Les Européens en quête d'unité face à la flambé des prix de l'énergie

Le ministre fédéral allemand des affaires économiques et de l'action pour le climat, Robert Habeck, répond aux questions des journalistes lors d'une réunion des ministres de l'énergie de l'UE pour trouver des solutions à la hausse des prix de l'énergie au siège de l'UE à Bruxelles le 9 septembre 2022. (AFP)
Le ministre fédéral allemand des affaires économiques et de l'action pour le climat, Robert Habeck, répond aux questions des journalistes lors d'une réunion des ministres de l'énergie de l'UE pour trouver des solutions à la hausse des prix de l'énergie au siège de l'UE à Bruxelles le 9 septembre 2022. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 09 septembre 2022

Les Européens en quête d'unité face à la flambé des prix de l'énergie

  • Si l'idée de confisquer les superprofits du nucléaire et des renouvelables pour les redistribuer est bien accueillie, les pays membres de l'UE sont très divisés sur un plafonnement des prix du gaz russe
  • Au coeur des débats: les dysfonctionnements du marché européen de l'électricité, où le prix de gros est indexé sur le prix de revient de la dernière centrale mobilisée pour répondre à la demande --souvent une centrale au gaz

BRUXELLES: Les ministres européens de l'Energie tenteront vendredi de se mettre d'accord sur une série de mesures d'urgence pour enrayer l'envolée des prix du gaz et de l'électricité provoquée par l'offensive russe en Ukraine.

Sous forte pression, la Commission a soumis aux 27 Etats membres une panoplie de mécanismes - certains très complexes - avec l'espoir d'aboutir la semaine prochaine un texte suffisamment consensuel pour être rapidement approuvé.

Si l'idée de confisquer les superprofits du nucléaire et des renouvelables pour les redistribuer est bien accueillie, les pays membres de l'UE sont très divisés sur un plafonnement des prix du gaz russe.

Au coeur des débats: les dysfonctionnements du marché européen de l'électricité, où le prix de gros est indexé sur le prix de revient de la dernière centrale mobilisée pour répondre à la demande --souvent une centrale au gaz.

Redistribuer les «superprofits»

La Commission propose de plafonner les revenus des opérateurs du nucléaire et d'énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydroélectrique) qui vendent leur électricité à un prix très au-dessus de leurs coûts de production.

Les Etats pourraient prélever la différence entre ce plafond (un niveau de 200 euros/mégawhattheure est évoqué) et le prix du marché pour redistribuer ces "superprofits" aux ménages et entreprises vulnérables.

"L'idée a reçu énormément de soutien parmi les Etats. Après, le diable est dans les détails, il faudra déterminer le plafond", souligne un diplomate européen. Berlin et Paris avaient demandé un tel "mécanisme de contribution".

Parallèlement, la Commission veut réclamer "une contribution temporaire de solidarité" aux producteurs et distributeurs de gaz, charbon et pétrole, favorisés par l'envolée des cours mondiaux.

Il faut "une discussion sans tabous" sur "les groupes énergétiques réalisant des profits exceptionnels en temps de guerre", a martelé jeudi la ministre autrichienne Leonore Gewessler.

«Pas constructif»

Après l'accord des Vingt-Sept fin juillet pour sabrer leur consommation de gaz, la Commission propose par ailleurs de fixer "des objectifs contraignants" pour réduire la demande d'électricité, avec pour chaque Etat une baisse "d'au moins 10% de la consommation mensuelle nette" et d'"au moins 5%" aux heures de pointe.

Là encore, la proposition est largement saluée. Un diplomate européen note la même "grande convergence de vues" concernant le soutien aux fournisseurs d'électricité, à court de liquidités face à la volatilité des marchés: les règles européennes pourraient être assouplies pour permettre de leur apporter rapidement des garanties publiques.

En revanche, nombre de pays ont accueilli fraîchement l'idée de plafonner le prix des livraisons russes de gaz, proposée par la Commission pour restreindre encore les revenus du Kremlin.

Son impact sur le marché suscite le scepticisme dans certaines capitales européennes, alors que le gaz russe ne représente plus que 9% des importations européennes (contre 40% avant la guerre). Et certains pays, qui restent très dépendants de Moscou sur l'énergie, redoutent des conséquences économiques désastreuses.

Mercredi, le président russe Vladimir a dénoncé ce qui serait selon "une décision absolument stupide", et menacé de cesser toute livraison aux pays qui adopteraient ce mécanisme.

"Cette proposition n'est pas constructive. C'est une autre forme de sanction contre Moscou, plutôt qu'une véritable solution à la crise énergétique", a réagi le ministre tchèque de l'Industrie Jozef Sikela, dont le pays occupe la présidence de l'UE.

La Hongrie dit "ne pas comprendre" cette mesure risquant de "provoquer une pénurie".

De son côté, l'Italie préconise un plafonnement complet pour six mois des prix du gaz acheté par l'UE, quelle qu'en soit l'origine, y compris pour le gaz naturel liquéfié (GNL) acheminé par bateau. La Grèce et la Belgique, notamment, sont sur la même ligne.

"Pour attaquer le mal à la racine, il faut un plafond sur l'ensemble du marché gazier", pas seulement le gaz russe, fait valoir le Premier ministre belge Alexander De Croo.

La Commission appelle certes à '"explorer les moyens" de réduire la facture des importations de GNL pour "éviter de payer des prix substantiellement plus élevés" qu'en Asie, mais avertit que l'UE doit rester suffisamment "attractive" pour les fournisseurs, dans un marché mondial où l'offre est tendue et où les navires de GNL peuvent aisément trouver d'autres destinations.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com