Retraites: une cagnotte inattendue avant le retour des déficits

Après treize années consécutives de déficits, le système de retraite français a dégagé quelques milliards d'excédents en 2021 et 2022 mais devrait rapidement replonger dans le rouge (Photo, AFP).
Après treize années consécutives de déficits, le système de retraite français a dégagé quelques milliards d'excédents en 2021 et 2022 mais devrait rapidement replonger dans le rouge (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 13 septembre 2022

Retraites: une cagnotte inattendue avant le retour des déficits

  • Prises dans leur ensemble, les caisses de retraite françaises ont dégagé un excédent de 900 millions d'euros l'an dernier et devraient faire encore mieux cette année
  • Des résultats inédits depuis la crise financière de 2008 et bien meilleurs qu'attendu

PARIS: Après treize années consécutives de déficits, le système de retraite français a dégagé quelques milliards d'excédents en 2021 et 2022 mais devrait rapidement replonger dans le rouge, une perspective que le gouvernement utilise déjà pour justifier son projet de réforme controversée.

Une bonne fortune inattendue. Prises dans leur ensemble, les caisses de retraite françaises ont dégagé un excédent de 900 millions d'euros l'an dernier et devraient faire encore mieux cette année, avec un surplus de 3,2 milliards, selon le rapport annuel du Conseil d'orientation des retraites (COR) dont l'AFP a obtenu copie lundi.

Des résultats inédits depuis la crise financière de 2008 et bien meilleurs qu'attendu. Les précédentes prévisions, établies en juin 2021, auguraient en effet d'un "besoin de financement" de l'ordre de 7 à 10 milliards d'euros cette même année, qui devait ensuite diminuer jusqu'en 2023, mais sans retour à l'équilibre.

Le COR, qui avait déjà surestimé l'impact de la Covid et l'ampleur des pertes en 2020 (finalement limitées à 14 milliards d'euros) a cette fois-ci été surpris par "la reprise de la croissance" économique, "plus forte qu'anticipé" en sortie de crise sanitaire.

Mais l'embellie devrait être de courte durée. Dès 2023, "le solde se dégraderait sensiblement", prédit le COR qui envisage toujours un éventuel retour à l'équilibre "vers le milieu des années 2030" dans le meilleur des scénarios. Cependant, dans tous les cas, "le système de retraite serait déficitaire en moyenne sur les 25 prochaines années".

De quoi conforter le discours de l'exécutif, qui entend mener à bien d'ici à l'été 2023 la réforme promise par Emmanuel Macron durant sa campagne, même s'il n'est plus forcément question d'un report de l'âge légal à 64 ou 65 ans - contre 62 aujourd'hui.

"Le système de retraite français n'est pas équilibré financièrement. Il est même structurellement en déficit", affirme ainsi le ministre du Travail Olivier Dussopt dans un entretien au Point. Et d'en tirer cette conclusion: "Il faudra travailler plus longtemps à l'échelle d'une vie".

«Dingue» et «dangereux»

"L'objectif est clair, les modalités devront être débattues", ajoute-t-il, laissant ouvertes "la question de l'âge ou de la durée de cotisation" et celle "du rythme de mise en oeuvre", avant "un échange avec les partenaires sociaux le 19 septembre" sur ce sujet explosif.

Déjà échaudés par la nouvelle réforme de l'assurance chômage enclenchée la semaine dernière, les syndicats refusent pourtant de rouvrir le dossier. "Mettre de l'huile sur le feu avec la réforme des retraites, ça serait dingue", a prévenu le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.

Signe de leur inquiétude, tous mettent en garde le gouvernement contre une éventuelle mesure glissée dans le budget de la Sécu cet automne. "Ca bloquerait tous les autres chantiers", a souligné lundi le patron de la CFTC Cyril Chabanier, à l'issue d'une réunion au ministère du Travail.

"Ce serait dangereux et ça entraînerait une forte mobilisation, des manifestations et des grèves", a renchéri Michel Beaugas, négociateur de Force Ouvrière sur les retraites.

Ils trouveront eux aussi du grain à moudre dans le rapport du COR qui prend soin de souligner que ses travaux "ne valident pas le bien-fondé des discours qui mettent en avant l'idée d'une dynamique non contrôlée des dépenses de retraite".

Jugeant "parfaitement légitime de défendre (...) qu'il faut ou non mettre en oeuvre un réforme", l'organisme rattaché à Matignon rappelle cependant la réalité de l'enjeu budgétaire: avec une progression de 1,8% par an de 2022 à 2027, "l'évolution spontanée" des retraites "ne semble pas compatible avec les objectifs du gouvernement" qui s'est engagé à limiter à 0,6% la hausse annuelle des dépenses publiques dans son "programme de stabilité" envoyé à Bruxelles en juillet.


Incendie dans le Cher: risque «écarté» concernant le site d'armement Seveso 

Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
Cette photographie aérienne montre une zone brûlée alors qu'un incendie de forêt fait rage dans le département des Pyrénées-Orientales, dans le sud de la France, près de la commune de Montalba-le-Château, aux alentours de Perpignan, le 7 juillet 2026. Photo d'illustration. (AFP)
  • "Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture
  • A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux"

RENNES:  Le feu de forêt qui s'est propagé sur un site d'armement KNDS, classé Seveso seuil haut, près de Bourges (Cher), ne menace plus directement les lieux sensibles de l'usine et le risque est ainsi "écarté", a indiqué mercredi soir la préfecture à l'AFP.

"L'incendie n'est pas tout à fait fixé sur le flanc avant droit, mais, par contre, le flanc gauche qui lui était vraiment un danger pour le site dans lequel il y avait les munitions, est fixé", a déclaré à l'AFP la préfecture du Cher, précisant que le confinement de la centaine d'habitants dans la proche commune de Morthomiers était "levé".

"Il y a eu des hélicoptères bombardiers qui ont permis de cesser son évolution", a précisé la préfecture.

A 15h45, un feu s'est déclaré sur la commune de Morthomiers, située à une dizaine de km de Bourges et "s'est propagé sur 60 hectares de bois résineux".

L'incendie a ensuite gagné le site d'armement de KNDS d'une superficie d'environ 170 hectares, d'après la préfecture.

Le plan communal de sauvegarde a été mis en oeuvre et le centre opérationnel départemental a également été activé en préfecture.

Les 500 personnes qui travaillent régulièrement sur ce site d’armement avaient toutes été évacuées et une équipe interne de lutte contre les incendies avait été déployée, a indiqué à l'AFP une porte-parole de KNDS.

Environ 70 personnes de la commune de Morthomiers avaient elles été confinées dans la salle des fêtes du village, qui compte environ 850 habitants, d'après le maire M. Guillaume Porcher.


L'incendie dans la Drôme toujours très actif, météo «défavorable»

Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
Un pompier dans la Drôme, photo d'archives. (AFP)
  • L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs"
  • Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi

DIE: Plus de 430 pompiers tentaient toujours mercredi de ralentir un important incendie qui brûle depuis six jours la forêt d'une zone montagneuse inhabitée du sud de la Drôme, attisé par la chaleur, la sécheresse et des vents forts.

Le feu progresse peu avec une surface parcourue qui reste autour de 2.500 hectares, selon un bilan établi en milieu d'après-midi, mais "les conditions météorologiques défavorables complexifient encore nos manoeuvres et confirment nos inquiétudes", a expliqué sur place le lieutenant-colonel des pompiers Nicolas Héritier.

Les moyens aériens sur cette zone très escarpée et difficile d'accès au sol, sur la commune de Die, se limitaient vendredi à un hélicoptère lourd bombardier d'eau et un autre de reconnaissance, les deux Canadair attendus depuis plusieurs jours ayant été "priorisés" sur d'autres incendies dans le sud du pays où des habitations sont menacées.

L'effectif des pompiers va toutefois monter à 430 personnels en soirée avec des effectifs venant du Gard et du Vaucluse et sera renforcé, jeudi, avec 120 militaires de l'armée de terre spécialisés dans la lutte au sol contre les feux de forêts, a précisé le lieutenant-colonel Héritier.

L'incendie, qui a éclaté le 2 juillet, n'est "toujours pas fixé", selon l'officier, "il reste très actif sur tous les flancs".

Les flammes sont loin de toute zone habitée mais, dès lundi, les 250 habitants de deux villages --Barsac et Montmaur-en-Diois-- avaient été évacués par précaution, puis plus de 450 enfants de deux colonies de vacances mardi.

Mercredi, les habitants d'autres villages ont été appelés à se tenir prêts à quitter les lieux mais, en fin d'après-midi, la préfecture de la Drôme a indiqué qu'"aucune évacuation n'était nécessaire dans le secteur".

Habitant de Die, Yvan Bringard, 56 ans, voit les flammes depuis sa maison, sans se sentir en danger. "Les pompiers sont sereins, rassurés, et ça nous rassure aussi", a expliqué à l'AFP le retraité qui a accueilli pour la nuit plusieurs soldats du feu chez lui.

Des températures élevées, "jusqu'à 35°C", ainsi que "du vent du Nord de 20 km/h avec des rafales de 45", couplées à une sécheresse persistante et un terrain extrêmement difficile d'accès au sol expliquent que les pompiers n'arrivent toujours pas à arrêter la progression du feu, selon le lieutenant-colonel Héritier.

L'origine de cet incendie remonte à un premier feu provoqué par la foudre le 24 juin, déclaré éteint le lendemain. Malgré la surveillance des pompiers, un des foyers s'était réveillé une semaine plus tard, à la faveur d'un vent très fort et d'une chaleur persistante.

Dans le département voisin de l'Ardèche, 276 sapeurs-pompiers restent également mobilisés contre un autre incendie de végétation, qui a parcouru 90 hectares. Quatre d'entre eux ont été victimes de malaise, dont l'un transporté à l'hôpital.


La Cour de cassation n'a pas à se prononcer «plus rapidement», estime l'avocat de Le Pen

L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle. (AFP)
  • En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps
  • Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an

PARIS: L'avocat de Marine Le Pen a estimé mercredi que la Cour de cassation n'avait pas à se prononcer "plus rapidement que d'habitude" sur le pourvoi de sa cliente, qui suspend sa peine de bracelet électronique à neuf mois de l'élection présidentielle.

La cour d'appel de Paris a condamné mardi Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme sous surveillance électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires d'eurodéputés du Front national.

Son inéligibilité ayant été réduite à 15 mois ferme, déjà purgés, la patronne du Rassemblement national a annoncé mardi sa candidature à l'élection présidentielle mais également déposé un pourvoi en cassation, qui suspend l'exécution de sa peine.

"Il avait été évoqué une accélération du calendrier de la Cour de cassation, pourquoi ? Parce qu'au moment où le président de la Cour de cassation l'avait évoqué, il y avait l'exécution provisoire (application immédiate de la peine d'inéligibilité prononcée en première instance, ndlr). L'exécution provisoire n'est plus du tout d'actualité", a déclaré mercredi sur France Inter son avocat Rodolphe Bosselut.

En janvier, le premier président de la Cour de cassation avait évoqué la possibilité que la plus haute instance judiciaire se prononce autour de la fin de l'année 2026 en cas de pourvoi, vu l'imminence de la présidentielle 2027 au printemps.

Les délais de la Cour de cassation pour se prononcer sur un pourvoi contre une condamnation pénale sont normalement de huit mois à un an.

"Quelle est en l'occurrence la situation qui justifierait que la Cour de cassation tranche plus rapidement que d'habitude ?", a interrogé Me Bosselut.

"Ce n'est pas moi qui ai accéléré la cour d'appel (...) Ce n'est pas moi qui ralentirai la Cour de cassation", a-t-il assuré, en référence au traitement de faveur judiciaire pour la tenue rapide d'un procès en appel dont a bénéficié Marine Le Pen.

"Je voudrais que le cours de la justice soit un cours identique à tous les justiciables", a-t-il conclu.

"A partir du moment où Marine Le Pen peut se présenter grâce à cet arrêt de la cour d'appel, il n'y a plus d'urgence à ce que la Cour de cassation se prononce", a abondé sur RMC-BFMTV le maire de Perpignan Louis Aliot, très proche de Marine Le Pen et également condamné dans ce dossier.

"Faites comme pour tout Français", a enjoint le directeur de campagne du RN Julien Sanchez sur RTL, rappelant que "le délai classique pour aller en cassation, en général, c'est douze, quinze mois".

La cour d'appel a déclaré mardi Marine Le Pen, le Rassemblement national et dix autres personnes coupables de la mise en place d'une "organisation" pour salarier au titre d'assistants parlementaires d'eurodéputés des personnes qui travaillaient en réalité pour le parti, "une rupture d'égalité" avec les autres formations politiques.

Sur les contrats litigieux d'assistants parlementaires dont elle était saisie, la cour d'appel a chiffré le préjudice total du Parlement européen à 2,8 millions d'euros entre 2004 et 2016.