Le yoga aérien, nouvelle passion des Saoudiennes

Roa al-Sahhaf, instructrice de yoga aérien, a découvert le yoga aérien à Paris et a décidé de le ramener en Arabie saoudite (Photo fournie).
Roa al-Sahhaf, instructrice de yoga aérien, a découvert le yoga aérien à Paris et a décidé de le ramener en Arabie saoudite (Photo fournie).
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Publié le Mercredi 31 août 2022

Le yoga aérien, nouvelle passion des Saoudiennes

  • Le hamac est conçu pour vous aider à accroître votre souplesse et votre force
  • Le yoga gagne en popularité en tant que tendance de remise en forme en Arabie saoudite

RIYAD: Le fait de planer à quelques mètres du sol, de voler en apesanteur et de défier les lois de la gravité attire les femmes à pratiquer l'art du yoga aérien.

Dans un cours de yoga aérien, des poses similaires à celles du yoga pratiqué sur le tapis sont exécutées, mais au lieu d'utiliser le poids de votre corps pour vous soutenir, vous utilisez un hamac en soie suspendu au plafond.

Sarah Farhoud, une instructrice indépendante saoudienne de fitness aérien et de yoga, a été initiée aux cours de yoga aérien alors qu'elle était à l'école de médecine. «J'avais l'habitude d'y aller pour faire du yoga et me détendre. Pour changer, j'ai décidé de prendre un cours de yoga aérien, et je n'ai jamais regardé en arrière», a déclaré Farhoud à Arab News.

Elle a tellement aimé ce sport qu'elle est devenue instructrice indépendante en 2016 et a donné des cours de fitness aérien dans plusieurs studios de Riyad.

«La forte demande a eu lieu après 2017, lorsque le gouvernement a autorisé d'ouvrir des salles de sport pour femmes sous licence. J'ai obtenu le TOT «Training of Trainers»  (formateurs pour entraineurs) du Cirque Fitness USA. Aujourd'hui, nous avons 508 instructeurs certifiés en hamac aérien, en soies et en cerceau par les arts aériens en Arabie saoudite.»

    Roa al-Sahhaf, instructrice de yoga aérien

«Les filles sont intéressées, et elles aiment le défi. Elles font confiance au hamac et ne craignent pas le fait d’être à l’envers. Elles sont encouragées à prendre des poses plus difficiles et elles font confiance à leur corps. Je crois que la nouvelle génération est plus courageuse et plus enthousiaste», a-t-elle souligné.

Le hamac est conçu pour vous aider à accroître votre souplesse et votre force tout en vous permettant d'effectuer des poses plus difficiles sans exercer de pression supplémentaire sur vos épaules, votre colonne vertébrale ou votre tête.

«Si votre vie est stressante, essayez le yoga aérien pour briser votre routine et redécouvrir le plaisir d'être à l'envers, en utilisant le tissu pour vous soulever vers l'autre côté, ou en l'utilisant comme une balançoire. J'ai assisté à de nombreux cours où tout le monde rit et rigole parce qu'ils passent un bon moment, et vous pouvez vous permettre de prendre une profonde respiration et de profiter du moment», a indiqué Farhoud.

Elle croit que la Vision 2030 encouragera l'ouverture d'un plus grand nombre de studios et rendra le sport plus inclusif et accessible à tous en ouvrant des parcs et des centres communautaires.

Roa al-Sahhaf, instructrice de yoga aérien, a découvert le yoga aérien à Paris et a décidé de le ramener chez elle, en Arabie saoudite.

«J'ai essayé l’acrobatie aérienne pour la première fois à Paris, et quand je suis revenu en Arabie saoudite, je n'en trouvais pas à Djeddah. J'ai alors décidé d’ouvrir un studio ici. Au départ, c'était un studio à domicile, puis j'ai commencé à donner des cours dans d'autres salles de sport», a-t-elle ajouté.

Al-Sahhaf a remarqué qu'il y avait une forte demande pour ce sport, mais qu'il n'y avait pas assez d'instructrices.

«La forte demande a eu lieu après 2017, lorsque le gouvernement a autorisé d'ouvrir des salles de sport pour femmes sous licence. J'ai obtenu la TOT (formateur pour entraineurs) du Cirque Fitness USA. Aujourd'hui, nous avons 508 instructeurs certifiés en hamac aérien, en soie et en cerceau par les arts aériens en Arabie saoudite», a-t-elle ajouté.

Al-Sahhaf a affirmé que de nombreuses personnes aiment essayer de nouvelles choses et que le yoga aérien peut être plus populaire que le yoga traditionnel en raison de sa plus grande difficulté et du plaisir que les gens en tirent.

«L’acrobatie aérienne est comme un sport aquatique. C'est bon pour les personnes qui ne sont pas souples ou qui ont des rugosités dans les genoux ou une fragilité dans le disque. C'est une bonne chose pour les personnes qui ne peuvent faire aucun sport, car le hamac leur enlève beaucoup de poids», a expliqué Al-Sahhaf.

«C'est comme faire un exercice avec une autre personne, et à la fin de la session, nous donnons toujours un exercice de méditation pour qu'elles puissent s’emmêler dans le hamac et méditer», a-t-elle mentionné. «Cela leur procure un sentiment formidable.»

Le yoga gagne en popularité en tant que tendance de remise en forme en Arabie saoudite, et le ministère du Commerce a approuvé l'enseignement et la pratique du yoga en tant que sport dans le Royaume en novembre 2017.

«Les choses se sont beaucoup améliorées en ce qui concerne l’obtention de la licence, du soutien, et du sponsoring, et nous en sommes heureux», a soutenu Al-Sahhaf.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Art Cairo revient sous le thème « Arab. Art. Here »

La sixième édition du salon, qui s'est tenue au Grand Musée égyptien. (Fourni)
La sixième édition du salon, qui s'est tenue au Grand Musée égyptien. (Fourni)
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  • Art Cairo 2026 explore la langue arabe comme force culturelle vivante avec galeries de toute la région
  • Le Hiwar Programme propose des discussions sur le marché de l’art, la collaboration artistique et le rôle de l’art dans la mémoire culturelle

DUBAÏ : Art Cairo 2026 se tiendra sous le thème « Arab. Art. Here », inspiré par les mots du poète palestinien Mahmoud Darwish : « C’est ma langue, mon miracle, ma baguette magique. »

La foire d’art se déroulera du 23 au 26 janvier au très attendu Grand Egyptian Museum.

Selon les organisateurs, le thème explore la langue arabe comme une force culturelle vivante façonnant l’expression artistique à travers la région.

Les galeries participantes viennent de toute la région, avec une forte représentation de l’Égypte, du Levant et au-delà.

En provenance d’Égypte, on retrouve les galeries Zamalek Art Gallery, Mashrabia Gallery of Contemporary Art, Gallery Misr, Villa Azad, et Le Lab. by Mark Hachem, Maya Art Space, Arame Art Gallery et ZAAT. La KAF Art Gallery représentera la scène artistique libanaise, tandis que la Jordanie sera représentée par Wadi Finan Art Gallery et Orfali Art Gallery.

Les galeries du Golfe participant à Art Cairo incluent Salwa Zeidan Gallery d’Abu Dhabi, Fann A Porter de Dubaï et Folk Art Space de Bahreïn, tandis que l’Europe du Nord sera représentée par la Galerie SANAA des Pays-Bas et Quartum Galleri de Norvège.

Pour la septième édition de la foire, Art Cairo présentera une exposition solo au musée dédiée à l’artiste pionnière Inji Efflatoun, issue de la collection du Egyptian Museum of Modern Art. La peintre égyptienne, décédée en 1989, était également militante dans le mouvement féministe.

Le Hiwar Programme — signifiant « dialogue » en arabe — revient comme composante centrale d’Art Cairo 2026, proposant une série de tables rondes sur la pratique artistique, la responsabilité institutionnelle et l’évolution du marché de l’art régional.

Parmi les sujets abordés : la relation entre galeries, maisons de vente aux enchères, artistes et collectionneurs ; les responsabilités partagées dans la construction de l’héritage artistique ; la collaboration entre designers et galeries ; le rôle de l’art dans la création de communautés ; et des réflexions sur l’art égyptien moderne comme prisme de mémoire culturelle.

Les intervenants incluent des représentants de Christie’s, des artistes, des universitaires, des entrepreneurs et des leaders culturels d’Égypte et de la région.

Au-delà des halls du Grand Egyptian Museum, la foire propose un programme culturel et social incluant des visites guidées de monuments historiques. Parmi les temps forts : le Palais Aisha Fahmy, le Palais Amir Taz et le Musée Mahmoud Khalil. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Dolola: des livres musicaux pour sensibiliser les plus jeunes à la langue arabe

Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants. (Photo fournie)
Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants. (Photo fournie)
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  • Malgré toute la bonne volonté, parler arabe à la maison ne suffit pas toujours
  • L’enfant, scolarisé en France, évolue en symbiose totale avec son environnement social et éducatif francophone

PARIS: Garder le contact avec ses racines et sa langue arabe est une préoccupation majeure pour de nombreux jeunes parents dont les enfants sont nés et grandissent en France. Une tâche souvent plus ardue qu’elle n’en a l’air.

Malgré toute la bonne volonté, parler arabe à la maison ne suffit pas toujours. L’enfant, scolarisé en France, évolue en symbiose totale avec son environnement social et éducatif francophone.
Peu à peu, la langue d’origine se marginalise, reléguée à quelques mots, quelques expressions, parfois à de simples sonorités familières, amenant certains parents à baisser les bras face à cette réalité.

Ce renoncement n’a jamais été une option pour Maria Faddoul.

Jeune maman à l’énergie débordante, elle est aujourd’hui à la tête de Dolola, une maison d’édition spécialisée dans les livres musicaux en langue arabe pour enfants, fondée avec son amie et associée Lara Andari Yammine.

Leur ambition n’est ni scolaire ni académique : il ne s’agit pas de former de parfaits arabisants, mais de maintenir un lien vivant, affectif et joyeux avec la langue arabe dès le plus jeune âge.

« L’idée nous est venue quand nos enfants sont nés », raconte Maria Faddoul. Toutes deux souhaitaient transmettre à leurs enfants leurs racines libanaises et la langue arabe, mais se sont rapidement heurtées à une offre éditoriale peu convaincante.

« On trouvait des livres très rébarbatifs, parfois même rebutants pour les enfants. Rien de vraiment ludique ou attrayant.»

À l’inverse, leurs enfants adoraient les livres musicaux en français ou en anglais, ces ouvrages interactifs où l’on appuie sur une puce pour écouter une chanson ou un son.

« On s’est demandé pourquoi ce type de livres n’existait pas en arabe. C’est comme ça que tout a commencé. »

Le premier livre Dolola est consacré aux comptines libanaises, celles que Maria et Lara chantaient dans leur propre enfance.
C’est un choix naturel, presque évident, qui ancre immédiatement la maison d’édition dans une démarche de transmission sensible et affective.

Le succès du premier ouvrage encourage les fondatrices à poursuivre, avec ensuite un livre dédié aux instruments de musique orientaux, puis une série d’ouvrages destinés à initier les enfants à la langue arabe de manière ludique : alphabet, couleurs, nombres, vocabulaire du quotidien.

Une clientèle majoritairement issue de la diaspora

Aujourd’hui, Dolola compte huit livres et s’apprête à publier un neuvième, consacré aux nombres.
Pour accompagner ces livres, certaines chansons sont composées spécialement avec des musiciens au Liban, afin de garantir une qualité musicale et culturelle fidèle aux racines orientales.

« Il n’y a pas que le texte, insiste Faddoul, il y a toute une réflexion autour du thème, de la musique, de la langue utilisée et des illustrations. Tout est pensé pour que l’enfant ait envie d’y revenir. »

La question de la langue est centrale. Pour cela, Dolola fait le choix d’un arabe accessible, parfois dialectal, parfois en arabe classique simplifié, selon les ouvrages.

Ainsi, l’histoire de Boucle d’Or et les trois ours a été adaptée en libanais et en arabe classique.
« Tout le monde connaît Boucle d’Or. C’était important pour nous de partir d’une histoire familière, pour que la langue ne soit pas un obstacle », explique Faddoul.

Si l’âme de Dolola est libanaise et française, la fabrication, elle, est internationale.
La maison d’édition a été officiellement créée en France en 2020, et l’accueil réservé aux livres Dolola dépasse les attentes des fondatrices.

« Les parents adorent, mais surtout les enfants. Certains parents nous écrivent pour nous dire qu’ils n’en peuvent plus d’entendre les chansons en boucle », dit Faddoul avec un large sourire.

La clientèle est majoritairement issue de la diaspora libanaise, en France, en Europe et aux États-Unis, mais les livres se vendent aussi au Liban et à Dubaï.

En France, Dolola est présente à l’Institut du monde arabe, dans plusieurs librairies indépendantes et à la FNAC sur commande. L’essentiel des ventes se fait toutefois via le site internet de la maison d’édition, soutenu par une forte présence sur les réseaux sociaux.

Parmi les projets à venir, un livre consacré au Liban, encore à l’état de réflexion, ainsi qu’une possible collection dédiée aux pays arabes.

Mais Maria Faddoul formule aussi un regret : l’absence à Paris d’un lieu dédié aux jeunes enfants pour les mettre en contact avec la langue et la culture arabes, à travers la lecture, la musique ou les activités artisanales.

« Il y a énormément à faire », assure-t-elle.

Avec Dolola, elle a déjà commencé à tisser ce fil fragile mais essentiel qui relie les enfants de la diaspora à leur langue d’origine.


Shiras Galería ouvre 2026 avec une réflexion sur la fragilité et la reconstruction

El Titán en el Laboratorio de la Gracia : couture et peinture deviennent symboles de réparation et de résilience. (Fournie)
El Titán en el Laboratorio de la Gracia : couture et peinture deviennent symboles de réparation et de résilience. (Fournie)
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  • El Titán en el Laboratorio de la Gracia explore la fragilité, la réparation et la résilience à travers peinture et couture, transformant la vulnérabilité en force
  • L’exposition invite à réfléchir sur la construction de l’identité et la transformation des fractures en espaces de force et de beauté

DUBAÏ: Shiras Galería ouvre l’année 2026 avec l’inauguration de la première exposition personnelle en Espagne de l’artiste libanaise Lana Khayat. Intitulée El Titán en el Laboratorio de la Gracia, l’exposition sera présentée dans la salle principale de la galerie à partir du vendredi 16 janvier à 19h.

Dans cette nouvelle collection artistique, Lana Khayat invite à repenser les notions de fragilité, de réparation et de force dans une perspective humaine. Au cœur de sa démarche se trouve la figure du lys, traditionnellement associée à la pureté et à la délicatesse, que l’artiste transforme en métaphore du corps féminin et de l’expérience vécue. La fleur devient un organisme traversé par des tensions, des blessures et des processus de reconstruction, incarnant une force qui ne repose pas sur l’invulnérabilité mais sur la persistance.

Peinture et couture se conjuguent dans son travail comme des gestes de résistance. Les fils et les points de suture révèlent les lieux de rupture tout autant que les décisions de rester et de reconstruire. Pour l’artiste, chaque point est un acte conscient qui transforme la vulnérabilité en solidité. La réparation n’est ni dissimulée ni corrigée : elle est visible et affirmée.  

L’exposition propose ainsi une réflexion sur la construction de l’identité au seuil de la désintégration, et sur la capacité des fractures à devenir des espaces de transformation. El Titán en el Laboratorio de la Gracia célèbre la beauté de la réparation et la dignité de celles et ceux qui choisissent de se recomposer avec intention et soin.

Lana Khayat s’inscrit dans un héritage artistique profond. Son arrière-grand-père, Mohamad Suleiman Khayat, était reconnu pour la restauration des salons ajami syriens, aujourd’hui conservés dans des institutions majeures comme le Metropolitan Museum of Art à New York et Shangri La à Hawaï. Formée à l’American University of Beirut puis à la School of Visual Arts de New York, Lana Khayat a exposé à New York, Londres, Venise, Abu Dhabi et Riyad. Ses œuvres figurent dans d’importantes collections privées et ses collaborations avec des institutions telles que le Guggenheim témoignent de sa reconnaissance croissante sur la scène artistique internationale.