Les céréales ukrainiennes vont aux pays de l'UE, pas aux pays pauvres, affirme Poutine

«Regardez le compte: 80 navires, et deux seulement vers les pays en développement», soit «3% uniquement», a affirmé Poutine dans son discours (Photo, AFP).
«Regardez le compte: 80 navires, et deux seulement vers les pays en développement», soit «3% uniquement», a affirmé Poutine dans son discours (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 08 septembre 2022

Les céréales ukrainiennes vont aux pays de l'UE, pas aux pays pauvres, affirme Poutine

  • Le président russe a dénoncé une attitude «colonialiste» de la part des pays occidentaux, notamment de l'UE
  • Des affirmations pas totalement confirmées par les chiffres fournis par le centre de coordination en Turquie

MOSCOU: Le président russe Vladimir Poutine a affirmé mercredi que les exportations de céréales ukrainiennes allaient majoritairement vers les pays européens et non pas vers les pays pauvres, ce qui créé selon lui un risque de "catastrophe humanitaire".

Des affirmations pas totalement confirmées par les chiffres fournis par le centre de coordination en Turquie, selon lesquels 36% seulement des céréales ukrainiennes sont allées à des pays de l'Union européenne.

"Presque toutes les céréales exportées d'Ukraine sont envoyées non pas aux pays en développement et aux pays les plus pauvres, mais aux pays de l'Union européenne", a affirmé M. Poutine au cours d'un forum économique à Vladivostok (Extrême-Orient russe).

"Ce que nous observons est une tromperie (...), une attitude grossière et imprudente envers ces partenaires pour qui tout cela était censé être fait", a-t-il enchaîné devant de nombreux responsables économiques et politiques asiatiques.

Le président russe a dénoncé une attitude "colonialiste" de la part des pays occidentaux, notamment de l'UE, qui pensent d'abord à leurs "propres intérêts". "Ils s'en fichent !", a-t-il lâché.

"Regardez le compte : 80 navires, et deux seulement vers les pays en développement", soit "3% uniquement", a affirmé M. Poutine dans son discours.

"Cela pourrait mener à une catastrophe humanitaire sans précédent", a-t-il alerté dans un discours de plus d'une demi-heure. "Peut-être devrions-nous réfléchir à la façon de limiter les exportations de céréales et d'autres produits alimentaires par cette voie ?".

"Je vais consulter le président turc (Recep Tayyip) Erdogan", qui a parrainé un accord à Istanbul permettant l'exportation des céréales ukrainiennes, a-t-il ajouté.

«Mensonges des Russes»

L'Ukraine a réfuté mercredi ces accusations, rétorquant que les deux tiers des livraisons partaient vers des pays d'Afrique et d'Asie.

"Les deux tiers des navires envoyés sont dirigés vers l'Asie, l'Afrique et le Moyen-Orient", a assuré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba, insistant sur le fait que ces exportations de Kiev avaient "eu un effet positif sur la réduction des prix" alimentaires.

"Les mensonges des Russes sur l'envoi des céréales ukrainiennes uniquement en Europe ne correspondent tout simplement pas à la réalité", a-t-il affirmé.

Il a cité la Chine, l'Egypte, l'Iran, l'Inde ou encore la Somalie et la Libye parmi les pays ayant, selon lui, reçu des cargaisons de céréales ukrainiennes.

"La seule raison de l'aggravation de la crise alimentaire mondiale cette année était et reste la guerre brutale déclenchée par la Russie, qui a bloqué les ports maritimes ukrainiens et détruit délibérément les infrastructures et la logistique agricoles", a ajouté le ministre.

Selon les données communiquées mercredi par le Centre de coordination conjointe (CCC) d'Istanbul, chargé de superviser cet accord, 100 navires ont quitté depuis début août les ports ukrainiens d'Odessa, de Tchornomorsk et de Pivdenny, transportant à leur bord 2.334.310 tonnes de céréales et autres produits agricoles.

Les principaux pays destinataires de ces livraisons ont été la Turquie (20%), l'Espagne (15%), l'Egypte (10%), la Chine (7%) et l'Italie (7%). Les pays européens représentent 36% du total et les pays africains 17%.

"30% des cargos sont allés vers des pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires inférieurs", assure le CCC.

Une partie importante des céréales livrées à la Turquie est toutefois réexportée, notamment vers le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, soulignent des analystes.

Une responsable du gouvernement américain a qualifié sous couvert d'anonymat les affirmations du président Poutine de fausses et précisé que certaines céréales étaient transportées en Europe pour y être transformées avant d'être envoyées vers des nations pauvres.

Les déclarations de Vladimir Poutine interviennent à un moment où les inquiétudes persistent sur la sécurité alimentaire mondiale qui a été impactée par les retombées du conflit en Ukraine.

L'accord d'Istanbul a permis la reprise des exportations de céréales ukrainiennes, mais la Russie se plaint depuis plusieurs semaines d'entraves à ses propres exportations alimentaires à cause des sanctions occidentales.


« Marché stratégique » : PepsiCo souligne le rôle de l’Arabie saoudite dans sa croissance mondiale

Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Djeddah. (Fourni)
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  • PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché stratégique majeur, avec des investissements continus et un fort alignement sur la Vision 2030
  • L’entreprise accélère l’innovation (IA, R&D, produits sans sucre) pour répondre à l’évolution des consommateurs et renforcer sa croissance régionale

RIYAD : PepsiCo considère l’Arabie saoudite comme un marché « stratégique » offrant des opportunités croissantes d’investissement et d’innovation, alors que le Royaume demeure une cible clé pour l’entreprise.

La société affirme s’être étroitement alignée sur les objectifs à long terme du Royaume, en s’appuyant sur une présence qui s’étend sur près de sept décennies.

« Nous opérons dans le Royaume depuis presque 70 ans », a déclaré Eugene Willemsen, PDG des boissons internationales chez PepsiCo, à Arab News. « Nous avons immédiatement adopté la Vision 2030 dès son lancement et avons clairement indiqué que nous voulions en faire partie, mais aussi y contribuer activement. »

Il a souligné plusieurs domaines dans lesquels PepsiCo a élargi son rôle, notamment en renforçant l’intégration des talents saoudiens et féminins, en faisant évoluer son portefeuille de produits et en soutenant des initiatives favorisant des modes de vie plus actifs.

« Nous nous voyons comme un contributeur à la Vision 2030… et nous nous réjouissons de continuer à le faire avec l’ensemble de nos activités en Arabie saoudite », a-t-il ajouté. 

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Le PDG des boissons internationales chez PepsiCo, Eugene Willemsen, à Riyad. (Fourni)

L’Arabie saoudite est l’un des marchés les plus importants de PepsiCo à l’échelle mondiale, soutenu par de solides capacités locales et des partenariats de longue date.

« C’est un marché très important pour PepsiCo. C’est un marché stratégique pour nous », a déclaré Willemsen. « Nous disposons de capacités très solides et avancées en marketing, dans les domaines commerciaux et dans la chaîne d’approvisionnement, que nous pouvons exploiter à l’échelle de notre réseau international. »

Il a également mis en avant le rôle des partenaires d’embouteillage locaux, évoquant des relations « qui remontent à plusieurs décennies » et offrant des « capacités exceptionnelles » au bénéfice de l’ensemble du système PepsiCo.

L’entreprise emploie environ 9 000 personnes dans ses opérations en Arabie saoudite et a continué d’étendre sa présence locale. Parmi les investissements récents figure un nouveau centre de recherche et développement dans le quartier financier King Abdullah à Riyad, développé en collaboration avec son activité snacks.

« Il s’agit d’un investissement d’environ 30 millions de riyals saoudiens (8 millions de dollars) », a précisé Willemsen, ajoutant que ce centre vise à développer des produits adaptés aux besoins locaux et potentiellement intégrant des cultures locales, avec des applications pouvant s’étendre à l’ensemble du Moyen-Orient.

L’évolution des préférences des consommateurs influence également la stratégie de PepsiCo dans le Royaume, notamment avec une demande croissante pour des options plus saines.

« Nous avons fortement mis l’accent sur les offres sans sucre ici en Arabie saoudite, et nous avons observé un changement significatif vers le zéro sucre », a-t-il expliqué. « Les consommateurs, tous âges et profils confondus, recherchent des options permettant de réduire leur consommation de sucre. »

Parallèlement, l’hydratation est une priorité majeure, notamment en raison du climat du Royaume. Willemsen a évoqué des opportunités d’élargir les produits contenant des électrolytes, destinés aussi bien aux consommateurs actifs qu’à un usage quotidien.

PepsiCo intensifie également l’utilisation de l’intelligence artificielle dans ses opérations, de l’agriculture au développement de produits.

« Nous voulons être parmi les leaders dans l’adoption de l’IA dans le secteur des biens de consommation », a déclaré Willemsen. « L’IA permet de tester et valider des concepts beaucoup plus rapidement, de développer des produits plus vite et de les lancer plus rapidement sur le marché. »

Il a précisé que l’IA est utilisée dans les opérations agricoles mondiales de l’entreprise pour aider les agriculteurs à optimiser l’utilisation de l’eau, l’application d’engrais et les rendements.

Concernant les chaînes d’approvisionnement, Willemsen a indiqué que l’entreprise se concentre sur le renforcement de la résilience locale face à la volatilité mondiale.

« Notre objectif à travers le monde est de créer des chaînes d’approvisionnement aussi locales que possible », a-t-il déclaré. « Nous avons développé une grande résilience et agilité pour faire face à différents scénarios. »

Malgré l’incertitude mondiale, il s’est dit confiant quant aux perspectives à long terme du marché saoudien.

« Le marché saoudien est en lui-même très résilient », a-t-il affirmé. « Parce qu’il évolue rapidement, il continue d’offrir des opportunités d’innovation et de réponse aux besoins changeants des consommateurs. »

Il a ajouté : « Il existe une forte résilience intrinsèque en Arabie saoudite, ce qui nous donne confiance dans le fait que ce pays continuera à croître et à prospérer. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’euro numérique, un enjeu stratégique de souveraineté européenne

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ? (AFP)
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  • À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines
  • Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis

PARIS: Derrière l’écrasante majorité des paiements par carte en Europe se cachent deux acteurs américains incontournables : Visa et Mastercard. Cette dépendance structurelle du système de paiement européen a récemment été mise en lumière par un épisode aux répercussions politiques et juridiques sensibles.

À la suite de l’émission d’un mandat d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou par la Cour pénale internationale, plusieurs juges de l’institution ont été visés par des sanctions américaines. Résultat : certains se sont retrouvés dans l’incapacité d’utiliser leurs cartes bancaires, y compris sur le territoire européen, révélant la portée extraterritoriale du système financier dominé par les États-Unis.

Cet incident illustre les vulnérabilités de l’Europe en matière de souveraineté financière. Pour y remédier, l’Union européenne accélère ses travaux sur un projet d’euro numérique. Cette monnaie digitale, émise directement par la Banque centrale européenne, ambitionne de garantir une autonomie accrue face aux infrastructures de paiement étrangères et de se prémunir contre d’éventuelles sanctions extérieures.

Mais le projet suscite des inquiétudes au sein du secteur bancaire. Les établissements privés redoutent une migration des dépôts vers cette monnaie publique, qui pourrait réduire leurs ressources et, par conséquent, leurs revenus liés aux services bancaires.

Dans un contexte où près d’un Européen sur dix détient déjà des actifs numériques décentralisés, la question demeure : l’euro numérique parviendra-t-il à s’imposer comme une alternative crédible et à renforcer l’indépendance financière de l’Europe ?


Dispositif pour les carburants: la France «n'a pas les moyens d'amortir les crises», estime Larcher

Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
Le ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, Roland Lescure, s'adresse à la presse à l'issue d'un conseil des ministres consacré à l'énergie, à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 21 avril 2026. (Photo : Kenzo TRIBOUILLARD / AFP)
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  • "Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher
  • "Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN

PARIS: Le président LR du Sénat Gérard Larcher a estimé mercredi que la France "n'a pas les moyens d'amortir les crises" au lendemain de la présentation par le Premier ministre Sébastien Lecornu d'un "dispositif d'accompagnement" pour les "grands rouleurs" touchés par la hausse du prix du carburant.

"Nous n'avons pas les moyens d'amortir les crises et de faire face dans un pays qui est déjà surendetté et surfiscalisé", a affirmé sur BFMTV Gérard Larcher.

"Cette réalité-là, elle ne donne pas au gouvernement d'autres marges de manœuvre que de faire ce qu'il est possible de faire en direction de certaines catégories", a expliqué le président du Sénat, écartant une baisse de la TVA comme le demande le RN.

Il a tenu Emmanuel Macron pour responsable de cette situation: "On paye le quoi qu'il en coûte, on paye un ensemble d'engagements où on n'a pas réduit la dépense publique, on n'a pas réformé l'État", a-t-il expliqué. "C'est quelque part le bilan de deux quinquennats d'Emmanuel Macron", a-t-il souligné, estimant que le chef de l'Etat a laissé la France en situation "d'hypoxie".

Sur la situation financière du pays, Gérard Larcher a précisé que le Sénat, contrôlé par une majorité de droite et du centre, présentera pour le budget 2027 "une proposition au gouvernement (...) à la fin du mois de juin".

L'exécutif a annoncé mardi une aide à trois millions de "travailleurs modestes grands rouleurs", et le renforcement du soutien aux pêcheurs et agriculteurs.