L'inflation persiste et ralentit moins qu'attendu en août aux Etats-Unis

Des gens font leurs courses dans un supermarché de Santa Monica, en Californie, le 13 septembre 2022 (Photo, AFP).
Des gens font leurs courses dans un supermarché de Santa Monica, en Californie, le 13 septembre 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 14 septembre 2022

L'inflation persiste et ralentit moins qu'attendu en août aux Etats-Unis

  • Les prix à la consommation ont augmenté de 8,3% sur un an en août, contre 8,5% en juillet, selon l'indice CPI publié mardi par le département du Travail
  • Ce ralentissement a toutefois déçu les analystes, qui voyaient l'inflation tomber plus bas, à 8%

WASHINGTON: L'inflation a peu ralenti en août aux Etats-Unis, portée par la baisse des prix de l'essence, tandis que ceux des loyers ou de l'alimentation ont continué leur escalade, une épine dans le pied de Joe Biden à deux mois des élections de mi-mandat.

Les prix à la consommation ont augmenté de 8,3% sur un an en août, contre 8,5% en juillet, selon l'indice CPI publié mardi par le département du Travail. Ce ralentissement a toutefois déçu les analystes, qui voyaient l'inflation tomber plus bas, à 8%.

Mardi après-midi, alors que Wall Street finissait sa séance dans le rouge à cause de ces chiffres, Joe Biden avait réuni à la Maison Blanche des centaines de personnes pour célébrer un texte récemment adopté, et baptisé "Loi sur la réduction de l'inflation" ou "Inflation Reduction Act".

Le démocrate de 79 ans, en bras de chemise et lunettes de soleil sur le nez, s'est exclamé: "Avec cette loi, le peuple américain a gagné, et les lobbies ont perdu!"

Le "Inflation Reduction Act", ainsi nommé pour coller à l'actualité mais qui est en réalité un programme de réformes environnementales et sociales, "va faire une grande différence pour les familles des classes moyenne et populaire", a-t-il assuré.

Joe Biden a aussi insisté, à quelques semaines des élections législatives de novembre, sur le fait qu'aucun parlementaire de l'opposition républicaine n'avait soutenu ce texte qui promet, par exemple, de faire baisser le coût exorbitant de certains médicaments courants, comme l'insuline.

Inflation «obstinément persistante»

"L'inflation persiste obstinément", a commenté Kathy Bostjancic, cheffe économiste pour Oxford Economics, dans une note.

Car sur un mois, les prix sont repartis à la hausse, de +0,1% par rapport à juillet, alors qu'une légère baisse était attendue et que l'inflation avait été nulle entre juin et juillet.

Faire le plein à la station-service a, certes, coûté beaucoup moins cher qu'en juillet (-10,1%). Un répit bienvenu dans un pays où la voiture est très souvent aussi indispensable que volumineuse, et alors que les prix de l'essence avaient flambé depuis le début de la guerre en Ukraine.

Les prix ont aussi diminué pour les billets d'avion et les voitures d'occasion.

Mais cela n'a pas suffi à compenser les hausses pour la plupart des autres produits. Logement, alimentation, soins médicaux, voitures neuves... L'augmentation a été "généralisée", détaille le département du Travail dans son communiqué.

Les prix du gaz naturel et de l'électricité ont eux aussi continué leur ascension.

"Aïe. Des hausses (de prix) bien plus importantes qu'attendu dans un large éventail de catégories", relève Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics, dans une note.

L'inflation dite sous-jacente, calculée sur tous les prix exceptés ceux de l'alimentation et de l'énergie, s'accélère ainsi, à +6,3% sur un an (contre +5,9% en juillet), et +0,6% sur un mois (contre +0,3% en juillet).

Depuis un an et demi, les prix flambent aux Etats-Unis, érodant le pouvoir d'achat des ménages. L'inflation avait atteint en juin son plus haut niveau depuis plus de 40 ans, avant de ralentir en juillet.

«Le temps presse»

Ces chiffres ont fait bondir mardi le dollar, "valeur refuge", face aux autres grandes devises, car ils devraient convaincre la banque centrale américaine (Fed), à la manoeuvre dans la lutte contre l'inflation, de continuer à resserrer avec poigne sa politique monétaire.

Concrètement, elle relève progressivement ses taux directeurs, ce qui pousse les banques à augmenter les taux d'intérêt des crédits proposés aux particuliers et entreprises. Ceux-ci sont alors moins enclins à consommer et investir, permettant de desserrer la pression sur les prix.

La Fed pourrait, le 21 septembre, à l'issue de sa prochaine réunion, les relever de trois quarts de point de pourcentage, comme en juin et en juillet. Elle n'avait auparavant pas eu recours à une telle hausse depuis 1994.

"Le temps presse", avait mis en garde jeudi son président, Jerome Powell.

Ce ralentissement volontaire de l'activité économique risque cependant de conduire à une récession, et devrait, quoiqu'il en soit, faire grimper le chômage, qui a déjà un peu augmenté en août, à 3,7%.

Le marché de l'emploi, cependant, reste en excellente santé et fait face à une pénurie de travailleurs, ce qui donne de la marge à la Fed.

L'indice CPI est utilisé pour indexer les retraites. La Fed, dont l'objectif est de ramener l'inflation autour des 2%, privilégie une autre mesure, l'indice PCE, dont la progression a ralenti en juillet (+6,3% sur un an).


Flambée des prix de l'énergie: en France, "baisse des taxes pas envisagée" à ce stade

La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
La cité industrielle de Ras Laffan, principal site de production de gaz naturel liquéfié et de transformation gaz-liquide du Qatar, administré par QatarEnergy, située à environ 80 kilomètres au nord de Doha, le 6 février 2017. (AFP)
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  • Le gouvernement français, via sa porte-parole Maud Bregeon, n’envisage pas de baisser les taxes sur les carburants malgré la hausse des prix liée aux tensions au Moyen-Orient
  • Le président Emmanuel Macron appelle à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures énergétiques et insiste sur la nécessité de maîtriser le déficit public

PARIS: Le gouvernement français n'envisage pas à ce stade de baisser les taxes sur les prix des carburants, a indiqué jeudi sa porte-parole, alors que les prix du gaz et du pétrole ont grimpé de nouveau après des attaques par l'Iran d'installations énergétiques au Qatar.

"Le scénario d'une baisse des taxes n'est pas envisagé à l'heure où on se parle. En revanche, on entend les difficultés par exemple sur la trésorerie" de différents secteurs comme les transporteurs ou les pêcheurs, a affirmé sur BFMTV la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon qui est également chargée du portefeuille de l'Energie.

Elle a expliqué que le gouvernement n'avait "plus les moyens du quoi qu'il en coûte" comme pendant l'épidémie de Covid et devait tenir le déficit public à 5% du Produit intérieur brut (PIB), en rappelant avoir fait "le choix" dans le budget 2026 de "ne pas augmenter l'impôt des Français".

Maud Bregeon a souligné aussi que la situation n'avait "rien à voir" avec 2022, quand les prix de l'énergie avaient augmenté après l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Evoquant une réunion prévue sur l'énergie, jeudi en fin de matinée autour du Premier ministre Sébastien Lecornu, la porte-parole a indiqué que ce rendez-vous visait à faire "le point sur la situation pour envisager les différentes possibilités en fonction de la durée du conflit, en fonction de la difficulté que rencontrent les secteurs économiques".

"Toutes les options sont sur la table", a-t-elle dit.

"J'entends ceux qui voudraient qu'on débourse d'ores et déjà des milliards pour aider des gens dont j'entends les difficultés (...) mais il faut aussi porter ce discours de vérité" sur la "nécessité" de réduire le déficit, a-t-elle insisté.

La représentante du gouvernement a aussi rappelé les initiatives d'Emmanuel Macron en faveur du déblocage du détroit d'Ormuz.

Le président a en outre appelé jeudi à un moratoire sur les frappes contre les infrastructures civiles au Moyen-Orient, notamment énergétiques, et a dit avoir échangé avec le président américain Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.


Les marchés boursiers les yeux tournés vers les banques centrales plus que vers le Moyen-Orient

Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole. (AFP)
  • Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre
  • Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones)

PARIS: Les Bourses européennes ont de nouveau clôturé en hausse mardi, les yeux davantage tournés vers les prochaines décisions des banques centrales que vers la guerre contre l'Iran et la hausse du pétrole.

Dans ce contexte, Paris a progressé de 0,49%, Francfort a pris 0,71% et Londres a gagné 0,83%, dans l'attente d'un probable statu quo sur les taux directeurs après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi et de la Banque d'Angleterre.

Symbole de ce rebond, l'action du constructeur automobile Stellantis a progressé de 2,89% à Paris.

A Francfort, les investisseurs ont privilégié les valeurs défensives, moins exposées à la conjoncture, comme l’énergéticien E.ON (+3,20%, 20,30 euros), les réassureurs Hannover Re (+4,03%, 273,80 euros) et Munich Re (+2,48%, 553,40 euros).

Aux alentours de 17H00 GMT, New York suivait timidement la tendance haussière (+0,42% pour le Nasdaq, +0,37% pour le S&P 500 et +0,32% pour le Dow Jones).

"Comme hier (lundi), nous sommes dans une vague de reprise, peut-être technique", résume Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille pour la banque privée Mirabaud.

Cette légère amélioration "ne constitue pas vraiment une lueur d’espoir", tempère Andreas Lipkow à Francfort.

Ralentissement de la hausse du pétrole 

Aucune amélioration géopolitique au Moyen-Orient n'explique la résilience des marchés boursiers.

Le président français Emmanuel Macron a indiqué que la France n'était pas prête à s'engager dans des "opérations" de sécurisation du détroit d'Ormuz "dans le contexte actuel".

La compagnie aérienne British Airways a annoncé mardi suspendre jusqu'au 31 mai inclus ses vols vers Amman, Bahreïn, Dubaï et Tel-Aviv "en raison de l'incertitude persistante de la situation au Moyen-Orient".

Surtout, les prix du pétrole continuent à augmenter, moins fortement que la veille: vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord s'échangeait à 102,17 dollars (+1,96%) et son équivalent américain du WTI progressait de 1,82% à 95,20 dollars.

Passée la "stupéfaction" des premiers jours, "il y a une forme de normalisation (...) au bout de deux ou trois semaines de conflit (...) le marché se remet en mode économie de guerre", décrypte Frédéric Rozier.

Détente sur les taux d'emprunt des États 

De fait, les marchés boursiers semblent anticiper les décisions des banques centrales de ne pas relever leurs taux directeurs malgré des risques d'inflation liée à la hausse du pétrole.

"Le marché a envie de croire que les banques centrales vont considérer cette inflation comme temporaire et donc ne vont pas sur-réagir par une hausse des taux", commente Frédéric Rozier.

"Nous anticipons que la Fed laissera ses taux directeurs inchangés lors de sa réunion de cette semaine", estime aussi Bénédicte Kukla, stratégiste en chef chez Indosuez Wealth Management

"Il est probable que l'inflation dépasse temporairement les 3% d'ici la fin 2026 (...) Malgré ces tensions, nous n'anticipons pas de modification des taux directeurs de la BCE cette semaine — trop tôt", ajoute Mme Kukla.

Dans ce contexte, les taux d'intérêt sur les emprunts émis par les États pour financer leurs dettes reculaient, après avoir bondi aux premiers jours du conflit.

Aux alentours de 17H00 GMT, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, se maintenait à 2,90% contre 2,95% la veille. Il évoluait autour de 2,64% avant la guerre.

Son équivalent français affichait un rendement à 3,55% contre 3,61% lundi en clôture (et contre 3,22% avant le début du conflit).

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans, l'échéance la plus scrutée, se maintenait à 4,19%.

La Banque centrale australienne (RBA) a de son côté relevé mardi son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, invoquant la "forte hausse des prix des carburants".

 


Commerce: la Chine envoie samedi son vice-Premier ministre en France pour des discussions avec Washington

Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
Un cargo transportant du minerai de fer importé est dirigé vers un poste d’amarrage dans un port de Qingdao, dans la province du Shandong, dans l’est de la Chine, le 11 mars 2026. (AFP)
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  • Le vice-Premier ministre chinois He Lifeng se rendra en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec les États-Unis, avec des discussions prévues à Paris avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent
  • Ces négociations interviennent sur fond de tensions commerciales persistantes entre Washington et Pékin, avant une possible visite du président américain Donald Trump en Chine fin mars

PEKIN: La Chine a confirmé vendredi que son vice-Premier ministre He Lifeng, chargé des questions économiques, effectuera à partir de samedi une visite en France, pour mener des discussions avec les Etats-Unis sur le commerce.

Ces négociations de haut niveau se dérouleront quelques semaines avant une possible visite à Pékin du président américain Donald Trump, lors de laquelle il rencontrerait son homologue Xi Jinping.

Le Trésor américain avait déjà indiqué jeudi que ces discussions commerciales bilatérales auraient lieu dimanche et lundi à Paris, entre He Lifeng et le ministre américain des Finances, Scott Bessent.

Le dirigeant chinois "conduira une délégation en France du 14 au 17 mars pour des consultations commerciales avec la partie américaine" sur des questions "d'intérêt mutuel", a indiqué vendredi le ministère chinois du Commerce.

Scott Bessent sera accompagné à Paris par le représentant de la Maison Blanche pour le Commerce (USTR), Jamieson Greer.

Le président américain prévoit de se rendre à Pékin du 31 mars au 2 avril, a indiqué la Maison Blanche. Les autorités chinoises n'ont pas confirmé cette visite ni ce calendrier, ce qui est habituel de leur part.

Les Etats-Unis et la Chine se sont livré l'an passé une âpre bataille aux retombées mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses. Une trêve précaire a ensuite été conclue, sous l'égide, déjà, de Scott Bessent et He Lifeng.

Des points de friction subsistent toutefois.

La Maison Blanche a annoncé mercredi lancer une série d'enquêtes destinées à documenter des préjudices économiques subis par les Etats-Unis. Elles visent une quinzaine de pays ou bloc (l'Union européenne), dont la Chine. Elles sont une première étape vers de potentiels nouveaux droits de douanes.

Cette initiative est un "exemple typique d'unilatéralisme" qui "porte gravement atteinte à l'ordre économique et commercial international", a dénoncé vendredi le ministère chinois du Commerce dans un communiqué séparé.

"La Chine exhorte les Etats-Unis à revenir sur leurs pratiques contestables et à privilégier le dialogue et la consultation pour résoudre les différends", a-t-il souligné.