Après Europe 1, le système Bolloré inquiète à Paris Match

L'homme d'affaires français, président-directeur général du groupe d'investissement Bolloré, Vincent Bolloré est assis dans sa voiture lors d'une cérémonie marquant le 200e anniversaire de son groupe à la chapelle Kerdevot à Ergue-Gaberic, dans l'ouest de la France, le 17 février 2022. (Photo, AFP)
L'homme d'affaires français, président-directeur général du groupe d'investissement Bolloré, Vincent Bolloré est assis dans sa voiture lors d'une cérémonie marquant le 200e anniversaire de son groupe à la chapelle Kerdevot à Ergue-Gaberic, dans l'ouest de la France, le 17 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 10 septembre 2022

Après Europe 1, le système Bolloré inquiète à Paris Match

  • « On a toujours cru qu'on passerait au travers de Bolloré, qu'il n'allait pas abîmer Match», déplore une plume du magazine souhaitant rester anonyme
  • Mais depuis quelque temps, la mainmise du milliardaire breton, qui a progressivement pris le contrôle de Lagardère via Vivendi (Canal+, CNews), ne fait plus de doute, selon elle

PARIS : Départ brutal de Bruno Jeudy sur fond de désaccord, arrivée probable de Laurence Ferrari, article non publié... Les polémiques s'enchaînent à Paris Match, attisant les craintes d'un avenir semblable à celui d'Europe 1, sous l'influence de Vincent Bolloré, premier actionnaire de Lagardère.

"On a toujours cru qu'on passerait au travers de Bolloré, qu'il n'allait pas abîmer Match", déplore auprès de l'AFP une plume du magazine souhaitant rester anonyme.

Mais depuis quelque temps, la mainmise du milliardaire breton, qui a progressivement pris le contrôle de Lagardère via Vivendi (Canal+, CNews), ne fait plus de doute, selon elle.

En témoigne l'arrivée de Laurence Ferrari dévoilée par Stratégies et Les jours, confirmée à l'AFP par une source interne.

L'ex-star du JT de TF1, présentatrice de "Punchline" sur CNews et Europe 1, doit remplacer Bruno Jeudy. Le rédacteur en chef actualités, politique et économie, a été débarqué en août, officiellement d'un commun accord, officieusement en raison de ses "critiques" répétées contre "l'ingérence" de la direction de Lagardère dans les choix éditoriaux.

Egalement chroniqueur à BFMTV, Bruno Jeudy avait dénoncé l'absence de Une consacrée à Emmanuel Macron au lendemain de sa réélection et la couverture dédiée au cardinal ultra-conservateur Robert Sarah.

Vivendi "n'intervient en aucun cas dans la gestion stratégique, financière et encore moins éditoriale du groupe", a répondu la présidente de Lagardère News, Constance Benqué, dans un message à la société des journalistes de Paris Match.

Elle y "renouvelle" sa confiance au tandem à la tête du journal - Patrick Mahé et Caroline Mangez, qui n'ont pas répondu à l'AFP - depuis l'éviction en octobre 2021 du directeur de Paris Match et du JDD, Hervé Gattegno.

"Quelles qu'en soient les raisons", le départ de Bruno Jeudy, "grosse force de travail" dans une rédaction "relativement à l'os", a "été un vrai coup de massue", explique une journaliste.

Et si Laurence Ferrari "a l'air aimable", elle est "la courroie de transmission de Vincent Bolloré", estime la première source interrogée.

Des têtes tombent

Autre motif d'inquiétude, la non-parution cet été d'un article sur l'ex-candidate de LR à la présidentielle Valérie Pécresse, qui se livrait pour la première fois sur sa défaite, mais a été retiré le soir du bouclage.

En cause, soupçonnent certains, un passage sur Nicolas Sarkozy, qui n'a pas soutenu la candidate et est entré fin juin 2021 au conseil d'administration de Lagardère.

Au Journal du Dimanche aussi, un scoop est resté dans les tiroirs: le refus du président du Sénat, Gérard Larcher, de participer au conseil national de la refondation d'Emmanuel Macron, finalement révélé par Le Figaro. Et le climat reste compliqué, quelques mois après le départ inexpliqué d'un autre haut responsable du journal, Cyril Petit.

Même à Europe 1, vidé de sa rédaction historique, des têtes continuent de tomber: le matinalier du week-end Thierry Dagiral a quitté la station à la rentrée, officiellement "d'un commun accord". Officieusement pour avoir questionné la pertinence d'une co-diffusion de sa matinale avec CNews, selon les Jours.

"Soit tu l'ouvres et tu te casses, soit tu la fermes et ça se passe très bien", résume à l'AFP une ancienne voix de la station.

A Paris Match, "on ne va pas se laisser faire", promet la première source interrogée, une assemblée générale étant prévue mardi après une conférence de rédaction avec la direction.

"Même si on sait que quand ça commence, c'est inéluctable, c'est foutu", ajoute la même source, rappelant les vagues de départs à i-télé ou au service des sports de Canal+.

"Ils sont en train de mettre en place tous les conditions pour qu'on se jette sur la clause de cession" qui permet aux journalistes de quitter un titre avec des indemnités, une fois que l'OPA de Vivendi sur Lagardère sera validée par la Commission européenne. "Bolloré gagne quand on est tous partis".


Liban: Macron appelle Israël à "renoncer à une offensive terrestre"

Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron préside une visioconférence des dirigeants du G7 pour discuter des répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale, dans le contexte du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran, au palais de l’Élysée à Paris, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a appelé Israël à renoncer clairement à une offensive terrestre au Liban et le Hezbollah à cesser immédiatement ses attaques
  • La France soutient les efforts du Liban pour rétablir le contrôle total de l’État, tandis que la Syrie affirme désormais appuyer la souveraineté libanaise

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a appelé mercredi soir Israël à "clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban" et le Hezbollah à "immédiatement mettre fin à ses attaques", après s'être entretenu avec son homologue libanais Joseph Aoun.

"Le Hezbollah a commis une faute majeure en forçant le Liban à l’affrontement avec Israël. Il doit immédiatement mettre fin à ses attaques. De son côté, Israël doit clairement renoncer à une offensive terrestre au Liban", a-t-il affirmé dans une publication sur le réseau social X.

Israël poursuit ses attaques visant le Hezbollah au Liban, entraîné le 2 mars dans la guerre au Moyen-Orient lorsque le mouvement pro-iranien a lancé une attaque sur Israël.

L'agence officielle Ani a fait état de nouvelles frappes mercredi soir dans le sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, tandis que des images de l'AFPTV ont montré de la fumée s'élever de la banlieue sud.

Emmanuel Macron a également indiqué s'être entretenu avec son homologue syrien Ahmad al-Chareh, dont il assure qu'il "soutient les efforts des autorités libanaises pour restaurer le contrôle plein et entier de l’Etat sur leur territoire".

"Son soutien à la souveraineté libanaise marque une rupture nette avec le passé. C’est le gage de relations saines et constructives entre le Liban et la Syrie", a-t-il déclaré.

Les forces d'Ahmad al-Chareh, dont le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS) qu'il dirigeait et a depuis dissous, ont renversé en décembre 2024 l'ancien dirigeant syrien Bachar al-Assad, que le Hezbollah soutenait militairement.

Les présidents libanais et syrien ont convenu mardi de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident, a annoncé Beyrouth.

Damas avait dénoncé dans la nuit précédente des tirs d'artillerie du Hezbollah vers son territoire, en pleine guerre entre Israël et le mouvement chiite libanais soutenu par l'Iran.


Liban: la France triple son soutien humanitaire et envoie 60 tonnes d'aide

Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
Photo d'archives du 1er novembre 2024. (AFP)
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  • "Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes"
  • Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français

PARIS: La France s'apprête à tripler son soutien humanitaire au Liban, en y dépêchant jeudi 60 tonnes d'aide pour les réfugiés quittant le sud du pays où Israël mène des opérations militaires contre le Hezbollah pro-iranien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie française

"Nous avons décidé de tripler le volume de l'aide qui arrivera cette semaine. Cette aide atteindra 60 tonnes d'aide humanitaire à destination des Libanais, avec des kits sanitaires, des kits d'hygiène, des matelas, des lampes, mais aussi un poste sanitaire mobile", a déclaré Jean-Noël Barrot sur TF1.

Ce soutien s'effectue "grâce au soutien de la Fondation CMA CGM" de l'armateur français, selon lui.

Paris s'apprête par ailleurs à fournir "plusieurs dizaines" de véhicules de l'avant-blindé (VAB) aux forces armées libanaises, "dont nous considérons qu'elles sont seules légitimes à assurer la sécurité du Liban", a rappelé le ministre, qui a à nouveau appelé le Hezbollah à "cesser ses attaques sur Israël" et "à rendre ses armes aux autorités libanaises".

Quelque 760.000 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

Depuis que le Hezbollah a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël, près de 500 personnes ont été tuées.


Le Hezbollah doit se désarmer, Israël s'abstenir d'une opération d'envergure, selon Paris

 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
 La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure". (AFP)
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  • La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises"
  • Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations"

PARIS: La France a exprimé mardi, à la veille d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU, "sa vive préoccupation" face à l'escalade de violences au Liban, exhortant le Hezbollah "à remettre les armes" et Israël "à s'abstenir de toute intervention d'envergure".

Condamnant "le choix irresponsable" fait par le groupe chiite pro-iranien de se joindre aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, Paris appelle "le Hezbollah à mettre fin à ses opérations", selon une déclaration du porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Elle appelle en outre Israël "à s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban, dont l'intégrité territoriale et la souveraineté doivent être respectées".

La France, qui devait accueillir le 5 mars une conférence internationale d'aide aux forces armées libanaises, réitère "son plein soutien aux autorités libanaises", saluant leur décision le 2 mars dernier d'interdire les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah.

La conférence du 5 mars, annulée en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, était destinée à lever des fonds pour renforcer les forces de sécurité intérieures et l'armée libanaise, qui manquent cruellement de moyens financiers et d'équipements.

Cette aide était jugée fondamentale alors que l'armée libanaise était engagée dans un processus de désarmement du Hezbollah.

L'armée libanaise avait indiqué en janvier avoir achevé la première phase de ce plan de désarmement, couvrant la région située entre la frontière israélienne et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. La deuxième phase, concernant une zone située au nord du fleuve, devait commencer.

En déplacement au Liban début février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot avait jugé positif le processus de désarmement, estimant qu'au sud du fleuve Litani, il n'y avait plus de menaces vers le nord d'Israël.

Il avait aussi demandé à l'Iran de cesser d'être une force déstabilisatrice au Liban alors qu'Israël suspectait le Hezbollah de se réarmer avec l'aide de Téhéran.

Les autorités israéliennes ont constamment jugé insuffisants les progrès dans le désarmement du groupe pro-iranien qui a fini par entraîner le Liban dans la guerre début mars.