Liban: la hausse des divorces reflète les changements socio-économiques

Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme augmentent les taux de divorce au Liban (Photo, AFP).
Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme augmentent les taux de divorce au Liban (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 12 septembre 2022

Liban: la hausse des divorces reflète les changements socio-économiques

  • Les pressions économiques, l'évolution des attitudes sociales et le changement du rôle de la femme sont autant de facteurs qui pèsent sur l'économie
  • Une étude récente montre que le Koweït, l'Égypte, la Jordanie et le Qatar sont les pays arabes où le taux de divorce est le plus élevé

BEYROUTH: Alors que la mondialisation transforme la plupart des aspects de la vie moderne, la nature de la famille et de la vie familiale n'est plus ce qu'elle était il y a seulement dix ans. Les tensions habituelles sur le mariage ont été aggravées par la tendance croissante des personnes à quitter leur famille et leur pays d'origine à la recherche d'un moyen de subsistance.

L'augmentation du nombre de couples qui choisissent de se séparer dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord montre que le monde arabe n'est pas à l'abri de ces changements socio-économiques.

Une étude récente du Centre d'information et d'aide à la décision du Conseil des ministre égyptien a révélé que le Koweït, l'Égypte, la Jordanie et le Qatar sont les pays arabes où le taux de divorce est le plus élevé.

Au Koweït, 48% des mariages se terminent par un divorce, 40% en Égypte, 37,2% en Jordanie, 37,2% au Qatar et 34% dans les Émirats arabes unis et au Liban.

«Certains jours, nous avons jusqu'à 16 cas de divorce dans ce seul tribunal», a déclaré à Arab News le cheikh Wassim Youssef al-Falah, juge de la Charia au tribunal religieux de Beyrouth.

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Des couples de jeunes mariés posent pour une photo à l'acropole romaine de Baalbeck, dans la vallée de la Bekaa (Photo, AFP/Archives).

«Le taux de divorce croissant est un phénomène que nous n'avons jamais vu auparavant, bien que nous ne favorisions pas le divorce et que nous nous concentrions sur la réconciliation.»

Les experts estiment que cette tendance est le résultat d'un mélange de pressions économiques, de l'évolution des normes sociétales, de réformes juridiques et, surtout, de l'évolution du rôle des femmes.

«Les femmes n'ont plus le sentiment d'avoir besoin des hommes», a révélé Al-Falah. «De nombreuses épouses se sont présentées devant mon tribunal, refusant tout accord avec leurs hommes parce qu'elles estiment qu'elles sont capables d'être indépendantes et ne veulent pas que les hommes contrôlent leur vie.»

Pendant une grande partie de l'histoire, notamment dans les cultures les plus conservatrices du monde arabe, la place de la femme a longtemps été considérée comme étant à la maison, répondant aux besoins de la famille, tandis que les hommes étudiaient et travaillaient.

Aujourd'hui, à mesure que les pays arabes modernisent leurs économies et réforment leurs systèmes juridiques, les femmes deviennent plus indépendantes, poursuivent de plus en plus souvent des études supérieures, progressent dans leurs carrières et choisissent de se marier et d'avoir des enfants plus tard dans leur vie.

En conséquence, les femmes arabes ont développé une conscience plus aiguë de leurs droits civils, de leurs ambitions personnelles et de leur respect de soi. Elles refusent de plus en plus de tolérer la violence domestique et sont capables de se prendre en charge financièrement.

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À mesure que les pays arabes modernisent leurs économies et réforment leurs systèmes juridiques, les femmes deviennent plus indépendantes (Photo, AFP/Archives).

«Dans le passé, les femmes hésitaient à prendre la décision de demander le divorce, en gardant à l'esprit que cette option n'est pas disponible dans toutes les sectes du Liban et qu'elle est difficile à atteindre dans certaines d'entre elles», a déclaré à Arab News Manal Nahas, une chercheuse dont le diplôme de troisième cycle portait sur la question du divorce au Liban.

«Cependant, les statistiques actuelles compilées par les tribunaux religieux qui traitent du statut personnel des citoyens libanais et des étrangers résidant au Liban reflètent une augmentation des demandes de divorce, notamment celles présentées par les femmes», a-t-elle expliqué.

Cette augmentation est considérée comme un résultat annexe de changements plus larges dans les attitudes sociales.

«La génération actuelle de femmes envisage le divorce différemment», a souligné Nahas. «Les femmes ne sont plus obligées de tolérer les abus comme le faisaient leurs mères et leurs grands-mères.

«Les femmes d'aujourd'hui sont éduquées, elles travaillent et elles occupent des postes élevés dans leurs domaines d'activité. Il existe maintenant une égalité entre les hommes et les femmes. L'âge moyen du mariage pour les femmes dans les décennies d'après-guerre était de 24 ans. Il est aujourd'hui passé à 32 ans à cause du progrès social, des conditions économiques et de la participation des femmes au marché du travail.»

Nahas a indiqué: «En outre, les femmes sont choyées dans le foyer de leurs parents avant de se marier. Par conséquent, il est plus facile pour elles de divorcer que de continuer à vivre dans un climat de mariage insupportable. Dans la société libanaise, le divorce n'est plus considéré comme une marque d'infamie.

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Des femmes libanaises participent à une manifestation devant le Conseil suprême chiite du Liban pour demander aux religieux d'augmenter l'âge à partir duquel la garde des enfants des couples musulmans chiites divorcés peut être attribuée à la mère, dans la capitale Beyrouth (Photo, AFP/Archives).

«La plupart des parents réintègrent désormais leur fille divorcée au lieu de la rejeter. Il y a eu un changement sociétal. Presque tout le monde connaît le divorce, car ce n'est plus considéré comme une décision difficile à prendre.»

Au Liban, où une grande partie de la population s'est déplacée à l'étranger pour trouver des emplois mieux rémunérés, la difficulté de maintenir une relation à distance semble également jouer un rôle dans la rupture du mariage.

«Mon mari travaille en Afrique depuis de nombreuses années et je vis avec mes enfants au Liban», a déclaré Neemat, 34 ans, à Arab News au tribunal religieux de Beyrouth, où elle demandait le divorce.

«Nous avons décidé de nous séparer à l'amiable, notre vie commune étant devenue insupportable. Il prendra en charge la pension alimentaire pour les enfants et m'a entièrement payé son dû par le biais du paiement conjugal différé.»

Al-Falah a affirmé que ce type de rupture de relation est courant.

«Les mariages les plus ratés sont ceux dans lesquels le mari émigre à l'étranger pour travailler et la femme reste au Liban», a-t-il dévoilé. «Lorsque les conjoints se retrouvent, ils découvrent qu'ils ne peuvent pas vivre ensemble. En général, ces mariages ne durent pas.»

«Cependant, si ce mariage produit des enfants, nous essayons d’arranger la relation entre le couple car nous ne voulons pas nuire aux enfants», a indiqué Al-Falah.

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Les valeurs familiales sont importantes dans la culture arabe, et les autorités – tant religieuses que laïques – ont tendance à préférer que les parents restent ensemble pour le bien de leurs enfants (Photo, AFP/Archives).

Cependant, toutes les procédures de divorce ne sont pas aussi amicales que celle de Neemat. Al-Falah a déclaré qu'il a traité plusieurs conflits conjugaux extrêmement acrimonieux.

«J’ai commencé à recevoir dans mon bureau des couples où l’un des époux a été victime de violence conjugale aux mains de son conjoint, bien que la violence conjugale à l'égard des femmes soit plus courante», a-t-il estimé.

«Plus on s'éloigne de la ville, plus la violence conjugale devient l'une des raisons du divorce, surtout dans les régions reculées. Nous n'essayons pas d’arranger ce type de mariage car nous ne voulons pas être complices d'un crime.»

Les réformes du statut juridique des femmes au Liban ont fait l'objet d'une attention particulière ces dernières années, avec l'introduction d'un grand nombre de lois destinées à les protéger du harcèlement sexuel et des violences conjugales. Toutefois, les observateurs des droits de l'homme estiment que ces réformes ne vont pas assez loin.

En décembre 2020, par exemple, le Parlement libanais a adopté une loi qui a criminalisé le harcèlement sexuel et défini des mesures pour protéger les dénonciateurs, mais n'a pas respecté les normes internationales de manière à lutter contre le harcèlement au travail par le biais du droit du travail.

Le Parlement a également modifié une loi sur la violence conjugale afin d'en étendre le champ d'application pour inclure la violence liée au mariage, mais pas nécessairement commise pendant le mariage, permettant ainsi aux femmes de demander une protection contre leur ex-mari. Cependant, elle n'a pas criminalisé le viol conjugal.

L'effondrement financier du Liban en 2019 et les effets de la pandémie de la Covid-19 semblent avoir accentué la pression sur les relations, car le niveau de vie a chuté, les gens ont perdu leurs emplois et les ménages ont été contraints de vivre de longues périodes de proximité constante en état de confinement.

«Après la quarantaine causée par la pandémie de la Covid-19, nous avons assisté à une augmentation des demandes de divorce», a révélé Al-Falah. «Certains couples ont découvert qu'ils ne pouvaient pas se tolérer et le fossé qui les séparait est devenu apparent.

«Le taux de demandes de divorce a augmenté après l'intensification de la crise économique; les maris ont cessé de travailler, les banques ont arrêté d'encaisser les dépôts et les prêts immobiliers à taux réduit n'ont plus été accordés.

«Nous assistons à des cas de demandes de divorce pour des couples qui vivent ensemble depuis treize ou vingt ans, ce qui n'était pas le cas auparavant. Nous pouvons dire que les taux de divorce ont augmenté de 35 à 40% dans le tribunal religieux de Beyrouth au cours de cette année», a-t-il spécifié.

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Chaque religion choisit les droits qui conviennent à son programme, si bien qu'une large reconnaissance de l'égalité des femmes est difficile, affirme Claudine Aoun, présidente de la Commission nationale pour les femmes libanaises (Photo, Fournie).
 

Plusieurs pays dans le monde ont signalé des pics de violence conjugale pendant la pandémie et le Liban ne fait pas exception. Les difficultés économiques du pays et les interruptions des procédures judiciaires pendant la crise sanitaire semblent aggraver la situation.

Kafa, une organisation libanaise non gouvernementale créée en 2005 pour faire campagne contre les violences conjugales, a récemment mis en garde contre «les répercussions dangereuses de l'effondrement institutionnel au Liban de la sécurité sociale et familiale».

«La suspension des services des juges au Liban aura un impact négatif sur les femmes et les enfants souffrant de violences domestiques», a déclaré l’organisation.

Kafa a souligné «l'augmentation de la violence conjugale et l'augmentation du nombre d'incidents violents visant les femmes, qui ont conduit au meurtre de trois femmes en une seule semaine».

Les chiffres relatifs au divorce au Liban pourraient être quelque peu faussés par l'utilisation croissante du mariage comme moyen d'obtenir la citoyenneté d'un autre pays, des vagues de jeunes partant à l'étranger à la recherche de meilleures opportunités.

«Il existe un divorce pour ceux dont le mariage était basé sur la convenance», a déclaré Al-Falah. «Par exemple, les maris qui s'installent à l'étranger et veulent épouser une femme étrangère doivent prouver qu'ils ne sont pas mariés dans leur pays d'origine pour qu'ils puissent se marier, puis obtenir la nationalité du pays de leur nouvelle épouse.

«Après avoir obtenu la nouvelle nationalité, ils se remarient avec leur épouse d'origine qu’ils ont divorcé dans leur pays.»

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Au Liban, où une grande partie de la population s'est déplacée à l'étranger pour trouver des emplois mieux rémunérés, la difficulté de maintenir une relation à distance semble également jouer un rôle dans la rupture du mariage (Photo, AFP/Archives).

Le Liban est un pays multiconfessionnel. À la suite de la guerre civile de 1975-1990, les communautés religieuses du pays ont accepté de partager le pouvoir par le biais d'une division complexe des autorités et d'institutions distinctes régissant les questions communautaires, notamment le mariage et le divorce.

Les citoyens libanais passent souvent d'une secte à l'autre pour faciliter un divorce. Les couples de la secte maronite, par exemple, dont les tribunaux interdisent l'annulation du mariage sauf dans les circonstances les plus extrêmes, peuvent se tourner vers les sectes catholique ou orthodoxe, qui autorisent l'annulation des mariages.

Ils peuvent même se tourner vers la secte sunnite pour accéder aux procédures de divorce avant de se reconvertir dans leur secte d'origine. Selon la charia, le divorce – connu sous le nom de khol' (droit au divorce des femmes) – est autorisé depuis l'époque du prophète Mohammed.

Obtenir un divorce dans un tribunal religieux sunnite est considéré comme plus facile que dans un tribunal religieux chiite, après que ces tribunaux ont élaboré de nouvelles règles qui relevant l'âge de la garde des enfants, modifié la dot et interdit le mariage des mineurs.

Des groupes de la société civile ont demandé une loi facultative sur l'état civil au Liban. Actuellement, de nombreux jeunes Libanais de toutes les sectes se rendent à Chypre ou en Turquie pour se marier civilement. Les tribunaux civils libanais acceptent d'enregistrer ces mariages mais les autorités religieuses continuent de les rejeter.

Les valeurs familiales sont importantes dans la culture arabe, et les autorités – tant religieuses que laïques – ont tendance à préférer que les parents restent ensemble pour le bien de leurs enfants. Les experts estiment que les conseils conjugaux, une meilleure éducation des jeunes couples, des discussions plus ouvertes sur les relations et même un assouplissement des tabous sociaux entourant les interactions sociales prémaritales entre hommes et femmes pourraient contribuer à réduire le taux global de divorce.

Al-Falah a soutenu que de nombreux divorces sont «le résultat de disputes causées par le fait que le mariage n'a pas été fondé sur des bases solides. Le taux de ce type de divorce est élevé parce que l'éducation que les jeunes reçoivent ne comprend pas de prise de décision appropriée ou d'orientation familiale».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
De gauche à droite : Nathalie Delattre, sénatrice de la Gironde (France) ; Olivier Cadic, sénateur des Français établis hors de France ; S.E. Waleed Al-Khereiji, vice-ministre des Affaires étrangères du Royaume d’Arabie saoudite ; Rémy Pointereau, sénateur du Cher (France). (Photo: fournie)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.

 


Le président syrien n'entend pas intervenir au Liban (sources proches)

Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
Le président syrien Ahmed al-Chareh. (REUTERS)
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  • Le président syrien Ahmad al-Chareh a démenti toute intention d’intervention au Liban, qualifiant ces rumeurs d’infondées
  • Damas affirme privilégier la coordination avec Beyrouth et la stabilité du Liban, dans un contexte régional tendu lié au Hezbollah et au conflit israélo-libanais

DAMAS: Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré à des visiteurs que Damas n’avait aucune intention d’intervenir au Liban, démentant des rumeurs à ce sujet, ont indiqué vendredi à l'AFP deux personnes ayant assisté à l'entretien.

L’un des participants, qui a requis l’anonymat, a affirmé que le dirigeant syrien avait dit à une délégation de près de 70 notables et dignitaires de la province de Damas, en visite jeudi au palais présidentiel, que "ce qui se dit au sujet d'une intervention de la Syrie au Liban n’est qu'une rumeur".

L'autre personne a confirmé ces propos.

Le communiqué officiel publié à l'issue de cette visite, centrée autour de questions locales de développement, n'a fait aucune mention des propos d'Ahmad al-Chareh sur le Liban.

Le président américain Donald Trump avait affirmé lors d'une interview le 7 juin à NBC que le président syrien était prêt à aider à affaiblir le Hezbollah, contre lequel Israël mène une campagne de frappes aériennes et une offensive terrestre.

Dans une interview télévisée jeudi, le porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, Noureddine al-Baba, a déclaré que Damas se tient aux côtés du président libanais Joseph Aoun pour " préserver la sécurité du Liban et la souveraineté de l’Etat libanais".

"La coordination avec (...) le Liban est le fondement de tout rôle que la Syrie peut jouer dans la résolution des dossiers libanais", a-t-il ajouté.

Réagissant aux propos de Donald Trump, Noureddine al-Baba a déclaré que "les parties syrienne et libanaise sont les mieux placées pour (les) interpréter et se mettre d’accord sur une formule qui serve les deux pays dans le cadre d'une vision arabe commune".

Selon un diplomate qui a requis l'anonymat, la Syrie est sous pression des Etats-Unis depuis le début de la guerre entre Israël et le Liban le 2 mars pour intervenir contre la formation pro-iranienne dans le pays voisin, avec lequel elle partage une longue frontière terrestre.

La Syrie est dirigée depuis fin 2024 par des autorités islamistes hostiles au Hezbollah, qui était l'allié du président renversé Bachar al-Assad.

M. Chareh a dit vouloir ouvrir une nouvelle page avec le Liban.

Le président syrien Hafez al-Assad, père de Bachar al-Assad, était intervenu au Liban en pleine guerre civile en 1976 et ses troupes ne s'en étaient définitivement retirées que près de 30 ans plus tard.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.