Selon un rapport US, l'Ukraine a perdu environ 15% de ses capacités de stockage de céréales

"Le ciblage sans discernement des installations de stockage agricole peut constituer un crime de guerre et un crime contre l'humanité en droit international", note le Conflict Observatory. (AFP).
"Le ciblage sans discernement des installations de stockage agricole peut constituer un crime de guerre et un crime contre l'humanité en droit international", note le Conflict Observatory. (AFP).
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Publié le Vendredi 16 septembre 2022

Selon un rapport US, l'Ukraine a perdu environ 15% de ses capacités de stockage de céréales

  • Sur les quelque 58 millions de tonnes en capacité de stockage en Ukraine, les Russes ont ainsi pris le contrôle de 6,24 millions et 2,25 millions ont été détruit
  • Ces pertes importantes remettent en cause la capacité de l'Ukraine à poursuivre son rôle de grenier à blé de nombreux pays

WASHINGTON: Environ 15% de la capacité de stockage de céréales de l'Ukraine a été perdue depuis le début de la guerre avec la Russie, relève jeudi un rapport américain qui souligne les effets néfastes pour la sécurité alimentaire mondiale.

Depuis le début de la guerre, l'accès à des silos et autres espaces de stockage représentant environ 8,5 millions de tonnes de céréales a été perdu par l'Ukraine, selon l'estimation du Conflict Observatory, soutenu par Washington.

Sur les quelque 58 millions de tonnes en capacité de stockage en Ukraine, les Russes ont ainsi pris le contrôle de 6,24 millions et 2,25 millions ont été détruit, précise le rapport.

Ces pertes importantes remettent en cause la capacité de l'Ukraine à poursuivre son rôle de grenier à blé de nombreux pays, qui dépendent du pays pour leurs approvisionnements en blé, maïs et tournesol notamment.

Nouvelles sanctions américaines contre des Russes

Les Etats-Unis ont annoncé jeudi une nouvelle salve de sanctions ciblant une longue liste d'entreprises technologiques et des responsables russes dont des banquiers, un groupe paramilitaire néo-nazi et une proche du président Vladimir Poutine accusée d'avoir coordonné le déplacement contraint d'enfants ukrainiens.

"Les Etats-Unis continueront à prendre des mesures fortes afin que la Russie rende des comptes pour ses crimes de guerre, les atrocités et son agression" en Ukraine, a déclaré la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, citée dans un communiqué.

Quelque 22 responsables et entités sont ainsi placés sur la liste noire des Etats-Unis, notamment des proches du leader tchétchène Ramzan Kadyrov, lui-même déjà sanctionné, ainsi que des hauts responsables du système bancaire russe, dont Vladimir Komlev, qui dirige le système de paiement Mir.

Parallèlement, le département du Trésor et du Commerce interdisent toute exportation vers la Russie et le Bélarus de matériaux informatiques dans le but, selon le Trésor, d'empêcher les efforts de reconstruction de l'armée russe, qui a subi de lourdes pertes dans sa guerre contre l'Ukraine lancée en février dernier.

Dans cette optique, le département d'Etat américain a annoncé dans la foulée des sanctions envers 31 entreprises présentent notamment dans le secteur spatial russe, comme la construction de satellites, mais aussi dans les technologies de pointe, comme celles impliquées dans la fabrication de semi-conducteurs ou l'informatique quantique.

Cinq responsables russes accusés d'avoir permis le vol de céréales ukrainiennes par la Russie ont aussi été mis sur la liste noire des Etats-Unis.

Les sanctions du département du Trésor visent par ailleurs une proche du président russe, Maria Lvova-Belova, qui dirige la Commission présidentielle russe pour le droit des enfants, et qui est accusée d'avoir "coordonné le déplacement forcé vers la Russie de milliers d'enfants ukrainiens", selon le communiqué.

Elles concernent également des membres de la famille du dirigeant de la république russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, dont ses épouses et ses filles. Présenté comme "l'homme de main" du président russe, Ramzan Kadyrov a "accumulé une extrême richesse avec une maison dans les Emirats, un zoo privé, des véhicules de luxe et une importante caisse noire", selon le texte.

Enfin, les Etats-Unis ciblent la "Task Force Rusich", un groupe paramilitaire néo-nazi associé au groupe Wagner, accusé d'avoir participé à des combats aux côtés des troupes russes en Ukraine, en particulier près de la ville de Kharkiv (nord-est).

Le groupe Wagner est réputé comme étant lié à l'oligarque russe Evguéni Prigojine, lui-même considéré comme un proche du président russe.

"Ceux qui ont été nommés aujourd'hui, des auteurs de violences à une responsable ayant facilité le déplacement intentionnel d'enfants d'Ukraine, offrent un exemple des comportements reflétant la guerre injustifiée du gouvernement russe", a souligné le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

Ces sanctions ont pour effet de geler les avoirs éventuels des personnes désignées et de limiter leurs transactions financières ainsi que, plus globalement, leur accès aux marchés financiers internationaux.

Selon le Conflict Observatory, ce manque de place complique le travail des agriculteurs ukrainiens, qui ont du mal à stocker leur récolte de cette année - et pourrait aussi les dissuader de semer pour la saison prochaine.

"Les dégâts et les saisies menés par la Russie et ses alliés sur les capacités de stockage de céréales de l'Ukraine menacent de transformer la crise actuelle de l'agriculture ukrainienne en une catastrophe", notent les auteurs.

"Des millions de personnes dans le monde comptent sur les produits agricoles ukrainiens et sont directement touchés par la brutale hausse des prix sur le marché des matières premières, provoquée par des pénuries liées à l'invasion russe de l'Ukraine", peut-on encore lire dans ce rapport.

Ont notamment contribué à cette estimation une unité de la prestigieuse université Yale et un laboratoire dépendant du ministère américain de l'Energie.

Ses conclusions sont issues d'images satellite analysées par des algorithmes qui produisent des estimations sur la destruction d'installations, comme des silos.

L'essentiel des régions touchées sont celles de Mykolaïv (sud), de Zaporijjia (sud) et de Donetsk (est), et de nombreux bâtiments touchés étaient situés près de noeuds logistiques, ce qui suggère selon le rapport qu'ils ont été visés délibérément.

"Le ciblage sans discernement des installations de stockage agricole peut constituer un crime de guerre et un crime contre l'humanité en droit international", note enfin le Conflict Observatory.


Witkoff et Kushner au Pakistan dans l’incertitude autour de pourparlers avec l’Iran

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  • Des négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran pourraient reprendre à Islamabad via des médiateurs pakistanais, malgré des désaccords sur la tenue de discussions directes
  • Sur le terrain, la situation reste fragile : trêve précaire au Liban, violences persistantes et blocage stratégique du détroit d’Ormuz qui continue d’impacter l’économie mondiale

ISLAMABAD: Une possible reprise des pourparlers entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre se profile samedi, avec l'envoi de négociateurs des deux camps à Islamabad, sans garantie de discussions directes, deux semaines après l'échec d'une précédente tentative.

Parallèlement, la trêve au Liban, autre théâtre du conflit, semble toujours aussi précaire.

Déclenchée par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, la guerre au Moyen-Orient a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Islamabad, la capitale du Pakistan, attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d'une quinzaine d'heures, même si le cessez-le feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, est arrivé vendredi soir à Islamabad, pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais.

Mais "aucune rencontre n'est prévue entre l'Iran et les Etats-Unis", a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine vie les médiateurs pakistanais.

Les émissaires du président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers "avec des représentants de la délégation iranienne", a pourtant déclaré auparavant la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.

Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, ne devrait pas cette fois être du voyage mais pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé Mme Leavitt.

Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.

- "Vitale pour le monde" -

Pendant ce temps, le trafic maritime reste à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.

Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de WTI américain a reculé de 1,51% à 94,40 dollars et le Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%).

Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par Donald Trump après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est déjà mis à rude épreuve.

Le ministère libanais de la Santé a fait état de six tués et deux blessés vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.

L'armée israélienne a affirmé que ses soldats avaient tué six membres du Hezbollah lors d'une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement chiite pro-iranien avait abattu l'un de ses drones.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé le Hezbollah de tenter de "saboter" le "processus pour parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban".

Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l'Etat libanais à "se retirer des négociations directes avec Israël" et estimé que la prolongation de la trêve n'avait "pas de sens" au vu des "actes d'hostilité" persistants d'Israël.

- "Nous rentrons chez nous" -

L'armée israélienne a par ailleurs émis vendredi un appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l'annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L'agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d'une frappe israélienne sur Deir Aames.

Une négociation directe avec Israël "signifierait une reconnaissance de l'ennemi", explique à l'AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui après avoir hésité, a décidé de quitter la ville de Saïda où il s'était mis à l'abri et de regagner son village, à la faveur de la prolongation de la trêve.

"Nous rentrons chez nous", dit-il, entouré de sacs et de matelas, exprimant l'espoir "que le cessez-le-feu deviendra permanent".

Par ailleurs, la Finul, la force de l'ONU, a annoncé vendredi la mort d'un de ses Casques bleus indonésien blessé le 29 mars dans le sud.


L'OMS salue les résultats de sa campagne de «grand rattrapage» de vaccination des enfants

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19. (AFP)
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  • La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite
  • Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants

GENEVE: L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état vendredi d'avancées dans sa campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants, une initiative lancée il y a deux ans après le ralentissement enregistré lors de la pandémie de Covid-19.

La pandémie de Covid-19 avait fortement fragilisé les systèmes de santé et perturbé les campagnes de vaccination, avec pour conséquence un regain des maladies contagieuses comme la rougeole et la poliomyélite.

Aussi en 2023, l'OMS, avec l'Unicef et Gavi, organisme international qui aide les pays pauvres à introduire des vaccins, avait lancé une campagne de "grand rattrapage" des vaccinations des enfants.

Cette initiative a pris fin le 31 mars.

Les données finales sont encore en cours de compilation, mais "l'initiative mondiale semble être en bonne voie pour atteindre son objectif qui est de toucher au moins 21 millions d'enfants non vaccinés ou insuffisamment vaccinés", ont indiqué les trois organisations dans un communiqué.

De 2023 à 2025, ce programme a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans dans 36 pays, grâce à plus de 100 millions de doses de vaccins essentiels.

Parmi ces enfants, environ 12,3 millions n'avaient jamais été vaccinés et 15 millions n'étaient pas vaccinés contre la rougeole.

Le programme a permis d'administrer 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) à des enfants insuffisamment ou non vaccinés.

"En protégeant les enfants qui n'ont pas pu se faire vacciner en raison des perturbations des services de santé causées par le Covid-19, le programme Grand Rattrapage a contribué à inverser l'une des principales conséquences négatives de la pandémie", a déclaré le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, cité dans le communiqué.

Ce "plus vaste effort international jamais entrepris pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins essentiels, montre ce qu'il est possible d'accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables", a indiqué pour sa part la directrice générale de Gavi, Sania Nishtar, également citée dans le communiqué.

Lors d'un point de presse, le directeur du département Vaccination à l'Unicef, Ephrem Lemango, a appelé à poursuivre les efforts de vaccination de routine, au-delà de l'initiative.

"Le principal enjeu est de mettre en place des systèmes de vaccination capables d'atteindre et de protéger chaque enfant à temps, avant qu'il n'atteigne l'âge limite pour la vaccination. Actuellement, chaque année, 14,3 millions d'enfants ne reçoivent aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination de routine", a-t-il relevé.

Kate O'Brien, directrice du département vaccins de l'OMS, a elle appelé à lutter contre le scepticisme vis-à-vis de la vaccination, indiquant être très préoccupée par "la politisation croissante des vaccins et de la santé".


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.