Crise de l'électricité et du gaz: la France se prépare à affronter un hiver sous tension

La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours lors d'une visite à la Bibliothèque nationale française Richelieu à Paris le 13 septembre 2022 (Photo, AFP).
La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours lors d'une visite à la Bibliothèque nationale française Richelieu à Paris le 13 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 septembre 2022

Crise de l'électricité et du gaz: la France se prépare à affronter un hiver sous tension

  • Avec la crise énergétique, les prix de gros de l'électricité en Europe ont explosé, dépassant parfois 1 000 euros le mégawatt/heure contre moins de 50 euros avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie
  • Sur le marché européen interconnecté, le prix de l'électricité est ajusté sur le prix de revient de la dernière source d'énergie mobilisée pour répondre à la demande

PARIS: Y aura-t-il de l’électricité à Noël? La Première ministre Elisabeth Borne va dévoiler mercredi les scénarios possibles pour affronter les pics de consommation d'énergie cet hiver mais aussi les factures qui flambent, au moment où la France est confrontée à sa pire crise énergétique depuis les années 70.

Mme Borne évoquera les scénarios d'approvisionnement en énergie du pays, dans la foulée des prévisions présentées le même jour par les gestionnaires des réseaux de transport d'électricité et de gaz (RTE et GRTgaz), ainsi que l'avenir du bouclier tarifaire qui protège les Français des hausses de tarif jusqu'au 31 décembre.

La Première ministre tiendra une conférence de presse à 15H30, entourée des ministres de l'Economie Bruno Le Maire et de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher.

Le gouvernement, qui prépare son projet de budget pour 2023, a promis que la hausse des prix du gaz et de l'électricité resterait "contenue" après l'expiration de ce bouclier.

En 2022, la hausse sur les tarifs d'électricité pour les particuliers avait été bloquée par le gouvernement à 4%, et les tarifs du gaz gelés au niveau d'octobre 2021.

Avec la crise énergétique, les prix de gros de l'électricité en Europe ont explosé, dépassant parfois 1 000 euros le mégawatt/heure contre moins de 50 euros avant l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février, au point que l'Union européenne envisage désormais sérieusement une réforme du marché.

Sur le marché européen interconnecté, le prix de l'électricité est ajusté sur le prix de revient de la dernière source d'énergie mobilisée pour répondre à la demande, souvent une centrale au gaz.

Or, le prix du gaz s'est envolé, dans le sillage de la guerre en Ukraine et du tarissement des flux par la Russie, entraînant avec lui celui de l'électricité.

En France, cette crise est accentuée par une baisse de sa production électrique nucléaire, au plus bas en raison de l'arrêt de la moitié de ses réacteurs (28 sur 56), en travaux pour des maintenances ou des corrosions.

A cela s'ajoute l'effondrement de la production hydraulique qui a pâti de la sécheresse estivale.

De quoi faire craindre des pénuries? "Non, la France ne sera pas plongée dans le noir", évacue une source industrielle contactée par l'AFP.

«Plan de continuité»

A 10H00, RTE va dérouler sa vision de la sécurité énergétique de la France pour le passage de l'hiver 2022/2023, et notamment la période cruciale d'octobre à mars, en fonction de plusieurs scénarios, des plus optimistes au plus pessimistes.

Seront abordés tous les efforts d'économies volontaires et éco-gestes qui pourront être demandés aux particuliers, collectivités et entreprises pour éviter la surchauffe du système.

Par exemple en baissant la consommation à des moments clés, comme le matin et en fin de journée, pour alléger les "pics" de consommation.

Le gestionnaire de réseau de transport de gaz GRTGaz présentera en début d'après-midi son scénario hivernal de prévisions d'approvisionnement en gaz.

Après avoir appelé fin août les entreprises à agir pour éviter un "rationnement", à l'orée de l'automne, les autorités martèlent un message qui se veut un peu plus rassurant sur la capacité du réseau à tenir face aux pics de demande et épisodes de froid cet hiver, à condition que chacun fasse un effort de "sobriété".

"Il n’y a pas de risque de black-out, c’est-à-dire de survenue d’un épisode qui ferait s’effondrer l'ensemble du système énergétique", a assuré la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, mardi devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.

"Nous avons une série de leviers" et en "ultime recours", "un plan de continuité est préparé en cas d'insuffisance d'alimentation en électricité, avec des mesures comme les délestages", a développé la ministre.

Ces coupures d'électricité, ciblées et organisées à l'avance font partie d'une panoplie de mesures destinées à éviter le black-out, c'est-à-dire la panne généralisée et incontrôlée.

La crise énergétique mondiale est venue s'ajouter en France à une situation déjà tendue pour le réseau électrique.

La sécurité d'approvisionnement avait été placée sous "vigilance" l'an passé pour les hivers 2021-2024, en raison notamment du retard pris dans le branchement de l'EPR de nouvelle génération de Flamanville et dans le développement des énergies renouvelables.


Le Français Sébastien Raoult sera présenté à une juge américaine vendredi

Paul Raoult, 63 ans, le père de Sébastien Raoult détenu, montre un téléphone portant le portrait de son fils à Epinal, dans l'est de la France, le 1er août 2022. (Photo, AFP)
Paul Raoult, 63 ans, le père de Sébastien Raoult détenu, montre un téléphone portant le portrait de son fils à Epinal, dans l'est de la France, le 1er août 2022. (Photo, AFP)
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  • Le jeune homme de 21 ans a été inculpé en juin par la justice américaine avec deux autres ressortissants français
  • Sébastien Raoult, arrêté le 31 mai à l'aéroport de Rabat-Salé à la demande de la justice américaine, a été extradé mercredi par le Maroc

WASHINGTON: Le Français Sébastien Raoult, extradé mercredi du Maroc vers les Etats-Unis, sera présenté vendredi à une juge fédérale à Seattle (nord-ouest) pour se voir notifier les charges pesant contre lui, a annoncé le procureur en charge du dossier.

Le jeune homme de 21 ans a été inculpé en juin par la justice américaine avec deux autres ressortissants français, Gabriel Bildstein, 23 ans et Abdel-Hakim El-Ahmadi, 22 ans, précise le procureur Nick Brown dans un communiqué.

Les trois hommes sont accusés d'avoir formé le groupe de hackeurs "ShinyHunters" et d'avoir, à partir de 2020, dérobé des données confidentielles à 60 entreprises, dont certaines situées dans la région de Seattle, pour les revendre sur le darkweb.

L'acte d'accusation, rendu public jeudi, détaille avec précision le modus operandi de ce groupe de pirates informatiques.

D'après ce document, les "ShinyHunters" avaient créé des sites internet ressemblant aux pages d'authentification d'entités réelles. Avec des emails de hameçonnage, ils attiraient les employés de ces organisations vers ces pages et récupéraient leurs identifiants.

Une fois dans les systèmes informatiques de leurs victimes, ils copiaient les fichiers clients et les informations financières, qu'ils mettaient ensuite en vente sur des plateformes comme "Raidforums et EmpireMarket, connues pour abriter des cybercriminels et des activités illégales".

Parfois, ils faisaient chanter leurs victimes, exigeant une rançon en cryptomonnaies pour ne pas mettre leurs données sur le marché.

Afin d'accroître leurs notoriété et leur profits, ils ont communiqué avec des médias et posté, à une occasion, un message revendicatif sur le site d'une de leur victime.

Selon différents experts, ils ont pris pour cible le compte de Microsoft sur la plateforme de partage de code informatique Github, le site d'e-commerce indonésien Tokopedia, la marque de vêtement américaine Bonobos ou encore l'opérateur téléphonique américain AT&T.

Les autorités américaines assurent que les trois Français se cachaient derrière ce groupe, et dit les avoir identifiés sur la base d'adresses IP, de comptes reliés et de discussions sur des forums.

Ils font face à neuf chefs d'inculpation, notamment pour association de malfaiteurs, fraude informatique, usurpation d'identité, passibles chacun de peines allant de 2 à 27 ans de prison.

Sébastien Raoult, arrêté le 31 mai à l'aéroport de Rabat-Salé à la demande de la justice américaine, a été extradé mercredi par le Maroc, malgré les vives protestations de sa famille et de son avocat.

Gabriel Bildstein avait été jugé en France en 2019 pour le piratage de la chaîne Vevo et du tube Despacito sur Youtube. Atteint d'un autisme Asperger, il avait été déclaré pénalement irresponsable. Il est toujours poursuivi dans le cadre de l'enquête sur le piratage de la plateforme de cryptomonnaie Gatehub.


Le fils d'Eric Dupond-Moretti soupçonné de violences conjugales

Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 22 janvier 2023. (Photo, AFP)
Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti arrive au palais présidentiel de l'Elysée à Paris, le 22 janvier 2023. (Photo, AFP)
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  • Selon la chaîne TF1, Raphaël Dupond-Moretti aurait été placé en garde à vue dans la station de ski huppée de Courchevel (Savoie)
  • « En tant que père, je suis dévasté. J'ai une pensée pour la victime. Chaque violence, quelle qu'elle soit, est intolérable», a réagi le ministre

GRENOBLE: Une "enquête" pour des soupçons de violences conjugales a été ouverte à l'encontre du fils du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti, qui a réagi vendredi en se disant "dévasté en tant que père".

"Une enquête impliquant le fils du ministre de la Justice Dupond-Moretti est en cours pour des faits de violence conjugale", a appris l'AFP de source proche du dossier.

Selon la chaîne TF1, Raphaël Dupond-Moretti aurait été placé en garde à vue dans la station de ski huppée de Courchevel (Savoie). Le parquet d'Albertville n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP dans l'immédiat.

"En tant que père, je suis dévasté. J'ai une pensée pour la victime. Chaque violence, quelle qu'elle soit, est intolérable", a réagi le ministre.

"En tant que ministre, je n'ai cessé de lutter contre les violences faites aux femmes et pour que leur parole soit prise en compte. En tant que citoyen, je demande qu'on respecte ma vie familiale. Il appartient désormais à la justice de faire son travail", a-t-il ajouté.


Espionnage de salariés chez Ikea France: peine réduite pour un ancien PDG

Une photo prise le 6 mai 2019 montre une vue du nouveau concept store Ikea de centre-ville, place Madeleine à Paris. (AFP / Thomas SAMSON)
Une photo prise le 6 mai 2019 montre une vue du nouveau concept store Ikea de centre-ville, place Madeleine à Paris. (AFP / Thomas SAMSON)
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  • La Cour d'appel de Versailles (ouest de Paris) a relaxé l'ex PDG, Jean-Louis Baillot, du chef «recel de données à caractère personnel par un moyen frauduleux»
  • Elle l'a reconnu coupable de «complicité de collecte de données personnelles» concernant le cas d'une cadre en 2008

VERSAILLES : Un ancien Président directeur-général de la filiale française d'Ikea a vu sa peine réduite en appel à quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende dans une affaire d'espionnage de salariés entre 2009 et 2012.

La Cour d'appel de Versailles (ouest de Paris) a relaxé l'ex PDG, Jean-Louis Baillot, du chef «recel de données à caractère personnel par un moyen frauduleux» et l'a reconnu coupable de «complicité de collecte de données personnelles» concernant le cas d'une cadre en 2008.

«La cour d'appel a relaxé mon client d'une organisation d'un système d'espionnage mais il demeure condamné pour le cas d'une cadre», a réagi auprès de l'AFP son avocat Me François Saint-Pierre. «C'est une décision très favorable par rapport au premier jugement mais qui, je le regrette, ne le relaxe complètement».

La filiale française d'Ikea, entreprise d'origine suédoise spécialisée dans la conception et la  vente de mobilier et objets de décoration prêts à poser ou à monter en kit, dont le siège social se trouve aux Pays-Bas, avait été condamné en juin 2021 à une amende d'un million d'euros, mais n'avait pas fait appel.

Ikea France avait comparu pendant deux semaines en mars 2021 devant le tribunal correctionnel de Versailles aux côtés d'une quinzaine de personnes physiques - hauts cadres, directeurs de magasins et policiers - face à quelque 120 parties civiles dont des syndicats.

Des centaines d'employés, entre 2009 et 2012, avaient été passés au crible, leur patrimoine, vie privée et antécédents judiciaires scrupuleusement épluchés.

En septembre, lors du procès en appel, l'avocat général avait requis la confirmation de la peine prononcée en première instance contre M. Baillot, soit deux ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende.

Jean-Louis Baillot, ex-PDG de la filiale française de l'ameublement, Dariusz Rychert, directeur administratif et financier de l'époque, Jean-Pierre Fourès, ancien patron de la société d'investigation privée Eirpace et Richard Jimenez, directeur de magasin Ikea, avaient comparu devant la Cour d'appel de Versailles après avoir contesté leur condamnation en juin 2021.

Vendredi, Jean-Pierre Fourès a été condamné en appel à un an de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende.

A la barre en mars 2021, l'ancien directeur de la gestion des risques Jean-François Paris avait reconnu envoyer des listes de salariés «à tester» à Jean-Pierre Fourès, alors directeur d'Eirpace et ex-policier des Renseignements généraux.

Ce dernier est soupçonné d'avoir demandé à son réseau de consulter illégalement des fichiers de police pour recueillir des données confidentielles sur les salariés.

Le directeur de magasin Richard Jimenez a été relaxé vendredi par la Cour d'appel de Versailles, tout comme Dariusz Rychert, ancien directeur administratif et financier.