En Thaïlande, la longévité du Premier ministre au défi de la constitution

Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha après sa réunion hebdomadaire du cabinet à la Maison du gouvernement à Bangkok, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha après sa réunion hebdomadaire du cabinet à la Maison du gouvernement à Bangkok, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Mardi 23 août 2022

En Thaïlande, la longévité du Premier ministre au défi de la constitution

Le Premier ministre thaïlandais Prayut Chan-O-Cha après sa réunion hebdomadaire du cabinet à la Maison du gouvernement à Bangkok, le 23 août 2022. (Photo, AFP)
  • L'ancien général affronte une nouvelle vague de contestation réclamant sa démission, dans le royaume marqué par le souvenir des manifestations pro-démocratie de 2020
  • Le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha n'a pas envoyé le moindre signal d'un départ proche

BANGKOK: Un imbroglio juridique ravive de vieilles divisions en Thaïlande, où le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, qui selon ses opposants, atteint mercredi la limite de huit ans au pouvoir fixée par la constitution, s'accroche à son poste, à quelques mois d'élections générales incertaines. 

L'ancien général affronte une nouvelle vague de contestation réclamant sa démission, dans le royaume marqué par le souvenir des manifestations pro-démocratie de 2020. 

Cette fois, la partie se déroule dans les couloirs de l'Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, saisie par des députés pour répondre à la question qui tourmente la deuxième économie d'Asie du Sud-Est. 

L'opposition agite l'article 158 de la constitution, qui limite le mandat du Premier ministre à huit ans. Selon elle, Prayut Chan-O-Cha, en fonction depuis le 24 août 2014 à la suite d'un coup d'Etat, atteint cette limite mercredi. 

Mais les soutiens du dirigeant brandissent une interprétation différente, qui permettrait à "Oncle Tu", dont le pouvoir a été légitimé par des élections controversées en 2019, de rester en poste jusqu'en 2025 ou en 2027. 

La Cour peut mettre plusieurs semaines à rendre sa décision. 

"Pour moi, l'horloge tourne depuis 2014. Il a été officiellement reconnu comme Premier ministre cette année-là", dit Napisa Waitoolkiat, analyste politique à l'université de Naresuan. 

Une décision connue d'avance ?  

L'intéressé (68 ans) n'a pas envoyé le moindre signal d'un départ proche: "Laissons la Cour constitutionnelle décider", s'est contenté de lancer cet habitué des déclarations à l'emporte-pièce, qui a esquivé les questions sur le sujet ces derniers jours. 

"Il semble que le vent souffle en sa faveur. Ca serait une surprise qu'il soit éjecté du pouvoir dans un temps proche", explique Thitinan Pongsudhirak, professeur de sciences politiques à l'Université Chulalongkorn de Bangkok. 

"La longue liste des décisions à sens unique qui ont bénéficié à Prayut Chan-O-Cha parle d'elle-même (...) Le plus probable scénario, c'est qu'il avance en claudiquant jusqu'à la fin de son mandat, au-delà de la limite des huit ans", poursuit l'expert. 

En cause, la constitution de 2017, rédigée sous la junte militaire, et jugée comme favorable aux intérêts de l'armée. "Depuis 2006, il y a eu quatre constitutions qui ne cherchaient qu'une chose: défendre les intérêts des personnes au pouvoir", relève Sophie Boisseau du Rocher, de l'Institut français des relations internationales (IFRI). 

"La légitimé de la cour constitutionnelle est débattue depuis sa création (en 1997, ndlr). Elle était déjà politisée quand Thaksin Shinawatra était Premier ministre (2001-2006, ndlr). C'est attendu qu'elle tranche en la faveur de Prayut Chan-O-Cha", renchérit Napisa Waitoolkiat. 

"La question est plutôt de savoir s'il aura les mêmes soutiens de l'élite qu'avant" pour les prochaines élections législatives, s'interroge-t-elle. 

Immuable aux crises 

Ses opposants, le puissant Pheu Thai en tête, battent déjà la campagne en vue du scrutin, attendu en début d'année prochaine, dans un contexte de reprise économique qui tarde après la crise du Covid. 

Le faible score (8%) du candidat dont il était le plus proche, lors de l'élection pour le gouverneur de Bangkok en mai, laisse augurer la grogne croissante autour de Prayut Chan-O-Cha, contesté jusqu'au sein de son parti, le Palang Pracharat. 

Mais dans les nombreuses crises qui ont émaillé son temps au pouvoir, l'ancien commandant de la prestigieuse unité des Gardes de la reine est resté debout. Ces derniers mois, son gouvernement a résisté à quatre motions de censure à l'Assemblée nationale. 

Il se voit bien continuer pour le sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Bangkok en novembre, voire pour un second mandat, l'actuel se terminant en mars 2023. 

"Rien ne va changer le 24 août", souffle "Ball", 22 ans, qui ne donne que son surnom. Malgré les manifestations de 2020 qui ont réclamé la démission du Premier ministre et une réforme de la puissante monarchie, "rien n'a changé en huit ans", concède cet étudiant, qui incarne cette jeunesse dont une partie ne se reconnaît pas sur l'échiquier politique actuel. 

"La vieille garde au pouvoir semble vouloir ne rien concéder sans épreuve de force. Par conséquent, la nouvelle génération pourrait bien réinvestir les rues pour réclamer ce qui lui est dû, après deux décennies durant lesquelles la Thaïlande n'est allée nulle part", estime Thitinan Pongsudhirak. 


Rejoindre le Conseil de la paix reflète l’engagement saoudien à mettre fin au conflit à Gaza, affirme le prince Faisal

Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, le prince Faisal ben Farhane, tient jeudi une charte fondatrice signée du Conseil de la paix lors du Forum économique mondial à Davos. (AFP)
Short Url
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères signe la charte fondatrice de l’initiative menée par les États-Unis lors d’une cérémonie au Forum économique mondial de Davos
  • L’Arabie saoudite fait partie des huit pays arabes et islamiques ayant annoncé mercredi leur adhésion à l’initiative, qui vise à stabiliser et reconstruire Gaza

​​​​​​DAVOS : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a signé jeudi la charte fondatrice du « Conseil de la paix » du président américain Donald Trump.

Cette décision de participation reflète le soutien du Royaume aux efforts visant à instaurer une paix durable à Gaza, a-t-il déclaré.

L’Arabie saoudite figure parmi les huit pays arabes et islamiques qui ont annoncé mercredi leur adhésion à cette initiative, dont l’objectif est de stabiliser et de reconstruire le territoire palestinien ravagé par la guerre.

Le prince Faisal a signé le document lors d’une cérémonie organisée en marge du Forum économique mondial de Davos, où le président Donald Trump a lancé la charte à l’occasion d’un événement réunissant plusieurs autres pays fondateurs, dont la Turquie et le Qatar.

Dans un communiqué, le ministère saoudien des Affaires étrangères a indiqué que la signature du document témoignait de « l’engagement du Royaume à soutenir le conseil de la paix en tant qu’organe transitoire visant à mettre fin au conflit à Gaza, conformément à la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations unies ».

Cette initiative reflète également le soutien de l’Arabie saoudite à la reconstruction de Gaza et sa volonté de promouvoir une paix durable, tout en saluant les efforts de paix du président Trump, a ajouté le ministère.

Le président américain a contribué à la médiation d’un accord de paix en septembre, qui a largement mis fin à la guerre de deux ans menée par Israël contre Gaza, un conflit qui a dévasté le territoire et coûté la vie à plus de 70 000 Palestiniens.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump signe la charte fondatrice de son «Conseil de paix» à Davos

 Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies. (AFP)
Short Url
  • "Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt
  • Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza

DAVOS: Le président américain Donald Trump a signé jeudi à Davos (Suisse) la charte fondatrice du "Conseil de paix", quelques instants après avoir assuré que cette instance qu'il a créée travaillerait "en coordination" avec les Nations unies.

"Félicitations président Trump, la charte est maintenant en vigueur et le Conseil de paix est désormais une organisation internationale officielle", a déclaré Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison Blanche, lors de cette cérémonie en présence d'un parterre d'une vingtaine de dirigeants ayant accepté l'invitation de Washington à rejoindre le "Conseil".

Le "Conseil de paix" était initialement conçu pour superviser la reconstruction de Gaza. Mais sa "charte" prévoit un mandat bien plus vaste lui assigne une mission beaucoup plus vaste, censée l'impliquer dans la gestion d'autres conflits.

Gaza est l'endroit "où le Conseil de paix a vraiment débuté (...) Je pense que nous pourrons l'étendre à d'autres choses à mesure que nous réussirons à Gaza", a fait valoir Donald Trump.

“Une fois que le Conseil sera complètement formé, nous pourrons faire à peu près ce que nous voulons et nous le ferons en coordination avec les Nations unies", a-t-il ajouté, reprochant de nouveau à l'Onu de n'avoir "pas utilisé" le "formidable potentiel" dont elle dispose.

 


Etats-Unis et Danemark vont renégocier leur accord de défense de 1951 sur le Groenland 

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions. (AFP)
Short Url
  • Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland
  • "La position du Danemark et celle du Groenland sont identiques, et aucune négociation n'a eu lieu hier avec l'Otan au sujet de notre souveraineté", a déclaré la Première ministre, Mette Frederiksen, à la télévision danoise

DAVOS: Les Etats-Unis et le Danemark vont renégocier leur accord de défense datant de 1951 sur le Groenland, a indiqué jeudi à l'AFP une source proche des discussions ayant eu lieu la veille à Davos entre Donald Trump et le chef de l'Otan Mark Rutte.

La sécurité de l'Arctique va être renforcée et les pays européens de l'Otan y contribueront, a affirmé cette source, ajoutant que l'idée de placer des bases américaines au Groenland sous la souveraineté des Etats-Unis n'avait pas été évoquée lors de ces discussions.