Avec une révérence ou des larmes, les Britanniques se recueillent devant le cercueil d'Elizabeth II

Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Le corbillard transportant la dépouille d'Elizabeth II qui avait passé la nuit au palais d'Holyroodhouse, résidence officielle de la reine en Ecosse, était ainsi suivi à pied par Charles III, les princes Andrew et Edward ainsi que la princesse Anne dans les rues pavées de la capitale écossaise. (Photo, Reuters)
Le corbillard transportant la dépouille d'Elizabeth II qui avait passé la nuit au palais d'Holyroodhouse, résidence officielle de la reine en Ecosse, était ainsi suivi à pied par Charles III, les princes Andrew et Edward ainsi que la princesse Anne dans les rues pavées de la capitale écossaise. (Photo, Reuters)
Short Url
Publié le Lundi 12 septembre 2022

Avec une révérence ou des larmes, les Britanniques se recueillent devant le cercueil d'Elizabeth II

Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. (Photo, Reuters)
Le corbillard transportant la dépouille d'Elizabeth II qui avait passé la nuit au palais d'Holyroodhouse, résidence officielle de la reine en Ecosse, était ainsi suivi à pied par Charles III, les princes Andrew et Edward ainsi que la princesse Anne dans les rues pavées de la capitale écossaise. (Photo, Reuters)
  • Avant de rejoindre la capitale écossaise, le nouveau roi a reçu au Parlement britannique à Londres les condoléances des présidents de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes
  • De longues files d'attente - qui pourraient atteindre huit kilomètres - sont attendues tandis que 750 000 personnes pourraient tenter d'aller voir le cercueil

ÉDIMBOURG: Pour la première fois depuis la mort d'Elizabeth II, les Britanniques, parfois émus aux larmes, ont pu se recueillir lundi sur son cercueil, exposé à la cathédrale Saint-Gilles d'Edimbourg au début d'une semaine d'adieux à la monarque. 

Nouvelle étape du dernier voyage de la souveraine, jusqu'à ses funérailles lundi prochain à Londres, le convoi funéraire, mené par le roi Charles III, entouré de ses frères et soeur, est arrivé jusqu'à la cathédrale après avoir traversé Edimbourg au cours d'une lente procession dans un silence absolu. 

Le corbillard transportant la dépouille d'Elizabeth II qui avait passé la nuit au palais d'Holyroodhouse, résidence officielle de la reine en Ecosse, était ainsi suivi à pied par Charles III, les princes Andrew et Edward ainsi que la princesse Anne dans les rues pavées de la capitale écossaise. 

Ils ont marché en rythme sur plus d'un kilomètre dans la vieille ville, tous en uniforme noir militaire à l'exception d'Andrew, en retrait de la monarchie à la suite des accusations d'agressions sexuelles auxquelles il a mis fin en payant des millions de dollars. 

Une particularité qui confirme la mise à l'écart de celui qui a souvent été qualifié de "fils préféré" d'Elizabeth II. 

Après une cérémonie religieuse, le cercueil, recouvert de l'étendard royal écossais (jaune, rouge et bleu marine), et sur lequel a été déposée la couronne d'Ecosse, en or massif, ainsi qu'une couronne de fleurs blanches, est désormais exposé dans la cathédrale pour 24 heures, avant son départ pour Londres, suscitant une affluence massive. 

La police a ainsi indiqué que 30 000 bracelets, sésame nécessaire pour entrer dans la cathédrale, avaient d'ores et déjà été distribués. La file d'attente s'étend sur plus de 1,5 kilomètres, selon une journaliste. 

La population peut ainsi s'incliner à plusieurs mètres de distance et derrière un cordon de sécurité devant le cercueil de chêne, surélevé sur une estrade, sous la surveillance de quatre archers de la Compagnie royale et d'une dizaine de policiers. 

Certains anonymes se sont ainsi signés devant le corps, d'autres ont fait la révérence. Des larmes coulaient parfois sur les visages. 

1
Le roi Charles III et la reine Camilla arrivent au palais de Holyroodhouse, à la suite du décès de la reine Elizabeth II, à Édimbourg, en Écosse, le 12 septembre 2022. (Photo, Reuters)

« Morceau d'Histoire » 

Quatre jours après la mort d'Elizabeth II dans son château écossais de Balmoral et une semaine avant ses funérailles, l'émotion reste forte au Royaume-Uni, et le public nombreux pour accompagner le dernier voyage de la populaire souveraine. 

Elizabeth II, symbole de stabilité pendant des décennies de bouleversements, icône planétaire qui rassurait les Britanniques en temps de crise, restera exposée dans la cathédrale pendant 24 heures, jouit d'une popularité exceptionnelle. 

"Je resterai aussi longtemps qu'il faudra", a affirmé Sam Whitton, un Ecossais présent dans la longue file d'attente pour voir le cercueil. Pour lui, la reine représentait "un morceau d'Histoire". 

Dans le public venu voir passer le convoi, Lorraine Logan, 60 ans, venue avec son siège pliable, explique être arrivée le matin pour avoir une place au deuxième rang: "C'était encore plus triste que ce que je pensais". 

"C'était incroyable de voir le roi et complètement surréaliste de voir le cercueil de la reine défiler à Edimbourg, c'est un moment qui restera dans l'Histoire", a commenté John McMonagle, 52 ans, en costume sombre, venu de Glasgow. 

1
Le roi Charles III inspecte la garde d'honneur à son arrivée pour assister à la cérémonie des clés, au palais de Holyroodhouse, à Édimbourg, le lundi 12 septembre 2022. (Photo, AP)

«Poids de l'Histoire»

Charles III s'installe en tant que monarque avec la lourde tâche de succéder à sa mère très populaire dans un contexte de grave crise sociale et de divisions au Royaume-Uni, mais aussi de contestation face au passé colonialiste dans ses 14 autres royaumes. 

Il s'y attelle à 73 ans, plus âgé que tous les souverains britanniques à leur accession au trône. 

Charles III s'est rendu lundi après-midi au parlement écossais pour une séance de condoléances et avait pour l'occasion troqué son costume militaire noir pour un kilt bordeaux, une tenue qu'il a toujours particulièrement affectionné. 

Cette journée le début d'une tournée dans les quatre nations constitutives du Royaume-Uni, qui l'emmenera à Belfast et Cardiff et qu'il a entamée lundi matin au Parlement britannique de Londres. 

"En me tenant devant vous aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de ressentir le poids de l'Histoire qui nous entoure", a déclaré le souverain. 

Il a affirmé que sa mère était "un exemple de dévouement que, avec l'aide de Dieu et vos conseils, je suis résolu à suivre fidèlement". 

Elizabeth II est restée pendant ses 70 ans de règne une cheffe d'État à la neutralité irréprochable, remplissant sans jamais s'exprimer publiquement sur ses opinions ses fonctions constitutionnelles, ouvrir le Parlement, promulguer les lois, valider les nominations, et intronisant encore, deux jours avant de s'éteindre à l'âge de 96 ans, son 15e chef de gouvernement. 

En retrait de la monarchie depuis le retentissant "Megxit", le prince Harry s'est joint aux hommages à Elizabeth II, qu'il a qualifiée de "boussole", remerciant sa "mamie" pour son sens du devoir et son "sourire contagieux" : "Vous manquez déjà cruellement". 

1
Le roi Charles III assis à Westminster Hall, après le décès de la reine Elizabeth de Grande-Bretagne, à Londres, en Grande-Bretagne, le 12 septembre 2022. (Photo, Reuters)

Files d'attente 

Après cette première journée de présentation à la population, la dépouille sera embarquée mardi soir à l'aéroport d'Edimbourg à bord d'un avion royal à destination de Londres. 

Elle sera de nouveau exposée publiquement 24 heures sur 24, clos, drapé de l'étendard royal, sur une estrade au palais de Westminster à partir de mercredi soir. 

De longues files d'attente - qui pourraient atteindre huit kilomètres - sont attendues tandis que 750 000 personnes pourraient tenter d'aller voir le cercueil, selon le journal The Times. 

La dépouille d'Elizabeth II demeurera cinq jours au Parlement avant les funérailles nationales. Quelque 500 dignitaires étrangers sont attendus - un défi sécuritaire considérable pour la police -  parmi lesquels le président américain Joe Biden, son homologue français Emmanuel Macron, ainsi que de nombreuses têtes couronnées. 

La veille de l'événement, dimanche, le public sera appelé à marquer une minute de silence à 20H00 (19H00 GMT), "un moment de réflexion" en mémoire de la souveraine à la longévité inégalée dans l'Histoire du Royaume-Uni. 

1
En retrait de la monarchie depuis le retentissant « Megxit », le prince Harry s'est joint aux hommages à Elizabeth II, qu'il a qualifiée de « boussole », remerciant sa « mamie » pour son sens du devoir et son « sourire contagieux » : « Vous manquez déjà cruellement ». (Photo, AFP)

Les Etats-Unis reprennent leurs bombardements sur l'Iran

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays. (AFP)
Short Url
  • L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones"
  • Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques"

TEHERAN: Les Etats-Unis ont annoncé jeudi avoir achevé une "lourde série" de bombardements sur l'Iran en représailles à des attaques contre leurs forces au Moyen-Orient, les médias iraniens faisant état de trois morts et d'explosions dans deux provinces du pays.

L'armée américaine a "frappé des dizaines de cibles du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) en Iran, notamment des centres de commandement militaires, des installations de missiles et de drones, des sites de surveillance et de défense côtières, ainsi que des capacités maritimes", a écrit le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

Les Etats-Unis ont affirmé avoir riposté au lancement, mardi par les Gardiens de la Révolution, de "multiples missiles balistiques" lors d'une "tentative d'attaque surprise contre les forces américaines basées au Moyen-Orient", précisant que tous ces missiles avaient été interceptés.

La Jordanie, qui héberge des forces américaines sur ses bases, a de son côté annoncé jeudi matin avoir intercepté cinq missiles tirés depuis l'Iran, qui n'ont pas fait de victime.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", avait prévenu mercredi le président américain Donald Trump dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

"On va les frapper très fort, parce que c'est à notre tour", avait-il insisté plus tard devant la presse à la Maison Blanche.

Les médias officiels iraniens ont fait état d'attaques dans les provinces méridionales du Khuzestan et d'Hormozgan.

"Une attaque américaine contre une maison d'habitation dans le quartier de Chah Tangu, à Qeshm, a tué trois membres d'une même famille: le père, la mère et leur enfant de deux ans", a écrit l'agence Fars sur Telegram, en citant l'Université des sciences médicales d'Hormozgan, ajoutant que deux autres enfants âgés de sept et neuf ans, blessés, avaient été hospitalisés.

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis et l'Arabie saoudite avaient annoncé avoir mené des frappes conjointes contre des groupes armés pro-iraniens en Irak, accusés d'avoir attaqué des installations pétrolières saoudiennes (ce qu'ils ont démenti).

Riposte inévitable 

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens - et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

"Notre riposte contre l'ennemi américain est inévitable, et pourrait frapper ses instruments en Arabie saoudite", a soutenu mercredi dans un communiqué la Résistance islamique en Irak, une puissante alliance armée irakienne pro-Iran.

Téhéran a condamné les frappes chez son voisin.

Dans la capitale iranienne, des habitants expriment leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, opposant les rebelles yéménites houthis pro-iraniens à l'Arabie saoudite.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...). La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", a déclaré à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule, par lequel transitait un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial avant la guerre, lancée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran.

Jeudi matin, les Gardiens de la Révolution ont affirmé que deux pétroliers avaient tenté la veille au soir "de quitter le couloir maritime sûr" désigné par l'Iran, et que l'un d'entre eux avait "pris feu", sans autre précision. "Les deux bâtiments ont fait demi-tour à grande vitesse", selon la même source.

Ces nouvelles violences ont fait brièvement monter les cours du pétrole, avant qu'ils ne repartent à la baisse jeudi matin. "On craint que la guerre soit en train de s'étendre", a commenté auprès de l'AFP Andy Lipow, analyste chez Lipow Oil Associates. "Ce qui n'aiderait en rien à rétablir les flux pétroliers" dans la région.


Trump avertit qu'il va frapper «fort» l'Iran, après des attaques contre des bases américaines

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays. (AFP)
Short Url
  • "Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News
  • La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran

TEHERAN: Donald Trump a averti que les Etats-Unis allaient frapper "fort" l'Iran après des tirs iraniens contre des bases américaines en Jordanie, relançant, après quelques jours d'accalmie, le conflit qui s'étend au Moyen-Orient.

L'armée américaine a annoncé dans la nuit avoir intercepté des missiles visant en provenance de l'Iran ses  forces "basées au Moyen-Orient". La télévision iranienne a ensuite fait état de frappes américaines dans le nord-ouest du pays.

Cette reprise des hostilités, suspendues depuis samedi, a ravivé les inquiétudes pour l'approvisionnement en or noir. Vers 12H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, s'échangeait à 87,99 dollars, en hausse de 4,64%.

"Nous allons les frapper fort, ils vont prendre une raclée", a déclaré le président américain dans des propos rapportés par un journaliste de la chaîne Fox News.

La Jordanie, alliée de Washington et ciblée déjà par Téhéran, avait dit tôt mercredi avoir abattu cinq missiles venus d'Iran.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, puissante force armée, ont revendiqué une attaque de missiles contre "une base aérienne et le centre de commandement central des Etats-Unis".

"Violation flagrante" 

Washington a de son côté annoncé des frappes en Irak contre des groupes armés pro-iraniens, menées conjointement avec l'Arabie saoudite, visée plus tôt par des missiles en provenance du territoire irakien.

Ces attaques dans plusieurs villes d'Irak ont fait 20 morts - dont cinq Iraniens -  et 32 blessés dans les rangs du Hachd al-Chaabi, a indiqué ce réseau de factions à majorité chiite, intégré aux forces armées irakiennes et englobant des groupes armés pro-Iran.

Cette coalition a dénoncé une "escalade dangereuse".

Si M. Trump a affirmé, selon le journaliste de Fox News, que les frappes étaient "coordonnées avec le gouvernement irakien", la présidence irakienne a dénoncé une "violation flagrante de la souveraineté de l'Irak".

Le Conseil ministériel irakien pour la sécurité nationale a ensuite indiqué avoir adopté "un plan de sécurité global (...) pour faire face à toute violation de la souveraineté de l’Irak et empêcher toute entité d’utiliser le territoire irakien pour menacer les États voisins".

Les groupes pro-iraniens en Irak ont démenti être derrière les tirs ayant visé des installations pétrolières dans l'est de l'Arabie saoudite.

"Des avions de combat américains et saoudiens ont frappé plusieurs sites logistiques et d'armement terroristes dans l'est de l'Irak", a écrit le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Téhéran a également condamné les frappes dans le pays voisin. Sa télévision d'Etat a fait état dans l'après-midi de bombardements américains sur une ville à la frontière avec l'Irak.

A Téhéran, des habitants exhalent leur lassitude.

"On ne sait pas vraiment si nous sommes en guerre ou en paix (...) Ce que je vois, c'est une population profondément découragée et déprimée", déclare à l'AFP Golrokh, une retraitée de 60 ans.

Avant les dernières échanges de frappes, le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis s'était étendu à un autre front, resté relativement calme depuis 2022, opposant les rebelles yéménites houthis à l'Arabie saoudite.

Ryad soutient militairement le gouvernement yéménite face aux Houthis, soutenus par l'Iran.

Les rebelles ont affirmé mardi avoir visé avec des missiles un pétrolier saoudien en mer Rouge, l'accusant d'avoir "violé le blocus naval" dont ils menacent le royaume, premier exportateur de brut au monde.

"Guerre par procuration" 

"Téhéran utilise désormais son réseau de proxys (...) La guerre par procuration est la poursuite de la guerre directe par d'autres moyens, et elle est menée avec une cohérence stratégique considérable", déclare à l'AFP Hesham Alghannam, analyste et chercheur saoudien spécialisé dans les questions de sécurité.

Le gouvernement yéménite a accusé mercredi les Houthis de vouloir imposer des droits de passage aux navires transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement à son extrémité sud.

L'Arabie saoudite compte sur la mer Rouge pour poursuivre ses exportations, alors que l'Iran verrouille de nouveau le stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.

Les Gardiens iraniens ont d'ailleurs annoncé mercredi avoir frappé et arrêté trois pétroliers qui tentaient de franchir ce détroit, par lequel transitait avant la guerre quelque 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié dans le monde.

Washington avait dit la semaine dernière vouloir "laisser de la place aux négociations" avec les Iraniens, avec une pause dans les hostilités.

Les nouvelles frappes mercredi sont intervenues au lendemain de la visite à Washington du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a rencontré Donald Trump pour la première fois depuis le début de la guerre régionale, déclenchée par des attaques de leurs pays contre l'Iran le 28 février.


Plus personne à la rue : un défi de taille pour le nouveau Premier ministre britannique

Des tentes alignées pour des personnes sans domicile sont photographiées dans une rue de Londres le 28 juillet 2026. (AFP)
Des tentes alignées pour des personnes sans domicile sont photographiées dans une rue de Londres le 28 juillet 2026. (AFP)
Short Url
  • Andy Burnham promet d'en finir avec le sans-abrisme, malgré un bilan mitigé à Manchester et une hausse record des sans-abri en Angleterre
  • Les experts jugent que 340 M£ ne suffiront pas et réclament davantage de logements sociaux et d'investissements

LONDRES: En arrivant à Downing Street, Andy Burnham s'est engagé à ce que plus personne ne dorme dans la rue au Royaume-Uni. Une promesse ambitieuse que le nouveau Premier ministre avait déjà faite en tant que maire du Grand Manchester, avec un résultat mitigé.

Sur une petite place du centre de Londres, Kevin, 60 ans, vend "The Big Issue", un journal au profit des sans-abri.

"Ca me permet de tenir le coup", dit cet homme sans domicile fixe depuis sa sortie de prison en 2010.

Interrogé sur l'engagement du nouveau chef du gouvernement travailliste, qui a pris ses fonctions le 20 juillet, il se montre sceptique : "Je pense que ça ne veut rien dire: il vient de Manchester et n'a pas réussi à régler le problème là-bas".

Pour Kevin, qui dort sous une tente, les centres d'hébergement ne sont pas toujours préférables à la rue. "J'ai fréquenté trois foyers différents dans le centre de Londres et je n'y mettrais même pas mon chien. C'était dégoûtant. On voyait des seringues partout".

- Records -

En 2017, tout juste élu maire de l'agglomération de Manchester, Andy Burnham avait annoncé le programme "A Bed Every Night" ("Un lit chaque nuit"), qui a permis de faire passer le nombre des personnes dormant dans la rue de 268 cette année-là à 90 en 2021, selon les autorités locales. Mais ce chiffre est remonté à 197 en 2025.

Dans toute l'Angleterre, le nombre des gens à la rue a atteint en 2025 un record de 4.793, selon les chiffres du gouvernement. Et le groupe de réflexion Institute for Public Policy Research (IPPR) s'attend à voir ce chiffre augmenter de 25% d'ici à 2030.

Plus largement, 382.000 personnes n'avaient pas de domicile permanent en 2025 en Angleterre, selon l'association Shelter.

Les collectivités locales, compétentes pour s'occuper des sans-abri mais confrontées à des coupes budgétaires, peinent à lutter contre ce phénomène.

Des associations prennent le relais, telle "Hackney Night Shelter" qui offre gratuitement un lit à une vingtaine de personnes pendant deux semaines au maximum.

Les stores à lamelles grises des dortoirs rappellent le passé du bâtiment, qui abritait autrefois des bureaux, même si l'association a su aménager l'espace pour le rendre accueillant.

Mark Palframan, 61 ans, son directeur, salue l'objectif d'Andy Burnham. "C'est un objectif réaliste", estime-t-il, à condition d'y consacrer les ressources suffisantes.

- Travailleurs sans abri -

Situation préoccupante, beaucoup de personnes sans domicile fixe ont un emploi. Le refuge a en particulier hébergé des assistants d'éducation et des professionnels du cinéma.

"Autrefois, le travail permettait de sortir du sans-abrisme", souligne M. Palframan, pour qui il serait utile de s'attaquer au coût de la vie, d'améliorer les droits des locataires et d'accélérer les procédures d'asile.

Eddie, un Lituanien de 46 ans, a travaillé pendant la moitié des 20 années qu'il a passées au Royaume-Uni.

Portant un treillis militaire, il se prépare à passer une nouvelle nuit dehors dans le quartier branché d'Hackney, à Londres.

"Je travaillais pour une entreprise de déménagement. Quand elle a arrêté de me payer, (...) je n'ai plus pu payer mon loyer, alors j'ai vécu dans le camion que j'utilisais pour le travail", explique-t-il.

Bénéficiaire d'allocations pour handicap, Eddie a aussi vécu dans un squat qui a été fermé après l'interdiction en 2012 des occupations illégales d'immeubles résidentiels abandonnés.

- Bâtiments vides -

"Il y a des bâtiments vides, pourquoi ne pas laisser les gens y vivre ?", interroge-t-il.

L'association londonienne Street Storage, quant à elle, met des espaces de stockage à la disposition des sans-abri.

Il y avait un chef cuisinier qui "rangeait ici sa tenue et ses couteaux de cuisine, dormait dehors pendant la journée, venait les récupérer le soir, travaillait de nuit, les rapportait le matin", raconte sa dirigeante, Rachel Woolf.

Andy Burnham s'est engagé à consacrer 340 millions de livres (près de 400 millions d'euros) pour mettre fin au sans-abrisme "au plus vite".

Cette somme ne suffira pas "à régler le problème", commente Maya Singer Hobbs, chercheuse à l'IPPR, qui insiste sur la nécessité de construire plus de logements sociaux.

Ce qui requiert un "investissement initial" important mais permettrait de "réaliser des économies" sur le long terme, souligne-t-elle. Le coût s'élèverait toutefois à plusieurs "milliards" et il ne faut donc pas s'attendre à des annonces avant que le gouvernement ne présente son budget plus tard dans l'année.