Khamenei: Nous souhaitons que Bagdad expulse les Américains

Short Url
Publié le Mercredi 22 juillet 2020

Khamenei: Nous souhaitons que Bagdad expulse les Américains

  • La visite d’al-Kadhimi était censée intervenir après une première prévue initialement en Arabie saoudite
  • L'Irak est l'un des principaux marchés pour les exportations non pétrolières de l'Iran

TEHERAN: Le guide suprême iranien Ali Khamenei a annoncé mardi que son pays n'interfèrerait pas dans les relations entre Bagdad et Washington, mais "souhaite que le gouvernement irakien (...) décide d'expulser les Américains puisque leur présence est source d'insécurité"
Les propos du guide suprême sont intervenus à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre irakien Moustafa al-Kadhimi, en visite en Iran.  La visite d’al-Kadhimi était censée intervenir après une première prévue initialement en Arabie saoudite, mais qui a été remise suite à l’hospitalisation du roi Salmane. 
Le guide suprême a soutenu ses propos par l’exemple  de l'élimination en janvier par les Américains du général Qasem Soleimani, commandant de la Force Qods, unité d'élite chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, tué par une frappe de drone près de l'aéroport de Bagdad. "Ils ont tué votre invité dans votre maison et l'ont ouvertement assumé", a-t-il déclaré. 
En riposte à l'assassinat de Soleimani, Téhéran avait lancé des missiles contre des bases militaires irakiennes abritant des Américains, provoquant d'importants dégâts matériels sans faire de victimes, selon Washington.
Rencontre avec Rohani
Al-Kadhimi avait rencontré plus tôt le président iranien Hassan Rohani.
Leurs discussions ont porté sur les moyens de renforcer les liens commerciaux, sur la lutte contre le nouveau coronavirus et sur les efforts destinés à assurer la stabilité de la région, a dit Rohani lors d'une conférence de presse conjointe.
"Les deux gouvernements souhaitent élargir les relations bilatérales pour atteindre 20 milliards de dollars", a-t-il indiqué, après sa rencontre d'une heure avec le dirigeant irakien.
L'Irak est l'un des principaux marchés pour les exportations non pétrolières de l'Iran mais le commerce bilatéral a récemment baissé en raison de la pandémie qui a entraîné une fermeture des frontières.
Le président iranien a aussi promis d'aider Bagdad en lui "fournissant autant que possible tous les produits sanitaires et médicaux nécessaires" pour lutter contre le coronavirus.
Equilibriste
Al-Kadhimi devait se rendre lundi en Arabie saoudite, grand rival régional de l'Iran, avant d'aller à Téhéran mais sa visite à Ryad a été reportée en raison de l'hospitalisation lundi du roi Salmane.
L'enchaînement des deux visites devait être un exercice d'équilibriste pour le dirigeant irakien, qui pourrait devenir un médiateur entre Ryad et Téhéran.
L'Arabie saoudite et son allié américain sont à couteaux tirés avec l'Iran, auquel ils reprochent entre autres de vouloir étendre son influence dans la région notamment en Irak depuis l'invasion américaine de 2003, ce qui fait de l'Irak un théâtre de tensions régulières entre l'Iran et les Etats-Unis, qui entretiennent tous deux des liens étroits avec Bagdad.
Al-Kadhimi est devenu Premier ministre en mai après environ quatre ans à la tête du renseignement irakien. Il est réputé respecté des services de renseignements iraniens et des cercles du gouvernement mais aussi apprécié de Washington où il est attendu d'ici début août pour poursuivre le dialogue stratégique entre l'Irak et les Etats-Unis.
 


Liban: 13 morts dans des frappes israéliennes sur le sud

Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Le ministère de la Santé libanais a indiqué que 13 personnes ont été tuées vendredi lors de frappes israéliennes dans le sud, notamment dans une ville où l’armée israélienne avait émis un ordre d’évacuation malgré un cessez-le-feu. (REUTERS)
Short Url
  • Des frappes israéliennes dans le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, dont des civils (femmes et enfants), malgré un cessez-le-feu en vigueur
  • Depuis la reprise des hostilités le 2 mars entre Israël et le Hezbollah, plus de 2 600 personnes ont été tuées, dont des secouristes, suscitant de vives critiques humanitaires

BEYROUTH: Des frappes israéliennes sur le sud du Liban ont fait au moins 13 morts vendredi, a rapporté le ministère libanais de la Santé dans un nouveau bilan.

Selon un communiqué du ministère, huit personnes, parmi lesquelles un enfant et deux femmes, ont été tuées et 21 autres blessées, dont deux enfants et une femme, dans des frappes sur le village d'Habboush, que l'armée israélienne avait appelé à évacuer malgré un cessez-le-feu.

L'agence de presse officielle libanaise (ANI) a rapporté "une série de frappes intenses (...) un peu moins d'une heure après l'avertissement" israélien.

A Habboush, un photographe de l'AFP a vu des volutes de fumée s'élever à la suite des bombardements.

Une autre frappe sur le village de Zrariyé, dans la région de Saïda, a par ailleurs fait quatre morts, dont deux femmes, et quatre blessés dont un enfant et une femme, a précisé le ministère dans la soirée.

Selon la même source, une femme a été tuée et sept personnes ont été blessées dans le district de la ville côtière de Tyr.

L'ANI avait auparavant fait état d'autres frappes et de tirs d'artillerie sur d'autres localités du Sud en dépit du cessez-le-feu entre le Hezbollah pro-iranien et Israël en vigueur depuis le 17 avril.

- Secouristes tués -

Jeudi, 17 personnes avaient été tuées dans des frappes sur le Sud, où l'armée israélienne a établi une zone de 10 km de profondeur à partir de la frontière, interdite d'accès à la presse et à la population, et effectue des opérations de démolition.

Des destructions ont ainsi été rapportées à Shamaa mais également à Yaroun, où un monastère, une école privée, des maisons, des commerces et des routes ont été démolies, selon l'agence ANI.

Israël affirme vouloir protéger sa région nord du Hezbollah, qui continue de revendiquer des attaques contre des positions israéliennes au Liban et, plus rarement, contre le territoire israélien.

L'armée israélienne a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi avoir intercepté quatre "cibles aériennes" qui se dirigeaient vers le nord d'Israël, sans préciser leur provenance.

En vertu de l'accord de cessez-le-feu, Israël se réserve "le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours", une clause que le Hezbollah conteste.

Selon le ministère libanais de la Santé, plus de 2.600 personnes ont été tuées depuis la reprise des hostilités entre le Hezbollah et Israël, le 2 mars, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

D'après cette source, 103 secouristes font partie des morts.

"Qu'une personne qui tente de sauver des vies, d'apaiser la souffrance humaine, puisse être ciblée (...) c'est une chose que je trouve absolument inacceptable", a affirmé à des journalistes près de Beyrouth le secrétaire général adjoint de la Fédération Internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FIRC), Xavier Castellanos.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Short Url
  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Short Url
  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.