Harcèlement scolaire: Emmanuel Macron engagé à combattre ce fléau

Le chef de l'État enjoint aux jeunes, qui seraient victimes ou témoins de tels faits, de parler : « Je voudrais que dès que ça arrive, vous en parliez à vos parents, à vos professeurs. Parlez-en. » (AFP)
Le chef de l'État enjoint aux jeunes, qui seraient victimes ou témoins de tels faits, de parler : « Je voudrais que dès que ça arrive, vous en parliez à vos parents, à vos professeurs. Parlez-en. » (AFP)
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Publié le Samedi 10 septembre 2022

Harcèlement scolaire: Emmanuel Macron engagé à combattre ce fléau

  • Filmé en mode selfie, Emmanuel Macron alerte sur les dangers du harcèlement scolaire via cette plateforme, où les utilisateurs sont âgés, en moyenne, entre 13 et 25 ans,  pour s’adresser principalement aux jeunes
  • « Je ne veux pas accepter que, pour beaucoup d'entre vous […], reprendre l'école signifie retrouver cette violence au quotidien, ces injustices, et une vie impossible », a-t-il déclaré

PARIS : En France, plus d'un million d'élèves sont victimes de harcèlement scolaire, un fléau que le chef de l’Etat s'est engagé à combattre dès son premier quinquennat.

« Je ne veux pas accepter que la rentrée scolaire […] soit synonyme de calvaire»: À la veille de la rentrée scolaire, Emmanuel Macron a pris la parole sur le réseau social Tiktok, pour réaffirmer sa volonté de lutter contre le harcèlement scolaire.

Filmé en mode selfie, Emmanuel Macron alerte sur les dangers du harcèlement scolaire via cette plateforme, où les utilisateurs sont âgés, en moyenne, entre 13 et 25 ans,  pour s’adresser principalement aux jeunes.

La vidéo débute par une série d'insultes et juste après, le président de la République prend la parole : «Ces insultes, ces menaces, ces injures, trop d'entre vous les ont entendues à l'école, les subissent au quotidien. Et quand c'est terminé à l'école, ça repart sur les réseaux sociaux.» 

Il rappelle les numéros de téléphone qui existent et mettent en relation des jeunes victimes et des professionnels à l'écoute. Le numéro de la plateforme d'aide aux victimes de harcèlement, le 3020, et celle contre le cyberharcèlement, 3018. Ce harcèlement toucherait jusqu'à 10% des élèves.  

« Je ne veux pas accepter que, pour beaucoup d'entre vous […], reprendre l'école signifie retrouver cette violence au quotidien, ces injustices, et une vie impossible », déclare Emmanuel Macron dans cette séquence de trois minutes, publiée sur son compte nominatif.

« N'acceptez rien »

Le chef de l'État enjoint aux jeunes, qui seraient victimes ou témoins de tels faits, de parler : « Je voudrais que dès que ça arrive, vous en parliez à vos parents, à vos professeurs. Parlez-en. »

« N'acceptez rien, le problème est du côté de ceux qui vous insultent. Nous ne céderons rien. »

Pour lutter contre ce phénomène, les personnels de l'Éducation nationale sont formés pour "détecter et accompagner", assure le président.

Le harcèlement touche près d'un enfant sur dix et peut avoir des conséquences dramatiques, comme l'a rappelé en octobre le suicide de Dinah, 14 ans.


Énergie: Deux lois prévues d'ici la fin de l'année

«Je porterai deux lois dans les mois à venir pour réformer la gouvernance de notre système de sûreté nucléaire et pour reprendre le contrôle sur les prix de notre électricité, plus largement sur l'énergie et le climat», a indiqué la ministre Agnès Pannier-Runacher (Photo, AFP).
«Je porterai deux lois dans les mois à venir pour réformer la gouvernance de notre système de sûreté nucléaire et pour reprendre le contrôle sur les prix de notre électricité, plus largement sur l'énergie et le climat», a indiqué la ministre Agnès Pannier-Runacher (Photo, AFP).
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  • L'une sur la sûreté nucléaire, et l'autre censée régler la question du prix de l'électricité et adapter la production d'énergie aux engagements climatiques
  • Cette deuxième loi doit prendre en compte les objectifs climatiques de la France et fixer la programmation de production énergétique secteur par secteur

PARIS: Le gouvernement compte présenter deux lois sur l'énergie d'ici fin 2023: l'une sur la sûreté nucléaire, et l'autre censée régler la question du prix de l'électricité et adapter la production d'énergie aux engagements climatiques du pays.

"Je porterai deux lois dans les mois à venir pour réformer la gouvernance de notre système de sûreté nucléaire et pour reprendre le contrôle sur les prix de notre électricité, plus largement sur l'énergie et le climat", a indiqué la ministre Agnès Pannier-Runacher à la presse mardi.

Les deux textes ont vocation à être présentés "avant la fin de l'année", a précisé son cabinet.

Dans le premier cas, il s'agit de boucler un chantier — fortement contesté — engagé par le gouvernement pour fondre l'Institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN), expert technique de la sûreté, dans l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui décide du sort des centrales.

Sur fond de relance du programme nucléaire, elle vise à "adapter" et "fluidifier" les décisions en créant "l'une des plus grandes autorités de sûreté nucléaire du monde", mais ses détracteurs redoutent une perte d'indépendance et de qualité de l'expertise et une moindre transparence à l'égard du public.

Concernant la deuxième loi, Mme Pannier-Runacher souhaite mettre en place "un dispositif pérenne qui permette de conserver parmi les prix les plus bas d'Europe tout en empêchant l'envolée des prix qu'on a connue ces derniers mois".

Emmanuel Macron avait indiqué lundi que le gouvernement annoncerait en octobre des tarifs de l'électricité "compatibles" avec les exigences de "compétitivité" et qui donnent "de la visibilité aux ménages et aux industriels", grâce au parc nucléaire que possède la France.

Ce sujet est au cœur d'âpres discussions à Bruxelles en raison des dissensions entre les pays sur la place à donner au nucléaire français. Il divise aussi l’État et la direction d'EDF.

L’État, actionnaire à 100% d'EDF, souhaite que les prix de l'électricité soient les plus proches des coûts de production pour soutenir consommateurs et compétitivité industrielle.

De son côté, EDF, lestée d'une dette record, revendique le droit de fixer ses prix plus librement grâce à des contrats sur les marchés avec de gros clients.

«Investissements conséquents»

Cette deuxième loi doit aussi prendre en compte les objectifs climatiques de la France et fixer la programmation de production énergétique secteur par secteur.

"Si la France veut tenir ses objectifs climatiques, elle devra doubler son rythme de réduction d'émissions, à -5% par an d'ici 2030", a rappelé  le climatologue Jean Jouzel, présent mardi au colloque du syndicat des énergies renouvelables à Paris, où il a souligné le rôle premier de ces ressources, avant toute autre solution, pour décarboner le pays.

Un document devrait être présenté en consultation "dans les prochaines semaines", l'objectif étant que la loi arrive en conseil des ministres "avant la fin de l'année".

Une loi de programmation énergie-climat initialement prévue début 2023 n'a encore jamais été inscrite au calendrier parlementaire. "Après l'été le plus chaud jamais enregistré", un collectif de députés transpartisan appelle à l'inscrire à l'agenda de cette rentrée, dans une tribune publiée par Le Monde.

"J'espère qu'il s'agit bien d'une loi de programmation car il est fondamental que le Parlement par son vote puisse donner le cap de façon irréversible", a déclaré Jules Nyssen, président du Syndicat des énergies renouvelables mardi.

"Nous parlons d'investissements conséquents, d'enjeux qui dépassent largement l'horizon de 2035 et nous avons besoin de visibilité", a-t-il insisté.

Pas d'objectifs surestimés

Pour cette programmation, la ministre "table sur le doublement de la production en matière de photovoltaïque et en matière de biogaz" chaque année, "la stabilisation de la trajectoire d'éoliennes terrestres sur le rythme 2022", et "sur l'accélération des éoliennes marines pour pouvoir lancer un appel d'offre majeur fin 2024, début 2025".

En matière de biogaz, il faut passer de 11 à 44 TWh de capacité de production, soit installer environ 5,5 TWh supplémentaires par an au lieu d'un peu moins de 3 TWh actuellement, a précisé son cabinet.

Mme Pannier-Runacher souhaite également un "rehaussement des investissements dans les stockages type batteries ou STEP", ces stations d'énergie par pompage hydro-électriques.

"Nous intégrerons la relance du nucléaire avec EDF qui a un objectif managérial de 400 TWh de production", a-t-elle ajouté, en précisant que le gouvernement retiendrait "360 TWh par prudence" dans la loi.

Idem pour les renouvelables, le gouvernement souhaite retenir des objectifs de production "plus prudents" que ceux promis par la filière.

"Je ne veux pas qu'on mette le système en danger par des objectifs surestimés", a-t-elle dit.

Concernant l'éolien marin, un "grand débat de six mois" doit s'ouvrir en novembre sur chacune des quatre façades maritimes.


La crise de l'eau à Mayotte est «gravissime», selon le ministre des Outre-mer

Depuis le 4 septembre, la population mahoraise est privée d'eau deux jours sur trois (Photo de Chafion MADI / AFP).
Depuis le 4 septembre, la population mahoraise est privée d'eau deux jours sur trois (Photo de Chafion MADI / AFP).
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  • Les déficits pluviométriques sont aggravés par un manque d'infrastructures et d'investissements dans un département qui, sous pression de l'immigration clandestine venue notamment des Comores voisines, connaît une croissance démographique de 4% par an
  • Le préfet de Mayotte a intensifié les coupures d'eau ces derniers mois

PARIS: La situation est "gravissime" à Mayotte, dont la population est privée d'eau potable deux jours sur trois depuis trois semaines, a déclaré mardi le ministre délégué aux Outre-mer, à la veille d'un déplacement dans l'archipel français de l'océan Indien.

"La situation de Mayotte, vous l'avez décrite, elle est inédite, elle est gravissime, et avec le gouvernement je peux vous dire que nous sommes totalement mobilisés", a souligné Philippe Vigier en réponse à une question au gouvernement de la députée Liot de ce territoire, Estelle Youssouffa.

Le ministre doit se rendre mercredi et jeudi à Mayotte, pour sa deuxième visite en moins d'un mois dans le département le plus pauvre de France. Le 2 septembre, Philippe Vigier avait profité d'un déplacement à La Réunion pour passer quelques heures sur le territoire mahorais.

Il avait alors annoncé une aide de 35 millions d'euros pour des mesures d'urgence (distribution de bouteilles, forages, interconnexion des réseaux d'eau potable...) dans un territoire qui subit sa plus grave sécheresse depuis 1997.

Les déficits pluviométriques sont aggravés par un manque d'infrastructures et d'investissements dans un département qui, sous pression de l'immigration clandestine venue notamment des Comores voisines, connaît une croissance démographique de 4% par an.

Dans ce contexte, le préfet de Mayotte a intensifié les coupures d'eau ces derniers mois. Depuis le 4 septembre, la population mahoraise (310 000 habitants au 1er janvier 2023, selon l'Insee) est privée d'eau deux jours sur trois.

A Mamoudzou, Philippe Vigier doit présider un "comité de suivi de la ressource en eau avec tous les acteurs engagés dans cette crise", a indiqué le ministère.

Une visite du Centre hospitalier de Mayotte (CHM), qui souffre d'un sous-effectif chronique, est également prévue.


Macron en Corse pour un discours très attendu devant les élus de l'île

Le président français Emmanuel Macron arrive au Palazzo Montecitorio, qui accueille la Chambre des députés italienne, pour assister aux funérailles nationales non religieuses du défunt président italien Giorgio Napolitano à Rome le 26 septembre 2023 (Photo de Filippo MONTEFORTE / AFP).
Le président français Emmanuel Macron arrive au Palazzo Montecitorio, qui accueille la Chambre des députés italienne, pour assister aux funérailles nationales non religieuses du défunt président italien Giorgio Napolitano à Rome le 26 septembre 2023 (Photo de Filippo MONTEFORTE / AFP).
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  • Le président prononcera un discours jeudi matin devant l'Assemblée de Corse à Ajaccio à l'issue de discussions ces derniers mois entre élus corses et représentants de l'Etat
  • Emmanuel Macron assistera à des commémorations jeudi à Ajaccio et Bastia puis partira vendredi pour Malte pour un Sommet MED9 des pays du sud de l’Union européenne

PARIS: Emmanuel Macron se rendra de mercredi à vendredi en Corse où il pourrait faire des annonces sur l'autonomie de l'île et commémorera le 80e anniversaire de sa libération en 1943, a annoncé mardi l'Elysée.

Le président prononcera un discours jeudi matin devant l'Assemblée de Corse à Ajaccio à l'issue de discussions ces derniers mois entre élus corses et représentants de l'Etat "à tous les étages", de l'Elysée aux ministères, a précisé un conseiller ministériel.

Après la mort en mars 2022 du militant indépendantiste Yvan Colonna, agressé à la prison d'Arles où il purgeait une peine de perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac, et les manifestations violentes qui avaient suivi dans l'île, le gouvernement avait ouvert la possibilité de discussions pouvant "aller jusqu'à l'autonomie".

"Tout n'est pas encore stabilisé", "il y a encore des calages", mais le président pourrait se prononcer sur une évolution du statut de l'île si un accord est trouvé entre les élus corses, a souligné l'Elysée, notant que les "positions évoluent dans le sens d'un rapprochement acceptable".

"Nous pensons, d'après les informations que nous avons, notamment les plus récentes, qu'un accord peut être possible entre une majorité des groupes qui siègent à l'Assemblée corse pour engager des évolutions institutionnelles conformes au cadre républicain", a souligné la présidence.

Si un accord est trouvé, "le président de la République dira certainement qu'il est prêt à envisager une évolution institutionnelle conforme à ce cadre", a-t-on ajouté.

Dans un texte adopté le 5 juillet, les nationalistes, qui contrôlent l'Assemblée, ont réclamé la "reconnaissance juridique du peuple corse", "un statut de co-officialité de la langue corse" et la reconnaissance du "lien entre le peuple corse et sa terre" via "un statut de résident".

Pour l'Elysée, la co-officialité de la langue n'est pas recevable, ce "qui n'exclut pas qu'on fasse un effort en matière de bilinguisme". Le statut de résident constitue également "une ligne rouge" car il reviendrait à "créer deux catégories de citoyens dans la République", de même que la "volonté de prioriser l'emploi pour les habitants de l'île".

Durant son déplacement, qui le conduira aussi à Bastia, le président honorera la "mémoire des Corses résistants" à l'occasion du 80e anniversaire de la libération de l'île. La Corse a été le premier territoire français libéré, le 4 octobre 1943, grâce à une insurrection populaire, puis l'aide des troupes françaises d'Afrique.

Emmanuel Macron assistera à des commémorations jeudi à Ajaccio et Bastia puis partira vendredi pour Malte pour un Sommet MED9 des pays du sud de l’Union européenne.