L'ONU met en garde contre une intensification de la présence des Houthis à Al-Hodeïda

La milice houthie a commis 2 158 violations contre des chefs religieux, des mosquées et d'autres lieux de culte (Photo, AFP).
La milice houthie a commis 2 158 violations contre des chefs religieux, des mosquées et d'autres lieux de culte (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 01 septembre 2022

L'ONU met en garde contre une intensification de la présence des Houthis à Al-Hodeïda

  • La milice a profité de la trêve et de l'absence des avions de guerre de la coalition pour renforcer les champs de bataille avec des combattants
  • «Les Houthis veulent revendiquer une puissance militaire massive et affirmer qu'ils n'accepteront pas la paix», a indiqué Al-Kumaim

AL-MUKALLÂ: Les observateurs de l'ONU à Al-Hodeïda ont exhorté les Houthis, soutenus par l'Iran, à réduire leur présence «importante» dans la ville occidentale du Yémen, avertissant que toute action militaire menacerait le cessez-le-feu négocié par l'ONU ainsi que l'accord de Stockholm.

La Mission des Nations unies pour le soutien de l'accord d’Al-Hodeïda, ou l’UNMHA, a déclaré avoir constaté d'importants déploiements de combattants houthis dans la ville, faisant craindre une activité militaire qui pourrait compromettre la trêve fragile qui règne dans le pays.

«Al-Hodeïda doit rester libre de toute présence militaire, comme convenu à Stockholm. L’UNMHA exhorte les dirigeants houthis à respecter les termes de l'accord d’Al-Hodeïda et à s'abstenir de toute action susceptible de contribuer à une escalade, dans l'intérêt de tous les Yéménites», a déclaré la mission de l'ONU dans un communiqué.

Une paix relative règne à Al-Hodeïda depuis la fin de l'année dernière, lorsque les forces conjointes du gouvernement ont unilatéralement abandonné leurs positions dans et autour de la ville afin de renforcer d'autres champs de bataille dans le pays, dans le cadre d'un plan militaire parrainé par la Coalition pour rétablir la légitimité au Yémen.

Des responsables militaires et des analystes locaux ont révélé à Arab News que les Houthis ont récemment rassemblé des forces et des équipements à Al-Hodeïda en vue d'une grande parade militaire, mais n'ont pas exclu la possibilité que la milice attaque les dernières enclaves gouvernementales dans la province.

Le général de brigade Mohammed al-Kumaim, analyste militaire yéménite, a signalé que les Houthis ont transporté des membres des tribus et du matériel militaire des hauts plateaux qu'ils contrôlent, notamment Amran et Dhamar, vers Al-Hodeïda pour la parade.

Al-Kumaim a affirmé que la milice avait profité de la trêve et de l'absence des avions de guerre de la coalition afin de renforcer les champs de bataille avec des combattants et de recruter des milliers de personnes dans des camps d'endoctrinement, ainsi que pour organiser des parades militaires à Sanaa, Amran et Thamar.

Des hélicoptères de la milice ont survolé les champs de bataille à Taïz pour la première fois depuis le début de 2015, a-t-il ajouté.

«Les Houthis veulent revendiquer une puissance militaire massive et affirmer qu'ils n'accepteront pas la paix. Ils veulent également faire savoir à leurs partisans qu'ils ont l'intention d'utiliser la force militaire», a indiqué Al-Kumaim.

Steven Fagin, ambassadeur des États-Unis au Yémen, a condamné les Houthis pour avoir attaqué à plusieurs reprises la zone d'Al-Dhabab, à l'ouest de Taïz, au cours des trois derniers jours, tuant et blessant des dizaines de personnes.

Il a exhorté les factions en guerre à cesser d'alimenter la violence dans le pays.

«Je suis profondément préoccupé par l'attaque des Houthis sur Al-Dhabab, en violation directe de la trêve. Pour éviter une nouvelle escalade, j'appelle toutes les parties à continuer à participer pleinement au Comité de coordination militaire», a déclaré Fagin dans un communiqué.

Malgré les rapports confirmés faisant état de centaines de violations commises par les Houthis, la trêve parrainée par l'ONU entre les Houthis et le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale tient largement, et le nombre de victimes a considérablement diminué depuis le 2 avril.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".