Moscou a validé le maintien du Japon dans un projet pétrogazier russe

Une photo montre le siège social de Mitsubishi Motor à Tokyo le 26 novembre 2018. (AFP)
Une photo montre le siège social de Mitsubishi Motor à Tokyo le 26 novembre 2018. (AFP)
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Publié le Jeudi 01 septembre 2022

Moscou a validé le maintien du Japon dans un projet pétrogazier russe

  • Un décret gouvernemental russe a autorisé mercredi Mitsubishi Corp à transférer son ancienne part de 10% dans Sakhaline-2 dans une nouvelle entité créée unilatéralement par Moscou
  • Un jour auparavant, Moscou avait pris une décision similaire pour Mitsui & Co, qui conserve son ancienne part de 12,5% dans ce projet offshore

TOKYO: Le gouvernement russe a autorisé deux firmes japonaises à conserver leurs parts dans Sakhaline-2, un projet pétrogazier dans l'Extrême Orient russe auquel le Japon ne voulait pas renoncer, bien qu'il participe aux sanctions contre Moscou liées à la guerre en Ukraine.

Un décret gouvernemental russe a autorisé mercredi Mitsubishi Corp à transférer son ancienne part de 10% dans Sakhaline-2 dans une nouvelle entité créée unilatéralement par Moscou en juillet, a confirmé jeudi à l'AFP un porte-parole du groupe nippon.

Un jour auparavant, Moscou avait pris une décision similaire pour Mitsui & Co, qui conserve son ancienne part de 12,5% dans ce projet offshore.

Peu après le déclenchement de la guerre en Ukraine, le géant britannique des hydrocarbures Shell avait, lui, fait le choix de se séparer d'actifs en Russie, dont sa participation de 27,5% dans Sakhaline-2.

Le Kremlin avait décidé par surprise le 30 juin de transférer l'intégralité des parts de ce projet dans une nouvelle société créée par l'Etat russe, qui devait donner son feu vert au maintien des partenaires étrangers souhaitant rester à bord.

Tout en participant aux sanctions internationales contre Moscou et en réduisant ses importations énergétiques de Russie, le gouvernement japonais n'était pas prêt à abandonner Sakhaline-2, crucial pour l'approvisionnement du pays en gaz naturel liquéfié (GNL).

Environ 60% des 10 millions de tonnes de GNL produites par an sur ce projet sont destinées au Japon, et le site couvre à lui seul presque 9% des importations nippones en GNL.

Le feu vert russe au maintien du Japon dans Sakhaline-2 est "extrêmement important pour la stabilité des approvisionnements énergétiques de notre pays", a salué jeudi le porte-parole du gouvernement nippon Hirokazu Matsuno lors d'un point de presse régulier.

Le choix du Japon de rester coûte que coûte dans ce projet "reflète la réalité pragmatique de garder le chauffage et la lumière allumés dans l'environnement de marché énergétique mondial le plus difficile depuis des décennies", a commenté James Brady du cabinet Teneo dans une note publiée la semaine dernière.

Sakhaline-2Sakhaline-2Sakhaline-2Sakhaline-2Tokyo a échappé de peu à des coupures de courant cet été en raison de pénuries d'électricité liées à des températures caniculaires gonflant les besoins en climatisation. Et le Japon, comme l'Europe, se prépare à de sérieuses difficultés de chauffage cet hiver.

Des risques persistent par ailleurs sur les participations japonaises dans Sakhaline-2, puisque tout contentieux éventuel devrait désormais être tranché par une juridiction russe et probablement sans recours possible à un arbitrage international, a prévenu M. Brady.

Début août, Mitsui & Co et Mitsubishi Corp ont significativement déprécié la valeur de leurs parts dans Sakhaline-2 du fait des incertitudes associées.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.