K-pop, K-drama... K-art? La foire d'art Frieze débarque à Séoul

Vue de l’inauguration de la foire d’art Frieze à Séoul (capture d’écran, source frieze.com
Vue de l’inauguration de la foire d’art Frieze à Séoul (capture d’écran, source frieze.com
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Publié le Dimanche 04 septembre 2022

K-pop, K-drama... K-art? La foire d'art Frieze débarque à Séoul

  • La Frieze s'était jusqu'alors tenue dans des capitales artistiques traditionnelles comme Londres, Paris et New York, mais les experts du secteur estiment que Séoul constitue un choix naturel
  • La Corée du Sud s'est imposée en tant que puissance culturelle, avec le succès international du film oscarisé «Parasite», de la série Netflix «Squid Game», ou encore des superstars de la K-pop, BTS

SÉOUL : Cette semaine, la prestigieuse foire d'art Frieze s'est tenue pour la première fois à Séoul, la bouillonnante capitale sud-coréenne qui ambitionne de devenir le nouveau pôle artistique de la région.

La Frieze s'était jusqu'alors tenue dans des capitales artistiques traditionnelles comme Londres, Paris et New York, mais les experts du secteur estiment que Séoul constitue un choix naturel.

Ces dernières années, la Corée du Sud s'est imposée en tant que puissance culturelle, avec le succès international du film oscarisé «Parasite», de la série Netflix «Squid Game», ou encore des superstars de la K-pop, BTS, qui ont conquis les charts.

«La Frieze se tourne vers les villes où la culture est fortement valorisée», estime le directeur de la Frieze de Séoul, Patrick Lee.

Séoul possède une riche scène artistique, ajoute-t-il, avec «des artistes incroyablement talentueux, des musées de renommée mondiale, des collections privées, des organismes sans but lucratif, des biennales et des galeries, ce qui en fait un lieu idéal pour une foire d'art».

La foire, née à Londres, se tient alors que le monde de l'art se détourne de Hong Kong, longtemps considéré comme le coeur du lucratif marché de l'art asiatique, en raison d'incertitudes financières et politiques.

«Séoul est sans conteste le marché le plus dynamique et le plus enthousiasmant d'Asie actuellement», constate Alice Lung, directrice de la galerie Perrotin dont la deuxième salle a ouvert le mois dernier à Séoul.

Tim Schneider du média Artnet News observe que les ouvertures de grandes galeries occidentales comme Pace, Lehmann Maupin, Perrotin et Thaddaeus Ropac, suivies de Frieze, confirment que Séoul a «progressé» sur la scène artistique internationale.

«La Frieze de Séoul vient confirmer une nouvelle fois que la demande est là», affirme-t-il à l'AFP.

- De nouveaux investisseurs -

Le marché de l'art de Séoul a connu une croissance exponentielle depuis le début de la pandémie de Covid-19: les foires d'art locales ont enregistré l'an dernier des nombres record de visiteurs et de ventes.

«Quand les frontières ont été fermées (...), les gens se sont tournés vers les (catalogues en ligne)», explique Mme Lung à l'AFP.

«Cela a aidé les artistes coréens et les galeries à se développer plus rapidement et sans aucune contrainte physique, amenant de nouveaux collectionneurs» millennials ou de la génération Z.

Dans le même temps, la montée en flèche des prix de l'immobilier a incité de nombreux jeunes Sud-Coréens à rechercher d'autres options d'investissement.

«Beaucoup de jeunes ont goûté aux pertes amères des investissements en actions et en cryptomonnaies. Les oeuvres d'art sont apparues comme une valeur sûre, surtout après des success stories très médiatisées», déclare Hwang Dal-seung, président de l'Association des galeries de Corée.

Le défunt dirigeant de Samsung Lee Kun-hee aurait ainsi laissé un trésor d'antiquités et d'oeuvres d'art - de Monet, Dali ou encore Picasso - d'une valeur de 1,5 à 2,2 milliards d'euros, dont la valeur avait grimpé en flèche lorsqu'il en était propriétaire, ajoute M. Hwang.

Pour Tim Schneider, la Corée du Sud est un «microcosme de l'Asie» en ce qui concerne la croissance du nombre de collectionneurs nés après 1980 et qui exercent désormais une forte influence sur le marché.

«Les acheteurs de cette tranche d'âge et de cette région ont remodelé la hiérarchie des artistes les plus demandés à l'échelle internationale, et considérablement accéléré la vitesse à laquelle les artistes en devenir peuvent accéder à la renommée mondiale et aux prix les plus élevés», ajoute-t-il.

Le marché de l'art du pays a été estimé à près de 393 millions d'euros au premier semestre 2022, selon un rapport de juillet du Korea Arts Administration Service, soit davantage que pour toute l'année 2021.

- Une approche très nouvelle -

Selon Thaddaeus Ropac, qui a ouvert l'an dernier sa galerie à Séoul, la Corée du Sud offre une palette équilibrée de collectionneurs. Outre des spécialistes «très bien implantés» depuis des décennies, «on perçoit aussi une nouvelle approche de l'art» de la part de collectionneurs plus jeunes.

L'arrivée de la Frieze à Séoul créera certainement de nouvelles opportunités pour le marché de sud-coréen, avance-t-il, mais c'est «aussi le produit de ce que Séoul est devenu».

M. Schneider ajoute qu'«historiquement, chaque fois qu'une foire internationale de premier rang s'est installée dans une nouvelle ville, cela a confirmé que l'infrastructure du marché de l'art y était durable».

Mais il refuse d'associer l'essor de Séoul au déclin éventuel de Hong Kong. «Je pense que c'est une erreur de faire comme si l'Asie, un vaste continent composé de nombreux pays, d'histoires culturelles différentes et d'une formidable richesse, ne pouvait accueillir deux foyers du marché de l'art», observe-t-il.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.


Un événement littéraire dans le quartier historique de Djeddah

L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
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  • Plus de 30 maisons d’édition arabes proposent nouveautés, livres rares et romans dans le quartier historique d’Al-Balad
  • L’initiative vise à encourager la lecture et dynamiser la scène culturelle pendant le Ramadan

DJEDDAH : L’événement littéraire à Al-Balad, dans le quartier historique de Djeddah, s’impose comme l’une des manifestations culturelles les plus emblématiques du Ramadan, faisant revivre l’histoire et la culture au cœur de la ville.

Organisé par le Ministère saoudien de la Culture en coopération avec le Jeddah Historic District Program, l’événement réunit plus de 30 maisons d’édition locales, du Golfe et du monde arabe, venues d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Liban, du Koweït et d’autres pays arabes.

Les visiteurs peuvent y découvrir une sélection variée d’ouvrages : nouveautés, livres d’occasion et rares, ainsi que des romans.

L’événement se poursuit jusqu’au 9 mars et accueille le public chaque jour après la prière du Maghrib jusqu’à 2 heures du matin.

Situé derrière Bab Jadid, il occupe un emplacement stratégique au cœur du quartier historique de Djeddah, un quartier animé et riche en activités.

Le gouvernement saoudien met l’accent sur l’organisation d’initiatives littéraires afin de promouvoir la lecture au sein de la société. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Jim Carrey récompensé d'un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière

L’acteur canadien Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur, pose avec son trophée lors de la 51ᵉ cérémonie des César au Palais de l’Olympia à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
L’acteur canadien Jim Carrey, qui a reçu un César d’honneur, pose avec son trophée lors de la 51ᵉ cérémonie des César au Palais de l’Olympia à Paris, le 26 février 2026. (AFP)
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  • L’acteur canado-américain Jim Carrey a reçu un César d’honneur pour sa carrière éclectique entre comédie et drame, qu’il a célébré avec un discours entièrement en français, soulignant ses ancêtres français
  • Figure emblématique de Hollywood, Carrey est connu pour ses comédies cultes des années 1990 comme Dumb and Dumber et Ace Ventura, ses rôles dramatiques acclamés

PARIS: L'acteur canado-américain Jim Carrey a reçu jeudi un César d'honneur récompensant une carrière éclectique oscillant entre comédie et drame, un prix qu'il a accueilli dans un discours intégralement en français.

"Comment était mon français? Presque médiocre non ?", s'est amusé l'acteur de 64 ans en recevant son trophée, rappelant qu'il comptait un Français parmi ses ancêtres, "il y a environ 300 ans".

Figure singulière du cinéma américain, il est l'un des visages les plus connus de Hollywood, malgré une certaine prise de distance avec le cinéma ces dernières années.

Pour le célébrer, la 51e cérémonie des César s'est ouverte par un long sketch de Benjamin Lavernhe.

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Jim Carrey reçoit son César d’honneur lors de la 51ᵉ cérémonie des César à Paris, célébrant sa carrière entre comédie et drame. (AFP)

Le sociétaire de la Comédie-Française, choisi comme maître de cérémonie, a électrisé la salle dans un show haut en couleur revisitant le film "The Mask", l'un des plus mythiques de la filmographie de Jim Carrey.

Génie comique, capable de modeler son visage à l'infini pour singer à peu près n'importe qui, il a parfois été comparé à Jerry Lewis, voire Charlie Chaplin.

Il a débuté dans le stand-up avant de rencontrer le succès dans les années 1990, grâce à des comédies devenues cultes comme "Dumb and Dumber" ou "Ace Ventura".

En 1998, il s'essaie au drame avec succès dans "The Truman Show", en homme ordinaire dont la vie n'est qu'une gigantesque mise en scène pour un programme télé.

Sa performance lui vaut un Golden Globe. Il en décroche un second l'année suivante pour son rôle dans "Man on the Moon" de Milos Forman.

L'un des plus grands rôles de sa carrière lui est offert en 2004 par le réalisateur français Michel Gondry -- venu lui rendre hommage jeudi sur la scène de l'Olympia --, dans le drame romantique "Eternal Sunshine of the Spotless Mind", aux côtés de Kate Winslet.

Sa carrière s'est ensuite poursuivie avec plusieurs succès commerciaux internationaux comme "Le Drôle de Noël de Scrooge" ou la franchise "Sonic", avant qu'il ne prenne du recul avec le 7e art à partir du début des années 2020.