La Turquie pourrait solliciter la Russie si Washington lui refuse ses chasseurs F-16

Des avions de chasse F5 volent lors d'une cérémonie officielle commémorant l'invasion de Chypre par la Turquie en 1974, dans la partie nord de la capitale de l'île, Nicosie, en juillet 20, 2022. (AFP)
Des avions de chasse F5 volent lors d'une cérémonie officielle commémorant l'invasion de Chypre par la Turquie en 1974, dans la partie nord de la capitale de l'île, Nicosie, en juillet 20, 2022. (AFP)
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Publié le Vendredi 09 septembre 2022

La Turquie pourrait solliciter la Russie si Washington lui refuse ses chasseurs F-16

  • Les Etats-Unis ne sont pas les seuls dans le monde à vendre des avions de combat. L'Angleterre, la France, la Russie en vendent. Il est possible de s'en procurer partout», a lancé le chef de l'État turc
  • La Turquie, membre de l'Otan, souhaite acquérir aux Etats-Unis 40 avions de combat F-16, ainsi que les pièces détachées nécessaires à la maintenance et à la modernisation des F-16 qu'elle possède déjà

ANKARA : La Turquie pourrait se tourner vers d'autres pays, dont la Russie, pour acquérir des avions de combat si les Etats-Unis ne lui fournissent pas de chasseurs F-16, a affirmé vendredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

«J'espère que les Etats-Unis ne nous pousseront pas vers d'autres voies. Je veux dire par là que les Etats-Unis ne sont pas les seuls dans le monde à vendre des avions de combat. L'Angleterre, la France, la Russie en vendent. Il est possible de s'en procurer partout», a lancé le chef de l'État turc.

«Il y en a déjà qui nous envoient des signaux», a-t-il ajouté en référence aux potentiels pays fournisseurs.

La Turquie, membre de l'Otan, souhaite acquérir aux Etats-Unis 40 avions de combat F-16, ainsi que les pièces détachées nécessaires à la maintenance et à la modernisation des F-16 qu'elle possède déjà.

Si les pourparlers entre les deux pays se poursuivent, Ankara a protesté contre les conditions posées par le congrès américain pour conclure la vente.

Les élus américains exigent qu'Ankara s'abstienne de toute menace à l'encontre de la Grèce, notamment de violer son espace aérien.

La Turquie a déjà versé 1,4 milliard de dollars pour une commande d'avions de combat furtifs américains F-35, jamais livrés.

L'ensemble du contrat avait été gelé par les Etats-Unis en 2019 après l'achat par Ankara du système anti-missile russe S-400, perçu comme une menace pour le F-35. Washington avait alors exclu la Turquie de ce programme militaire de pointe.

Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis se sont cependant améliorées depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février.

Le président américain Joe Biden a affirmé qu'il soutenait la livraison des F-16 à la Turquie, lors d'une rencontre en juin avec M. Erdogan en marge d'un sommet de l'Otan à Madrid.

Issu du Parti démocrate, Joe «Biden a une approche positive à propos des F-16, mais a sous-entendu que les républicains (l'autre grand parti américain, droite) sont contre», a rappelé M. Erdogan. «Mon ministre des Affaires étrangères a rencontré un représentant des républicains en Bulgarie (...) qui a affirmé qu'ils pourraient nous soutenir», a-t-il cependant ajouté.

Le président turc doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine en marge d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai les 15 et 16 septembre à Samarcande, en Ouzbékistan;


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.