Une nouvelle loi iranienne prévoit d’utiliser la reconnaissance faciale pour surveiller le port du voile

«Les femmes sont considérées comme une cible facile» par «un gouvernement défaillant» selon une professeure. (Photo, Shutterstock)
«Les femmes sont considérées comme une cible facile» par «un gouvernement défaillant» selon une professeure. (Photo, Shutterstock)
Short Url
Publié le Lundi 05 septembre 2022

Une nouvelle loi iranienne prévoit d’utiliser la reconnaissance faciale pour surveiller le port du voile

  • Téhéran envisage de déployer la reconnaissance faciale dans les transports publics et d’autres lieux publics après l’adoption de règles plus strictes sur les vêtements féminins le 15 août
  • «Les femmes sont considérées comme une cible facile» par «un gouvernement défaillant» selon la professeure Annabelle Sreberny

LONDRES: Les femmes iraniennes qui enfreignent les lois renforcées sur le port du voile devront éviter la technologie de reconnaissance faciale du gouvernement dans les transports publics, car de nouveaux plans visant à soutenir les règles plus strictes entrent en vigueur.

Le secrétaire du Siège iranien de la Promotion de la vertu et la Répression du vice, Mohammed Saleh Hachemi Golpayegani, a annoncé que Téhéran envisageait de déployer cette technologie dans les transports publics et d’autres lieux publics après que le président Ebrahim Raïssi a adopté des règles plus strictes concernant les vêtements féminins le 15 août.

Cette nouvelle loi est intervenue après la Journée nationale du hijab et de la chasteté, célébrée le 12 juillet. Cette journée a été marquée par des protestations massives de femmes qui ont pris la parole sur les réseaux sociaux pour montrer qu’elles ne respectaient pas les règles dans les transports publics.

Certaines de ces femmes qui ont défié les règles dans les bus et les trains ont été détenues par l’État et ont même été contraintes à des aveux forcés. «Le gouvernement iranien tente depuis longtemps d’utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les personnes qui enfreignent la loi», a déclaré au Guardian Azadeh Akbari, chercheuse à l’université de Twente, aux Pays-Bas.

«Le régime utilise des formes de contrôle totalitaire violentes “à l’ancienne” déguisées en nouvelles technologies.»

Le port du voile est obligatoire depuis la révolution iranienne de 1979, mais les femmes s’opposent à ce code vestimentaire depuis plusieurs décennies. Le renforcement des lois marque le début d’une nouvelle ère de sanctions et de surveillance. Sepideh Rashno, une militante de 28 ans, a été arrêtée après qu’un autre passager a diffusé une vidéo dans laquelle on la voit porter une «tenue inappropriée».

L’homme qui l’a filmée a été expulsé du bus par des passants, mais Mme Rashno a ensuite été arrêtée, battue et forcée de présenter ses excuses sur la chaîne de télévision publique au passager qui l’avait harcelée, selon des militants locaux des droits humains.

On craint à nouveau que d’autres femmes ne subissent un sort similaire à celui de Mme Rashno, car Téhéran se tourne vers les technologies de surveillance. Le gouvernement a progressivement mis en place des cartes d’identité biométriques, qui stockent des données personnelles comme les empreintes digitales et les photos.

Ces informations, associées à la technologie de reconnaissance faciale proposée, menacent désormais de surveiller les femmes en public et sur Internet. Mme Akbari a expliqué au Guardian qu’«une grande partie de la population iranienne se trouve désormais dans cette base de données biométriques nationale, alors que de nombreux services publics commencent à dépendre des identifications biométriques, de sorte que le gouvernement a accès à tous les visages; il sait d’où viennent les gens et peut facilement les trouver. Une personne dans une vidéo virale peut être identifiée en quelques secondes.»

Annabelle Sreberny, professeure émérite au Centre d’études iraniennes de l’École des études orientales et africaines de Londres, a affirmé au Guardian que le président Raïssi «est un véritable idéologue». «L’Iran est confronté à de terribles problèmes économiques et environnementaux. Le taux d’inflation dépasse peut-être aujourd’hui les 50%, mais le gouvernement choisit de se concentrer sur les droits des femmes», ajoute-t-elle.

«Je pense que cela fait partie intégrante d’un gouvernement défaillant qui ne s’occupe tout simplement pas de ces énormes problèmes infrastructurels, économiques et environnementaux. De plus, les femmes sont considérées comme une cible facile», selon Pr Sreberny.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

Short Url
  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

Short Url
  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Short Url
  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.