Emotion et foule compacte en Ecosse: Elizabeth II commence son dernier voyage

Le corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II recouvert de l'étendard royal d'Écosse et d'une fleur s'éloigne du château de Balmoral à Ballater, le 11 septembre 2022. Le cercueil de la reine Élisabeth II traversera les villes et villages écossais dimanche, alors qu'il entamera son dernier voyage depuis sa chère retraite écossaise de Balmoral. La reine, décédée le 8 septembre, sera conduite au palais de Holyrood House avant de reposer dans la cathédrale St Giles, puis de se rendre à Londres pour ses funérailles. (Photo : ANDY BUCHANAN / AFP)
Le corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II recouvert de l'étendard royal d'Écosse et d'une fleur s'éloigne du château de Balmoral à Ballater, le 11 septembre 2022. Le cercueil de la reine Élisabeth II traversera les villes et villages écossais dimanche, alors qu'il entamera son dernier voyage depuis sa chère retraite écossaise de Balmoral. La reine, décédée le 8 septembre, sera conduite au palais de Holyrood House avant de reposer dans la cathédrale St Giles, puis de se rendre à Londres pour ses funérailles. (Photo : ANDY BUCHANAN / AFP)
Le corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II recouvert de l'étendard royal d'Écosse et d'une fleur s'éloigne du château de Balmoral à Ballater, le 11 septembre 2022. Le cercueil de la reine Élisabeth II traversera les villes et villages écossais dimanche, alors qu'il entamera son dernier voyage depuis sa chère retraite écossaise de Balmoral. La reine, décédée le 8 septembre, sera conduite au palais de Holyrood House avant de reposer dans la cathédrale St Giles, puis de se rendre à Londres pour ses funérailles. (Photo : ANDY BUCHANAN / AFP)
Le corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II recouvert de l'étendard royal d'Écosse et d'une fleur s'éloigne du château de Balmoral à Ballater, le 11 septembre 2022. Le cercueil de la reine Élisabeth II traversera les villes et villages écossais dimanche, alors qu'il entamera son dernier voyage depuis sa chère retraite écossaise de Balmoral. La reine, décédée le 8 septembre, sera conduite au palais de Holyrood House avant de reposer dans la cathédrale St Giles, puis de se rendre à Londres pour ses funérailles. (Photo : ANDY BUCHANAN / AFP)
Des membres du public rendent hommage au corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II, drapé de l'étendard royal d'Écosse, lors de son passage à Ballater, le 11 septembre 2022. (Photo : Paul ELLIS / AFP)
Des membres du public rendent hommage au corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II, drapé de l'étendard royal d'Écosse, lors de son passage à Ballater, le 11 septembre 2022. (Photo : Paul ELLIS / AFP)
Des membres du public rendent hommage au corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II, drapé de l'étendard royal d'Écosse, lors de son passage à Ballater, le 11 septembre 2022. (Photo : Paul ELLIS / AFP)
Des membres du public rendent hommage au corbillard transportant le cercueil de la Reine Elizabeth II, drapé de l'étendard royal d'Écosse, lors de son passage à Ballater, le 11 septembre 2022. (Photo : Paul ELLIS / AFP)
Des personnes se dirigent vers le palais de Holyroodhouse à Édimbourg, le 11 septembre 2022, alors que l'on se prépare à l'arrivée du cercueil de la défunte reine Élisabeth II. (Photo de Louisa Gouliamaki / AFP)
Des personnes se dirigent vers le palais de Holyroodhouse à Édimbourg, le 11 septembre 2022, alors que l'on se prépare à l'arrivée du cercueil de la défunte reine Élisabeth II. (Photo de Louisa Gouliamaki / AFP)
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Publié le Dimanche 11 septembre 2022

Emotion et foule compacte en Ecosse: Elizabeth II commence son dernier voyage

  • Des milliers de personnes s'étaient massées le long du parcours, certaines en tenue de deuil, d'autres écrasant une larme ou inclinant la tête au passage du convoi, pour saluer une dernière fois celle qui avait régné 70 ans et 7 mois
  • Le roi Charles III y est attendu lundi pour une cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Gilles, où sera transféré le cercueil

ÉDIMBOURG: Emues parfois aux larmes, des dizaines de milliers de personnes se sont massées dimanche le long des routes écossaises pour saluer le cercueil d'Elizabeth II, qui a quitté le domaine de Balmoral pour rejoindre Edimbourg, entamant son dernier voyage jusqu'à ses funérailles nationales à Londres. 

Reflet de l'émotion qui a saisi le Royaume-Uni depuis le décès de la monarque au règne le plus long de son Histoire, une foule compacte a accueilli dans la capitale écossaise la dépouille, qui a franchi les grilles du palais d'Holyroodhouse, la résidence royale écossaise, peu avant 16H30 (15H30 GMT) après avoir parcouru lentement 300 kilomètres en six heures. 

Le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais sur lequel avait été posée une couronne de bruyères blanches, a été porté à l'intérieur du palais devant trois de ses quatre enfants: Edward, Andrew et Anne, qui a fait la révérence au passage de sa défunte mère. Il doit passer la nuit dans la salle du trône avant une cérémonie religieuse lundi, à laquelle assistera le roi Charles III, à un kilomètre d'Holyroodhouse, en la cathédrale Saint-Gilles. 

La population aura alors une première occasion de se recueillir devant la dépouille de celle qui avait régné 70 ans et 7 mois, présence familière et rassurante jusque sur les timbres et billets de banque, mais toujours mystérieuse, ayant traversé imperturbable les époques et les crises. 

"La voir passer aide à accepter le fait que c'est la fin d'une ère", explique Rob Parsons, 28 ans, venue du nord de l'Angleterre assister au passage du cercueil. 

Egalement présente, Lucy Hampshire décrit "une forte impression de perte, mais aussi une impression d'une page qui se tourne quand on a vu le cercueil passer". "C'était un pilier pour son soutien et sa compassion quand parfois on ne savait pas quoi dire", comme pendant le confinement lié au Covid-19, pendant lequel la reine avait réconforté les Britanniques dans un discours touchant à la télévision. 

"C'était très émouvant, c'est quelqu'un de merveilleux, c'est très triste. J'avais beaucoup de respect pour elle", observe Theresa Brown après avoir "aperçu rapidement" le convoi funèbre. 

Ce dernier avait a quitté le domaine de Balmoral peu après 10h00 (9h00 GMT) sous les applaudissements. Sur le parcours, certains ont jeté des fleurs sur le convoi. 

Parmi les rares voix discordantes en Ecosse, dirigée par un gouvernement indépendantiste et où le soutien à la monarchie est minoritaire, une femme a été arrêtée à Edimbourg, sous les applaudissements, parce qu'elle portait une pancarte "Abolissez de la monarchie". 

Dernier voyage de la reine: le film de la journée

Des cérémonies dans trois des provinces du Royaume-Uni proclamant Charles III roi au long voyage du cercueil d'Elizabeth II entre Balmoral et Édimbourg, voici les principaux événements de la journée, trois jours après le décès de la souveraine aux 70 ans de règne. 

  • Peu après 10H00 locales (9H00 GMT), le corbillard royal, premier d'une procession de sept véhicules, a franchi les grilles de la résidence de Balmoral, où la monarque aimait tant passer l'été. Son cercueil de chêne était recouvert de l'étendard royal écossais sur lequel avait été posée une couronne de bruyères blanches, dahlias et pois de senteur, provenant des jardins du domaine de Balmoral.

  • Avant 10H30 (9H30 GMT), le corbillard a ensuite traversé Ballater, village tout proche du château, où la reine - qui venait à Balmoral depuis son enfance- était très connue. Dans la rue principale, le cercueil a été accueilli par une haie d'honneur formée par la foule recueillie.

  • Peu après, le corbillard royal a traversé la "Ville de granit" d'Aberdeen, où une foule s'était rassemblée derrière des barrières pour regarder le cortège passer.

  • A 14H00 (13H00 GMT), Charles III a de nouveau été proclamé roi lors de cérémonies au rituel immuable, à Édimbourg, Cardiff et Belfast - capitales des trois autres provinces constitutives du Royaume-Uni-, après l'avoir été samedi à Londres. Vingt-et-un coups de canon ont été tirés dans les trois villes. Le parti républicain irlandais Sinn Fein, favorable à un réunification de l'Irlande du Nord avec la République d'Irlande, n'y a pas participé.

  • Le cercueil royal est arrivé à Édimbourg, la capitale écossaise, peu avant 16H30 (15H30 GMT) après un voyage de près de 300 kilomètres. Huit porteurs militaires, suivis notamment par la fille de la reine, la Princesse Anne et son mari Tim Laurence, ont emmené la dépouille dans la salle du trône, où il va passer la nuit.

  • Le cercueil devait être veillé par la Compagnie royale des Archers, unité d'apparat qui sert de garde du corps au souverain d'Ecosse dans ce qui est la résidence royale officielle en Écosse, permettant au personnel du château de faire ses derniers adieux à la reine.

Canons pour Charles 

La dépouille d'Elizabeth II sera transportée par avion mardi à Londres. Ses funérailles auront lieu le 19 septembre à l'Abbaye de Westminster à Londres, haut lieu des mariages, couronnements et enterrements royaux depuis près d'un millénaire. 

C'est là que celle qui n'était encore que la jeune princesse Elizabeth avait épousé en novembre 1947 à 21 ans Philip Mountbatten. C'est aussi là qu'elle avait été couronnée le 2 juin 1953 à 27 ans, 16 mois après être devenue reine à la mort de son père le roi George VI le 6 février 1952. 

Des dignitaires du monde entier sont attendus, dont le président américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Anthony Albanese, ainsi que de nombreuses têtes couronnées. 

Des centaines de milliers de personnes devraient aussi lui rendre un dernier hommage au palais de Westminster, où son cercueil reposera du 14 au 19 septembre, avant d'être transféré à l'Abbaye pour les funérailles qui débuteront à 10h00 GMT et marqueront la fin d'une période de deuil national et d'une transition historique au Royaume-Uni. 

Après avoir été proclamé roi samedi à Londres, le roi Charles III l'a été de nouveau samedi dans les trois autres pays constitutifs du Royaume Uni, lors de cérémonies au rituel immuable, à Edimbourg, Cardiff et Belfast. Vingt-et-un coups de canon ont été tirés dans les trois villes. 

Samedi, lors de la cérémonie de proclamation au palais Saint James à Londres, il s'était dit "profondément conscient de ce grand héritage, des devoirs et des lourdes responsabilités de la souveraineté, qui me sont désormais transmis", après avoir salué le règne de sa mère "inégalé dans sa durée, son dévouement et sa dévotion". 

Son fils William, désormais héritier du trône et Prince de Galles, a aussi rendu un hommage émouvant à sa grand-mère: "Je savais que ce jour allait venir, mais il va me falloir du temps pour m'habituer à la réalité de la vie sans Mamie", une "reine extraordinaire". 

Négociations entre William et Harry 

Le prince a ensuite créé la surprise en allant avec son épouse Kate, mais aussi son frère Harry et son épouse Meghan admirer les fleurs déposées devant le château de Windsor en hommage à Elizabeth II, ou le quatuor très applaudi s'est offert un long bain de foule. 

Les deux couples sont notoirement en froid. Alors que Harry et Meghan sont désormais installés en Californie, ils n'avaient pas été vus ensemble en public depuis plus de deux ans. 

Ils sont tous repartis dans la même voiture, mais les visages étaient fermés, les interactions minimales. 

Selon le journal The Times, il avait fallu des "négociations élargies" en coulisse entre les deux camps, retardant de 45 minutes leur apparition. 

De plus en plus frêle ces derniers mois, la reine Elizabeth avait consacré sa vie à la monarchie. Mardi, elle travaillait encore, recevant en audience le Premier ministre démissionnaire Boris Johnson, et la nouvelle Première ministre Liz Truss, à laquelle elle avait demandé de créer un nouveau gouvernement. 

La monarque était cependant restée à Balmoral pour ces audiences, trop faible pour voyager. 

Sa dernière photo la montre recevant Liz Truss, souriante et s'appuyant sur une canne. 

Son décès a été annoncé jeudi à 18h30 (17h30 GMT). 


Iran: Washington évoque un long blocus, le pétrole flambe

L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM américain, s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 16 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
L'amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM américain, s'exprime lors d'une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 16 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Figé depuis le cessez-le-feu du 8 avril, le conflit pourrait s'éterniser, les Américains semblant se préparer à un long blocus des ports iraniens, en réponse au blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz
  • "Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements", a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont évoqué mercredi la perspective d'un long blocus des ports iraniens, qui prolongerait d'autant la pression sur l'économie mondiale, avec un impact immédiat sur les cours du pétrole, qui ont flambé à leur plus haut niveau depuis quatre ans.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Figé depuis le cessez-le-feu du 8 avril, le conflit pourrait s'éterniser, les Américains semblant se préparer à un long blocus des ports iraniens, en réponse au blocage par l'Iran du détroit d'Ormuz, par lequel transite d'ordinaire un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Lors d'une réunion mardi à la Maison Blanche avec des dirigeants du secteur pétrolier, les participants ont évoqué "les mesures prises par le président Trump pour soulager les marchés internationaux du pétrole et les mesures que nous pourrions prendre pour poursuivre le blocus actuel pendant des mois si nécessaire et minimiser son impact sur les consommateurs américains", a rapporté mercredi un haut responsable de l'administration.

"Le blocus est un peu plus efficace que les bombardements", a commenté Donald Trump lui-même dans un entretien avec le site américain Axios.

Au total, 42 bateaux ont été interceptés à ce jour alors qu'ils tentaient de "violer le blocus" et 41 tankers ne peuvent pas quitter l'Iran, a affirmé l'amiral Brad Cooper, commandant américain pour le Moyen-Orient, soulignant que le blocus est "hautement efficace".

"Impasse prolongée" 

Alors que les perspectives de tractations avec l'Iran sont au point mort, les cours du pétrole ont réagi au quart de tour, le baril de Brent de la mer du Nord grimpant en séance à plus de 119 dollars, au plus haut depuis 2022 et l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Les analystes redoutent en réaction une poursuite durable du verrouillage du détroit par Téhéran. "Cela suggère une impasse prolongée: les combats sont largement arrêtés, mais aucune solution durable n'émerge", expliquent les experts du cabinet DNB.

Téhéran a accusé Washington de vouloir l'effondrement de la République islamique.

Les Etats-Unis veulent "activer la pression économique et les divisions internes (...) pour nous affaiblir ou même nous faire nous effondrer de l'intérieur", a réagi le puissant président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Et lors d'un coup de fil, le président russe Vladimir Poutine a mis en garde Donald Trump contre les "conséquences dommageables" qu'aurait une nouvelle action militaire contre l'Iran, "non seulement pour l'Iran et ses voisins, mais aussi pour l'ensemble de la communauté internationale".

"Bourbier" 

Alors que ne se dessine aucune issue au conflit, le ministre américain de la Défense a eu droit à une volée de bois vert lors de sa première audition à la Chambre des représentants depuis le début du conflit.

"Catastrophe géopolitique", "désastre stratégique", "incompétence", "blessure auto-infligée", "bourbier" et autres mensonges... les députés américains n'ont pas ménagé Pete Hegseth.

Le chef du Pentagone a révélé que la guerre en Iran avait coûté 25 milliards de dollars jusqu'à présent, la justifiant par une question: "Quel est le prix à payer pour faire en sorte que l'Iran ne se dote jamais de l'arme nucléaire?"

Les conséquences économiques du conflit se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale, le rial, a atteint son plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979.

Dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie Ali, architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

Si la trêve a été prolongée sine die, les deux camps n'arrivent toujours pas à s'entendre pour reprendre leurs négociations, après une première session infructueuse le 11 avril au Pakistan.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Le milliardaire républicain a par ailleurs dit envisager une réduction des forces armées américaines stationnées en Allemagne, une annonce qui survient après des échanges acerbes avec le chancelier allemand Friedrich Merz autour de l'Iran.

"Une décision sera prise très prochainement", a averti le président américain après que M. Merz a asséné que "les Américains (n'avaient) visiblement aucune stratégie" en Iran. En réaction, Donald Trump avait accusé mardi le chancelier de "ne pas savoir de quoi il parlait".

Deux morts au Liban 

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise. La veille, des bombardements israéliens avaient fait 19 morts, dont trois secouristes en mission.

Le président Joseph Aoun a appelé Israël à "pleinement mettre en oeuvre" le cessez-le-feu du 17 avril, avant toute négociation directe de paix entre les deux pays, dont il a dit attendre que les Etats-Unis fixent une date.

Dans un Liban plongé depuis des années dans une grave crise économique, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti que 1,2 million de personnes (sur 4 à 5 millions d'habitants) étaient menacées d'insécurité alimentaire aiguë.


L'armée américaine arraisonne un bateau suspecté de se diriger vers un port iranien

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien". (AFP)
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  • L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations
  • En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir arraisonné un navire marchand dans la mer d'Arabie, soupçonné d'avoir tenté de violer le blocus américain des ports iraniens.

Le M/V Blue Star III a été libéré par les forces américaines "après qu'elles ont procédé à une fouille et confirmé que l'itinéraire du bateau ne prévoyait pas d'escale dans un port iranien", a affirmé le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"A ce jour, 39 navires ont été redirigés afin de garantir le respect" du blocus, a-t-il ajouté.

La publication comprenait également une vidéo montrant un hélicoptère au-dessus du navire alors que les Marines américains descendaient en rappel sur des conteneurs empilés sur le bateau.

L'Iran a bloqué le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique du commerce international, depuis le début de la guerre avec les Etats-Unis et Israël le 28 février, fragilisant les marchés mondiaux de l’énergie et plaçant le détroit au cœur des négociations visant à mettre fin au conflit.

En réponse, les Etats-Unis ont annoncé imposer un blocus des ports iraniens à partir du 13 avril.

Le ministre de la Défense Pete Hegseth avait affirmé aux journalistes en avril que Washington maintiendrait son blocus "aussi longtemps qu'il le faudra".

"Ce blocus s'applique à tous les navires, quelle que soit leur nationalité, en direction ou en provenance des ports iraniens", avait précisé le chef d'état-major de l'armée américaine Dan Caine, présent aux côtés de Pete Hegseth.

 

 


Donald Trump presse l'Iran de faire «vite» pour conclure un accord

 Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse. (AFP)
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  • Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril
  • Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social

TEHERAN: Donald Trump a averti mercredi que les Iraniens avaient "intérêt à devenir intelligents et vite!" au moment où les négociations entre les deux pays visant à mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient sont dans l'impasse.

Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre Téhéran, a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Les conséquences se font particulièrement sentir en Iran, où la monnaie nationale iranienne, le rial, a atteint mercredi un plus bas face au dollar depuis l'avènement de la République islamique en 1979, selon plusieurs sites de suivi des changes.

Et dans la capitale, certains affichent leur fatalisme.

"L'idée de revivre la guerre est terrifiante, mais nous n'avons pas non plus d'espoir quant à l'issue des négociations", confie à l'AFP Ali, un architecte de 52 ans, joint par une journaliste de l'AFP à Paris.

"Ils partent négocier et reviennent avec encore plus de sanctions, et les discussions portent toujours sur le nucléaire: on ne parle jamais des gens, de l'économie ou de la liberté", ajoute-t-il, alors que son pays est sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

"Devenir intelligents" 

Si une trêve est entrée en vigueur le 8 avril, l'Iran et les Etats-Unis n'arrivent toujours pas à se mettre d'accord pour tenir de nouvelles négociations au Pakistan, pays médiateur, après une première session infructueuse le 11 avril.

Les Iraniens "ont intérêt à devenir intelligents, et vite!", a menacé Donald Trump sur son réseau Truth social.

Dans le même message est publié un photo-montage du président portant un fusil d'assaut au milieu d'un décor de guerre, avec ce commentaire : "FINI DE JOUER LES GENTILS!".

Les Etats-Unis affichent leur scepticisme sur une nouvelle proposition de Téhéran pour débloquer le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique pour le commerce de pétrole et de gaz.

L'Iran le verrouille depuis le début de la guerre et les Etats-Unis imposent de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Selon un article du site américain Axios, relayé par l'agence officielle iranienne Irna, l'offre de Téhéran vise à rouvrir le détroit et mettre fin à la guerre, repoussant à une date ultérieure les discussions sur le dossier nucléaire.

 "Plus de risques" 

Mais ce sujet reste central pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique - ce qu'elle dément.

Selon le Wall Street Journal (WSJ), le président américain a demandé aux responsables de la sécurité nationale de se préparer à un long blocus des ports iraniens afin de contraindre Téhéran à abandonner son programme nucléaire.

D'après le journal, M. Trump estime pouvoir forcer Téhéran à suspendre l'enrichissement de l'uranium pendant 20 ans, puis à accepter de strictes restrictions par la suite.

L'Iran réaffirme de son côté régulièrement son droit inaliénable au nucléaire civil, tout en jugeant "négociable" le taux d'enrichissement.

Selon des responsables américains cités par le WSJ, Donald Trump considère en outre que bloquer les infrastructures portuaires iraniennes permettrait de continuer à mettre sous pression l'économie iranienne et ses exportations de pétrole.

Le locataire de la Maison Blanche "a estimé que ses autres options — reprendre les bombardements ou se retirer du conflit — comportaient plus de risques que le maintien du blocus", ont indiqué ces responsables.

Téhéran a appelé de son côté Washington à renoncer à ses exigences "irrationnelles", estimant que les Etats-Unis n'étaient "plus en position de dicter leur politique à des nations indépendantes".

Audition de Hegseth 

Alors que l'Iran annonce régulièrement des arrestations ou pendaisons de personnes accusées de liens avec Israël ou les Etats-Unis, le Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU a affirmé mercredi que 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 interpellées pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale depuis le début du conflit.

L'Iran n'a pas réagi dans l'immédiat à ces allégations.

Sur le front libanais, Israël, qui combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, deux personnes, dont un militaire, ont été tuées mercredi dans une nouvelle frappe israélienne dans le sud du pays, selon l'armée libanaise.

Chaque camp accuse l'autre de violer une trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Aux Etats-Unis, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth va devoir s'expliquer mercredi sur la conduite la guerre en Iran lors de sa première audition parlementaire depuis le début du conflit.

Depuis fin février, des parlementaires démocrates et républicains ont critiqué l'exécutif américain pour le manque d'information qui leur a été fournie.