Le roi Charles III: un ami du monde arabe

Vêtu d'une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles participe à une danse saoudienne des sabres, l’Ardha, lors du festival culturel Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Vêtu d'une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles participe à une danse saoudienne des sabres, l’Ardha, lors du festival culturel Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Le roi saoudien Salman ben Abdulaziz accueille le prince Charles à Riyad, le 10 février 2015. (Photo SPA)
Le roi saoudien Salman ben Abdulaziz accueille le prince Charles à Riyad, le 10 février 2015. (Photo SPA)
Le prince Charles et la princesse Diana rencontrent le roi Fahd à l'aéroport de Gatwick lors de la visite d'État du monarque saoudien en Angleterre en mars 1987. (Getty Images)
Le prince Charles et la princesse Diana rencontrent le roi Fahd à l'aéroport de Gatwick lors de la visite d'État du monarque saoudien en Angleterre en mars 1987. (Getty Images)
Le roi Abdallah II de Jordanie (2ème à droite) et son épouse la reine Rania (à droite) reçoivent le prince Charles et son épouse la princesse Camilla au palais d’al-Husseiniyah à Amman, le 16 novembre 2021. (Photo d'archive AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie (2ème à droite) et son épouse la reine Rania (à droite) reçoivent le prince Charles et son épouse la princesse Camilla au palais d’al-Husseiniyah à Amman, le 16 novembre 2021. (Photo d'archive AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer accueillent le prince Charles et son épouse Camilla au Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer accueillent le prince Charles et son épouse Camilla au Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le prince Charles s’entretient avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lors de leur rencontre pour un dîner à Clarence House, dans le centre de Londres, le 7 mars 2018. (AFP)
Le prince Charles s’entretient avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lors de leur rencontre pour un dîner à Clarence House, dans le centre de Londres, le 7 mars 2018. (AFP)
Le prince Charles est accueilli au fort d’al-Jahili à al-Ain, aux Émirats arabes unis, par le président des Émirats arabes unis, cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, alors prince héritier, le 7 novembre 2016. (AFP)
Le prince Charles est accueilli au fort d’al-Jahili à al-Ain, aux Émirats arabes unis, par le président des Émirats arabes unis, cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, alors prince héritier, le 7 novembre 2016. (AFP)
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Publié le Samedi 06 mai 2023

Le roi Charles III: un ami du monde arabe

  • L'engagement du nouveau monarque au Moyen-Orient est un gage de continuité de l'amitié forgée par la reine défunte.
  • En tant que prince de Galles, Charles a fait preuve d’un engagement indéfectible en faveur des liens entre les religions et les cultures

LONDRES : En novembre, le prince de Galles et son épouse, la duchesse de Cornouailles, ont entamé la première tournée à l'étranger d'un membre de la famille royale britannique depuis le début de la pandémie de coronavirus. En effet, pendant deux ans, les voyages de représentation avaient été suspendus.

Pour ceux qui connaissent les centres d’intérêt les plus chers au nouveau roi Charles III, le choix du Moyen-Orient comme destination n'a pas été une surprise.

En visitant la Jordanie et l'Égypte, le prince avait honoré son engagement indéfectible à tisser des liens entre les différentes religions et cultures. Il a également pu exprimer toute sa fascination et son amour pour une région en faveur de laquelle il s’est toujours engagé.

Lors de sa visite en Jordanie, le prince avait tenu à exprimer son admiration pour le travail effectué dans le pays en faveur des réfugiés, dont beaucoup ont été déplacés par la guerre en Syrie.

Le prince Charles joue avec des enfants lors de sa visite au parc du roi Abdallah pour les réfugiés syriens à Ramtha city, au nord d'Amman, le 13 mars 2013. (AFP)
Le prince Charles joue avec des enfants lors de sa visite au parc du roi Abdallah pour les réfugiés syriens à Ramtha city, au nord d'Amman, le 13 mars 2013. (AFP)

Il s'est particulièrement préoccupé du sort des réfugiés dans toute la région. En janvier 2020, il devient le premier parrain britannique de l'International Rescue Committee, une organisation qui œuvre dans 40 pays « pour aider les gens à survivre, à se rétablir et à prendre le contrôle de leur avenir ».

En Jordanie, il a rencontré quelques-unes des 750 000 personnes accueillies par le pays, dont beaucoup dépendent du soutien des pays donateurs, notamment le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite.

Le prince a un sens aigu de l'histoire de la région, qui, dans bien des cas, est inextricablement liée à celle de son propre pays. Lors de son séjour en Jordanie, il a planté un arbre pour symboliser le partenariat entre le Royaume-Uni et la Jordanie et pour marquer le centenaire du Royaume hachémite de Jordanie, issu de la défaite de l'Empire ottoman aux mains des alliés lors de la Première Guerre mondiale, et qui a finalement obtenu son indépendance du mandat britannique en 1946.

Au Caire, le prince et la duchesse ont été accueillis par le président Abdel Fattah El-Sissi. Il s'agissait du deuxième voyage du prince en Égypte. Il s'y était déjà rendu en 2006, dans le cadre d'une tournée qui incluait également l'Arabie saoudite et qui avait été effectuée dans l’objectif de promouvoir une meilleure compréhension et une plus grande tolérance entre les religions, mais également pour soutenir des initiatives environnementales et promouvoir des possibilités d'emplois durables et de formations pour les jeunes.

Le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d'al-Azhar, reçoit le prince Charles et Camilla de Grande-Bretagne à leur arrivée à la mosquée du Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d'al-Azhar, reçoit le prince Charles et Camilla de Grande-Bretagne à leur arrivée à la mosquée du Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)

Après avoir visité la mosquée al-Azhar du Caire, le prince a souligné son engagement en faveur de l'harmonie interconfessionnelle dans un discours prononcé à l'université al-Azhar.

Il a déclaré : « Je crois de tout mon cœur que les hommes et les femmes responsables doivent travailler à restaurer le respect mutuel entre les religions, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour surmonter la méfiance qui empoisonne la vie de nombreuses personnes ».

À l'instar de sa mère, décédée jeudi, Charles s'est toujours consacré à l'œcuménisme et à la promotion de l'harmonie entre les religions.

Devenu roi, Charles III hérite désormais du rôle de la reine Élisabeth II en tant que gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, et du titre de défenseur de la foi – et, comme elle avant lui, il a toujours fait savoir qu'il considérait que ce rôle était mieux défini comme défenseur de toutes les croyances.

Lors d'une interview à la BBC en 2015, il avait déclaré : « Il m'a toujours semblé que, tout en étant défenseur de la foi, on peut aussi être protecteur des croyances.

 L'Église a le devoir de protéger la libre pratique de toutes les croyances dans ce pays. »

Avec plus de 3 millions de musulmans au Royaume-Uni, l'islam est la deuxième plus grande religion du pays, et l'intérêt de Charles pour cette religion est bien connu.

Le prince Charles se prépare avant un match d'entraînement de basket-ball au complexe de la Fédération saoudienne des sports pour les besoins spéciaux, dans la banlieue de Riyad, le 10 février 2004. (AFP)
Le prince Charles se prépare avant un match d'entraînement de basket-ball au complexe de la Fédération saoudienne des sports pour les besoins spéciaux, dans la banlieue de Riyad, le 10 février 2004. (AFP)

En 2015, lors d'une tournée au Moyen-Orient qui l'a conduit en Jordanie, au Koweït, en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, il a été dévoilé que le prince avait passé les six mois précédents à apprendre l'arabe avec un professeur particulier, afin de pouvoir lire le Coran dans sa langue originale et d'être mieux à même de déchiffrer les inscriptions dans les musées et autres institutions lors de ses nombreux voyages dans la région.

Un collaborateur royal a révélé que le prince était « extrêmement intéressé par la région ».

Connu pour sa passion pour l'histoire, l'art et la culture islamiques – à l'université de Cambridge dans les années 1960, le prince a étudié l'archéologie, l'anthropologie et l'histoire au Trinity College – Charles s'est toujours intéressé au patrimoine du Moyen-Orient.

Il a notamment suivi de près et visité à plusieurs reprises les importants travaux archéologiques qui se déroulent à AlUla et dans ses environs, ainsi que l'ancienne cité nabatéenne de Hégra, inscrite en 2008 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le prince Charles (3e à droite), accompagné du prince Sultan ben Salmane (4e à droite), alors responsable du tourisme saoudien, visite la ville historique d'AlUla dans la province de Médine, le 11 février 2015. (AFP)
Le prince Charles (3e à droite), accompagné du prince Sultan ben Salmane (4e à droite), alors responsable du tourisme saoudien, visite la ville historique d'AlUla dans la province de Médine, le 11 février 2015. (AFP)

Lors d'une visite en Arabie saoudite en 2013, il s’est rendu à Wadi Hanifa et a suivi avec grand intérêt une présentation du projet Diriyah, qui transforme le Wadi historique en une destination de tourisme culturel mondial, avec en son cœur les ruines préservées de Diriyah, capitale du premier État saoudien et berceau de l'Arabie saoudite.

Charles est un artiste passionné, et cet intérêt ressort clairement sur son site Web personnel, princeofwales.gov.uk – qui est en train d'être mis à jour pour refléter son nouveau statut – et sur lequel on peut voir quatre aquarelles qu'il a peintes au Moyen-Orient.

Dans cette image combinée tirée du site personnel du prince Charles, ses peintures du Moyen-Orient sont présentées dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du haut à gauche : Golfe d'Aqaba, Jordanie (1993) ; Port de Suez, 1986 ; vue sur Wadi Arkam, province d'Asir, 1999 ; et Ad Diriyah, Arabie Saoudite, 2001.
Dans cette image combinée tirée du site personnel du prince Charles, ses peintures du Moyen-Orient sont présentées dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du haut à gauche : Golfe d'Aqaba, Jordanie (1993) ; Port de Suez, 1986 ; vue sur Wadi Arkam, province d'Asir, 1999 ; et Ad Diriyah, Arabie Saoudite, 2001.

La plus ancienne, datée de 1986, représente un navire dans le port de Suez, en Égypte. Deux autres sont des paysages peints en Arabie Saoudite – une vue de Wadi Arkam dans la province reculée d'Asir, au sud-ouest du pays, en 1999, et une étude d'un palais historique à Diriyah, peinte en 2001.

Depuis son investiture en tant que prince de Galles en 1969, Charles a effectué d'innombrables visites dans les pays de la région, de manière officielle ou non. Outre les visites privées, en tant que prince de Galles, Charles a effectué cinq visites officielles en Jordanie, six au Qatar, sept au Koweït et aux Émirats arabes unis, et douze en Arabie saoudite.

Cette tradition a débuté en 1986, lorsqu'il a entrepris une tournée de neuf jours au Moyen-Orient, au cours de laquelle il a visité le Sultanat d’Oman, le Qatar, Bahreïn et l'Arabie saoudite avec son épouse Diana, princesse de Galles, dont il s'est séparé en 1992.

Le prince Charles et la princesse Diana à Djeddah à la fin des années 80 (Getty Images).
Le prince Charles et la princesse Diana à Djeddah à la fin des années 80 (Getty Images).

Le nombre de rencontres qu'il a eues, dans son pays et à l'étranger, avec des membres des familles royales du Moyen-Orient – plus de 200 au cours de la dernière décennie, notamment avec celles de Bahreïn, de la Jordanie, du Koweït, du Maroc, du Qatar, de l'Arabie saoudite, d'Oman et des Émirats arabes unis – démontre bien l’intérêt que Charles accorde à ses liens avec la région et ceux de la Grande-Bretagne.

En tant que prince de Galles, Charles avait pour mission de promouvoir les intérêts mutuels de la Grande-Bretagne et de ses alliés. Dans le cadre de cette mission, il a effectué de nombreuses visites officielles et officieuses en Arabie saoudite, l'allié le plus influent du Royaume-Uni dans la région.

Le rôle du prince en tant que pont entre son pays et toutes les nations du Golfe, en particulier, a toujours été bénéfique tant au Royaume Uni qu’aux pays en question. Par exemple, le lendemain d'une visite à Riyad en février 2014, au cours de laquelle le prince a accepté avec courage une invitation à revêtir une tenue arabe traditionnelle et à prendre part à une danse des sabres, il a été annoncé que la société aérospatiale britannique BAE avait conclu un accord pour la vente de 72 avions de combat Typhoon au Royaume.

Vêtu d’une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles effectue la danse des sabres saoudienne connue sous le nom d'Ardah lors du festival culturel de Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Vêtu d’une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles effectue la danse des sabres saoudienne connue sous le nom d'Ardah lors du festival culturel de Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)

En tant que prince de Galles, Charles s’est souvent engagé dans des œuvres caritatives. Parmi ses différents engagements, la Fondation du prince se démarque par sa portée mondiale puisqu’elle vise à « mettre en œuvre la vision du Prince de Galles de créer des communautés pour un monde plus durable ».

Axée sur l'éducation, l'appréciation du patrimoine et la promotion de l'égalité des chances pour les jeunes – chez eux comme à l'étranger – la fondation a mis en place des programmes satellites dans plus de 20 pays, dont l'Arabie saoudite et l'Égypte, où elle gère des centres permanents.

En Arabie saoudite, la fondation a mis en place un programme de formation professionnelle en arts et métiers du bâtiment dans la vieille ville de Djeddah, al-Balad, donnant aux étudiants la possibilité de s'impliquer dans les projets de restauration du ministère de la Culture dans la ville.

Pendant le festival Winter at Tantora, qui s'est tenu à AlUla du 10 janvier au 21 mars 2020, la fondation a présenté une exposition intitulée « Cosmos, Color and Craft : L'art de l'ordre de la nature à AlUla », et a organisé une série d'ateliers pratiques en collaboration avec la Commission royale d'AlUla.

Aux Émirats arabes unis, la fondation collabore depuis 2009 avec la Fondation pour la musique et les arts d'Abu Dhabi en vue de proposer des ateliers d'arts traditionnels dans la capitale.

Lors de sa visite en Égypte l'année dernière, le prince a rencontré de jeunes artisans de l'Egyptian Heritage Rescue Foundation et de la Jameel School. Soutenue par la Fondation du Prince, l'école dispense aux jeunes Égyptiens des cours de géométrie islamique traditionnelle, de dessin, d'harmonie des couleurs et d'étude des arabesques.

Le Prince Charles et son épouse Camilla accueillis par des officiels et un quatuor d'enfants alors qu'ils arrivent pour visiter la Bibliotheca Alexandrina, en Egypte, le 19 novembre 2021. (AFP)
Le Prince Charles et son épouse Camilla accueillis par des officiels et un quatuor d'enfants alors qu'ils arrivent pour visiter la Bibliotheca Alexandrina, en Egypte, le 19 novembre 2021. (AFP)

Sans surprise, la fondation a attiré les dons de nombreux amis influents dans la région. En tant que prince de Galles, les liens de Charles avec les familles royales de la région ont toujours été plus profonds que les liens que suppose une diplomatie avisée.

Par exemple, il considérait le roi Abdallah d'Arabie saoudite comme un ami personnel et, après le décès du monarque en janvier 2015, il s'est rendu à Riyad pour lui rendre un dernier hommage et exprimer en personne ses condoléances à son successeur, le roi Salmane.

En Sa Majesté la reine Elizabeth II, décédée jeudi, le Moyen-Orient et ses peuples avaient une amie de toujours, proche de ses dirigeants et engagée dans la construction et le maintien de liens solides entre les confessions et les cultures.

En la personne du roi Charles III, cette précieuse amitié est manifestement destinée à perdurer.


Syrie: deux explosions près de l'hôtel de Damas où Macron a passé la nuit

  • Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste
  • Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas

DAMAS: Une explosion a secoué mardi matin Damas, selon des journalistes de l'AFP, dans un secteur proche de l'hôtel du centre de la capitale syrienne où le président français Emmanuel Macron a passé la nuit.

Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier, alors que le dirigeant avait quitté l'hôtel Four Seasons et était arrivé au palais présidentiel pour un entretien avec son homologue Ahmad al-Chareh.

Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité ont bloqué plusieurs issues menant au secteur.

Emmanuel Macron est arrivé lundi soir en Syrie, la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale dans le pays depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste.

Sa visite est intervenue alors que dix personnes ont été tuées jeudi dans un attentat à la bombe contre un café du centre de Damas.

Lundi soir, Emmanuel Macron avait dîné avec le président syrien dans un restaurant du centre de Damas avant de se rendre avec lui à la célèbre mosquée des Omeyyades au cœur de la ville.


Israël: le Parlement adopte en première lecture la création d'une commission d'enquête sur le 7-Octobre défendue par Netanyahu

Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas. (AFP)
  • "Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi
  • Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention

JERUSALEM: Le Parlement israélien a approuvé lundi en première lecture une loi établissant une commission d'enquête, défendue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sur les défaillances sécuritaires ayant conduit à l'attaque du 7 octobre 2023 perpétrée par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Le vote a été boycotté par l'opposition qui estime que la commission proposée sera à la botte du gouvernement.

"Le principe de cette proposition de loi est de permettre de mener, en toute indépendance, des investigations poussées sur les évènements du (...) massacre du 7 octobre", précise une note explicative jointe à la proposition de loi.

Celle-ci a été adoptée avec 59 voix en sa faveur, sur les 120 sièges que compte la Knesset, Parlement israélien, sans voix contre ni abstention.

Telle que définie par cette loi, les six membres de la commission seraient nommés par la Knesset, à la majorité des deux tiers. En l'absence d'un consensus, trois membres seraient désignés par la coalition au pouvoir et trois par l'opposition.

D'anciens otages, enlevés par le Hamas lors du 7-Octobre, ou des membres de familles endeuillées auraient un rôle d'observateurs, tandis que les délibérations de la commission seraient diffusées et accessibles au grand public.

Ariel Kallner, parlementaire à l'initiative de la loi, a défendu la composition bipartisane de la commission.

"Seule une commission formée de façon égalitaire nous permettra de découvrir la vérité et de préserver la confiance de l'opinion publique. Cette commission pourra enquêter sur n'importe quelle entité qui a profondément influencé la politique sécuritaire d'Israël", a-t-il déclaré dans un communiqué publié par la Knesset.

Le 7 octobre 2023, des commandos du mouvement islamiste palestinien Hamas ont lancé une attaque surprise en Israël qui a entraîné la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils, selon des données officielles.

En riposte, Israël a lancé une offensive dans la bande de Gaza, faisant plus de 73.000 morts en deux ans, d'après les chiffres du ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis octobre.

Des personnalités d'opposition ont fait savoir qu'elles boycotteraient toute commission nommée par des hommes politiques.

Dans ce cas, le pouvoir de désigner des membres échoirait en dernière instance au président du Parlement, ce qui reviendrait à confier le contrôle du processus à la coalition au pouvoir.

L'opposition appelle depuis longtemps de ses voeux l'établissement d'une commission d'enquête nationale indépendante, mécanisme fréquemment mis en place par le passé lors de fiascos majeurs.

Les sondages indiquent qu'une majorité d'Israéliens, quelle que soit leur sensibilité politique, soutiennent un tel mécanisme pour conduire l'enquête.

Les membres de la commission seraient alors nommés par le président de la Cour suprême, actuellement en désaccord avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur plusieurs sujets.

"L'opposition ne prendra pas part à une comédie dont le seul but est de blanchir et d'empêcher une réelle enquête sur le plus grand désastre qu'a connu le peuple juif depuis l'Holocauste", a expliqué le  chef de l'opposition Yaïr Lapid sur X.

La proposition de loi doit maintenant être examinée par la commission de la Constitution de la Knesset pour de plus amples débats, avant les lectures finales, qui devraient se tenir la semaine prochaine.

Mardi, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Tel-Aviv et ailleurs dans le pays pour commémorer les 1.000 jours depuis l'attaque du 7-Octobre, exigeant la création d'une commission nationale d'enquête.

glp/cgc/vl

 


Un tanker touché par un projectile non-identifié dans la région du détroit d'Ormuz

Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO. (AFP)
  • L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman
  • Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché

LONDRES: Un tanker a été atteint lundi par un projectile non-identifié au large d'Oman, dans la région du détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence maritime britannique UKMTO.

"Un tanker a indiqué avoir été touché par un projectile inconnu sur le côté bâbord, provoquant un incendie, alors qu'il naviguait vers le sud", a écrit l'UKMTO dans un communiqué, ajoutant que l'incident n'avait pas fait de blessé ni causé de dommage à l'environnement.

L'attaque a eu lieu à 8 milles nautiques à l'est de Limah, dans le sultanat d'Oman.

Le site américain Axios a rapporté lundi soir que l'Iran avait "tiré au moins deux missiles sur des navires commerciaux", citant deux responsables américains. Selon l'un de ces responsables, un deuxième bateau a été touché et présente des dégâts importants.

L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer ces informations de manière indépendante.

Les navires marchands ont été fortement affectés par le conflit au Moyen-Orient depuis le 1er mars, lorsque l'Iran a fermé ce passage vital en représailles à des frappes américaines et israéliennes, les Etats-Unis imposant pour leur part un blocus des ports iraniens.

Le trafic maritime a repris après la signature d'un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin pour mettre fin au conflit. Mais l'Iran répète, en dépit de l'opposition des Etats-Unis, qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.

Fin juin, accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires, les Etats-Unis avaient bombardé le pays en retour, et l'Iran avait ciblé en représailles ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn. Iran et Etats-Unis s'étaient ensuite mis d'accord sur une pause des hostilités.

Le détroit d'Ormuz constitue la principale voie maritime connectant les riches pays pétroliers du Moyen-Orient au reste du monde, en particulier aux marchés asiatiques.

En 2024, environ 20 millions de barils de brut y circulaient quotidiennement, l'équivalent de près de 20% de la consommation mondiale de pétrole liquide, selon l'Agence américaine de l'Energie (EIA).