Le café Jabaliyah d'Arabie saoudite vise à exploiter le potentiel de Jazan

Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier (Photo, Arab News).
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Publié le Mardi 03 novembre 2020

Le café Jabaliyah d'Arabie saoudite vise à exploiter le potentiel de Jazan

  • Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est le berceau de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier
  • Ali al-Sheneamer lui-même est issu d'une famille d'agriculteurs de la campagne de Jazan: le principe de d’offrir aux producteurs un meilleur prix pour leurs produits lui tient donc à cœur

JAZAN: Juste à côté de la frontière sud montagneuse de l’Arabie saoudite avec le Yémen se trouve un village qui propose une marque de café dont l’heure est venue… Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est le berceau de Jabaliyah, une entreprise saoudienne dont l’objectif est d’apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de produits de luxe du monde entier.

La culture des grains de café khowlani fait depuis longtemps partie du patrimoine de cette région, mais elle n'est devenue une industrie viable que récemment grâce à un double soutien du gouvernement et du secteur privé.

Ali al-Sheneamer, cofondateur de Jabaliyah – la première marque de café d’origine exclusivement saoudienne – a déclaré à Arab News que bien qu'ils ne soient qu'une petite équipe, ils ont des plans pour se développer.

« Nous avons commencé cela il y a quelques années avec Mango Jazan. Nous pensons avoir créé une bonne marque », explique Ali al-Sheneamer, faisant référence à leur entreprise de fruits tropicaux. À présent, l’équipe a jeté son dévolu sur l’abondant potentiel caféier de la région.

« La prochaine étape est d'obtenir Jabaliyah. Et il y a plus à venir de la région de Jazan et d'autres régions d'Arabie saoudite. »

Les grains de café sont cultivés dans les montagnes enveloppées de nuages de Jazan depuis des centaines d’années. Jusqu'à présent, ce n'était qu'une petite industrie agricole au service de la consommation locale. Mais grâce au soutien du gouvernement aux agriculteurs locaux, l’agriculture de la région se développe rapidement.

« Aramco a également mené un excellent programme, éduquant les agriculteurs sur les meilleures méthodes d'irrigation et sur l’amélioration de la qualité de grains. Ainsi, nous avons vu un développement rapide dans la culture des grains de café au cours des cinq à sept dernières années » poursuit Ali al-Sheneamer.

La culture des grains de café khowlani fait depuis longtemps partie du patrimoine de cette région, mais elle n'est devenue une industrie viable que récemment grâce à un double soutien du gouvernement et du secteur privé (Photo, Arab News).

L'équipe de Jabaliyah a parcouru les cultures locales pour obtenir un rendement de qualité supérieure dans lequel investir – un rendement qui générera des bénéfices pour leur marque mais aussi pour les agriculteurs.

« Nous voulions que les agriculteurs créent une meilleure valeur », explique Ali al-Sheneamer. « La plupart d'entre nous sommes des spécialistes du marketing. Nous sommes dans un secteur où si vous vendez un produit, vous en obtenez un retour. Si vous vendez des produits de marque, vous maximisez l’intérêt. Nous voulions donc maximiser l’intérêt des agriculteurs. »

« À ce stade, je ne veux pas aller négocier les prix avec les agriculteurs. Je veux qu'ils aient un bon rendement afin qu'ils puissent investir pour accroître leurs capacités, devenir plus professionnels, employer plus de personnes et améliorer la qualité, afin que cela puisse devenir une industrie importante qui profite à nous tous et à la communauté locale. »

Les grains de café sont cultivés dans les montagnes enveloppées de nuages de Jazan depuis des centaines d’années (Photo, Arab News).

Ali al-Sheneamer lui-même est issu d'une famille d'agriculteurs de la campagne de Jazan: le principe d’offrir aux producteurs un meilleur prix pour leurs produits lui tient donc à cœur.

« La plupart des habitants des villages et des petites villes sont des agriculteurs. Les producteurs de café en particulier sont entre 600 et 700 », explique-t-il.

Même s’il le souhaite, Ali al-Sheneamer ne peut pas acheter à tous les agriculteurs. Mais avec le temps, il veut aider les communautés rurales à s'adapter aux exigences de l'économie moderne, à comprendre le transport et la logistique et à les éloigner des méthodes agricoles traditionnelles.

« J'aspire à travailler avec tous – je ne serai peut-être pas en mesure de le faire – mais au moins avec les 25 à 30 meilleurs agriculteurs au cours des prochaines années, qui fourniraient le pourcentage le plus élevé de la production de grains de café de la région, poursuit-il. Nous voulons non seulement développer Jabaliyah en Arabie saoudite, mais aussi commencer à exporter cette marque dans le monde. »

Selon le ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, le Royaume compte aujourd'hui environ 125 000 caféiers, dont 76 000 produisent des grains de café (Photo, Arab News).

Selon le ministère de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, le Royaume compte aujourd'hui environ 125 000 caféiers, dont 76 000 produisent des grains. Pour Ali al-Sheneamer, le marché va doubler de volume au cours des deux à trois prochaines années à mesure que davantage d'arbres commenceront à produire.

« Le gouvernement a pour objectif d’augmenter le nombre de caféiers dans la région à 1 million d’ici à 2030. C’est énorme à tous les points de vue. C'est également compliqué, étant donné le terrain difficile à cultiver et la présence des montagnes, d'avoir plus d'espace pour y faire pousser des grains de café, mais cela montre que le gouvernement est déterminé à créer cette industrie et à faire reconnaître ces grains de café saoudiens, les grains de khowlani. »

Ali al-Sheneamer admet qu'il faudra du temps pour que les agriculteurs s'habituent à l'intégration commerciale moderne « pour que celui qui a grandi en voyant son père et son grand-père cultiver devienne un agriculteur plus professionnel, traitant avec des fournisseurs, des distributeurs, de l'argent – certains n’ont même pas d’établissement officiel qui puisse les aider à effectuer des transactions d’entreprise à entreprise (B2B) ».

Mais Jabaliyah s'est engagé à travailler avec les agriculteurs pour les aider à faire la transition, car les bénéfices pour l'entreprise et les communautés rurales pourraient être énormes.

Avec ses 15 000 caféiers, Aal Qotail, dans le gouvernorat d'Al-Daair de la région de Jazan, est la base de Jabaliyah, une entreprise saoudienne qui vise à apporter l'humble grain de café khowlani aux consommateurs de luxe du monde entier (Photo, fournie).

Ali al-Sheneamer a réalisé un miracle similaire avec Mango Jazan. Il y a quelques années, lors d'une visite dans la région, il a remarqué une abondance de manguiers – on en compte aujourd'hui environ 400 000.

« J'ai demandé sur Twitter à la population jazanienne d'envisager de les exporter vers d'autres villes, et cela a été repris par mon partenaire Abdelrahman al-Sahily», raconte-t-il. «En trois jours, ce dernier a créé un site Internet, et les gens ont commencé à passer des commandes. Abdelrahman allait à l'aéroport et expédiait les colis dans différentes villes. C'était un travail effréné. »

Les partenaires ont rapidement pu rationaliser leurs opérations, faisant de Mango Jazan une marque bien connue. « Tout le monde attend la saison des mangues. Et elle a été récemment rachetée, ou une part majoritaire achetée, par une société cotée en bourse pour l'utiliser comme base pour commercialiser d'autres produits locaux, non seulement de Jazan mais de tout le pays », ajoute-t-il.

L’agriculture est une industrie en plein essor en Arabie saoudite et Ali Al-Sheneamer est heureux de voir d’autres entrepreneurs suivre l’exemple de Mango Jazan à Al-Bahah et Al-Jouf (Photo, Arab News).

« C’est pourquoi nous passons maintenant des mangues – saisonnières, c’est-à-dire sur une période de deux ou trois mois – à des grains de café qui dureront toute l’année. Ensuite, nous commencerons à introduire de nouveaux produits au fur et à mesure, qu'il s'agisse de fruits, de miel ou d'autres productions locales de grande valeur et de haute qualité pour lesquels les gens sont prêts à payer et à acheter en ligne plutôt que d'aller dans l’épicerie à côté de chez eux. »

L’agriculture est une industrie en plein essor en Arabie saoudite, et Ali al-Sheneamer est heureux de voir d’autres entrepreneurs suivre l’exemple de Mango Jazan à Al-Bahah et à Al-Jouf.

« Je viens de commander en ligne de l'huile d'olive d'Al-Jouf à travers l'une des start-up qui ont suivi les traces de Mango Jazan. Je pense que les Saoudiens aimeraient aujourd'hui soutenir et encourager ces types d'entreprises pour encourager les agriculteurs locaux. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com 


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.