Irak: Le président en faveur d'élections après des combats meurtriers

Les tensions sont montées en flèche en Irak dans le cadre d'une crise politique qui a laissé le pays sans nouveau gouvernement. (AFP)
Les tensions sont montées en flèche en Irak dans le cadre d'une crise politique qui a laissé le pays sans nouveau gouvernement. (AFP)
Les combats entre les forces irakiennes rivales ont fait rage mardi pour la deuxième journée consécutive, des tirs de roquettes résonnant dans la Zone verte de Bagdad. (AFP)
Les combats entre les forces irakiennes rivales ont fait rage mardi pour la deuxième journée consécutive, des tirs de roquettes résonnant dans la Zone verte de Bagdad. (AFP)
Une fusillade a éclaté à l'intérieur de la zone verte lorsque les partisans de Sadr ont ouvert le feu avec des RPG et des fusils. (AFP)
Une fusillade a éclaté à l'intérieur de la zone verte lorsque les partisans de Sadr ont ouvert le feu avec des RPG et des fusils. (AFP)
Des Irakiens assistent à des funérailles de masse, pour des partisans du leader chiite Moqtada Sadr qui ont été tués lors d'affrontements dans la Zone verte de Bagdad. (AFP)
Des Irakiens assistent à des funérailles de masse, pour des partisans du leader chiite Moqtada Sadr qui ont été tués lors d'affrontements dans la Zone verte de Bagdad. (AFP)
Des véhicules blindés de la sécurité irakienne arrivent lors d'affrontements avec Saraya al-Salam (Brigade de la paix), l'aile militaire affiliée au clerc chiite Moqtada al-Sadr. (AFP)
Des véhicules blindés de la sécurité irakienne arrivent lors d'affrontements avec Saraya al-Salam (Brigade de la paix), l'aile militaire affiliée au clerc chiite Moqtada al-Sadr. (AFP)
Des partisans du leader populiste irakien Moqtada al-Sadr s'affrontent à des partisans du Cadre de coordination, un groupe de partis chiites, dans la Zone verte de Bagdad, en Irak, le 29 août 2022. (Reuters)
Des partisans du leader populiste irakien Moqtada al-Sadr s'affrontent à des partisans du Cadre de coordination, un groupe de partis chiites, dans la Zone verte de Bagdad, en Irak, le 29 août 2022. (Reuters)
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Irak: Le président en faveur d'élections après des combats meurtriers

  • La tenue de nouvelles législatives, réclamées par Moqtada Sadr, nécessite la dissolution du Parlement qui peut être demandée par un tiers des élus ou par le Premier ministre avec l'accord du président de la République
  • Selon un dernier bilan fourni par une source médicale, au moins 30 partisans de Moqtada Sadr ont été tués par balles depuis lundi et 570 personnes blessées dans la Zone Verte

BAGDAD: Le président irakien Barham Saleh s'est prononcé mardi en faveur d'élections législatives anticipées après le retrait des partisans du dirigeant chiite Moqtada Sadr de la Zone Verte à Bagdad, théâtre de combats ayant fait 30 morts en 24 heures.

Riche en pétrole, le pays est secoué par une grave crise socio-économique doublée d'une impasse politique depuis les législatives d'octobre 2021.

"La tenue de nouvelles élections anticipées (...) avec un consensus national représente une sortie" de crise, a déclaré M. Saleh dans un discours télévisé. Un tel scrutin "garantirait la stabilité politique et sociale et répondrait aux aspirations des Irakiens", a-t-il ajouté.

La tenue de nouvelles législatives, réclamées par Moqtada Sadr, nécessite la dissolution du parlement, qui peut être demandée par un tiers des élus ou par le Premier ministre avec l'accord du président de la République. Cette dissolution doit ensuite être approuvée à la majorité absolue de l'assemblée.

L'allocution de Barham Saleh est survenue quelques heures après la fin d'affrontements meurtriers à Bagdad entre des partisans de Moqtada Sadr, d'un côté, et les forces de l'ordre et des partisans du Cadre de coordination, alliance rivale de Moqtada Sadr qui regroupe des groupes pro-Iran dont celui du Hachd al-Chaabi, de l'autre.

Le Premier ministre Mustafa al-Kadhemi a pour sa part déclaré que des enquêtes ont été ouvertes sur ces affrontements et a menacé de démissionner si la paralysie politique se poursuit. "S'ils veulent continuer à semer le chaos, le conflit, la discorde et la rivalité (...) je prendrai la mesure morale et patriotique qui s'impose et quitterai mon poste au moment opportun", a-t-il déclaré dans un discours.

«Excuses» de Sadr

Lundi, aussitôt après l'annonce de l'influent Moqtada Sadr de son "retrait" de la vie politique dont il est pourtant un acteur incontournable, des milliers de ses partisans avaient envahi le siège du gouvernement dans la Zone Verte, secteur ultra-protégé de la capitale qui accueille aussi l'ambassade américaine, ce qui avait débouché sur des combats.

"Si tous les membres du Courant sadriste ne se retirent pas dans les 60 minutes de partout (à Bagdad), même du sit-in (devant le parlement), je les désavouerai", a lancé mardi Moqtada Sadr lors d'une conférence de presse dans son fief de Najaf (centre).

Dénonçant des actes "entachés de violence", il a présenté ses "excuses au peuple irakien".

Après son appel, ses partisans ont quitté la Zone Verte et les armes se sont tues. Les combattants ont laissé la place aux employés municipaux qui ont nettoyé les traces d'affrontements.

Les combats entre d'un côté les Brigades de la paix, une faction armée aux ordres de Moqtada Sadr, et de l'autre les forces de l'ordre et le Hachd al-Chaabi, d'ex-paramilitaires intégrés aux forces régulières de l'autre, avaient repris mardi matin après une nuit relativement calme.

Selon un dernier bilan fourni par une source médicale, au moins 30 partisans de Moqtada Sadr ont été tués par balles depuis lundi et 570 personnes blessées dans la Zone Verte.

Le Cadre de coordination, qui avait condamné une "attaque contre les institutions de l'Etat", a appelé le "parlement et les autres institutions à reprendre leurs activités".

L'ambassade des Etats-Unis a salué la fin des combats et exhorté "tous les Irakiens à laisser les institutions gouvernementales continuer leur travail".

L'Irak est plongé dans l'impasse politique depuis les élections législatives d'octobre 2021 remportées par Moqtada Sadr, les barons de la politique ayant été incapables de s'accorder sur le nom d'un nouveau Premier ministre. Et le pays n'a donc ni nouveau gouvernement, ni nouveau président depuis le scrutin.

Pour sortir de la crise, Moqtada Sadr et le Cadre de coordination s'accordent sur un point: il faut de nouvelles élections. Mais si Moqtada Sadr insiste pour dissoudre le parlement avant tout, ses rivaux veulent d'abord la formation d'un gouvernement.

«Violence et déstabilisation»

Arrivé premier aux législatives avec 73 sièges (sur 329) mais incapable de former une majorité, M. Sadr avait fait démissionner ses députés en juin, affirmant vouloir "réformer" le système et en finir avec la "corruption".

Il sait qu'il peut compter sur l'appui d'une large frange de la communauté chiite, majoritaire en Irak.

Ses partisans ont campé pendant un mois aux abords du parlement dans la Zone Verte. Mardi, dès l'appel de leur chef à se retirer, les sadristes ont démonté les tentes qu'ils avaient installées avant de quitter les lieux.

En choisissant de les envoyer dans la Zone Verte, puis de les en retirer, Moqtada Sadr "montre (...) l'ampleur de sa base, en particulier à ses opposants", estime Renad Mansour, du centre de réflexion Chatham House.

"La stratégie de la violence et de la déstabilisation fait partie de la tactique de négociation de Sadr", juge-t-il.


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.