Le roi Charles III: un ami du monde arabe

Vêtu d'une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles participe à une danse saoudienne des sabres, l’Ardha, lors du festival culturel Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Vêtu d'une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles participe à une danse saoudienne des sabres, l’Ardha, lors du festival culturel Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Le roi saoudien Salman ben Abdulaziz accueille le prince Charles à Riyad, le 10 février 2015. (Photo SPA)
Le roi saoudien Salman ben Abdulaziz accueille le prince Charles à Riyad, le 10 février 2015. (Photo SPA)
Le prince Charles et la princesse Diana rencontrent le roi Fahd à l'aéroport de Gatwick lors de la visite d'État du monarque saoudien en Angleterre en mars 1987. (Getty Images)
Le prince Charles et la princesse Diana rencontrent le roi Fahd à l'aéroport de Gatwick lors de la visite d'État du monarque saoudien en Angleterre en mars 1987. (Getty Images)
Le roi Abdallah II de Jordanie (2ème à droite) et son épouse la reine Rania (à droite) reçoivent le prince Charles et son épouse la princesse Camilla au palais d’al-Husseiniyah à Amman, le 16 novembre 2021. (Photo d'archive AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie (2ème à droite) et son épouse la reine Rania (à droite) reçoivent le prince Charles et son épouse la princesse Camilla au palais d’al-Husseiniyah à Amman, le 16 novembre 2021. (Photo d'archive AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer accueillent le prince Charles et son épouse Camilla au Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son épouse Intissar Amer accueillent le prince Charles et son épouse Camilla au Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le prince Charles s’entretient avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lors de leur rencontre pour un dîner à Clarence House, dans le centre de Londres, le 7 mars 2018. (AFP)
Le prince Charles s’entretient avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lors de leur rencontre pour un dîner à Clarence House, dans le centre de Londres, le 7 mars 2018. (AFP)
Le prince Charles est accueilli au fort d’al-Jahili à al-Ain, aux Émirats arabes unis, par le président des Émirats arabes unis, cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, alors prince héritier, le 7 novembre 2016. (AFP)
Le prince Charles est accueilli au fort d’al-Jahili à al-Ain, aux Émirats arabes unis, par le président des Émirats arabes unis, cheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, alors prince héritier, le 7 novembre 2016. (AFP)
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Publié le Samedi 06 mai 2023

Le roi Charles III: un ami du monde arabe

  • L'engagement du nouveau monarque au Moyen-Orient est un gage de continuité de l'amitié forgée par la reine défunte.
  • En tant que prince de Galles, Charles a fait preuve d’un engagement indéfectible en faveur des liens entre les religions et les cultures

LONDRES : En novembre, le prince de Galles et son épouse, la duchesse de Cornouailles, ont entamé la première tournée à l'étranger d'un membre de la famille royale britannique depuis le début de la pandémie de coronavirus. En effet, pendant deux ans, les voyages de représentation avaient été suspendus.

Pour ceux qui connaissent les centres d’intérêt les plus chers au nouveau roi Charles III, le choix du Moyen-Orient comme destination n'a pas été une surprise.

En visitant la Jordanie et l'Égypte, le prince avait honoré son engagement indéfectible à tisser des liens entre les différentes religions et cultures. Il a également pu exprimer toute sa fascination et son amour pour une région en faveur de laquelle il s’est toujours engagé.

Lors de sa visite en Jordanie, le prince avait tenu à exprimer son admiration pour le travail effectué dans le pays en faveur des réfugiés, dont beaucoup ont été déplacés par la guerre en Syrie.

Le prince Charles joue avec des enfants lors de sa visite au parc du roi Abdallah pour les réfugiés syriens à Ramtha city, au nord d'Amman, le 13 mars 2013. (AFP)
Le prince Charles joue avec des enfants lors de sa visite au parc du roi Abdallah pour les réfugiés syriens à Ramtha city, au nord d'Amman, le 13 mars 2013. (AFP)

Il s'est particulièrement préoccupé du sort des réfugiés dans toute la région. En janvier 2020, il devient le premier parrain britannique de l'International Rescue Committee, une organisation qui œuvre dans 40 pays « pour aider les gens à survivre, à se rétablir et à prendre le contrôle de leur avenir ».

En Jordanie, il a rencontré quelques-unes des 750 000 personnes accueillies par le pays, dont beaucoup dépendent du soutien des pays donateurs, notamment le Royaume-Uni et l'Arabie saoudite.

Le prince a un sens aigu de l'histoire de la région, qui, dans bien des cas, est inextricablement liée à celle de son propre pays. Lors de son séjour en Jordanie, il a planté un arbre pour symboliser le partenariat entre le Royaume-Uni et la Jordanie et pour marquer le centenaire du Royaume hachémite de Jordanie, issu de la défaite de l'Empire ottoman aux mains des alliés lors de la Première Guerre mondiale, et qui a finalement obtenu son indépendance du mandat britannique en 1946.

Au Caire, le prince et la duchesse ont été accueillis par le président Abdel Fattah El-Sissi. Il s'agissait du deuxième voyage du prince en Égypte. Il s'y était déjà rendu en 2006, dans le cadre d'une tournée qui incluait également l'Arabie saoudite et qui avait été effectuée dans l’objectif de promouvoir une meilleure compréhension et une plus grande tolérance entre les religions, mais également pour soutenir des initiatives environnementales et promouvoir des possibilités d'emplois durables et de formations pour les jeunes.

Le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d'al-Azhar, reçoit le prince Charles et Camilla de Grande-Bretagne à leur arrivée à la mosquée du Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)
Le cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d'al-Azhar, reçoit le prince Charles et Camilla de Grande-Bretagne à leur arrivée à la mosquée du Caire, le 18 novembre 2021. (AFP)

Après avoir visité la mosquée al-Azhar du Caire, le prince a souligné son engagement en faveur de l'harmonie interconfessionnelle dans un discours prononcé à l'université al-Azhar.

Il a déclaré : « Je crois de tout mon cœur que les hommes et les femmes responsables doivent travailler à restaurer le respect mutuel entre les religions, et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour surmonter la méfiance qui empoisonne la vie de nombreuses personnes ».

À l'instar de sa mère, décédée jeudi, Charles s'est toujours consacré à l'œcuménisme et à la promotion de l'harmonie entre les religions.

Devenu roi, Charles III hérite désormais du rôle de la reine Élisabeth II en tant que gouverneur suprême de l'Église d'Angleterre, et du titre de défenseur de la foi – et, comme elle avant lui, il a toujours fait savoir qu'il considérait que ce rôle était mieux défini comme défenseur de toutes les croyances.

Lors d'une interview à la BBC en 2015, il avait déclaré : « Il m'a toujours semblé que, tout en étant défenseur de la foi, on peut aussi être protecteur des croyances.

 L'Église a le devoir de protéger la libre pratique de toutes les croyances dans ce pays. »

Avec plus de 3 millions de musulmans au Royaume-Uni, l'islam est la deuxième plus grande religion du pays, et l'intérêt de Charles pour cette religion est bien connu.

Le prince Charles se prépare avant un match d'entraînement de basket-ball au complexe de la Fédération saoudienne des sports pour les besoins spéciaux, dans la banlieue de Riyad, le 10 février 2004. (AFP)
Le prince Charles se prépare avant un match d'entraînement de basket-ball au complexe de la Fédération saoudienne des sports pour les besoins spéciaux, dans la banlieue de Riyad, le 10 février 2004. (AFP)

En 2015, lors d'une tournée au Moyen-Orient qui l'a conduit en Jordanie, au Koweït, en Arabie saoudite, au Qatar et aux Émirats arabes unis, il a été dévoilé que le prince avait passé les six mois précédents à apprendre l'arabe avec un professeur particulier, afin de pouvoir lire le Coran dans sa langue originale et d'être mieux à même de déchiffrer les inscriptions dans les musées et autres institutions lors de ses nombreux voyages dans la région.

Un collaborateur royal a révélé que le prince était « extrêmement intéressé par la région ».

Connu pour sa passion pour l'histoire, l'art et la culture islamiques – à l'université de Cambridge dans les années 1960, le prince a étudié l'archéologie, l'anthropologie et l'histoire au Trinity College – Charles s'est toujours intéressé au patrimoine du Moyen-Orient.

Il a notamment suivi de près et visité à plusieurs reprises les importants travaux archéologiques qui se déroulent à AlUla et dans ses environs, ainsi que l'ancienne cité nabatéenne de Hégra, inscrite en 2008 au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Le prince Charles (3e à droite), accompagné du prince Sultan ben Salmane (4e à droite), alors responsable du tourisme saoudien, visite la ville historique d'AlUla dans la province de Médine, le 11 février 2015. (AFP)
Le prince Charles (3e à droite), accompagné du prince Sultan ben Salmane (4e à droite), alors responsable du tourisme saoudien, visite la ville historique d'AlUla dans la province de Médine, le 11 février 2015. (AFP)

Lors d'une visite en Arabie saoudite en 2013, il s’est rendu à Wadi Hanifa et a suivi avec grand intérêt une présentation du projet Diriyah, qui transforme le Wadi historique en une destination de tourisme culturel mondial, avec en son cœur les ruines préservées de Diriyah, capitale du premier État saoudien et berceau de l'Arabie saoudite.

Charles est un artiste passionné, et cet intérêt ressort clairement sur son site Web personnel, princeofwales.gov.uk – qui est en train d'être mis à jour pour refléter son nouveau statut – et sur lequel on peut voir quatre aquarelles qu'il a peintes au Moyen-Orient.

Dans cette image combinée tirée du site personnel du prince Charles, ses peintures du Moyen-Orient sont présentées dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du haut à gauche : Golfe d'Aqaba, Jordanie (1993) ; Port de Suez, 1986 ; vue sur Wadi Arkam, province d'Asir, 1999 ; et Ad Diriyah, Arabie Saoudite, 2001.
Dans cette image combinée tirée du site personnel du prince Charles, ses peintures du Moyen-Orient sont présentées dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du haut à gauche : Golfe d'Aqaba, Jordanie (1993) ; Port de Suez, 1986 ; vue sur Wadi Arkam, province d'Asir, 1999 ; et Ad Diriyah, Arabie Saoudite, 2001.

La plus ancienne, datée de 1986, représente un navire dans le port de Suez, en Égypte. Deux autres sont des paysages peints en Arabie Saoudite – une vue de Wadi Arkam dans la province reculée d'Asir, au sud-ouest du pays, en 1999, et une étude d'un palais historique à Diriyah, peinte en 2001.

Depuis son investiture en tant que prince de Galles en 1969, Charles a effectué d'innombrables visites dans les pays de la région, de manière officielle ou non. Outre les visites privées, en tant que prince de Galles, Charles a effectué cinq visites officielles en Jordanie, six au Qatar, sept au Koweït et aux Émirats arabes unis, et douze en Arabie saoudite.

Cette tradition a débuté en 1986, lorsqu'il a entrepris une tournée de neuf jours au Moyen-Orient, au cours de laquelle il a visité le Sultanat d’Oman, le Qatar, Bahreïn et l'Arabie saoudite avec son épouse Diana, princesse de Galles, dont il s'est séparé en 1992.

Le prince Charles et la princesse Diana à Djeddah à la fin des années 80 (Getty Images).
Le prince Charles et la princesse Diana à Djeddah à la fin des années 80 (Getty Images).

Le nombre de rencontres qu'il a eues, dans son pays et à l'étranger, avec des membres des familles royales du Moyen-Orient – plus de 200 au cours de la dernière décennie, notamment avec celles de Bahreïn, de la Jordanie, du Koweït, du Maroc, du Qatar, de l'Arabie saoudite, d'Oman et des Émirats arabes unis – démontre bien l’intérêt que Charles accorde à ses liens avec la région et ceux de la Grande-Bretagne.

En tant que prince de Galles, Charles avait pour mission de promouvoir les intérêts mutuels de la Grande-Bretagne et de ses alliés. Dans le cadre de cette mission, il a effectué de nombreuses visites officielles et officieuses en Arabie saoudite, l'allié le plus influent du Royaume-Uni dans la région.

Le rôle du prince en tant que pont entre son pays et toutes les nations du Golfe, en particulier, a toujours été bénéfique tant au Royaume Uni qu’aux pays en question. Par exemple, le lendemain d'une visite à Riyad en février 2014, au cours de laquelle le prince a accepté avec courage une invitation à revêtir une tenue arabe traditionnelle et à prendre part à une danse des sabres, il a été annoncé que la société aérospatiale britannique BAE avait conclu un accord pour la vente de 72 avions de combat Typhoon au Royaume.

Vêtu d’une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles effectue la danse des sabres saoudienne connue sous le nom d'Ardah lors du festival culturel de Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)
Vêtu d’une tenue arabe traditionnelle, le prince Charles effectue la danse des sabres saoudienne connue sous le nom d'Ardah lors du festival culturel de Janadriyah, près de Riyad, en février 2014. (Reuters)

En tant que prince de Galles, Charles s’est souvent engagé dans des œuvres caritatives. Parmi ses différents engagements, la Fondation du prince se démarque par sa portée mondiale puisqu’elle vise à « mettre en œuvre la vision du Prince de Galles de créer des communautés pour un monde plus durable ».

Axée sur l'éducation, l'appréciation du patrimoine et la promotion de l'égalité des chances pour les jeunes – chez eux comme à l'étranger – la fondation a mis en place des programmes satellites dans plus de 20 pays, dont l'Arabie saoudite et l'Égypte, où elle gère des centres permanents.

En Arabie saoudite, la fondation a mis en place un programme de formation professionnelle en arts et métiers du bâtiment dans la vieille ville de Djeddah, al-Balad, donnant aux étudiants la possibilité de s'impliquer dans les projets de restauration du ministère de la Culture dans la ville.

Pendant le festival Winter at Tantora, qui s'est tenu à AlUla du 10 janvier au 21 mars 2020, la fondation a présenté une exposition intitulée « Cosmos, Color and Craft : L'art de l'ordre de la nature à AlUla », et a organisé une série d'ateliers pratiques en collaboration avec la Commission royale d'AlUla.

Aux Émirats arabes unis, la fondation collabore depuis 2009 avec la Fondation pour la musique et les arts d'Abu Dhabi en vue de proposer des ateliers d'arts traditionnels dans la capitale.

Lors de sa visite en Égypte l'année dernière, le prince a rencontré de jeunes artisans de l'Egyptian Heritage Rescue Foundation et de la Jameel School. Soutenue par la Fondation du Prince, l'école dispense aux jeunes Égyptiens des cours de géométrie islamique traditionnelle, de dessin, d'harmonie des couleurs et d'étude des arabesques.

Le Prince Charles et son épouse Camilla accueillis par des officiels et un quatuor d'enfants alors qu'ils arrivent pour visiter la Bibliotheca Alexandrina, en Egypte, le 19 novembre 2021. (AFP)
Le Prince Charles et son épouse Camilla accueillis par des officiels et un quatuor d'enfants alors qu'ils arrivent pour visiter la Bibliotheca Alexandrina, en Egypte, le 19 novembre 2021. (AFP)

Sans surprise, la fondation a attiré les dons de nombreux amis influents dans la région. En tant que prince de Galles, les liens de Charles avec les familles royales de la région ont toujours été plus profonds que les liens que suppose une diplomatie avisée.

Par exemple, il considérait le roi Abdallah d'Arabie saoudite comme un ami personnel et, après le décès du monarque en janvier 2015, il s'est rendu à Riyad pour lui rendre un dernier hommage et exprimer en personne ses condoléances à son successeur, le roi Salmane.

En Sa Majesté la reine Elizabeth II, décédée jeudi, le Moyen-Orient et ses peuples avaient une amie de toujours, proche de ses dirigeants et engagée dans la construction et le maintien de liens solides entre les confessions et les cultures.

En la personne du roi Charles III, cette précieuse amitié est manifestement destinée à perdurer.


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.