'Algérie est touché par des feux de forêt, un phénomène qui s'accentue d'année en année sous l'effet du changement climatique, entraînant des sécheresses et des canicules.

Les incendies ont "de tout temps, à l'une ou l'autre exception près, affecté les massifs du parc", rappelle M. Baba Ahmed. Et d'ajouter: "La forêt ne se reconstitue pas, elle devient éparse et évolue vers un maquis d'arbustes, pour finir en sol nu, voué à l’érosion".

"L'autre impact des incendies est la raréfaction, pour ne pas dire la disparition d'animaux et de plantes, et on le constate à travers l'emblème de la région, le cerf de Barbarie complétement disparu depuis une vingtaine d’année ou encore le lynx", dit l'universitaire "pessimiste" pour l'avenir du parc.

Car "avec le temps, les incendies affaiblissent la forêt, la rendant vulnérable aux autres agressions comme celles des insectes nuisibles, mais surtout les activités humaines", souligne-t-il.

Outre les dégâts provoqués par les incendies, "les massifs forestiers ont été fragmentés par un dense réseau routier au titre du désenclavement qui a favorisé les constructions éparses et l'apparition de nouvelles localités avec des raccordements d'électricité et de gaz naturel", explique-t-il.

La richesse biologique des zones humides du parc a été "bouleversée notamment par des projets d'aquaculture tel le rempoissonnement par la carpe herbivore qui a eu raison de la végétation aquatique dont se nourrissent les oiseaux, les poissons et d'autres crustacés et mollusques", conclut-il.


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.


Négociations indirectes Iran-Etats-Unis: le porte-parole du Qatar fait état de "progrès positifs"

Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed Al-Ansari, a déclaré que les négociateurs américains et iraniens avaient réalisé des « progrès positifs » lors de pourparlers indirects à Doha. (Photo d'archives AFP)
  • Les négociateurs américains et iraniens ont enregistré des progrès positifs lors de pourparlers indirects à Doha, selon le Qatar
  • Une nouvelle série de discussions est prévue après les funérailles d’Ali Khamenei, avec la poursuite de la médiation qatarie et pakistanaise

DOHA: Les négociateurs américains et iraniens ont réalisé "des progrès positifs" lors de leurs pourparlers indirects à Doha, une prochaine série de discussions étant prévue après les funérailles de l'ex-guide suprême iranien Ali Khamenei, a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

"Les médiateurs qataris et pakistanais ont achevé aujourd'hui à Doha des réunions séparées avec les négociateurs américains et iraniens, avec des progrès positifs concernant les questions liées au memorandum d'accord d'Islamabad, en s'appuyant sur les résultats du sommet du Lac de Lucerne", a indiqué mercredi sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Majed al-Ansari.