Le règlement de la frontière maritime: reconnaissance indirecte d'Israël par le Liban?

Une affiche à l’effigie du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sur les ruines de l'ancienne prison de Khiam, gérée par Israël, à la frontière libano-israélienne, le 25 mai 2022. (AFP)
Une affiche à l’effigie du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sur les ruines de l'ancienne prison de Khiam, gérée par Israël, à la frontière libano-israélienne, le 25 mai 2022. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. (AFP)
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Publié le Samedi 03 septembre 2022

Le règlement de la frontière maritime: reconnaissance indirecte d'Israël par le Liban?

  • Le Hezbollah est complice du processus négocié par les États-Unis malgré l'interdiction faite par son chef de discuter avec «l'ennemi sioniste»
  • L'écart entre la rhétorique de Nasrallah et la réalité remet en question son engagement tant affiché pour la «résistance»

DUBAΪ: Les propos récents d’un officiel de la Maison Blanche à la chaîne de télévision Al-Arabiya indiquent un progrès dans les négociations indirectes entre le Liban et Israël pour trouver une solution à leur différend sur la frontière maritime. Toutefois, chaque pas soulève une série de questions que le Hezbollah – la milice soutenue par l'Iran qui exerce une influence sur le gouvernement libanais – trouvera profondément embarrassantes.
Techniquement en guerre depuis 1948 et sans relations diplomatiques, le Liban et Israël s'opposent sur une zone de 860 km² de la mer Méditerranée censée contenir de riches gisements de gaz naturel. Ils sont engagés dans des négociations intermittentes depuis octobre 2020 au sujet des eaux riches en gaz qu'ils prétendent tous deux détenir dans leurs zones économiques exclusives.
L'administration du président américain, Joe Biden, a proposé une solution de compromis qui créerait une frontière économique maritime en forme de S entre les deux pays. Amos Hochstein, conseiller principal des États-Unis pour la sécurité énergétique, a déclaré en juin à la chaîne de télévision Al-Hurra qu'une proposition que lui ont présentée les responsables libanais permettra aux négociations «d'avancer».
Ces derniers mois, Hochstein, en sa qualité de coordinateur présidentiel spécial sur l'accord frontalier, a effectué de multiples voyages à Beyrouth et à Tel-Aviv.
«Nous continuons à réduire les écarts entre les parties et nous pensons qu'un compromis durable est possible», a indiqué cette semaine à Al-Arabiya un responsable anonyme de la Maison Blanche. Le fonctionnaire a salué ce qu'il a appelé «l'esprit de consultation» des deux parties.
Ces propos sont intervenus dans un contexte de signaux confus émis par les responsables du gouvernement libanais et leurs alliés de la coalition, le Hezbollah. Michel Aoun, le président libanais, et son Courant patriotique libre (CPL) entretiennent depuis 2006 une alliance stratégique avec le Hezbollah qui leur a permis d’inonder les institutions publiques et administratives de loyalistes.

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Le président libanais, Michel Aoun (à droite), rencontre l'envoyé spécial américain, Amos Hochstein (au centre), et l'ambassadrice américaine Dorothy Shea à Baabda, à l'est de Beyrouth, le 14 juin 2022. (Photo Dalati et Nohra via AFP)

L'entente entre les principaux partis chrétiens et chiites libanais a parfois été mise à l'épreuve par la rhétorique guerrière du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, et ses attaques contre les alliés arabes traditionnels du Liban. Cependant, les négociations en cours avec Israël ont remis en question l'engagement tant affiché du Hezbollah en faveur de la «résistance», sa force politique et même son existence.
«Le Hezbollah accuse tous ses opposants d'être des agents sionistes et impérialistes. Ainsi, toute occasion de prouver qu'il a tort est la bienvenue», a lancé Nadim Shehadi, économiste et commentateur politique libanais, à Arab News. «Cela dit, c'est l'un des rares cas où la présence du Hezbollah est susceptible de renforcer la position libanaise dans les négociations.»
Le Hezbollah a menacé d'attaquer Israël si un accord acceptable pour le Liban n'était pas conclu dans un délai précis. Début juillet, il a envoyé deux fois des drones vers le champ gazier de Karish, où Israël possède un site de forage. Trois d’entre eux ont été abattus par l'armée israélienne.
Les drones non armés ont toutefois démontré la capacité du Hezbollah à frapper les installations offshore et à faire monter les enchères dans les négociations avec Israël sous médiation américaine. Ces derniers mois, ce dernier a également accusé à plusieurs reprises le Hezbollah d'empêcher les forces de maintien de la paix de l'ONU stationnées le long de la frontière israélo-libanaise de remplir leurs fonctions.

naqoura
La Finul et des véhicules militaires libanais montent la garde au niveau de la démarcation de la frontière maritime entre Israël et le Liban, dans la ville frontalière de Naqoura, au sud du Liban. (Photo d'archive AFP)

Pourtant, le Hezbollah souhaiterait, implicitement, éviter un nouveau conflit à un moment où le Liban traverse une crise économique dévastatrice qui a plongé plus des trois quarts de sa population dans la pauvreté. La dernière guerre qu'il a livrée à Israël, il y a seize ans, a fait près de 1 200 morts libanais, pour la plupart des civils, et elle a provoqué des dégâts considérables sur de vastes portions du territoire libanais.
«Bien sûr, le Hezbollah peut faire obstacle aux négociations à tout moment et il tient le processus en otage», a souligné M. Shehadi à Arab News. «L'envoi de drones pour prendre des photos des installations gazières israéliennes était conforme à ses pratiques théâtrales.»
Des responsables du gouvernement libanais, Walid Fayad, le ministre de l'Énergie, et Hector Hajjar, le ministre des Affaires sociales, se sont récemment illustrés en lançant des pierres vers le territoire israélien, ce qui n’a pas manqué de faire les gros titres des journaux.
Le duo, tous deux proches du CPL d'Aoun, faisait partie d'un groupe de huit ministres libanais qui effectuaient une tournée dans la région frontalière. Dans la vidéo, qui est devenue virale après avoir été diffusée par Al-Jadeed TV, on peut entendre Fayad et Hajjar se taquiner mutuellement sur leurs capacités à lancer des pierres.

liban
Le ministre libanais des Affaires sociales, Hector Hajjar (à droite), lance une pierre sous le regard du ministre de l'Énergie, Walid Fayad (à gauche), lors d'une visite à la frontière sud avec Israël, le 30 août 2022. (AFP)

Fayad, dans le clip, dit à Hajjar: «Écarte-toi pour que je ne touche pas ta tête.» C’est un interlocuteur régulier du gouvernement libanais lors des discussions avec Hochstein sur le différend frontalier avec Israël. Michael Young, rédacteur en chef de Carnegie pour le Moyen-Orient à Beyrouth, suppose que les actions des deux ministres pourraient avoir un rapport avec la prochaine élection présidentielle, destinée à trouver un successeur à Aoun.


«Je ne suis pas sûr que cela ait été planifié de cette façon, mais cela a eu pour effet de montrer qu'ils étaient aux côtés de la “résistance contre Israël”», a-t-il expliqué à Arab News.
Shehadi a abondé dans ce sens, affirmant que «tout le monde joue le jeu, y compris les ministres du Cabinet», ajoutant: «Les nouveaux députés indépendants qui se sont rendus à la frontière y ont dansé la dabke [danse folklorique levantine]. Tout cela fait partie d'un subtil dialogue politique interne libanais.»
Pour Shehadi, les scènes qui se déroulent à la frontière rappellent la période qui a immédiatement suivi le retrait israélien du Sud-Liban, en mai 2000, lorsque les politiciens libanais ont adhéré aux slogans de la «libération par la résistance».

dabke
Des lycéens libanais dansent sur une place appelée «porte de Fatima», dans la ville de Kfar Kila, à la frontière sud du Liban, le 2 juin 2000, pour célébrer le retrait de l'armée israélienne. (AFP)

«Les circonstances du retrait étaient bien connues. Le Premier ministre israélien Ehud Barak avait promis en juillet 1999 de se retirer jusqu'à la frontière internationale, et cette promesse a été tenue», a indiqué Shehadi à Arab News. «Le retrait a été coordonné entre Israël et le Hezbollah avec l'aide de deux médiateurs suédois.»
Cette fois, les analystes libanais surveillent de près les éventuelles retombées politiques de l'écart flagrant qui existe entre le discours et les actions de Nasrallah dans le cadre des négociations entre le Liban et Israël.
Depuis la révolution islamique de 1979, le régime de Téhéran et ses mandataires chiites se sont appuyés sur une formule qui consiste à chercher à coopter la résistance palestinienne afin d'améliorer leur position dans le monde arabe. Ils sont intervenus dans les pays voisins et ont justifié cette intervention comme étant nécessaire pour libérer la Palestine par des slogans ingénieux tels que «Le chemin de Jérusalem passe par Karbala».
Dans la même veine, le Hezbollah a constamment essayé de se présenter comme une force panislamique qui lutte avant tout pour la cause palestinienne, déterminée à libérer Jérusalem de «l'occupation sioniste», tout en accusant les Arabes d'abandonner la Ville sainte.

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Des partisans du Hezbollah (en jaune) et d'Amal (en vert) manifestent près de la frontière israélo-libanaise. Les graffitis qui représentent le commandant iranien de la force Qods, Qassem Soleimani, assassiné, dans la ville de Kfar Kila, dans le sud du Liban, le 25 mai 2022. (AFP)

Dans un discours prononcé dans la banlieue de Beyrouth en 1998, Nasrallah aurait appelé à l'assassinat du leader palestinien Yasser Arafat parce qu’il avait signé des traités de paix avec Israël, invoquant l'exemple de l'assassin du président égyptien Anouar el-Sadate en 1981. «N'y a-t-il aucun Palestinien qui puisse faire ce que Khaled Islambouli a fait et dire que la présence d'Arafat sur la face de cette Terre est une honte pour les Palestiniens et les musulmans?», avait tonné Nasrallah à l’époque.
Pas plus tard qu'en août 2020, il fulminait contre la signature de l'accord de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis. «C'est une trahison de l'islam et de l'arabisme, c'est une trahison de Jérusalem, du peuple palestinien», avait-il déclaré lors d'un discours qui célébrait l'anniversaire de la fin du conflit entre le Hezbollah et Israël, en 2006.
Nous arrivons au mois de septembre 2022 et, comme le dit Michael Young: «Le Hezbollah est aujourd'hui engagé dans des négociations indirectes avec Israël.»

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Des partisans du groupe chiite libanais Hezbollah, soutenu par l'Iran, participent à un rassemblement pour écouter le discours du leader du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans la ville de Nabatieh, dans le sud du pays, le 9 mai 2022. (AFP)

«Dans une certaine mesure, si Hassan Nasrallah fait monter les enchères, c'est pour montrer qu'ils ne négocient pas indirectement avec Israël en signant ce qui pourrait être un accord sur le partage du gaz offshore. Mais personne ne doute qu'ils négocient indirectement avec Israël», a confié le rédacteur en chef de Carnegie pour le Moyen-Orient à Arab News.
«Dans le même temps, le Hezbollah doit montrer à ses partisans nationaux qu'il est toujours anti-israélien, d'où les menaces et les critiques accrues à l'égard d'Israël si les droits du Liban en matière de gaz ne sont pas respectés.»
Mais si un accord se concrétise, tôt ou tard, le Hezbollah aura-t-il volontairement les mains liées en neutralisant la «résistance» et en affirmant qu'Israël a respecté tous ses engagements envers le Liban? «La vision du Hezbollah est beaucoup plus large que cela», a expliqué Young. «Tant qu'il y a un ennemi, la résistance doit continuer. Ce n'est pas le point de vue officiel du gouvernement libanais, mais il est sous-entendu dans toutes les déclarations du Hezbollah.»

mer
Des navires de la marine israélienne patrouillent le long de la côte de Rosh Hanikra, une zone située à la frontière entre Israël et le Liban (Ras al-Naqoura), le 6 juin 2022. (AFP)

Young estime que, à ce stade, le Hezbollah ne souhaite pas négocier l'ensemble de la frontière maritime et terrestre. «L'accent est mis maintenant sur la frontière maritime. Je ne crois pas qu'il y ait une volonté de négocier quoi que ce soit au sujet de la frontière contestée, les fermes de Chebaa», a-t-il précisé à Arab News, faisant référence à une petite bande de terre occupée par Israël depuis 1967.
«Mais l'ONU affirme que l'occupation avait pris fin avec le retrait des Israéliens en 2000. La position libanaise sur les fermes de Chebaa n'est pas la même que celle des Israéliens ou de l'ONU.»
Quant aux négociations sur le différend maritime, Young a affirmé que, si l'on se fiait aux rapports des médias, l'administration Biden a fait pression à la fois sur le Liban et sur Israël et qu'il y a des signes de progrès.
«Je ne pense pas que nous puissions exclure un accord», a-t-il précisé à Arab News. «Je pense que toutes les parties ont intérêt à en conclure et nous nous dirigeons vers un accord potentiel.»
Selon le fonctionnaire de la Maison Blanche qui a parlé à Al-Arabiya, Hochstein est en communication quotidienne avec les responsables des gouvernements israélien et libanais.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince Turki Al-Faisal réaffirme la solidité des relations saoudo-émiraties et appelle à se fier aux sources officielles

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  • L’ancien chef du renseignement se dit « optimiste » quant au nouveau Conseil de paix formé par Donald Trump
  • Israël applique le deux poids deux mesures en soutenant le terrorisme tout en accusant les autres de le faire, estime-t-il

ÎLE DE SHURA – MER ROUGE : Le prince Turki Al-Faisal, président du Centre du roi Faisal pour la recherche et les études islamiques, et ancien ambassadeur en Grande-Bretagne et aux États-Unis, a réaffirmé vendredi les « relations fraternelles » entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, appelant le public à « se référer aux sources d’information officielles saoudiennes » plutôt qu’aux publications sur les réseaux sociaux.

« Comme nous l’avons vu, les responsables saoudiens ont réaffirmé les relations fraternelles avec les Émirats arabes unis. Ces liens ne sont pas uniquement politiques, mais profondément enracinés dans l’affection, les liens familiaux et une histoire commune », a-t-il déclaré.

S’exprimant lors de la séance d’ouverture du sommet Investing Is a Sea, organisé par The Family Office, le prince Turki Al-Faisal a affirmé que malgré le bruit sur les réseaux sociaux autour du différend politique entre Riyad et Abou Dhabi sur le Yémen, les relations entre les deux pays demeurent solides. Il s’exprimait lors d’un échange avec le rédacteur en chef d’Arab News, Faisal J. Abbas, modérateur de la session.

« Notre relation avec les Émirats est fondée sur l’intégration, non sur la confrontation, et ce principe s’applique à l’ensemble du CCG », a expliqué Al-Faisal.

« Les divergences d’opinion sont naturelles, y compris au sein de l’Union européenne, mais nous espérons que les utilisateurs des réseaux sociaux s’abstiendront de toute dérive immorale dans ce différend », a répondu Abbas, en référence à ceux qui propagent la haine et les mensonges en ligne.

Les tensions entre les deux pays du Golfe se sont accrues en décembre lorsque les Émirats ont soutenu et approvisionné le Conseil de transition du Sud (STC) yéménite, qui a agi unilatéralement dans une tentative de sécession près de la frontière saoudienne. La coalition dirigée par Riyad pour rétablir la légitimité au Yémen est alors intervenue fermement, ciblant ce qu’elle a qualifié de livraison militaire non autorisée au STC et demandant à Abou Dhabi de retirer tous ses moyens et personnels du Yémen. Peu après, le ministère émirati de la Défense a annoncé qu’il se conformerait à cette demande et qu’il soutenait la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite.

Malgré cela, une guerre médiatique s’est poursuivie sur les réseaux sociaux des deux côtés, amenant de nombreux observateurs à s’interroger sur la volonté réelle des deux capitales de mettre fin au différend.

S’exprimant lundi depuis Varsovie, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reconnu une « divergence de vues » sur le Yémen, tout en soulignant que la relation entre les deux pays restait « d’une importance cruciale ». Il a insisté sur le fait que « les Émirats se sont totalement retirés du dossier yéménite ».

« Il s’agit d’un élément essentiel de la stabilité régionale, et le Royaume tient toujours à entretenir une relation forte et positive avec les Émirats arabes unis, partenaire clé au sein du CCG », a déclaré le prince Faisal lors d’une conférence de presse en Pologne.

Deux jours plus tard, le ministre saoudien des Médias, Salman Al-Dossary, a démenti dans un message publié sur les réseaux sociaux les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles le Royaume aurait refusé de recevoir Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, vice-gouverneur d'Abou Dhabi et conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis.

« Cheikh Tahnoun ben Zayed se rend au Royaume quand il le souhaite, sans avoir besoin d’autorisation. L’Arabie saoudite est sa maison et ses dirigeants sont sa famille », a écrit Al-Dossary.

Le panel d’ouverture de The Family Office a également abordé les évolutions mondiales récentes. Le prince Turki a dit espérer que le Conseil de paix mis en place par le président américain Donald Trump apportera un changement.

« Le rôle de l’Arabie saoudite au sein du Conseil de paix est de poursuivre son soutien à la Palestine, et les déclarations du prince héritier Mohammed ben Salmane à Washington visent toutes à convaincre les États-Unis que la paix doit reposer sur la justice et non sur des principes sélectifs », a-t-il déclaré.

Al-Faisal a déclaré qu'on ne pouvait pas accorder à Israël le « droit à l'autodéfense » tout en refusant ce même droit aux Palestiniens, alors que ce sont eux qui sont attaqués.

Il a rappelé que la position saoudienne a toujours été l’établissement d’un État palestinien avant toute normalisation avec Israël.

Évoquant la visite du prince héritier Mohammed ben Salmane à la Maison-Blanche en novembre dernier, Al-Faisal a affirmé que la position du Royaume repose sur la justice et sur les principes fondateurs de l’Arabie saoudite.

Concernant Israël, le prince Turki a réitéré son point de vue selon lequel Israël applique le deux poids deux mesures, tant dans ses actes que dans son discours.

Interrogé par Abbas sur un article du Times of Israel, signé par la correspondante politique Tal Schneider et publié le 8 octobre 2023, affirmant qu’Israël avait payé le prix, le 7 octobre, de la politique de soutien au Hamas menée pendant 16 ans par Benyamin Netanyahou au détriment de l’Autorité palestinienne, Abbas a demandé : « Ne trouvez-vous pas ironique qu’Israël soutienne publiquement et massivement le terrorisme, puis accuse les autres de faire la même chose ? »

Le prince Turki Al-Faisal a répondu qu’Israël affiche un double standard évident lorsqu’il accuse d’autres pays de soutenir le Hamas et l’extrémisme, alors qu’il est largement connu comme l’un des principaux soutiens du mouvement.

« Il existe un dicton dans le Hedjaz, où j’ai grandi, qui dit : “Il m’a frappé, puis il a pleuré et s’est plaint avant moi.” Les dirigeants israéliens ont maîtrisé cette tactique. Depuis sa création, Israël s’est présenté comme la victime à qui l’on aurait volé ses droits. Cette machine de propagande fonctionne depuis quatre-vingts ans », a-t-il expliqué.

« Je ne suis pas surpris lorsque Netanyahou ou ses partisans affirment aujourd’hui que l’Arabie saoudite adopte une position extrémiste à l’égard du judaïsme ou d’Israël. En réalité, ce sont les actions d’Israël, sous la direction de Netanyahou, qui nous ont conduits à la situation actuelle, où nous assistons à un génocide contre les Palestiniens, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie », a-t-il ajouté.

« Netanyahou a récemment déclaré que quiconque souhaitait normaliser ses relations avec Israël devait reconnaître son “droit à l’autodéfense”, accordant de facto à Israël un permis pour sacrifier les Palestiniens », a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La justice allemande saisit des biens dans une enquête pour fraude bancaire au Liban

Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
Les procureurs allemands ont déclaré jeudi avoir saisi des avoirs d'une valeur d'environ 35 millions d'euros (42 millions de dollars) dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salameh, et quatre autres personnes. (AFP/Fichier)
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  • La justice allemande a saisi 35 millions d’euros de biens dans le cadre d’une enquête pour blanchiment d’argent visant l’ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé
  • Les procureurs l’accusent d’avoir détourné plus de 330 millions de dollars entre 2004 et 2015 ; un tribunal doit désormais statuer sur la confiscation définitive des biens

BERLIN: La justice allemande a indiqué jeudi avoir saisi des biens d'une valeur totale de 35 millions d'euros dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent visant l'ancien gouverneur de la banque centrale libanaise, Riad Salamé, et quatre autres personnes.

Âgé de 75 ans, M. Salamé, qui a dirigé la banque centrale entre 1993 et 2023, fait face à de multiples accusations au Liban et à l'étranger, notamment de détournement de fonds, blanchiment d'argent et évasion fiscale. Il a toujours nié toute malversation.

Dans un communiqué, le parquet a déclaré que "des biens immobiliers commerciaux de grande valeur à Munich et à Hambourg, ainsi que des parts sociales d'une société immobilière à Düsseldorf pour une valeur totale d'environ 35 millions d'euros" ont été saisis.

"Après des enquêtes très approfondies", notamment au Liban, le parquet accuse  M. Salamé, agissant avec son frère Raja Salamé, d'avoir "détourné des fonds d'un montant total de plus de 330 millions de dollars au détriment de la banque centrale libanaise et donc aux dépens de l'Etat libanais, afin de s'enrichir illégalement" entre 2004 et 2015.

Ces fonds provenaient de transactions financières entre la banque centrale libanaise et des banques commerciales au Liban.

L'argent a été blanchi par l'intermédiaire d'une société écran dans les îles Vierges britanniques et utilisé par Raja Salamé et trois autres coaccusés pour des investissements en Allemagne et ailleurs en Europe, selon les procureurs.

Un tribunal de Munich doit désormais décider si les biens saisis peuvent être définitivement confisqués.

Les procureurs allemands ont ouvert leur enquête en 2021 et ont collaboré avec des enquêteurs français et luxembourgeois.

Détenteur de la double nationalité française et libanaise, Riad Salamé avait été arrêté en 2024 au Liban et inculpé pour le détournement présumé de 44 millions de dollars de la banque centrale libanaise, avant d'être libéré en septembre dernier contre le versement d'une caution record.

L’ex-gouverneur est considéré comme l'un des principaux responsables de l’effondrement économique du Liban, que la Banque mondiale a qualifié de l'un des pires de l’histoire récente. Mais il a toujours défendu son bilan, affirmant être un "bouc émissaire".

Il a quitté ses fonctions fin juillet 2023 et répète que sa fortune provient d’investissements privés et de sa carrière antérieure au sein de la société américaine Merrill Lynch.


Après sa rencontre avec le prince Khalid ben Salmane, Graham salue la trajectoire du Royaume

Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
Le sénateur américain Lindsey Graham avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane. (X : @LindseyGrahamSC)
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  • Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington

DUBAÏ : Le sénateur américain Lindsey Graham estime que l’Arabie saoudite est « sur la voie de la lumière », dans une déclaration publiée après sa rencontre avec le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, en visite officielle à Washington.

« Mes échanges avec l’Arabie saoudite au cours des deux derniers jours m’ont donné un sentiment de confiance : le Royaume — tout en poursuivant ses propres intérêts — est sur une voie qui mène à la lumière, et non à l’obscurité », a déclaré le sénateur.

Il a également indiqué qu’il se réjouissait de se rendre prochainement en Arabie saoudite.

« Au fil des années, j’ai développé une solide relation de travail avec l’Arabie saoudite. Je sais que le président Trump est un fervent admirateur du prince héritier Mohammed ben Salmane. J’ai été témoin des changements que le prince héritier a adoptés et j’en ai été impressionné », a ajouté Lindsey Graham.

Le sénateur américain a également affirmé qu’après avoir rencontré le prince Khalid, ainsi que le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, plus tôt, « je suis convaincu que l’Arabie saoudite estime que la meilleure chose pour la région est la croissance économique et la prospérité ».

« L’Arabie saoudite souhaite devenir, à l’avenir, une destination de choix, afin que des personnes du monde entier viennent visiter ce que je considère comme un pays remarquable. Le Royaume veut être l’une des forces dominantes dans le domaine de l’IA, ce qui signifie que les esprits les plus brillants afflueront. Je suis convaincu que tel est toujours l’objectif du prince héritier et du Royaume. »

Lindsey Graham a également salué le rôle que le Royaume cherche à jouer en Syrie.

« Ils ont clairement indiqué être l’ami à la fois du gouvernement syrien et du peuple kurde. Cette attitude visant le compromis plutôt que la destruction finira, espérons-le, par l’emporter », a-t-il déclaré.

Le prince Khalid devrait discuter, lors de sa visite, des relations saoudo-américaines et des moyens de les renforcer. Il a déjà rencontré le secrétaire d’État Marco Rubio, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et l’envoyé spécial Steve Witkoff.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com