Invoquant la conquête de la Lune, Biden rêve de «guérir les cancers une bonne fois pour toutes»

Le président américain Joe Biden regarde l'ambassadrice des États-Unis en Australie, Caroline Kennedy, prononcer un discours à la John F. Kennedy Library and Museum de Boston, le 12 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le président américain Joe Biden regarde l'ambassadrice des États-Unis en Australie, Caroline Kennedy, prononcer un discours à la John F. Kennedy Library and Museum de Boston, le 12 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Invoquant la conquête de la Lune, Biden rêve de «guérir les cancers une bonne fois pour toutes»

  • «Le cancer (...) se moque de savoir si vous êtes républicain ou démocrate. Battre le cancer est quelque chose que nous pouvons faire ensemble»
  • L'autre grande ambition du gouvernement américain porte sur le dépistage et sur le développement de nouveaux traitements

BOSTON: Joe Biden, pour qui ce sujet a une douloureuse dimension personnelle, a dit lundi son rêve de "guérir les cancers une bonne fois pour toutes", soixante ans exactement après un discours historique de John Fitzgerald Kennedy sur la conquête de la Lune.

"En Amérique, nous pensons que tout est possible", a-t-il dit dans un discours à la librairie consacrée au président assassiné, à Boston (nord-est), après une introduction de la fille de ce dernier, Caroline Kennedy.

S'inspirant du discours prononcé par "JFK" il y a soixante ans jour pour jour, dans lequel il avait promis d'envoyer un homme sur la Lune, Joe Biden a dit vouloir "organiser et mesurer le meilleur de notre énergie et de nos talents pour mettre fin au cancer tel que nous le connaissons et même pour guérir les cancers une bonne fois pour toutes."

"Le cancer (...) se moque de savoir si vous êtes républicain ou démocrate. Battre le cancer est quelque chose que nous pouvons faire ensemble", a-t-il martelé.

En promettant la conquête de la Lune, John Fizgerald Kennedy avait "créé un objectif national, susceptible de rassembler le peuple américain, et une cause commune. Et il a réussi", a rappelé le président américain, qui veut réduire la mortalité liée au cancer de 50% en 25 ans.

Il s'agit, a-t-il dit, de "faire en sorte que de plus en plus, le cancer ne soit pas une condamnation à mort mais une maladie chronique avec laquelle les gens peuvent vivre."

Cette offensive de l'exécutif américain a plusieurs facettes. Elle porte par exemple autant sur le coût parfois exorbitant des traitements que sur la détection et le traitement des cancers, avec l'exploration de tests sanguins et de nouvelles thérapies.

"Quand ils reçoivent leur diagnostic, la première chose à laquelle beaucoup de gens pensent, c'est 'Comment je vais payer les soins? Est-ce qu'il faut vendre la maison? Arrêter de payer les mensualités pour la voiture? Est-ce que nous pourrons payer les études des enfants?'", a dit le président américain.

La Maison Blanche a rappelé avoir limité à 2 000 dollars par an le montant que doivent payer de leur poche de nombreux citoyens américains, bénéficiaires du programme Medicare, le système d'assurance santé américain auquel ont notamment accès les plus de 65 ans.

Or, souligne-t-elle, il arrive jusqu'ici que certains patients doivent débourser des milliers de dollars chaque année pour traiter un cancer de la prostate ou du sein.

Dépistage sanguin

L'autre grande ambition du gouvernement américain porte sur le dépistage et sur le développement de nouveaux traitements.

Les Etats-Unis ont lancé un test à grande échelle - d'abord auprès de 24 000 personnes, avec l'objectif de l'étendre à 225 000 personnes - pour identifier des tests qui seraient capables de détecter un ou plusieurs cancers seulement à partir d'une prise de sang.

Joe Biden a aussi évoqué la possibilité de développer des vaccins et de trouver des traitements moins lourds: "Imaginez, plutôt qu'une chimiothérapie éprouvante, une simple prise de sang, ou alors un cachet acheté à la pharmacie du coin plutôt que des traitements invasifs et de longs séjours à l'hôpital".

JFK avait clamé, le 12 septembre 1962: "Nous choisissons d'aller sur la Lune", en fixant pour objectif d'y faire marcher des hommes avant la fin de la décennie.

L'objectif avait été tenu, puisque le 21 juillet 1969 Neil Armstrong a posé le pied sur la Lune.

La lutte contre le cancer est un objectif politique mais aussi un combat intime pour le président américain, dont le fils aîné, Beau Biden, a été emporté par un cancer du cerveau en 2015, à l'âge de 46 ans.

Les Etats-Unis mènent par ailleurs un programme de retour vers la Lune, Artemis.

La première étape consiste à tester sans équipage une nouvelle fusée géante de la Nasa.

La Nasa a tenté deux fois de faire décoller l'engin, avant de renoncer pour des raisons techniques.

La méga-fusée subit désormais des réparations et une nouvelle tentative pourrait avoir lieu le 23 ou le 27 septembre.


Attentats de 2016 à Bruxelles: Première journée marathon pour désigner le jury

L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
L'accusé Salah Abdeslam arrive à l'ouverture du procès contre les neuf djihadistes présumés accusés d'avoir participé aux attentats de mars 2016, à Bruxelles le 30 novembre 2022 (Photo, AFP).
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  • La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon
  • Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés

BRUXELLES: Six ans et demi après les faits, le procès des attentats djihadistes de 2016 à Bruxelles s'est ouvert mercredi dans la capitale belge par la formation d'un jury de cour d'assises exceptionnellement fourni pour affronter de longs mois de débats.

Neuf hommes accusés de crimes terroristes, dont Salah Abdeslam, un millier de parties civiles, 36 jurés dont 24 suppléants pour pallier d'éventuelles absences chez les titulaires: ce procès est celui de la démesure à plusieurs titres.

La première journée a été entièrement consacrée à la constitution du jury populaire, un objectif atteint à l'issue d'une audience marathon de plus de douze heures, suspendue peu après 23H15 (22H15 GMT).

Quelque 600 citoyens belges avaient été convoqués comme jurés potentiels mercredi, et 200 d'entre eux ont obtenu d'être dispensés. Les 36 appelés à siéger n'ont été tirés au sort qu'après un long défilé à la barre pour que chaque dispensé se justifie.

Après ce passage obligé du procès d'assises, les débats commenceront lundi. La semaine sera marquée par la lecture prévue sur plusieurs jours de l'acte d'accusation, un document d'environ 500 pages. Le procès doit durer jusqu'en juin.

Le matin du 22 mars 2016, deux djihadistes s'étaient fait exploser dans le hall des départs de l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, et un troisième une grosse heure plus tard dans une station de métro de la capitale belge, causant 32 morts et plusieurs centaines de blessés.

Ces attentats-suicides, revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), ont été perpétrés par la cellule djihadistes déjà à l'origine des attaques du 13 novembre 2015 (130 morts à Paris et Saint-Denis).

Ils surviennent quatre jours après l'arrestation - le 18 mars dans la commune bruxelloise de Molenbeek - de Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 Novembre. Une interpellation qui précipite ce nouveau passage à l'acte du groupe.

«Électromécanicien»

"Abdeslam Salah, 33 ans, électromécanicien": le djihadiste français, pull noir et barbe fournie, s'est contenté de décliner poliment son identité à la cour, à l'ouverture de l'audience mercredi matin.

Une attitude qui contrastait avec celle de septembre 2021 au lancement du procès du 13-Novembre à Paris. "J'ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l'Etat islamique", avait alors asséné Abdeslam, condamné en juin à la perpétuité incompressible, la peine la plus lourde du code pénal français.

Mercredi matin, les neuf accusés attendus étaient tous présents, sept dans le box dont Abdeslam et deux comparaissant libres. Une dixième homme, Oussama Atar, dirigeant de la cellule, est jugé par défaut (comme à Paris) car il est présumé mort en Syrie.

Un seul accusé, le Suédois d'origine syrienne Osama Krayem, a refusé de se lever lors de l'appel et de prononcer le moindre mot à l'adresse de la cour.

Pendant de longues heures, face à des accusés impassibles, bavardant parfois l'un avec l'autre dans le box collectif, des dizaines de femmes et d'hommes, candidats-jurés, se sont succédé devant la cour pour appuyer leur demande de dispense.

"Je vais être opéré en mars", "je dois allaiter mon bébé de 8 mois", "j'ai déjà réservé mes vacances en Thaïlande": la plupart ont fait valoir des raisons médicales, familiales, parfois professionnelles.

Certains ont avancé des liens personnels avec tel avocat ou telle victime des attentats risquant d'affecter leur impartialité. Le cinéaste Joachim Lafosse a ainsi été dispensé. Même chose pour l'athlète Kevin Borlée.

Après "339" dispenses accordées avant le procès la présidente de la cour Laurence Massart en a délivré 200 autres mercredi.

«Abandonnées à leur sort»

A l'inverse de la France où ils sont soumis à une cour d'assises spéciale (uniquement composée de magistrats), les crimes "terroristes" sont encore jugés en Belgique par 12 citoyens tirés au sort pour assister trois magistrats professionnels.

Situation inédite en Belgique, permise par une loi récente: 36 sièges seront occupés dans leurs rangs, pour 12 jurés titulaires et 24 suppléants amenés à remplacer au pied levé toute absence.

Selon un calendrier prévisionnel, les accusés sont censés être interrogés sur les faits à partir du 19 décembre, les premiers témoignages de victimes étant attendus à la mi-janvier.

Proches de victimes décédées, personnes blessées ou souffrant de séquelles psychologiques: un millier de personnes se sont constituées parties civiles au procès pour réclamer la réparation d'un préjudice.

Plusieurs rescapés et témoins interrogés par l'AFP ont aussi décrit leur pénible combat pour obtenir des assurances la prise en charge des soins médicaux.

"Les victimes ont été abandonnées à leur sort par l'Etat belge", a dénoncé un collectif représentant près de 300 parties civiles.


La Ligue islamique mondiale et l’université de Columbia lancent un laboratoire de recherche sur la coexistence interconfessionnelles

Des responsables assistent à la cérémonie de signature du Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles. (Photo, SPA)
Des responsables assistent à la cérémonie de signature du Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles. (Photo, SPA)
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  • Le projet permettra de mettre au point des programmes de formation pour lutter contre les préjugés dans les communautés et les salles de classe, et de prévenir la discrimination et l'extrémisme
  • «La Ligue islamique mondiale se consacre à la lutte contre les discours de haine et l’intolérance sous toutes ses formes», a déclaré son secrétaire général

NEW YORK: La Ligue islamique mondiale (LIM), en partenariat avec le Teachers College de l’université de Columbia à New York, a lancé mercredi le Laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles.

Selon ses fondateurs, le laboratoire se veut un centre d’excellence pour la recherche, le leadership et la formation visant à lutter contre toutes les formes de haine et de radicalisation fondées sur la religion, la race ou l’ethnicité.

La LIM a accordé une subvention pour soutenir les travaux du laboratoire. Celui-ci se chargera d’élaborer des programmes de formation novateurs et fondés sur des données probantes afin de lutter contre les préjugés dans les communautés et dans les salles de classe. Il permettra également de faire avancer la recherche pour la promotion et l’amélioration de la coexistence et de la collaboration interconfessionnelles.

Parmi les personnalités qui ont assisté à la cérémonie de signature du projet mercredi figurent le secrétaire général de la LIM, Mohammed al-Issa, le président du Teachers College, Thomas Bailey, l’archevêque de New York, Timothy Cardinal Dolan, le grand rabbin de la synagogue de Park East, Arthur Schneier, ainsi que des membres du Congrès américain.

«La LIM se consacre à la lutte contre les discours de haine et l’intolérance sous toutes ses formes», a déclaré M. Al-Issa.

«Nous sommes honorés de soutenir le nouveau laboratoire international de recherche et de leadership en matière de collaboration et de coexistence interconfessionnelles, car il permettra de poursuivre cette bataille et, grâce à la formation et à la recherche, il contribuera à éliminer la discrimination et l’extrémisme avant qu’ils ne prennent racine chez les jeunes enfants.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Brésil: nouveau recul du chômage, à un mois de l'investiture de Lula

Le président élu brésilien Luiz Inacio Lula da Silva prononce un discours devant les partisans de la communauté brésilienne vivant au Portugal sur un campus de l'université de Lisbonne à Lisbonne le 19 novembre 2022. (Photo, aFP)
Le président élu brésilien Luiz Inacio Lula da Silva prononce un discours devant les partisans de la communauté brésilienne vivant au Portugal sur un campus de l'université de Lisbonne à Lisbonne le 19 novembre 2022. (Photo, aFP)
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  • Dans ce pays de 215 millions d'habitants, 9 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi, un nombre en baisse de plus de 30% sur un an
  • Le Brésil n'avait pas connu un taux de chômage équivalent depuis la période allant de mars à mai 2015

BRASILIA: Le taux de chômage au Brésil poursuit sa baisse, à 8,3% entre août et octobre, au plus bas depuis 2015, selon les chiffres publiés mercredi, à un mois de l'investiture du président élu Luiz Inacio Lula da Silva.

Dans ce pays de 215 millions d'habitants, 9 millions de personnes sont à la recherche d'un emploi, un nombre en baisse de plus de 30% sur un an, selon l'institut de statistiques IGBE.

Il s'agit de la huitième embellie consécutive du marché de l'emploi dans la première économie d'Amérique latine.

Le Brésil n'avait pas connu un taux de chômage équivalent depuis la période allant de mars à mai 2015.

Le taux de chômage, calculé en trimestres glissants, s'élevait à 8,7% il y a un mois et à 12,1% il y a un an. Il avait atteint un pic à 14,9% au premier trimestre 2021, au plus fort de la crise de la Covid-19.

Les nouveaux chiffres parus mercredi sont publiés à un mois du retour au pouvoir, le 1er janvier 2023, de l'icône de la gauche Lula qui a battu le président sortant d'extrême droite Jair Bolsonaro au second tour de l'élection présidentielle le 30 octobre.

Ce sera le troisième mandat de l'ancien métallo, qui a déjà dirigé le Brésil de 2003 à 2010.

Son équipe économique tente de faire approuver au Parlement une autorisation de dépassement exceptionnelle du plafond des dépenses pour maintenir les allocations versées aux plus pauvres.

Malgré la baisse importante du taux de chômage ces derniers mois, le Brésil est loin de la période faste des deux premiers mandats de Lula, quand le boom des matières premières avait permis au gouvernement de gauche de financer d'ambitieux programmes sociaux.

Jeudi, l'IBGE annoncera les chiffres du produit intérieur brut au troisième trimestre. Les analystes tablent sur un ralentissement de la croissance à 0,6%, après deux trimestres à plus de 1%.