L'Arabie saoudite veut accueillir les plus grands événements sportifs du monde

L'Arabie saoudite veut accueillir les plus grands événements sportifs du monde
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Publié le Dimanche 21 août 2022

L'Arabie saoudite veut accueillir les plus grands événements sportifs du monde

  • Le combat des poids lourds entre Usyk et Joshua à Djeddah n'est que le dernier d'une longue liste passionnante
  • Le Royaume a pour objectif la Coupe d'Asie féminine de l'AFC, les Jeux asiatiques et les Jeux d'hiver asiatiques

DJEDDAH: La ville côtière saoudienne de Djeddah était une fois de plus en effervescence samedi avant l'un des plus grands combats de boxe de l'histoire du sport, entre l'Ukrainien Oleksandr Usyk et le Britannique Anthony Joshua.

Ces scènes d'anticipation sont de plus en plus fréquentes en Arabie saoudite; le Royaume accueille de plus en plus d'événements sportifs internationaux, fruit du vaste plan de transformation sociale et économique du pays, la Vision 2030.

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Un match de football entre l'Arabie saoudite et l'Australie, dans le cadre des éliminatoires asiatiques de la Coupe du monde 2022 au Qatar, à Djeddah (Photo, AFP).

En septembre dernier, Usyk a surpris le monde de la boxe en surclassant Joshua lors du premier combat, remportant ainsi son quatrième titre de champion des poids lourds. En raison de la guerre en Ukraine, la revanche prévue n'a pu avoir lieu dans le pays d'origine du champion.

En revanche, le combat intitulé «Rage on the Red Sea», s'est déroulé à Djeddah.

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Oleksandr Usyk et Anthony Joshua avant leur match revanche à Djeddah, le 20 août 2022 (Photo, AN / Houda Bachatah).

L'un des objectifs de la Vision 2030, lancée en 2016, était de placer le Royaume comme une plaque tournante régionale pour des événements sportifs professionnels de classe mondiale qui généreraient des emplois pour les citoyens saoudiens et amélioreraient la qualité de vie en général.

Aujourd'hui, le sport occupe une place centrale dans le processus de diversification du Royaume, qui vise à sortir l'économie des hydrocarbures et à s'ouvrir à toute une série d'industries culturelles, entrepreneuriales et de haute technologie prospères.

En quelques années seulement, l'Arabie saoudite s'est hissée au premier plan en accueillant certains des plus grands événements sportifs du monde, ce qui a donné un élan supplémentaire au tourisme, à l'hôtellerie, aux loisirs et à l'emploi, tout en renforçant l'identité nationale.

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Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane  assiste au lancement du championnat ABB FIA de Formule E à Diriyah, à Riyad (photo, palais royal saoudien/ Archives).

Le tourisme est un domaine que l'Arabie saoudite est particulièrement désireuse de promouvoir avec le lancement de son e-visa saoudien en 2018. Le Royaume prévoit d’accueillir 100 millions de touristes d'ici 2030, attirés par un mélange de nouveaux hôtels de luxe et un calendrier de divertissement bien rempli.

L'accueil de grands événements sportifs a créé de nouvelles opportunités de partenariats, d'investissements et de parrainages à chaque étape de la chaîne de valeur, tout en démontrant la diversité, l'inclusivité et le potentiel économique de l'Arabie saoudite à un public international plus large.

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Le pilote saoudien de Toyota Yazid al Rajhi et le copilote britannique Michael Orr s'affrontent lors de la 11e étape du Dakar 2022 autour de Bisha (Photo, AFP).

Du tarmac lisse et soyeux de la piste de Formule E aux routes épiques de la course dans le désert du Dakar, et du Royal Greens Golf & Country Club de la Ville économique du roi Abdallah à la Cité sportive du roi Abdallah, l'infrastructure de divertissement sportif du Royaume s'est améliorée à pas de géant.

Le succès de la candidature de l'Arabie saoudite à l'organisation des Jeux asiatiques de 2034 est une preuve supplémentaire de la trajectoire stratégique à long terme du secteur, qui est liée à son développement national global.

En 2018, le Royaume a été témoin d'une multitude d'événements sportifs, de tournois et de championnats majeurs. Cette année-là, le Britannique Callum Smith a battu son compatriote George Groves à Djeddah pour remporter le titre WBA des poids supermoyens et la couronne des World Boxing Super Series.

L'édition 2018 de Diriyah E-Prix a également fait date, puisque le championnat s'est déroulé dans la ville historique de Diriyah, la capitale du premier État saoudien.

Depuis lors, l'Arabie saoudite a accueilli la supercoupe d'Italie, la supercoupe d'Espagne élargie, la coupe internationale saoudienne de golf et la coupe saoudienne, la course hippique la plus riche du monde, dotée de 20 millions de dollars américains (1 dollar américain = 1 euro).

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Le jockey Wigberto Ramos avec Emblem Road célèbre sa victoire à la course 1800M Groupe 1 de la coupe saoudienne de 20 millions de dollars américains à Riyad (Photo, AFP/ Archives).

Le royaume a également accueilli le championnat international saoudien de parachutisme «Clash on the Dunes» entre Joshua et Andy Ruiz Jr, la coupe de tennis de Diriyah, le tournoi de BMX et le championnat de skateboard, pour n'en citer que quelques-uns.

Bien que la révolution du divertissement en Arabie saoudite ait subi des revers en 2020, au plus fort de la pandémie de la Covid-19, avec des événements suspendus, des lieux fermés et des voyages internationaux interdits pendant plusieurs mois, le calendrier du divertissement est rapidement revenu en force.

En 2021, le Royaume a inauguré sa gloire suprême — le Grand Prix d'Arabie saoudite — s'imposant fermement comme un lieu de premier plan pour les événements sportifs internationaux.

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Des pilotes s'affrontent lors du Grand Prix de Formule 1 d'Arabie saoudite 2022 sur le circuit de la Corniche de Djeddah, le 27 mars 2022 (Photo, AFP).

Construit en huit mois seulement, le circuit à grande vitesse situé sur le front de mer de Djeddah est devenu le circuit de F1 le plus rapidement construit.

Le Royaume a désormais pour objectif d'accueillir la Coupe d'Asie féminine de l'AFC en 2026 et les Jeux asiatiques d'hiver dans la mégapole saoudienne de NEOM en 2029.

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Une destination de montagne dans la province saoudienne de Tabuk, au nord-ouest du pays, qui proposera bientôt des activités de ski et des sports d'aventure toute l'année (Photo, Arab News).

Un récent rapport d'Ernst & Young a révélé que la valeur de l'industrie des événements sportifs en Arabie saoudite augmente de 8 % par an, passant de 2,1 milliards de dollars américains en 2018 à une estimation de 3,3 milliards de dollars en 2024.

La contribution du sport au PIB national est passée de 2,4 milliards de dollars en 2016 à 6,9 milliards de dollars en 2019, avec le nombre d'événements internationaux organisés en Arabie saoudite ayant doublé, passant de 9 événements en 2018 à 19 en 2019. 

Certes, les dividendes économiques ne sont pas les seuls signes de réussite. Les jeunes athlètes du Royaume ont remporté des victoires importantes, dont toute la nation peut être fière à juste titre.

L'année dernière, le Saoudien Tarek Hamdi a remporté la médaille d'argent en karaté aux Jeux olympiques de Tokyo 2020. Puis, plus tôt cette année, Fayek Abdi est devenu le premier Saoudien à participer aux Jeux olympiques d'hiver, qui se sont tenus à Pékin.

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Le skieur alpin Fayek Abdi est devenu le tout premier Saoudien à participer aux Jeux olympiques d'hiver (Photo, Comité olympique saoudien).

Ayant obtenu de bons résultats lors de sa cinquième participation à la Coupe du monde de la FIFA en Russie en 2018, l'équipe nationale saoudienne s'est qualifiée pour la finale de cet hiver en mars dernier.

Un autre effet positif de la croissance des divertissements sportifs a été une augmentation générale des activités de santé et de remise en forme parmi la population saoudienne.

Une nouvelle enquête menée par l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite a révélé que 48,2 % des habitants du pays pratiquent désormais des activités physiques et sportives pendant au moins 30 minutes par semaine.

Il s'agit d'une étape importante dans la création d'une société saine et dynamique, conformément aux objectifs de qualité de vie de la Vision 2030.

Un autre pilier du programme de réforme de la Vision 2030 consiste à transformer le rôle des femmes.

L'Arabie saoudite a élaboré plusieurs stratégies dans le but d’inclure les femmes dans le sport, notamment la création d'une ligue de football féminin de 24 équipes en 2020 et le lancement de la première ligue régionale de football féminin l'année suivante.

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L'équipe nationale féminine saoudienne de football a reçu un coup de pouce avec la nomination de la vétéran entraîneuse allemande Monika Staab comme entraîneuse-formatrice (Photo fournie).

En effet, selon le ministère saoudien des Sports, la participation des femmes aux activités sportives a augmenté de près de 150 % depuis 2015.

«En participant à des événements sportifs, les femmes réalisent tellement plus de choses», a déclaré à Arab News Hala al-Hamrani, fondatrice de la première salle de boxe féminine en Arabie saoudite. «L'événement de boxe de ce soir est important, mais je vais surtout regarder les deux premiers préliminaires féminins en Arabie saoudite.»

L'espoir somalo-britannique Ramla Ali deviendra la première boxeuse à participer à un événement international officiel en Arabie saoudite, en affrontant Crystal Garcia Nova dans un combat de huit rounds de poids super coq.

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Le soutien aux sports de combat a encouragé de nombreuses femmes du Royaume à s'entraîner dans les arts martiaux (Photo, Arab News).

«Je crois que c'est un grand pas en avant car cela envoie un message au public montrant que le gouvernement soutient les femmes qui participent à des sports de combat, ce qui permettra en retour aux familles qui étaient autrefois réticentes à l'idée de permettre à leurs filles de participer à des cours ou à différentes compétitions d'arts martiaux de reconsidérer leur position», a souligné Al-Hamrani.

De tels événements «contribuent à éliminer l'idée que les femmes ne devraient pas pratiquer la boxe», a-t-elle ajouté.

Al-Hamrani a soutenu: «Les matchs de boxe préliminaires et le soutien du gouvernement sont d’une grande importance, montrant que l'implication des femmes dans le sport, sous toutes ses formes, n'est plus tabou.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Trump évoque des "négociations" avec l'Iran, Téhéran nie et vise de nouveau Israël

Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
Des traînées de roquettes sont visibles dans le ciel au-dessus de la ville côtière israélienne de Netanya, lors d’une nouvelle salve de missiles iraniens le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Donald Trump annonce un revirement diplomatique avec des « négociations » avec l’Iran et un report de frappes, tandis que les tensions militaires restent vives avec des échanges de missiles et des frappes en Iran et en Israël
  • Au Liban, l’escalade se poursuit avec de nouvelles frappes israéliennes sur la banlieue sud de Beyrouth et Bshamoun, faisant des morts et aggravant une crise humanitaire déjà lourde

TEHERAN: Dans un spectaculaire revirement, le président américain Donald Trump a évoqué des "négociations" avec un responsable iranien non-identifié et suspendu pour cinq jours des frappes qui devaient viser des infrastructures clés de la République islamique, laquelle a lancé de nouveau des missiles vers Israël mardi matin.

L'armée israélienne a dit tenter d'intercepter des projectiles iraniens puis dépêcher des soldats dans le sud du pays en raison du signalement d'impacts. Au fil de la nuit, les forces armées avaient déjà mis en garde contre des salves successives de missiles d'Iran.

La nuit a aussi donné lieu à des raids israéliens dans la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un bastion du mouvement pro-iranien Hezbollah, mais aussi plus au sud, à Bshamoun, faisant deux morts selon le gouvernement libanais.

D'après le site d'informations Axios, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, se serait entretenu avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner. Mais le responsable iranien a démenti, sur X, affirmant que "de fausses informations sont utilisées pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier dans lequel les Etats-Unis et Israël sont enlisés".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, lui, affirmé que Donald Trump estimait possible "de réaliser les objectifs de la guerre dans le cadre d'un accord qui préservera nos intérêts vitaux".

Côté iranien, le ministère des Affaires étrangères a nié lundi "toute négociation avec les Etats-Unis au cours des 24 derniers jours de cette guerre imposée". Il a toutefois reconnu avoir reçu via des "pays amis" des "messages transmettant une demande américaine de négociations" pour faire cesser le conflit.

Selon Axios et l'agence de presse Reuters, MM. Witkoff et Kushner, et possiblement le vice-président JD Vance, pourraient rencontrer une délégation iranienne dès cette semaine au Pakistan.

Interrogée à ce sujet par l'AFP, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, n'a pas démenti mais répondu que de telles "spéculations" ne devaient pas "être considérées comme avérées tant qu'elles n'ont pas été officiellement annoncées par la Maison Blanche".

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif a, lui, promis à Téhéran l'aide d'Islamabad pour ramener la paix dans la région.

- Report de 5 jours -

Sur son réseau Truth Social, le président américain a annoncé un report "de cinq jours" des frappes qu'il menaçait de lancer sur des centrales électriques et autres infrastructures en Iran si la République islamique ne débloquait pas le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.

Face à la presse, il a ajouté que Washington et Téhéran avaient trouvé des "points d'accord majeurs" lors de négociations menées avec un "haut dirigeant" qui n'est pas le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei.

Donald Trump a toutefois menacé de "continuer à bombarder allègrement" si les négociations échouaient.

Malgré ces déclarations, l'agence de presse iranienne Fars a signalé tôt mardi que des infrastructures énergétiques avaient été visées par des frappes israélo-américaines à Ispahan (centre) et Khorramshahr (sud-ouest).

La volte-face de M. Trump, peu avant l'ouverture de Wall Street lundi, avait débuté avec un premier message, où le président s'était félicité de "très bonnes et productives discussions pour une cessation totale" des hostilités.

En réaction, les cours du pétrole ont brutalement chuté de plus de 10% lundi - avant toutefois de rebondir mardi matin en Asie, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, repassant au-dessus des 100 dollars.

Les marchés asiatiques affichent de leur côté leur soulagement mardi matin, comme les Bourses européennes (hormis Londres) et Wall Street lundi.

- Frappes au Liban -

En réponse à l'ultimatum de M. Trump, l'Iran avait menacé de fermer complètement le détroit d'Ormuz et de cibler "toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau appartenant aux Etats-Unis", selon l'agence Fars citant l'armée iranienne.

De leur côté, les médias d'Etat iraniens ont publié lundi des listes de cibles potentielles au Moyen-Orient, dont les deux principales centrales électriques d'Israël, Orot Rabin et Rutenberg.

Au Liban, où la guerre a fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés, l'armée israélienne a repris ses frappes contre la banlieue sud de Beyrouth.

Sept raids aériens israéliens y ont eu lieu dans la nuit de lundi à mardi, selon l'agence Ani. Lundi soir, déjà, des images de l'AFPTV ont montré d'épais nuages de fumée s'élever au-dessus de cette zone qui n'avait pas été visée depuis vendredi.

Deux personnes ont par ailleurs été tuées et cinq autres blessées dans un raid d'Israël contre le village de Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, a annoncé mardi le ministère libanais de la Santé.

Du côté des pays du Golfe visés ces derniers jours par l'Iran, l'Arabie saoudite a détruit mardi au moins une vingtaine de drones, selon son gouvernement, quand l'armée du Koweït a dit agir contre des missiles et drones "hostiles".


Liban: deux morts dans une frappe israélienne contre Bshamoun, au sud de Beyrouth

Des soldats israéliens prennent position le long de la frontière entre Israël et le Liban. (AFP)
Des soldats israéliens prennent position le long de la frontière entre Israël et le Liban. (AFP)
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  • Une frappe israélienne sur Bshamoun, près de Beyrouth, a fait au moins deux morts et plusieurs blessés, tandis que des bombardements ont continué sur la banlieue sud de la capitale
  • L’escalade militaire s’intensifie au Liban, avec de multiples raids visant des zones liées au Hezbollah et des appels à évacuation dans le sud du pays

BEYROUTH: Deux personnes ont été tuées dans un raid israélien contre le village de Bshamoun, au sud-est de Beyrouth, a annoncé mardi matin le ministère libanais de la Santé, et les bombardements se sont poursuivis durant la nuit contre la banlieue sud de la capitale.

"Le raid mené par l'ennemi israélien contre le village de Bshamoun, dans le district d'Aley, a fait, selon un bilan provisoire, deux morts parmi la population civile et cinq blessés", a déclaré le ministère dans un communiqué.

Situé dans le district montagneux d'Aley, à majorité druze, au sud-est de Beyrouth, Bshamoun se trouve à l'écart des bastions traditionnels du mouvement pro-iranien Hezbollah.

Selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), sept autres raids ont visé dans la nuit de lundi à mardi autant de quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, considérée comme un fief du Hezbollah. Aucun bilan n'a été communiqué dans l'immédiat.

Un raid israélien avait déjà visé le sud de Beyrouth lundi soir. Des images de l'AFPTV ont montré d'épais nuages de fumée s'élever au-dessus de la banlieue sud qui n'avait pas été bombardée depuis vendredi. Des avions militaires israéliens ont été entendus alors qu'ils survolaient Beyrouth et ses environs à basse altitude.

Tôt mardi, l'armée d'Israël a appelé la population à évacuer deux localités côtières proches de la ville de Tyr, dans le sud du pays, affirmant agir contre le Hezbollah.

Le Liban a été entraîné dans le conflit régional début mars après des frappes sur Israël du Hezbollah en représailles à la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne le 28 février.

Israël mène des représailles massives à travers une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban et d'incursions au sol dans une zone tampon le long de la frontière, qui ont fait un millier de morts et plus d'un million de déplacés au Liban.


Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays

Israël va «intensifier» ses opérations au Liban, après avoir détruit un pont reliant Tyr au reste du pays
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  • Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays
  • Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales"

BEYROUTH: Israël a annoncé dimanche qu'il allait "intensifier" ses opérations terrestres au Liban et étendre son "contrôle" sur le terrain, après avoir détruit un pont stratégique dans le sud du pays, utilisé selon lui par le Hezbollah pro-iranien.

Des images de l'AFP ont montré de la fumée s'élever après l'attaque contre le pont de Qasmiyeh, situé sur la principale route côtière reliant la région de Tyr au reste du pays.

Le président libanais Joseph Aoun a aussitôt "condamné le ciblage et la destruction par Israël d'infrastructures et d'installations vitales".

"Ces attaques représentent une escalade dangereuse et une violation flagrante de la souveraineté du Liban, et sont considérées comme un prélude à une invasion terrestre", a-t-il estimé dans un communiqué.

Peu de temps après ces déclarations, l'armée israélienne a annoncé intensifier ses "opérations terrestres ciblées" et ses frappes.

"L'opération contre l'organisation terroriste Hezbollah ne fait que commencer (...) Il s'agit d'une opération de longue haleine et nous y sommes préparés", a affirmé le chef d'état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir.

"Nous n'arrêterons pas avant que la menace ne soit repoussée loin de la frontière et qu'une sécurité à long terme soit assurée aux habitants du nord d'Israël", a-t-il ajouté.

Dans un autre communiqué, le porte-parole de l'armée israélienne Effie Defrin a précisé que ces opérations terrestres débuteraient "dans la semaine".

"Nous commencerons à consolider notre emprise", a-t-il déclaré. "Nous allons étendre notre contrôle sur le terrain et nos manœuvres pour empêcher des tirs directs".

Détruire "tous les ponts" 

Le ministre de la Défense, Israël Katz, avait annoncé plus tôt avoir ordonné de "détruire immédiatement tous les ponts au-dessus du fleuve Litani qui servent à des activités terroristes, afin d'empêcher le passage (...) du Hezbollah et d'armes vers le sud".

D'après l'agence nationale d'information libanaise, l'Ani, quatre frappes ont visé le pont de Qasmiyeh, le rendant impraticable. Ces frappes ont également causé des dommages "aux réseaux électriques, ainsi que de graves dégâts aux commerces, aux vergers et aux parcs situés à proximité du pont", précise l'Ani.

L'armée israélienne avait déjà indiqué mercredi avoir détruit deux ponts sur le fleuve, qui traverse le Liban à une trentaine de kilomètres de la frontière avec Israël, dans le cadre de son offensive contre le Hezbollah, organisation chiite libanaise.

Plus tôt dimanche, les secours israéliens avaient annoncé la mort d'un civil près de la frontière.

Le Hezbollah a revendiqué avoir ciblé des soldats, mais l'armée israélienne a ouvert une enquête pour déterminer si cette mort était liée à un tir de ses propres soldats.

Il s'agit de la première victime civile sur la frontière nord du pays depuis le début de la guerre entre le mouvement libanais et Israël début mars.

"Deux véhicules se sont entièrement embrasés après un impact direct dans le kibboutz de Misgav Am: les pompiers ont dégagé une victime décédée sur les lieux", ont précisé les services de secours de cette région.

Le 8 mars, deux soldats israéliens avaient été tués par des tirs du Hezbollah dans le sud du Liban, tout près de la frontière.

Destructions de maisons 

Le Hezbollah est entré dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour des frappes israélo-américaines sur Téhéran.

Depuis, Israël mène des représailles massives à travers une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban et des avancées terrestres dans une zone tampon le long de la frontière, qui ont fait plus d'un millier de morts et plus d'un million de déplacés.

Selon Israël Katz, l'armée va aussi "accélérer la destruction des maisons libanaises dans les villages de contact" à la frontière, "afin de contrer les menaces qui pèsent sur les communautés israéliennes".

D'après l'agence Ani, les forces israéliennes ont détruit "un certain nombre de maisons" dans le village de Taybeh. Le Hezbollah a lui annoncé avoir pris pour cible des soldats israéliens dans la ville frontalière de Khiam, où des affrontements ont lieu depuis plusieurs jours, ainsi qu'à Maroun al-Ras, Marwahin et dans d'autres zones frontalières avec Israël.

L'Ani a aussi rapporté plusieurs frappes ailleurs dans le sud, notamment dans la localité stratégique de Khiam et la ville côtière de Naqoura, mais aussi dans la vallée de la Bekaa (est).