Des milliers de petits «oubliés des vacances» déferlent sur la plage de Deauville

Des personnes se rassemblent sur la plage de Deauville, dans le nord-ouest de la France, le 24 août 2022, pour assister à la campagne "Journées des oubliés des vacances" organisée par l'ONG française Secours Populaire. (AFP).
Des personnes se rassemblent sur la plage de Deauville, dans le nord-ouest de la France, le 24 août 2022, pour assister à la campagne "Journées des oubliés des vacances" organisée par l'ONG française Secours Populaire. (AFP).
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Publié le Mercredi 24 août 2022

Des milliers de petits «oubliés des vacances» déferlent sur la plage de Deauville

  • La plage la plus huppée de la côte normande résonnait mercredi matin des cris de joie des 3 800 enfants de banlieue parisienne, qui profitaient d'un soleil lui aussi radieux
  • Si tous les enfants interrogés affirmaient avoir déjà vu la mer, beaucoup s'étonnaient qu'elle soit salée ou que les coquillages dans le sable piquent les pieds

DEAUVILLE : Environ 3 800 enfants de région parisienne ont déferlé mercredi dans la joie sur la plage de Deauville à l'occasion de la "Journée des oubliés des vacances" organisée par le Secours populaire, qui s'inquiète d'une "aggravation" de la pauvreté en France.

"Ce qu'on a le plus aimé, c'est les vagues. Mais la mer est salée, ça fait un goût bizarre dans la bouche", expliquent Sirine, 12 ans, et Liliane 10 ans, deux nouvelles copines assises au bord de l'eau, occupées à confectionner une collection de coquillages qu'elles comptent ramener "en souvenir".

La plage la plus huppée de la côte normande résonnait mercredi matin des cris de joie des 3 800 enfants de banlieue parisienne, qui profitaient d'un soleil lui aussi radieux.

Si tous les enfants interrogés affirmaient avoir déjà vu la mer, beaucoup s'étonnaient qu'elle soit salée ou que les coquillages dans le sable piquent les pieds, a constaté une journaliste de l'AFP. D'autres demandaient à leur animateurs si on y trouvait des requins.

"Pour nous aussi les bénévoles c'est une journée formidable. Je n'étais pas partie cet été. C'est pas toujours facile. Avec la hausse du prix du gaz, on fait avec ce qu'on a... Et puis les enfants sont gentils, joyeux", explique Françoise, retraitée, une des mille bénévoles de cette journée des oubliés de vacances (JOV).

Le Secours populaire en organise une chaque année pour les petits Franciliens dans une station balnéaire normande.

«Début d'une dégringolade»

"Depuis les conséquences de la guerre en Ukraine, pour nous, c'est très clair", il y a "une aggravation", a déclaré la secrétaire générale du Secours populaire Henriette Steinberg, interrogée par l'AFP sur l'évolution de la pauvreté en France.

"L'aggravation a été très très nette pendant le Covid. Il y a eu une stabilisation un peu et maintenant il y a une nouvelle dégradation", a ajouté Mme Steinberg.

"C'est extrêmement fort ce qui est en train de se passer", a-t-elle souligné.

La "dégradation" de la situation concerne de "nouvelles catégories" de population, a détaillé Mme Steinberg, "ce ne sont pas des personnes qui ont été en difficulté toute leur vie. Ce sont des personnes qui ont travaillé, avec de petits salaires".

Elle a cité également le cas de femmes d'agriculteurs qui ne perçoivent que 250 euros par mois ou de femmes de petits commerçants qui ont fermé pendant l'épidémie de Covid et "se retrouvent" aujourd'hui "à la rue".

"Ce qui aggrave aussi la situation c'est le sentiment d'inquiétude selon laquelle on est au début d'une dégringolade", a ajouté Mme Steinberg.

Pour le Secours populaire, "il faut réfléchir à des mesures qui soient de caractère collectif et pas simplement individu par individu".

Mme Steinberg a insisté sur l'impact de cette pauvreté pour les enfants. Certains se privent de nourriture pour que leur parents aient quelque chose à manger, a-t-elle témoigné.

Interrogé par l'AFP, le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe, venu à Deauville "mettre en valeur" la JOV, ne fait lui pas le même constat.

"Aujourd'hui à ma connaissance, il n'y a pas d'extension massive. Il y a une dégradation de la situation chez certains publics", a estimé M. Combe qui a passé près de deux heures trente à Deauville avec les enfants puis les bénévoles.

"A l'heure où je vous parle, les mesures mises en place par le gouvernement ont permis d'éviter le basculement dans la pauvreté d'un certain nombre de ménages dans notre pays", a-t-il ajouté, le gouvernement "sera vigilant dans les mois qui viennent".


Dans le quartier de Belleville à Paris, un ramadan entre ferveur et inquiétude

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. (AFP)
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  • Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne
  • L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré

PARIS: Des étals chargés de pâtisseries, d’épices et d’olives, des pains encore tièdes, des galettes dorées, des montagnes de dattes et des rangées de sodas. Comme chaque année, le traditionnel marché du ramadan a investi les trottoirs du boulevard de Belleville (dans le XIe arrondissement de Paris), transformant le lieu en un vaste théâtre gourmand à ciel ouvert.

Les commerçants installent leurs tables devant les boutiques, les passants déambulent sacs à la main et la foule compacte se presse pour préparer la rupture du jeûne. L’atmosphère est festive, vibrante, presque irréelle. Pourtant, derrière l’abondance et les odeurs alléchantes, une gravité inhabituelle imprègne ce mois sacré.

belleville

Pendant tout le ramadan, Belleville vit au rythme des préparatifs de l’iftar : les plateaux croulent sous les victuailles, les files s’allongent devant les boucheries halal et les pâtisseries. Certains restaurants ont même fermé leur salle pour la transformer en cuisine de production, où l’on pétrit du pain à la chaîne, nature ou farci.

Pour les commerçants, c’est le moment le plus intense de l’année : les odeurs de pain grillé et de pâtisseries au miel attirent les passants, souvent sans idée précise de ce qu’ils vont acheter. « On ne sait jamais vraiment ce qu’on vient chercher, mais on trouve toujours ce qui nous plaît », sourit Nahel, venu faire ses courses avec sa fille, dans ses sacs : des feuilles de brick, de la crème et du pain arabe.

À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire

Le marché est devenu bien plus qu’un lieu d’approvisionnement : c’est un rendez-vous collectif, un moment attendu, une tradition solidement ancrée dans la vie du quartier. À Belleville, la fête déborde largement du cadre culinaire ; même les commerces qui ne vendent habituellement pas de nourriture participent.

Monsef, gérant d’une boutique de téléphonie, a installé devant sa vitrine des cageots de menthe et de fruits. « Ça ne rapporte pas grand-chose, mais on veut faire partie de la fête », explique-t-il.

Pour beaucoup, le ramadan est avant tout un temps de lien social et de générosité : les repas partagés se multiplient, les dons aussi. « On distribue des repas, on aide les plus démunis, on se rend davantage à la mosquée ; le mois sacré reste un moment de spiritualité et de solidarité », indique un restaurateur.

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Mais cette année, la ferveur est traversée par une inquiétude persistante : les conversations glissent régulièrement vers l’actualité internationale marquée, depuis quelques jours, par la guerre au Proche-Orient. Impossible pour certains de ne pas penser à ce qui se passe à Gaza ou, plus largement, dans l’ensemble de la région. « Quand on voit qu’ici on profite du ramadan et qu’ailleurs certains vivent sous les bombes, ça met mal à l’aise », confie Majid, commerçant.

Les télévisions allumées au moment de la rupture du jeûne en témoignent : certains préfèrent les séries traditionnelles du mois sacré, d’autres suivent en continu les chaînes d’information. La fête existe, mais elle est plus grave, plus retenue, comme si la joie devait désormais cohabiter avec l’inquiétude.

À cela s’ajoute une autre préoccupation : le budget. Car le ramadan reste un mois de générosité et d’abondance, mais cette abondance a un prix. Les commerçants constatent que les habitudes changent : les clients comparent davantage, achètent plus prudemment ; l’inflation est dans tous les esprits. « Les prix ont augmenté comme tout le reste, observe un épicier. Même si les gens ne le disent pas toujours, on sent qu’ils sont touchés. »

Pour beaucoup de familles modestes, le mois sacré exige une véritable préparation financière : certains mettent de l’argent de côté toute l’année pour pouvoir garnir la table plus généreusement qu’à l’ordinaire. Car le ramadan est aussi une fête domestique, rythmée par les invitations, les repas partagés et l’abondance symbolique, mais cette générosité pèse.

« On dépense beaucoup. On est obligés de prévoir, sinon on ne s’en sort pas », reconnaît une habituée du quartier, venue acheter des pâtisseries qui lui rappellent son pays d’origine, la Tunisie, et plus précisément Tunis.

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Pour les habitants issus de l’immigration, le ramadan à Belleville est aussi une manière de recréer un peu du pays quitté : les saveurs, les odeurs, les produits traditionnels permettent de maintenir un lien affectif avec les racines. Certains viennent même de loin pour retrouver cette ambiance. Salma, franco-libanaise, a fait le déplacement simplement pour ressentir cette atmosphère familière, qui la rapproche de ses souvenirs malgré la distance et les inquiétudes liées à l’actualité de sa région d’origine.

Entre abondance et retenue, joie et gravité, le ramadan 2026 s’inscrit dans une époque troublée. À Belleville, on continue de célébrer, de partager, mais cela n’atténue pas le ressentiment face aux souffrances du monde et aux difficultés du quotidien.


Frappes iraniennes: la France prête à «participer» à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie

 La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères. (AFP)
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  • "Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté
  • "Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé

PARIS: La France est "prête" à "participer" à la défense des pays du Golfe et de la Jordanie, cibles de frappes de l'Iran, "conformément aux accords qui la lie à ses partenaires et au principe de légitime défense collective", a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères.

"Aux pays amis qui ont été ciblés délibérément par les missiles et les drones des Gardiens de la révolution et entraînés dans une guerre qu'ils n'avaient pas choisie -Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Irak, Bahreïn, Koweït, Oman et Jordanie- la France exprime son soutien entier et sa pleine solidarité. Elle se tient prête (...) à participer à leur défense", a affirmé Jean-Noël Barrot lors d'une conférence de presse.

"Près de 400.000 Français sont résidents ou de passage dans la douzaine de pays de la région", a ajouté le ministre. "A notre connaissance, aucune victime française n'est à déplorer à ce stade", a-t-il ajouté.

"Notre dispositif est déjà organisé localement pour faciliter les sorties par voie terrestre lorsque c'est possible, ce qui n'est pas le cas dans tous les pays concernés", a-t-il détaillé.

Le ministre a appelé à la "désescalade". "L'escalade militaire doit cesser au plus vite", a-t-il répété. "La prolongation indéfinie des opérations militaires sans but précis emporte le risque d'un engrenage qui entraînerait l'Iran et la région dans une longue période d'instabilité".

"Au Liban, le Hezbollah a commis une lourde faute, dont la population a payé ce matin le prix avec des dizaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés, en rejoignant un conflit dans lequel les autorités, comme le peuple libanais, refusent d'être entraînées", a-t-il poursuivi, appelant le Hezbollah à "mettre immédiatement un terme à ces opérations".

 


France - Liban: Report de la conférence de soutien aux forces libanaises

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  • À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises
  • Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté

PARIS: Le président du Liban, Joseph Aoun, et son homologue de la France, Emmanuel Macron, se sont entretenus le 1er mars afin d’examiner les derniers développements affectant la sécurité régionale, y compris celle de pays alliés, selon un communiqué conjoint.

À l’issue de leurs discussions, les deux chefs d’État ont décidé de reporter au mois d’avril la conférence internationale de soutien aux Forces armées libanaises et aux Forces de sécurité intérieure libanaises, initialement prévue le 5 mars à Paris. Les conditions actuelles, marquées par une conjoncture régionale tendue, n’étaient pas réunies pour maintenir l’événement à la date prévue.

Les deux dirigeants ont souligné que la gravité de la situation renforce la nécessité de préserver la stabilité libanaise, de soutenir les institutions légitimes du pays et d’assurer le rétablissement complet de sa souveraineté.

Ils ont également affirmé que Beyrouth, Paris et leurs partenaires internationaux continueront à coordonner leurs efforts afin de soutenir ces objectifs dans un contexte régional jugé particulièrement sensible.