Tennis: la reine Serena quitte son royaume

Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 03 septembre 2022

Tennis: la reine Serena quitte son royaume

Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
  • «Merci papa, je sais que tu regardes, merci maman (qui était présente en tribunes), merci à tous les gens qui m'ont soutenue tout ce temps, mon Dieu ça fait des dizaines d'années», a-t-elle égrené
  • Depuis sa première rencontre professionnelle à Québec en 1995 (non classée, elle avait perdu dès le premier tour des qualifications), Serena Williams a bousculé les barrières de son sport dont elle est devenue en 27 saisons la reine incontestée

NEW YORK: En pleurs, du bout des lèvres, Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis, où elle s'est construit l'une des carrières les plus prolifiques tous sports confondus. 

A la question "allez-vous revoir votre décision de prendre votre retraite ?", la championne aux 23 titres du Grand Chelem a répondu "je ne pense pas, mais on ne sait jamais". L'Américaine venait de s'incliner face à l'Australienne Ajla Tomljanovic (46e mondiale) 7-5, 6-7 (4/7), 6-1. 

On ne sait effectivement jamais. Mais de nombreuses stars, parmi lesquelles certaines amies proches, n'ont pas attendu pour lui rendre un vibrant hommage de circonstance. 

"Championne. Héroïne. Légende pour toujours !", a tweeté la star de la télévision Oprah Winfrey, quand l'ancienne Première dame des Etats-Unis Michelle Obama saluait "une jeune fille de Compton" devenue "l'une des plus grandes sportives de tous les temps". 

"Cela a été un honneur de suivre ton parcours. Je veux juste te remercier d'être cette source d'inspiration pour tant de personnes", a écrit LeBron James, superstar de la NBA. 

Serena Williams, qui aura 41 ans le 26 septembre, avait annoncé au début du mois d'août qu'elle cesserait prochainement la compétition, sans dire ni où ni quand. Le Majeur new-yorkais, où elle a remporté en 1999, à 17 ans, le premier de ses 23 titres du Grand Chelem, semblait être la porte de sortie idéale. 

"C'a été un voyage incroyable", a-t-elle lancé, émue. 

"Merci papa, je sais que tu regardes, merci maman (qui était présente en tribunes), merci à tous les gens qui m'ont soutenue tout ce temps, mon Dieu ça fait des dizaines d'années", a-t-elle égrené, avant de totalement fondre en larmes en évoquant sa soeur aînée: "Je ne serais pas Serena s'il n'y avait pas eu Venus, alors merci Venus". 

Quatre finales

Depuis sa première rencontre professionnelle à Québec en 1995 (non classée, elle avait perdu dès le premier tour des qualifications), Serena Williams a bousculé les barrières de son sport dont elle est devenue en 27 saisons la reine incontestée... même si elle a échoué à une petite unité du record de titres en Grands Chelems détenu par l'Australienne Margaret Court (24). 

Après son dernier titre majeur (Australie 2017) et la naissance quelques mois plus tard de sa fille Olympia, issue de son mariage avec le cofondateur du réseau social Reddit Alexis Ohanian, elle a joué encore quatre finales (Wimbledon et US Open 2018, Wimbledon et US Open 2019) sans parvenir à décrocher son Graal. 

Elle s'est ensuite petit à petit éloignée du circuit. Ces dernières années, elle ne jouait plus que quelques tournois par an avec les Majeurs comme priorité, se consacrant de plus en plus, outre son rôle de mère, à ses activités annexes, en particulier dans et autour de la mode, plutôt qu'au tennis. 

Absente du circuit depuis son abandon sur blessure au premier tour de Wimbledon 2021, elle avait fait un retour surprise cet été dans le Majeur sur gazon où elle avait de nouveau été éliminée au premier tour. 

Quelques semaines plus tard, après avoir perdu au deuxième tour à Toronto et au premier à Cincinnati, elle s'est donc résolue à ranger les raquettes. 

N.1 mondiale durant 319 semaines au total, soit plus de six ans (la première fois le 8 juillet 2002, la dernière fois la semaine du 8 mai 2017), elle n'était plus classée que 605e au soir de sa retraite. 

Serena Slam 

Seules Martina Navratilova (332) et Steffi Graf (377) ont passé plus de temps qu'elle au sommet de la pyramide du tennis féminin. 

Entre son premier titre en 1999 à Paris et son 73e et dernier à Auckland en 2020, Serena Williams, cadette d'une famille de cinq filles, a dominé quasiment sans partage le circuit. Et engrangé 94,8 millions de dollars de gains en tournois. 

Un sacré parcours pour la joueuse née à Saginaw (Michigan) et qui a grandi à Compton, longtemps un ghetto violent du grand Los Angeles. 

Avec sa puissance et sa volonté, elle a fait plier toutes ses principales adversaires, de sa soeur Venus à Ashleigh Barty, en passant par sa grande rivale Maria Sharapova, Viktoria Azarenka, Justine Hénin, Amélie Mauresmo, Kim Klijsters, Jennifer Capriati, Martina Hingis, Monica Seles ou Steffi Graf. 

Sa domination aurait pu être encore plus écrasante sans quelques lourds ennuis physiques et de santé (notamment une embolie pulmonaire qui a failli lui coûter la vie en 2011). 

Outre le record de Majeurs, Serena Williams aura également manqué le Grand Chelem (remporter les quatre tournois majeurs la même année). Elle a toutefois réussi deux fois un exploit qui porte depuis son nom: le "Serena Slam", à savoir remporter les quatre majeurs à la suite, mais à cheval sur deux années (2002-2003 et 2014-2015). 

Douze matches mémorables de Serena Williams

Voici une sélection de douze matches mémorables ayant jalonné la carrière de Serena Williams, dont la retraite a sonné à l'US Open 2022: 

1. US Open 1999, finale contre la N.1 mondiale Martina Hingis (6-3, 7-6). Premier titre du Grand Chelem. 

Un an et demi après avoir joué son premier Majeur (Australie 1998) et deux semaines avant ses 18 ans, Serena Williams s'offre un sacré cadeau. La saison ne lui a pas souri jusque-là: même si elle a atteint pour la première fois le top 10, elle reste sur des défaites au troisième tour à l'Open d'Australie puis à Roland-Garros et un forfait sur blessure à Wimbledon. Mais à New York, elle exécute une partition de très haute dextérité avec pour finir des victoires contre Monica Seles (4e mondiale), la tenante du titre Lindsay Davenport (2e) et Hingis. Cerise sur le gâteau, elle remporte également le titre en double avec sa soeur aînée Venus. 

2. Indian-Wells 2001. Le scandale 

Malgré un titre obtenu en finale face à Kim Kijsters, cette édition du cinquième Majeur officieux a viré au scandale et au boycott des soeurs Williams durant 14 ans. La raison ? Une attitude du public envers elle, sa soeur Venus et son père Richard que Serena a jugée raciste. Quelques minutes avant la demi-finale tant attendue entre les deux soeurs, l'aînée avait en effet déclaré forfait, ce qui avait déclenché la colère du public qui accusait Richard Williams d'avoir manigancé cet abandon. Lors de la finale, Serena sur le court et son père en tribune avaient été conspués par une partie des spectateurs. Si bien que le clan Williams n'est revenu à Indian-Wells qu'en 2015. 

3. US Open 2001, première finale majeure contre sa soeur Venus qui s'impose 6-2, 6-4. 

Serena et Venus se sont affrontées au total neuf fois en finales de Majeurs et Serena s'est imposée à sept reprises. Pour cette première très attendue, d'autant que jamais auparavant deux soeurs s'étaient affrontées en finale d'un tournoi du Grand Chelem, l'aînée (qui avait remporté trois des cinq derniers Majeurs) a gagné assez nettement. 

4. Australie 2003, finale remportée contre Venus (7-6, 3-6, 6-4). Le Serena Slam. 

Après Roland-Garros, Wimbledon -au lendemain duquel elle deviendra N.1 mondiale pour la première fois- et l'US Open en 2002, Serena bat Venus pour la quatrième fois d'affilée en finale de Majeur. Et réalise l'exploit de détenir en même temps les quatre titres du Grand Chelem, à cheval sur deux saisons. Elle a réédité la performance en 2014-2015 en terminant sur son 6e titre à Wimbledon. En remportant Roland-Garros juste avant, Williams était devenue la troisième joueuse de l'histoire à remporter au moins trois fois chacun des quatre Majeurs, après Margaret Court et Steffi Graf. 

5. Wimbledon 2004, défaite en finale face à Maria Sharapova (6-1, 6-4). L'insupportable affront. 

La jeune Russe, alors âgée de 17 ans, prive Serena d'un troisième sacre d'affilée à Wimbledon. Sharapova a expliqué dans son autobiographie avoir entendu Williams pleurer dans le vestiaire et assure que l'Américaine a ensuite juré qu'elle "ne perdrait plus jamais contre cette petite sal...". Williams a tenu promesse à chacune de leurs 18 confrontations suivantes. 

6. US Open 2008, finale remportée contre Jelena Jankovic (6-4, 7-5). Le come-back. 

Son titre à l'Open d'Australie 2007 semblait devoir valider le retour de Serena au plus haut niveau après plusieurs années marquées par des blessures qui l'ont vue tomber en-dehors du Top 100 mondial (140e en juillet 2006). Mais c'est le suivant, décroché en 2008 à Flushing Meadows, qui a réellement consacré la reprise de pouvoir de la reine Serena. Dans la foulée, elle s'est imposée en 2009 à Melbourne et Wimbledon, terminant l'année N.1 mondiale pour la deuxième fois de sa carrière. 

7. Wimbledon 2012, finale remportée face à Agnieszka Radwanska (6-1, 5-7, 6-2). La renaissance. 

En 2011, de nouveaux ennuis de santé ont handicapé Serena, en particulier une embolie pulmonaire qui a mis sa vie en danger. Son retour en 2012 a été marqué par sa toute première défaite au premier tour d'un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros. Elle a alors intégré à son équipe le coach français Patrick Mouratoglou et un mois plus tard elle décrochait son 5e titre à Wimbledon, avant d'enchaîner sur les médailles d'or en simple et double (associée à sa soeur Venus) aux Jeux olympiques de Londres, sur le même gazon du All England Lawn Tennis Club. Par la suite, accompagnée de Mouratoglou, elle a ajouté à son incroyable palmarès trois titres à l'US Open, deux à Wimbledon, deux à Roland-Garros et deux à l'Open d'Australie. 

8. JO-2012, finale remportée face à Maria Sharapova 6-0, 6-1. L'or olympique en simple. 

En arrivant à Londres, Serena avait remporté tous les titres possibles sur le circuit et seule lui manquait la médaille d'or olympique en simple (elle était double championne olympique 2000 et 2008 en double avec sa soeur Venus). Et cette médaille en simple, elle la voulait tellement qu'elle a humilié sa grande rivale russe sur le central de Wimbledon. 

9. US Open 2015, battue par Roberta Vinci en demi-finales (2-6, 6-4, 6-4). Le Grand Chelem s'envole. 

Arrivée en demi-finales à New York, Serena n'était plus qu'à deux matchs de réussir le Grand Chelem, après ses victoires à l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon, un triplé qu'aucune joueuse n'avait réussi depuis Steffi Graf 27 ans plus tôt. Mais l'Italienne, 43e mondiale et qui n'avait encore jamais atteint les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem jusque-là, a mis un terme prématuré à l'épopée d'une Serena exténuée physiquement et mentalement. 

10. Open d'Australie 2017, finale remportée contre Venus (6-4, 6-4). Le dernier Majeur. 

Serena remporte à Melbourne son 7e et dernier Open d'Australie en battant une dernière fois en finale majeure sa soeur aînée. Enceinte de huit semaines, elle décroche ainsi son 23e titre du Grand Chelem et se rapproche à une longueur du record de Margaret Court. Malgré encore quatre finales, elle ne parviendra jamais à égaler l'Australienne. 

11. US Open 2018, finale perdue contre Naomi Osaka (6-2, 6-4). Le craquage. 

Serena Williams a perdu plusieurs fois ses nerfs à Flushing Meadows où elle doit supporter une pression particulièrement importante devant son public qui l'idôlatre. La plus marquante de ces crises restera celle piquée face à Osaka alors qu'elle n'est plus qu'à une victoire d'égaler le record de titres du Grand Chelem (24). Avertie pour "coaching" (des faits reconnus par son entraîneur Patrick Mouratoglou), elle reçoit un point de pénalité pour bris de raquette et s'en prend à l'arbitre qu'elle traite de "menteur" et de "voleur". Et laisse filer le titre. 

12. Auckland 2020, finale remportée face à Jessica Pegula (6-3, 6-4). Premier titre après son accouchement 

Après avoir perdu plusieurs finales depuis son retour de maternité, notamment en Grand Chelem, Serena devient enfin une maman titrée. Elle devient également la première joueuse à remporter un tournoi professionnel dans quatre décennies depuis son premier trophée à Miami en 1999. 


Coupe de France: Lens rejoint la finale, tout proche d'écrire son histoire

Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain. (AFP)
Short Url
  • Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive
  • Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e)

LENS: Lens n'est plus qu'à un match d'écrire une grande page de son histoire: les Sang et Or ont battu Toulouse (4-1) mardi soir au stade Bollaert pour rallier la finale de la Coupe de France, qu'ils n'ont encore jamais remportée.

Quatre jours après l'avoir emporté face au TFC en Ligue 1 (3-2) dans la douleur, le club du bassin minier a récidivé, cette fois plus tranquillement grâce à une formidable efficacité offensive.

Comment pouvait-il en être autrement? Bollaert attend ça depuis si longtemps qu'il l'a rappelé avant le coup d'envoi avec de grands tifos mettant en avant cette anomalie de l'histoire: malgré son titre de champion de France et trois finales de la Coupe (1948, 1975 et 1998), le Racing n'a jamais soulevé ce trophée.

Les Lensois auront l'occasion d'effacer cette bizarrerie le 22 mai au Stade de France contre Strasbourg ou Nice, qui s'affrontent mercredi soir à la Meinau.

Les Artésiens avaient quitté leur stade Bollaert en fusion, vendredi soir, au bout d'une remontée face aux Toulousains validée dans les derniers instants du match. Ils ont retrouvé leur antre dans le même état, qui n'aura pas souvent eu l'occasion de vibrer pour sa coupe de la saison, en l'absence de compétition européenne, en n'accueillant que le 32e de finale avant cette rencontre. Alors les supporters en ont profité jusqu'au bout, chantant "on est en finale" quand le résultat était devenu inéluctable, avant d'envahir complètement le terrain au coup de sifflet final.

Réalisme lensois froid 

Puni par une entame de match désastreuse lors de la "manche aller", les joueurs de l'Artois ont cette fois piqué d'entrée grâce à Florian Thauvin, d'un pénalty tiré lentement mais avec beaucoup de maîtrise (5e). Le champion du monde (2018) l'avait lui-même provoqué, fauché dans la surface par Pape Demba Diop.

Titularisé à la place de Wesley Saïd, Allan Saint-Maximin a doublé le score d'une frappe à l'entrée de la surface avant de célébrer d'un salto devant le banc lensois (18e).

Mais cette réussite offensive a contrasté avec une fébrilité dans la ligne arrière qui a rappelé le début du match précédent, symbolisé par une première approximation de Samson Baidoo (2e), enfin de retour en tant que titulaire après une blessure, puis une seconde, qui a cette fois coûté un but inscrit par Santiago Hidalgo (21e).

Entre-temps et dans les minutes qui ont suivi, Ismaëlo Ganiou (21 ans) aussi a été hésitant, sans doute pris par l'enjeu du match le plus important de sa jeune carrière.

Toulouse limité 

Les Sang et Or ont globalement eu des difficultés à construire le jeu lors de la première demi-heure, bien gênés par les Toulousains de Carles Martinez Novell, qui ont souvent coupé la relation entre les défenseurs et les milieux de terrain lensois.

Mais malgré cela, ils ont frappé une nouvelle fois par le piston gauche Matthieu Udol, à bout portant, à la réception d'un centre de l'autre piston, Saud Abdulhamid (35e).

Ce but a porté un coup au moral du Téfécé, libérant par la même occasion les Lensois, qui ont ensuite accentué leur avantage grâce à Adrien Thomasson, avec une nouvelle fois Saud Abdulhamid en dernier passeur (74e). Le Saoudien a réussi un très bon match, tout comme Allan Saint-Maximin, insaisissable, et Florian Thauvin, meneur dans l'effort des deux côtés du terrain.

En face, au-delà de sa pression défensive intéressante, Toulouse n'aura pas montré grand-chose et s'est heurté aux limites d'un onzième de Ligue 1, face au deuxième. S'il n'a pas le championnat, Lens aura peut-être la Coupe.

 

 


Le « Inshallah » d’Anne Hathaway fait le buzz

L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
L’utilisation par la star hollywoodienne Anne Hathaway de l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview a été chaleureusement accueillie en ligne. (AFP)
Short Url
  • L’utilisation du mot « Inshallah » par Anne Hathaway dans une interview devient virale et saluée pour sa portée culturelle
  • Sabrina Carpenter s’excuse après une confusion sur une tradition arabe lors de Coachella, relançant le débat sur la sensibilité culturelle

DUBAÏ : L’actrice hollywoodienne Anne Hathaway a suscité une vague de réactions positives en ligne après avoir utilisé l’expression arabe « Inshallah » lors d’une récente interview.

Offrant un moment de résonance culturelle au cours d’une discussion introspective sur le vieillissement et la longévité dans l’industrie du cinéma, l’actrice s’exprimait auprès de People Magazine pour promouvoir son dernier film, « The Devil Wears Prada 2 ».

Elle s’est confiée sur sa vie à 43 ans et sur ce que signifie avoir passé plus de deux décennies à Hollywood, évoquant l’évolution de sa perspective au fil du temps.

« J’apprécie enfin le calme », a-t-elle déclaré, expliquant qu’elle ne vit plus les hauts et les bas émotionnels de l’industrie avec la même intensité qu’auparavant. Désormais, elle aborde chaque nouvelle décennie avec curiosité plutôt qu’avec crainte.

Elle a ajouté : « Je veux avoir une vie longue et en bonne santé, Inshallah. J’espère. »

L’utilisation de cette expression arabe — qui signifie « si Dieu le veut » — a largement trouvé un écho, notamment auprès des publics du Moyen-Orient où elle est couramment employée pour exprimer l’espoir.

La vidéo de l’interview a depuis dépassé les 300 000 mentions « j’aime » sur TikTok.

Un utilisateur a commenté : « Inshallah ma princesse de Genovia », en référence à son rôle dans « The Princess Diaries », tandis qu’un autre a écrit : « Masha Allah sœur Anne ».

Plusieurs internautes ont également salué sa sagesse sur le vieillissement, l’un d’eux déclarant : « C’est la version la plus agréable d’elle que j’ai vue en interview récemment. »

Par ailleurs, la chanteuse américaine Sabrina Carpenter a présenté ses excuses sur X samedi après avoir confondu une zaghrouta — une ululation festive traditionnelle arabe — avec du yodel lors de sa performance principale à Coachella vendredi soir.

« Toutes mes excuses, je n’ai pas vu cette personne et je n’entendais pas clairement », a écrit Carpenter. « Ma réaction relevait de la confusion et du sarcasme, sans mauvaise intention. J’aurais pu mieux gérer la situation ! Maintenant, je sais ce qu’est une zaghrouta ! »

Des extraits de la scène ont largement circulé en ligne. Assise au piano sur la scène principale du festival, elle avait réagi : « Je crois avoir entendu quelqu’un faire du yodel… Je n’aime pas ça. »

Le fan a répondu : « C’est ma culture ! » — ce à quoi Carpenter a répliqué : « C’est ta culture, le yodel ? » Avant que l’intéressé ne précise : « C’est un cri de célébration. » Carpenter a alors conclu : « On est à Burning Man ? Qu’est-ce qui se passe ? C’est étrange. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le festival d'Avignon «n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien», selon le maire de la ville

Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
Tiago Rodrigues (à gauche), directeur artistique du Festival d'Avignon, et Françoise Nyssen (à droite), présidente de l'Association pour la gestion du Festival d'Avignon, s'adressent à la presse en marge de la visite de la ministre française de la Culture au centre social et culturel La Croix des Oiseaux à Avignon, dans le sud de la France, le 24 juillet 2025. (AFP)
Short Url
  • "J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré
  • "Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté

PARIS: Le nouveau maire divers droite d'Avignon, Olivier Galzi, a estimé mardi que le drapeau palestinien n'avait pas sa place lors du festival de théâtre qui se tient chaque été dans sa ville, estimant que la culture devait "rassembler" et non "diviser".

"Le festival n'est pas là pour sortir le drapeau palestinien", a jugé sur France Inter l'ex-journaliste, regrettant que lors de l'édition de 2025 du festival, une des plus célèbres manifestations de théâtre au monde, les références à la défense de la cause palestinienne aient été trop présentes.

"J'ai été un peu choqué l'été dernier par une utilisation qui a pu être faite pour évoquer notamment de manière un petit peu trop poussée la question palestinienne", a-t-il déclaré.

"Il y a parfois à l'occasion du festival des voix qui s'expriment et des drapeaux qui sortent. La culture est quelque chose qui doit rassembler et ne doit pas diviser", a-t-il ajouté, précisant que "quand vous mettez cette question (de la cause palestinienne, NDLR) sur le devant de la scène, ça crée de la division".

En 2025, année où la langue arabe était à l'honneur, le festival avait été marqué par plusieurs actions de militants de la défense de la cause palestinienne.

Une tribune intitulée "Nouvelle déclaration d'Avignon" avait été signée par plus d’une centaine d’artistes du monde théâtral et publiée dans Télérama en juillet pour dénoncer "le massacre de masse en cours ayant déjà tué un nombre effroyable d’enfants".

"Nous dénonçons la politique destructrice de l’État d'Israël. Nous appelons à la reconnaissance de l’État palestinien, à l'application des sanctions prévues par le droit international, à la suspension de l'accord d'association UE-Israël, et à l'arrêt de la criminalisation des prises de parole et des associations soutenant la cause palestinienne", avaient plaidé ces acteurs de la culture dont le chorégraphe et danseur Radouan Mriziga, Olivier Py, ex-directeur du Festival d’Avignon (2013-2022) et actuel directeur du Théâtre du Châtelet à Paris, l'écrivain Édouard Louis ou encore l'actuel directeur du festival d'Avignon Tiago Rodrigues.

Ce dernier avait également été présent à la lecture de cet appel, sans toutefois prendre la parole, sur la place du Palais des Papes où plusieurs drapeaux palestiniens avaient été déployés.

Le budget du festival est d'environ 16 millions d'euros, parmi lesquels figurent quelque deux millions de subventions partagés environ à parts égales entre la ville et la métropole d'Avignon, dont Olivier Galzi est également à la tête.

Quarante-sept spectacles (près de 300 représentations), dont 30 créations, sont au menu de la 80e édition de ce grand rendez-vous du théâtre international qui se tiendra du 4 au 25 juillet et mettra à l'honneur la Corée du Sud.