Tennis: la reine Serena quitte son royaume

Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 03 septembre 2022

Tennis: la reine Serena quitte son royaume

Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis. (Photo, AFP)
  • «Merci papa, je sais que tu regardes, merci maman (qui était présente en tribunes), merci à tous les gens qui m'ont soutenue tout ce temps, mon Dieu ça fait des dizaines d'années», a-t-elle égrené
  • Depuis sa première rencontre professionnelle à Québec en 1995 (non classée, elle avait perdu dès le premier tour des qualifications), Serena Williams a bousculé les barrières de son sport dont elle est devenue en 27 saisons la reine incontestée

NEW YORK: En pleurs, du bout des lèvres, Serena Williams a annoncé vendredi après son élimination au troisième tour de l'US Open qu'on ne la reverrait vraisemblablement plus sur les courts de tennis, où elle s'est construit l'une des carrières les plus prolifiques tous sports confondus. 

A la question "allez-vous revoir votre décision de prendre votre retraite ?", la championne aux 23 titres du Grand Chelem a répondu "je ne pense pas, mais on ne sait jamais". L'Américaine venait de s'incliner face à l'Australienne Ajla Tomljanovic (46e mondiale) 7-5, 6-7 (4/7), 6-1. 

On ne sait effectivement jamais. Mais de nombreuses stars, parmi lesquelles certaines amies proches, n'ont pas attendu pour lui rendre un vibrant hommage de circonstance. 

"Championne. Héroïne. Légende pour toujours !", a tweeté la star de la télévision Oprah Winfrey, quand l'ancienne Première dame des Etats-Unis Michelle Obama saluait "une jeune fille de Compton" devenue "l'une des plus grandes sportives de tous les temps". 

"Cela a été un honneur de suivre ton parcours. Je veux juste te remercier d'être cette source d'inspiration pour tant de personnes", a écrit LeBron James, superstar de la NBA. 

Serena Williams, qui aura 41 ans le 26 septembre, avait annoncé au début du mois d'août qu'elle cesserait prochainement la compétition, sans dire ni où ni quand. Le Majeur new-yorkais, où elle a remporté en 1999, à 17 ans, le premier de ses 23 titres du Grand Chelem, semblait être la porte de sortie idéale. 

"C'a été un voyage incroyable", a-t-elle lancé, émue. 

"Merci papa, je sais que tu regardes, merci maman (qui était présente en tribunes), merci à tous les gens qui m'ont soutenue tout ce temps, mon Dieu ça fait des dizaines d'années", a-t-elle égrené, avant de totalement fondre en larmes en évoquant sa soeur aînée: "Je ne serais pas Serena s'il n'y avait pas eu Venus, alors merci Venus". 

Quatre finales

Depuis sa première rencontre professionnelle à Québec en 1995 (non classée, elle avait perdu dès le premier tour des qualifications), Serena Williams a bousculé les barrières de son sport dont elle est devenue en 27 saisons la reine incontestée... même si elle a échoué à une petite unité du record de titres en Grands Chelems détenu par l'Australienne Margaret Court (24). 

Après son dernier titre majeur (Australie 2017) et la naissance quelques mois plus tard de sa fille Olympia, issue de son mariage avec le cofondateur du réseau social Reddit Alexis Ohanian, elle a joué encore quatre finales (Wimbledon et US Open 2018, Wimbledon et US Open 2019) sans parvenir à décrocher son Graal. 

Elle s'est ensuite petit à petit éloignée du circuit. Ces dernières années, elle ne jouait plus que quelques tournois par an avec les Majeurs comme priorité, se consacrant de plus en plus, outre son rôle de mère, à ses activités annexes, en particulier dans et autour de la mode, plutôt qu'au tennis. 

Absente du circuit depuis son abandon sur blessure au premier tour de Wimbledon 2021, elle avait fait un retour surprise cet été dans le Majeur sur gazon où elle avait de nouveau été éliminée au premier tour. 

Quelques semaines plus tard, après avoir perdu au deuxième tour à Toronto et au premier à Cincinnati, elle s'est donc résolue à ranger les raquettes. 

N.1 mondiale durant 319 semaines au total, soit plus de six ans (la première fois le 8 juillet 2002, la dernière fois la semaine du 8 mai 2017), elle n'était plus classée que 605e au soir de sa retraite. 

Serena Slam 

Seules Martina Navratilova (332) et Steffi Graf (377) ont passé plus de temps qu'elle au sommet de la pyramide du tennis féminin. 

Entre son premier titre en 1999 à Paris et son 73e et dernier à Auckland en 2020, Serena Williams, cadette d'une famille de cinq filles, a dominé quasiment sans partage le circuit. Et engrangé 94,8 millions de dollars de gains en tournois. 

Un sacré parcours pour la joueuse née à Saginaw (Michigan) et qui a grandi à Compton, longtemps un ghetto violent du grand Los Angeles. 

Avec sa puissance et sa volonté, elle a fait plier toutes ses principales adversaires, de sa soeur Venus à Ashleigh Barty, en passant par sa grande rivale Maria Sharapova, Viktoria Azarenka, Justine Hénin, Amélie Mauresmo, Kim Klijsters, Jennifer Capriati, Martina Hingis, Monica Seles ou Steffi Graf. 

Sa domination aurait pu être encore plus écrasante sans quelques lourds ennuis physiques et de santé (notamment une embolie pulmonaire qui a failli lui coûter la vie en 2011). 

Outre le record de Majeurs, Serena Williams aura également manqué le Grand Chelem (remporter les quatre tournois majeurs la même année). Elle a toutefois réussi deux fois un exploit qui porte depuis son nom: le "Serena Slam", à savoir remporter les quatre majeurs à la suite, mais à cheval sur deux années (2002-2003 et 2014-2015). 

Douze matches mémorables de Serena Williams

Voici une sélection de douze matches mémorables ayant jalonné la carrière de Serena Williams, dont la retraite a sonné à l'US Open 2022: 

1. US Open 1999, finale contre la N.1 mondiale Martina Hingis (6-3, 7-6). Premier titre du Grand Chelem. 

Un an et demi après avoir joué son premier Majeur (Australie 1998) et deux semaines avant ses 18 ans, Serena Williams s'offre un sacré cadeau. La saison ne lui a pas souri jusque-là: même si elle a atteint pour la première fois le top 10, elle reste sur des défaites au troisième tour à l'Open d'Australie puis à Roland-Garros et un forfait sur blessure à Wimbledon. Mais à New York, elle exécute une partition de très haute dextérité avec pour finir des victoires contre Monica Seles (4e mondiale), la tenante du titre Lindsay Davenport (2e) et Hingis. Cerise sur le gâteau, elle remporte également le titre en double avec sa soeur aînée Venus. 

2. Indian-Wells 2001. Le scandale 

Malgré un titre obtenu en finale face à Kim Kijsters, cette édition du cinquième Majeur officieux a viré au scandale et au boycott des soeurs Williams durant 14 ans. La raison ? Une attitude du public envers elle, sa soeur Venus et son père Richard que Serena a jugée raciste. Quelques minutes avant la demi-finale tant attendue entre les deux soeurs, l'aînée avait en effet déclaré forfait, ce qui avait déclenché la colère du public qui accusait Richard Williams d'avoir manigancé cet abandon. Lors de la finale, Serena sur le court et son père en tribune avaient été conspués par une partie des spectateurs. Si bien que le clan Williams n'est revenu à Indian-Wells qu'en 2015. 

3. US Open 2001, première finale majeure contre sa soeur Venus qui s'impose 6-2, 6-4. 

Serena et Venus se sont affrontées au total neuf fois en finales de Majeurs et Serena s'est imposée à sept reprises. Pour cette première très attendue, d'autant que jamais auparavant deux soeurs s'étaient affrontées en finale d'un tournoi du Grand Chelem, l'aînée (qui avait remporté trois des cinq derniers Majeurs) a gagné assez nettement. 

4. Australie 2003, finale remportée contre Venus (7-6, 3-6, 6-4). Le Serena Slam. 

Après Roland-Garros, Wimbledon -au lendemain duquel elle deviendra N.1 mondiale pour la première fois- et l'US Open en 2002, Serena bat Venus pour la quatrième fois d'affilée en finale de Majeur. Et réalise l'exploit de détenir en même temps les quatre titres du Grand Chelem, à cheval sur deux saisons. Elle a réédité la performance en 2014-2015 en terminant sur son 6e titre à Wimbledon. En remportant Roland-Garros juste avant, Williams était devenue la troisième joueuse de l'histoire à remporter au moins trois fois chacun des quatre Majeurs, après Margaret Court et Steffi Graf. 

5. Wimbledon 2004, défaite en finale face à Maria Sharapova (6-1, 6-4). L'insupportable affront. 

La jeune Russe, alors âgée de 17 ans, prive Serena d'un troisième sacre d'affilée à Wimbledon. Sharapova a expliqué dans son autobiographie avoir entendu Williams pleurer dans le vestiaire et assure que l'Américaine a ensuite juré qu'elle "ne perdrait plus jamais contre cette petite sal...". Williams a tenu promesse à chacune de leurs 18 confrontations suivantes. 

6. US Open 2008, finale remportée contre Jelena Jankovic (6-4, 7-5). Le come-back. 

Son titre à l'Open d'Australie 2007 semblait devoir valider le retour de Serena au plus haut niveau après plusieurs années marquées par des blessures qui l'ont vue tomber en-dehors du Top 100 mondial (140e en juillet 2006). Mais c'est le suivant, décroché en 2008 à Flushing Meadows, qui a réellement consacré la reprise de pouvoir de la reine Serena. Dans la foulée, elle s'est imposée en 2009 à Melbourne et Wimbledon, terminant l'année N.1 mondiale pour la deuxième fois de sa carrière. 

7. Wimbledon 2012, finale remportée face à Agnieszka Radwanska (6-1, 5-7, 6-2). La renaissance. 

En 2011, de nouveaux ennuis de santé ont handicapé Serena, en particulier une embolie pulmonaire qui a mis sa vie en danger. Son retour en 2012 a été marqué par sa toute première défaite au premier tour d'un tournoi du Grand Chelem, à Roland-Garros. Elle a alors intégré à son équipe le coach français Patrick Mouratoglou et un mois plus tard elle décrochait son 5e titre à Wimbledon, avant d'enchaîner sur les médailles d'or en simple et double (associée à sa soeur Venus) aux Jeux olympiques de Londres, sur le même gazon du All England Lawn Tennis Club. Par la suite, accompagnée de Mouratoglou, elle a ajouté à son incroyable palmarès trois titres à l'US Open, deux à Wimbledon, deux à Roland-Garros et deux à l'Open d'Australie. 

8. JO-2012, finale remportée face à Maria Sharapova 6-0, 6-1. L'or olympique en simple. 

En arrivant à Londres, Serena avait remporté tous les titres possibles sur le circuit et seule lui manquait la médaille d'or olympique en simple (elle était double championne olympique 2000 et 2008 en double avec sa soeur Venus). Et cette médaille en simple, elle la voulait tellement qu'elle a humilié sa grande rivale russe sur le central de Wimbledon. 

9. US Open 2015, battue par Roberta Vinci en demi-finales (2-6, 6-4, 6-4). Le Grand Chelem s'envole. 

Arrivée en demi-finales à New York, Serena n'était plus qu'à deux matchs de réussir le Grand Chelem, après ses victoires à l'Open d'Australie, Roland-Garros et Wimbledon, un triplé qu'aucune joueuse n'avait réussi depuis Steffi Graf 27 ans plus tôt. Mais l'Italienne, 43e mondiale et qui n'avait encore jamais atteint les quarts de finale d'un tournoi du Grand Chelem jusque-là, a mis un terme prématuré à l'épopée d'une Serena exténuée physiquement et mentalement. 

10. Open d'Australie 2017, finale remportée contre Venus (6-4, 6-4). Le dernier Majeur. 

Serena remporte à Melbourne son 7e et dernier Open d'Australie en battant une dernière fois en finale majeure sa soeur aînée. Enceinte de huit semaines, elle décroche ainsi son 23e titre du Grand Chelem et se rapproche à une longueur du record de Margaret Court. Malgré encore quatre finales, elle ne parviendra jamais à égaler l'Australienne. 

11. US Open 2018, finale perdue contre Naomi Osaka (6-2, 6-4). Le craquage. 

Serena Williams a perdu plusieurs fois ses nerfs à Flushing Meadows où elle doit supporter une pression particulièrement importante devant son public qui l'idôlatre. La plus marquante de ces crises restera celle piquée face à Osaka alors qu'elle n'est plus qu'à une victoire d'égaler le record de titres du Grand Chelem (24). Avertie pour "coaching" (des faits reconnus par son entraîneur Patrick Mouratoglou), elle reçoit un point de pénalité pour bris de raquette et s'en prend à l'arbitre qu'elle traite de "menteur" et de "voleur". Et laisse filer le titre. 

12. Auckland 2020, finale remportée face à Jessica Pegula (6-3, 6-4). Premier titre après son accouchement 

Après avoir perdu plusieurs finales depuis son retour de maternité, notamment en Grand Chelem, Serena devient enfin une maman titrée. Elle devient également la première joueuse à remporter un tournoi professionnel dans quatre décennies depuis son premier trophée à Miami en 1999. 


L’art de vivre français revisité à Dubaï, signé CQ French Brasserie

Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
Un jardin-orangerie inspiré des jardins français, signature du nouveau CQ French Brasserie à Dubaï. (Photo: Arab News en français)
Short Url
  • CQ French Brasserie offre une vision contemporaine de la cuisine française à Dubaï, mêlant patrimoine culinaire, exigence de qualité et convivialité intergénérationnelle
  • Avec son nouveau lieu et son modèle d’hospitalité sans contraintes, le restaurant propose une expérience accessible et durable, centrée sur le service et le partage

​​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, où la restauration oscille souvent entre extravagance et formalisme, CQ French Brasserie trace une voie singulière : celle d’une cuisine française enracinée dans la culture, ouverte à tous et portée par une obsession assumée de la qualité. Derrière ce projet, Ziad Kamel, fondateur et directeur de Rosy Hospitality, revendique plus de vingt ans d’expérience et une vision claire : faire de la brasserie française un lieu de convivialité intergénérationnelle, accessible et sincère.

« CQ signifie Consistent Quality », explique-t-il. « C’est la philosophie qui nous a permis de réussir : une qualité constante dans la cuisine, le service, l’expérience et même dans le beurre et la baguette. »

--
Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. (Photo: Arab News en français)

Une cuisine française ancrée dans le patrimoine… et dans son époque

Chez CQ, la carte rend hommage aux grands classiques de la culture culinaire française : soupe à l’oignon, steak frites, escargots, foie gras, baguette et beurre de caractère. « Ce sont des plats qui appartiennent à une culture. La France a fait un travail remarquable pour les préserver », souligne Ziad Kamel.

Mais loin d’un exercice nostalgique, la brasserie adapte cette tradition à la réalité cosmopolite de Dubaï. Le menu s’élargit pour accueillir végétariens, pescatariens et amateurs de viande, tout en restant fidèle à son ADN français. « Nous avons voulu une brasserie pour les amis et la famille, où chacun trouve sa place, quelle que soit sa culture », ajoute-t-il.

Le nouveau lieu : un jardin français “sur mesure”

Ouverte en janvier 2026, la deuxième adresse de CQ French Brasserie marque une nouvelle étape. Pensée “sur mesure” pour son quartier, elle prolonge l’âme de l’établissement de JLT tout en affirmant une identité forte. Sa signature : un jardin-orangerie, inspiré des jardins français.

« Nous ne parlons pas de terrasse, mais de “jardin”. C’est une orangerie inversée, utilisable toute l’année », raconte le fondateur. Un projet ambitieux, fruit de six mois de travaux et de deux ans de réflexion, transformant un ancien espace en véritable cœur du restaurant.

Une expérience fondée sur l’hospitalité

CQ se distingue également par son modèle opérationnel, à contre-courant des standards de nombreux restaurants à Dubaï : pas de créneau horaire imposé ni de dress code, entre autres. « Nous sommes une brasserie humble. Vous pouvez rester six heures si vous le souhaitez. Nous voulons que les gens se sentent chez eux », affirme Ziad Kamel.

Cette philosophie se reflète dans une proposition de valeur assumée : une cuisine de haute qualité à des prix accessibles, avec un ticket moyen autour de 250 AED, boissons incluses. Une démarcation dans un marché dominé par des concepts haut de gamme.

La qualité comme fil conducteur

Des huîtres françaises issues de fermes familiales aux légumes de saison cultivés localement, CQ privilégie une sélection rigoureuse de produits via des distributeurs certifiés. « Tout ce que nous faisons vise à préserver la qualité, sans compromis, tout en restant accessibles », insiste-t-il.

Livraison, menus saisonniers et programmes hebdomadaires emblématiques (steak frites, moules-frites, gentlemen’s menu) : chaque détail renforce la cohérence du concept.

Au final, CQ French Brasserie n’est pas seulement un restaurant. C’est une déclaration : celle d’une cuisine française vivante, généreuse et profondément humaine, pensée pour durer et rassembler.

Un groupe multi-concepts

Aux côtés de son épouse Rawan, Ziad Kamel pilote Rosy Hospitality, garantissant stratégie, cohérence et gestion efficace de ses restaurants et concepts innovants.

Rosy Hospitality ne se limite pas à CQ French Brasserie. Le groupe possède également Girl & the Goose, un restaurant latino-américain situé à l’Anantara Downtown Dubai Hotel, ainsi que Butter by the Dozen, une marque dédiée aux cookies en livraison.


Un nouveau livre explore 12 chefs-d’œuvre de l’art du manuscrit islamique à travers les siècles

« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
« Illuminated » par William Greenwood. (Fourni)
Short Url
  • William Greenwood évoque son nouveau livre consacré à une douzaine de manuscrits islamiques d’exception

DUBAÏ : Un nouveau livre consacré à 12 manuscrits islamiques extraordinaires vient d’être publié, avec pour ambition de rendre ces chefs-d’œuvre richement illustrés accessibles au plus grand nombre.

Intitulé « Illuminated: Art, Knowledge, and Wonder in Twelve Islamic Manuscripts » et publié par Empty Quarter Press, l’ouvrage présente une sélection de douze des plus beaux manuscrits jamais produits. Parmi eux figurent des classiques arabes médiévaux tels que Maqamat al-Hariri, Kalila wa Dimna, Aja’ib Al-Makhluqat Wa Ghara’ib Al-Mawjudat et Kitab Al-Diryaq, ainsi que des œuvres spectaculaires issues des mondes timouride, safavide et moghol, du XIIIe au XVIIe siècle.

Son auteur, William Greenwood, est spécialiste de l’art et de la culture islamiques. Les manuscrits présentés étaient conçus à la fois comme des réceptacles de savoir et comme des objets artistiques à part entière. Des traités médicaux aux cartes célestes, de la poésie épique aux fables, chacun reflète la richesse et la diversité des traditions intellectuelles et artistiques du monde islamique.

--
« Maqamat Al Hariri » (vers 1236-1237). (Fourni)

Pour Greenwood, qui a travaillé plus de dix ans comme conservateur — dernièrement au Zayed National Museum d’Abou Dhabi — ces manuscrits sont importants pour plusieurs raisons. D’abord, ce sont des œuvres d’art remarquables. Ensuite, chacun constitue « un instantané de l’époque de sa création, tant par son style artistique et son contenu que par son contexte historique ».

Le premier chapitre du Kitab al-Diryaq, par exemple, est attribué à Mossoul au milieu du XIIIe siècle et « vise clairement à glorifier le souverain », explique Greenwood. Kitab Suwar al-Kawakib al-Thabita, copié au XVe siècle à Samarcande, témoigne de l’essor des sciences durant la Renaissance timouride, tandis que le Hamzanama, réalisé dans l’Inde du XVIe siècle, marque l’émergence d’un style pictural proprement moghol.

« La troisième raison, poursuit-il, est que, aussi belles que soient les peintures et les enluminures, elles sont presque toujours destinées à magnifier des textes qui sont en eux-mêmes remarquables — qu’il s’agisse d’épopées nationales comme le Shahnameh, d’ouvrages encyclopédiques comme Aja’ib al-Makhluqat, ou de démonstrations de virtuosité linguistique telles que les Maqamat d’Al-Hariri. »

Enfin, ces manuscrits constituent, selon lui, « des témoignages remarquables d’un monde islamique multiculturel et cosmopolite, capable d’absorber, de raffiner et de repenser des influences aussi diverses que les fables indiennes ou l’astronomie classique pour en faire un ensemble cohérent et distinctement “islamique” ».

L’intérêt de Greenwood pour les manuscrits enluminés a été éveillé par une copie mamlouke du milieu du XIVe siècle de Sulwan al-Muta’ fi ‘Udwan al-Atba’, qu’il a découverte alors qu’il travaillait au Musée d’art islamique de Doha.

« Il s’agit de la seule copie médiévale illustrée de ce texte, probablement réalisée pour un mécène royal », explique Greenwood, qui a également travaillé au British Museum de Londres. « Le mélange d’éléments byzantins, persans et chinois dans les peintures correspondait parfaitement à mon intérêt pour les échanges interculturels. Le texte appartient au genre des “miroirs des princes”, destiné à conseiller les souverains — un type d’écriture fondamental, également représenté dans Illuminated par une copie mamlouke du début du XIVe siècle de Kalila wa Dimna. »

--
« Kalila wa Dimna » (vers 1310). (Fourni)

Cependant, ce n’est pas une découverte isolée qui l’a poussé à écrire ce livre, mais le constat progressif que, bien que le grand public s’intéresse aux manuscrits islamiques illustrés et enluminés, il existe peu d’ouvrages de synthèse accessibles.

« Il existe de nombreuses publications très spécialisées consacrées soit à des manuscrits précis, soit à certains éléments décoratifs, mais peu de livres destinés à un public curieux mais non universitaire. Il était aussi stimulant de rassembler, dans un même ouvrage, des peintures issues de manuscrits très différents. Cela permet de suivre l’évolution des styles et des idées du XIIIe au XVIIe siècle, ce qui est particulièrement utile pour les non-spécialistes. »

Le résultat est un livre richement illustré, conçu pour un large public. À la fois célébration des traditions artistiques du livre islamique et invitation à en découvrir la beauté et les trésors, Illuminated réunit art islamique, savoir et récit dans une forme accessible et attrayante.

« J’espère que le fait de voir ces œuvres réunies dans une même publication ouvrira les yeux des lecteurs sur leur caractère exceptionnel », conclut Greenwood. « Ce livre s’adresse vraiment à tout le monde, et s’il suscite un intérêt plus large pour les manuscrits présentés, il aura déjà une valeur unique. Toutes ces œuvres sont liées, d’une manière ou d’une autre, à la transmission du savoir et de la sagesse, et si ce livre peut contribuer à les diffuser un peu plus, alors il aura pleinement rempli sa mission. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Tarboosh Jedde Maallak : une histoire d’amour libanaise entre mémoire et diaspora

Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Les acteurs incarnent avec sensibilité les thèmes de l’exil, de la mémoire et de l’amour. (Photo: fournie)
Short Url
  • Tarboosh Jedde Maallak arrive à Dubaï pour une représentation unique, après avoir rempli plus de 25 salles au Liban
  • À travers le destin croisé de ses personnages, la pièce offre une réflexion sensible sur la diaspora libanaise et le lien profond avec la terre natale

​​​​​​DUBAÏ: Après une tournée exceptionnelle de plus de 25 représentations à guichets fermés au Liban, la pièce théâtrale Tarboosh Jedde Maallak s’apprête à rencontrer le public de Dubaï pour une représentation très attendue.

Écrite par Marwa Khalil et Riad Chirazi (également auteurs de la pièce Mafroukeh), qui signe aussi la mise en scène, la production met en scène le comédien et stand-uppeur Junaid Zeineddine, aux côtés de l’actrice Marwa Khalil. Ensemble, ils livrent une pièce à la fois touchante et teintée d’humour, explorant l’amour, la perte et la quête d’identité.

Mêlant romance et regard socio-politique acéré, la pièce aborde les thèmes du départ et du retour, des promesses brisées, de l’amour qui persiste malgré le chaos, ainsi que de la nostalgie et de la mémoire collective.

L’histoire se déroule sur fond de l’histoire mouvementée du Liban, de 1980 à 2025. Elle suit deux personnages principaux dont les trajectoires divergent profondément. Hala, contrainte de quitter son pays, traverse Paris, Montréal et Dubaï, incarnant l’expérience de la diaspora libanaise tout en portant en elle le poids émotionnel de sa terre natale. Ibrahim, quant à lui, choisit de rester au Liban, ancré dans un pays marqué par la lutte, la résilience et l’espoir.

--
Sur scène, l’émotion et l’humour se mêlent dans Tarboosh Jedde Maallak. (Photo: fournie)

Leur histoire d’amour devient un miroir sensible de l’impact des bouleversements nationaux sur les relations intimes, offrant une réflexion poignante sur l’appartenance, l’identité et le coût émotionnel de l’instabilité politique et sociale. Avec finesse et tendresse, Tarboosh Jedde Maallak évoque les souvenirs partagés d’une génération tout en touchant à des expériences universelles de séparation et de manque.

À Dubaï, la pièce sera présentée lors de deux représentations à 19h et 21h30, offrant au public une occasion de découvrir une œuvre qui a marqué les spectateurs arabophones de la région.

Présentée par Bayroute Events et BYL Events, en collaboration avec Art For All, cette soirée promet d’attirer les passionnés de théâtre, les membres de la diaspora libanaise et les amateurs de théâtre arabe contemporaine.

Véritable hommage à l’esprit humain libanais, Tarboosh Jedde Maallak s’annonce comme une pièce, émouvante et profondément culturelle.