A Blois, la Nupes a requinqué les militants socialistes

Un autocollant du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) est photographié sur le sol du Campus d'été du PS à Blois, dans le centre de la France, le 27 août 2022. (AFP).
Un autocollant du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) est photographié sur le sol du Campus d'été du PS à Blois, dans le centre de la France, le 27 août 2022. (AFP).
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Publié le Dimanche 28 août 2022

A Blois, la Nupes a requinqué les militants socialistes

  • Madeleine, militante niçoise de 71 ans est radieuse, dans les jardins de l'Evéché où se tient le pot des militants, au dernier jour du campus d'été
  • «Je suis contente, on n'a pas disparu», résume celle qui a sa carte au PS «depuis plus de 20 ans»

BLOIS : "On a eu des moments tristes, et là avec la Nupes, ça repart": aux universités d'été du PS à Blois, les militants socialistes sont requinqués par la nouvelle alliance de la gauche, après le fiasco de la présidentielle.

Madeleine, militante niçoise de 71 ans est radieuse, dans les jardins de l'Evéché où se tient le pot des militants, au dernier jour du campus d'été. "Je suis contente, on n'a pas disparu", résume celle qui a sa carte au PS "depuis plus de 20 ans".

Avec son amie Magali, 78 ans et elle aussi deux décennies de militantisme au compteur, elle l'avoue: "on avait peur de Jean-Luc Mélenchon", le leader des Insoumis, qui avait "la haine contre le PS".

Mais "il a mis de l'eau dans son vin, il savait qu'il avait besoin de toute la gauche pour tenter de gagner, dit-elle, et nous, de toute manière, on était mort", après le piteux 1,7% de la candidate socialiste Anne Hidalgo à la présidentielle.

«Des couleuvres»

Même "si dans l'accord, on a avalé des couleuvres", les deux camarades disent ne pas avoir "peur d'être absorbées par LFI. On a encore le droit de parole, on n'a pas signé pour tout", disent-elles, se réjouissant que "les jeunes reviennent au PS".

C'est le cas de Benjamin Soissons, 27 ans, en recherche d'emploi dans le tourisme. Après avoir lâché le PS pour étudier au Canada, il n'avait pas fait la démarche de réadhérer, "peu convaincu".

Finalement, "J'ai repris ma carte le 7 mai, quelques jours avant l'accord de la Nupes. J'entendais Olivier Faure, le premier secrétaire du PS et Pierre Jouvet (l'un des négociateurs de l'accord, ndlr), et ils disaient exactement ce que j'espérais", explique-t-il.

Le militant du Loir-et-Cher comprend ses "camarades qui ont peur d'être soumis à Mélenchon, mais c'est pas en tapant sur l'union que le PS va survivre".

"Il faut juste qu'on s'affirme dans la Nupes et qu'on défende nos convictions", estime-t-il.

Victor Lauriau, doctorant en physique des lasers de 24 ans, n'a pas encore fait la démarche d'adhérer au PS, qu'il est venu découvrir à Blois.

"Avant de venir, j'étais un peu pessimiste", explique celui qui voyait d'abord la Nupes comme "une sorte de conglomérat de gens".

"Là, après avoir écouté tous les discours et vu toute l'énergie qui s'en dégage, je me dis +mais c'est une évidence+, en fait, ça va rester", confie-t-il.

«Une forme de joie»

"Comme ils le disent tous, il va y avoir des dissensions. Il y a des moments où ça va peut-être pas bien se passer, mais en fait, c'est la bonne voie", affirme-t-il.

Dorine Bregman, adhérente depuis 2013 et adjointe au maire à Paris-centre, est aussi "persuadée que c'est la bonne stratégie".

"On surjoue pas l'unité, on essaie de trouver ce qui nous rassemble", glisse-t-elle derrière ses lunettes de soleil.

Elle a elle-même fait campagne pour le député EELV Julien Bayou. "C'était très intéressant de militer avec les écologistes, les insoumis", reconnait-elle. "Il y avait une forme de joie", après une présidentielle "où on est sorti groggy".

Elle aussi voit arriver les nouveau adhérents avec plaisir, comme certains membres des collectifs Taubira: "Ils secouent un peu le mammouth".

Leanie Buaillon, une des porte-parole de ces collectifs, reste pour l'heure un peu sur sa faim, dans un parti "ultra-codifié", où il faudrait "simplifier certaines pratiques".

Mais celle qui est venue au PS pour "son histoire, ses combats et sa démocratie interne", souligne cependant "le sentiment d'une sincérité de donner un nouveau tournant" à la gauche, face au risque d'une victoire de l'extrême droite en 2027.

Pour son camarade Lotfi Moussa, "cette union est floue, en construction", et trop déconnectée des collectifs citoyens, des quartiers populaires et des zones périphériques. Mais pour lui, "la Nupes, c'est comme le Nutella, c'est bon malgré les ingrédients".


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.