Le mandat de Bolsonaro: quatre années hors normes pour le Brésil

Jair Bolsonaro (Photo, AFP).
Jair Bolsonaro (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 05 septembre 2022

Le mandat de Bolsonaro: quatre années hors normes pour le Brésil

  • Jair Bolsonaro, qui se représente devant les électeurs dans moins d'un mois, conserve néanmoins un socle irréductible de partisans qui adhèrent à sa défense des valeurs ultra-conservatrices
  • Mais de nombreux analystes jugent son bilan très négatif

RIO DE JANEIRO: Le mandat finissant du président Jair Bolsonaro est hors norme dans l'Histoire moderne du Brésil: une volonté de "déconstruire" ce qui avait été fait par les précédents gouvernements a entraîné de nombreux reculs, selon les politologues.

Jair Bolsonaro, qui se représente devant les électeurs dans moins d'un mois, conserve néanmoins un socle irréductible de partisans qui adhèrent à sa défense des valeurs ultra-conservatrices autour de la famille, la patrie ou Dieu, ses diatribes anticorruption ou sa détestation du "communisme".

Mais de nombreux analystes jugent son bilan très négatif. "En matière d'environnement, d'éducation, de santé, de sécurité publique ou de culture, c'est catastrophique", estime Anthony Pereira, spécialiste de l'Amérique latine à l'Université internationale de Floride (USA).

D'abord "nous devons déconstruire, défaire beaucoup de choses", avait averti le président peu après son installation au Palais de l'Alvorada à Brasilia en janvier 2019.

Il a tenu parole.

Ce nostalgique de la dictature (1964-85) est parti en croisade contre "l'idéologie de gauche". Le ministère de la Culture a été supprimé, les financements se sont taris, pour la science aussi.

Les églises évangéliques, dont le poids a encore été renforcé, ont pesé jusque sur la rédaction des manuels scolaires.

La diplomatie a pris un virage antimondialiste et le Brésil n'a plus guère d'amis sur le globe.

Ce fut "un mandat de destruction de ce qui avait été construit depuis le retour de la démocratie", estime Gaspard Estrada, spécialiste de l'Amérique latine à Sciences Po.

L'armement massif des Brésiliens a tenu lieu de politique de sécurité publique: les permis de possession d'une arme à feu ont explosé de 474% de 2018 à 2022, dans l'un des pays les plus violents au monde.

La déforestation de l'Amazonie, favorisée par la réduction des budgets et des prérogatives des organismes de surveillance, a explosé, en moyenne annuelle, de 75% sous M. Bolsonaro, sourd aux protestations de la communauté internationale.

Les terres indigènes ont subi 305 invasions en 2021 -- 180% de plus qu'en 2018.

Tensions extrêmes 

La deuxième partie du mandat s'est déroulée dans un climat de polarisation et de tensions extrêmes dans lequel l'analyste Kevin Ivers du DCI Group voit "une spirale vers le désordre, enclenchée par tout populiste sur le déclin".

Car la crise de la Covid-19 a fait plonger la popularité de ce farouche antivax. Le déni du chef de l'Etat face à "une grippette" responsable de 685 000 morts a suscité plusieurs dizaines de demandes de destitution. Ses partisans assurent qu'il a préservé l'économie du pire en s'opposant aux confinements.

Le président d'extrême droite a violemment attaqué la Cour suprême, ses juges, et la fiabilité du système électoral. "Une stratégie délibérée (pour) tendre vers un gouvernement de plus en plus autocratique", estime le politologue Geraldo Monteiro, dans son "Petit manuel antibolsonariste".

S'il y a quelque chose de positif dans ce mandat, "c'est que les institutions brésiliennes ont fonctionné pour protéger la démocratie, globalement", estime Anthony Pereira.

Au gouvernement, les ministres ont valsé: quatre se sont succédé à la Santé comme à l'Education, en raison de désaccords avec le président ou de scandales.

Survivant à l'hécatombe, le ministre néolibéral Paulo Guedes, à l'Economie, a tout de même mené à bien une réforme des retraites et un grand train de privatisations. D'importants projets d'infrastructures ont été lancés.

Jair Bolsonaro a soigné l'Armée. Il "a militarisé l'appareil d'Etat en nommant plus de 6 000 militaires d'active ou en retraite dans l'administration fédérale", rappelle Anthony Pereira.

«Sans corruption»

Pour désinformation ou pour sa gestion de la covid, M. Bolsonaro est la cible d'enquêtes et menacé d'inculpation notamment pour "crime contre l'humanité".

Les commentateurs ont souligné lors de la pandémie son manque d'empathie face aux souffrances du peuple, appelé à "arrêter de geindre".

L'ex-capitaine de l'Armée est resté droit dans ses bottes, préférant aux excuses le déni ou la "vérité alternative", fidèle à son image de "Trump des tropiques".

"La faim n'existe pas vraiment au Brésil", a-t-il lancé, alors que 33,1 millions de Brésiliens sont affamés et qu'on se dispute des os dans des bennes à ordures à Rio de Janeiro.

La première économie d'Amérique latine reprend des couleurs en fin de mandat, mais le Brésil de Bolsonaro déplore encore une inflation à deux chiffres et 10 millions de chômeurs.

Enfin, son administration est "sans corruption", assure-t-il. Pourtant son ministre de l'Environnement, Ricardo Salles, a trempé dans un trafic international de bois. Celui de l'Education, Milton Ribeiro, a été incarcéré brièvement pour corruption et trafic d'influence.

En matière de corruption "on est passé a un degré supérieur", dit Gaspard Estrada.

"La situation brésilienne est dystopique, on est en dehors de la réalité", conclut l'analyste pour qui Bolsonaro aura été "une anomalie dans cette démocratie".


Washington prévoit d'annoncer un accord sur le nucléaire avec Ryad 

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars. (AP)
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  • Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi
  • L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars

WASHINGTON: Les Etats-Unis prévoient d'annoncer mercredi un accord avec l'Arabie saoudite qui doterait le royaume d'un programme nucléaire civil, selon des médias américains.

L'annonce interviendrait alors que les Etats-Unis ont repris leur guerre contre l'Iran, un rival de Ryad, qui avait notamment été déclenchée en raison de la crainte américaine que le programme nucléaire iranien ne vise à doter le pays de la bombe atomique.

Le New York Times, citant deux responsables américains non identifiés, a rapporté mardi que le gouvernement avait l'intention de signer officiellement et d'annoncer l'accord avec Ryad mercredi.

L'administration du président Donald Trump a affirmé que cet arrangement permettrait au secteur nucléaire américain de bénéficier de l'apport de milliards de dollars.

En effet, une clause de l'accord, qui serait valable pendant 30 ans, prévoit que des entreprises américaines construisent un complexe d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite, si une étude conjointe établit qu'il est justifié, a annoncé le Wall Street Journal.

Toutefois, des parlementaires américains républicains et démocrates, ainsi que des responsables israéliens, ont exprimé leur opposition à tout projet nucléaire civil en Arabie saoudite, craignant qu'il ne serve finalement à développer des armes nucléaires.

Interrogé à ce sujet mercredi à Manille, en marge d'une réunion de l'Asean, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio s'est refusé à confirmer un tel accord, renvoyant toute éventuelle annonce à la Maison Blanche.

Pressé de questions par des journalistes et visiblement un peu dans l'embarras, il a cependant assuré que les Etats-Unis "ne conclueraient jamais d'accord avec un pays dans le monde qui conduirait à un risque de prolifération" nucléaire.

Tensions régionales 

L'accord devrait être soumis au Congrès américain dans les prochains jours, mais son approbation n'est pas nécessaire pour qu'il soit entériné.

L'Arabie saoudite insiste depuis longtemps sur son droit au nucléaire civil.

Ces dernières années, Washington a cherché à intégrer tout accord concernant le nucléaire dans une stratégie plus large, qui inclurait la normalisation des relations avec Israël et la signature d'un pacte de défense.

Washington a signé un accord nucléaire en 2009 avec un voisin de l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, qui n'enrichissent toutefois pas d'uranium.

 


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.