Sommet à Tunis: le Japon veut contribuer à « une croissance de qualité» en Afrique

Le président tunisien Kais Saied pose pour une photo de groupe à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique à Tunis samedi (Photo, Reuters).
Le président tunisien Kais Saied pose pour une photo de groupe à la conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique à Tunis samedi (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Dimanche 28 août 2022

Sommet à Tunis: le Japon veut contribuer à « une croissance de qualité» en Afrique

  • Le Japon donne « la priorité à une approche valorisant l'investissement humain et une croissance de qualité», a déclaré Fumio Kishida, dans un discours au 8e sommet Ticad
  • Lors de la précédente Ticad en 2019, l'ancien Premier ministre Shinzo Abe avait mis en garde l'Afrique contre le danger d'accumuler des dettes « excessives», une allusion à la Chine

TUNIS :Le Premier ministre japonais a dit vouloir contribuer à une "croissance de qualité" en Afrique, au premier jour samedi d'un sommet avec le continent à Tunis, annonçant "des investissements de 30 milliards de dollars" sur trois ans.

Le Japon donne "la priorité à une approche valorisant +l'investissement humain+ et une +croissance de qualité+", a déclaré Fumio Kishida, dans un discours au 8e sommet Ticad (Tokyo International Conference on African Development).

Ces fonds "privés et publics" devront être consacrés à "la promotion d'une économie verte" qui bénéficiera d'une enveloppe de 4 milliards de dollars, a dit M. Kishida en visioconférence depuis Tokyo, n'ayant pu faire le voyage pour cause de Covid.

"Pour améliorer la vie des Africains, nous fournirons aussi jusqu'à 5 milliards de dollars cofinancés avec la Banque africaine de développement" (BAD), a ajouté M. Kishida, dont un milliard pour "des restructurations de dettes".

Lors de la précédente Ticad en 2019, l'ancien Premier ministre Shinzo Abe avait mis en garde l'Afrique contre le danger d'accumuler des dettes "excessives", une allusion à la Chine.

Pékin n'a cessé d'accroître ces dernières années son influence dans la région via son ambitieux projet d'infrastructures des "Routes de la soie".

Le Japon veut aussi aider le continent face aux pénuries découlant de la guerre en Ukraine, à hauteur de 300 millions de dollars de co-financements avec la BAD, pour "la production de nourriture et la formation de 200.000 personnes dans l'agriculture".

Une vingtaine de dirigeants africains (chefs d'Etat ou Premiers ministres) assistent au Ticad, selon des sources tunisiennes, ainsi que 5.000 personnes conviées à un forum d'entrepreneurs et à des conférences parallèles.

Dans son discours, le président tunisien Kais Saied, hôte du sommet, a appelé "à chercher ensemble les moyens pour les Africains d'accomplir les rêves et espoirs de la première génération après l'indépendance".

Il a aussi salué la réussite japonaise qui a su "parvenir au développement tout en préservant sa culture et ses traditions".

Le président sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'Union africaine, a rendu hommage "au partenariat de référence" avec le Japon, saluant des "résultats concrets dans l'agriculture, la santé, l'éducation, l'hydraulique".

Depuis leurs créations en 1993, les sommets Ticad, co-organisés avec les Nations unies, la Banque mondiale et l'UA, ont généré 26 projets de développement dans 20 pays d'Afrique.

L'Union africaine au G20 ? 

Pour M. Sall, les priorités africaines sont "la quête d'une souveraineté pharmaceutique" avec un accroissement de la production (locale) de vaccins et médicaments et "la souveraineté alimentaire". L'Afrique dispose de 60% de terres arables, de ressources hydrauliques importantes et de main d'oeuvre mais elle veut "des investissements pour une coopération bénéfique".

L'Afrique voudrait aussi "une réallocation de droits de tirage spéciaux" du FMI, pour l'aider à se relancer après les ravages économiques de l'épidémie de Covid et de la guerre en Ukraine, a plaidé M. Sall.

"L'Afrique plaide aussi pour la suspension des intérêts de la dette par le G20" et a demandé un siège au sein de ce groupement des 20 premières économies "afin d'assurer une meilleure prise en charge des intérêts du continent". Selon M. Sall, cela pourrait se concrétiser "au prochain sommet G20 à Bali" en novembre.

Avant son démarrage, le sommet de deux jours a connu un accroc diplomatique avec le départ de la délégation marocaine et le rappel de l'ambassadeur à Tunis, en réaction à la venue au Ticad du chef du Front Polisario, qui réclame l'indépendance du territoire du Sahara occidental, Brahim Ghali.

Se défendant d'avoir abandonné sa "traditionnelle neutralité", Tunis a à son tour rappelé son ambassadeur au Maroc, assurant que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) que préside M. Ghali, avait été conviée par l'Union africaine dont elle est membre.

Macky Sall a dit "regretter l'absence du Maroc faute de consensus sur une question de représentation", espérant que "ce problème trouvera une solution".

La Ticad est importante politiquement pour le président Saied, auteur il y a un an d'un coup de force par lequel il s'est arrogé tous les pouvoirs. Et économiquement parce que la Tunisie en crise espère attirer des investisseurs sur 80 projets pouvant créer 35.700 emplois.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Short Url
  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Short Url
  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.