En Marche devient Renaissance, les difficultés commencent

La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours lors de la journée parlementaire du parti français de centre-droit Horizons à Fontainebleau, dans le sud de Paris, le 16 septembre 2022. (Photo, AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours lors de la journée parlementaire du parti français de centre-droit Horizons à Fontainebleau, dans le sud de Paris, le 16 septembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 17 septembre 2022

En Marche devient Renaissance, les difficultés commencent

La Première ministre française Elisabeth Borne prononce un discours lors de la journée parlementaire du parti français de centre-droit Horizons à Fontainebleau, dans le sud de Paris, le 16 septembre 2022. (Photo, AFP)
  • Quelque 25 000 à 26 000 adhérents étaient appelés, de vendredi à samedi midi, à approuver, par vote électronique, les nouveaux statuts du parti, son nouveau nom «Renaissance»
  • Les nouveaux statuts du parti, qui a revendiqué jusqu'à 400 000 adhérents sans obligation de cotisation, devraient instaurer une adhésion payante, ainsi que des scrutins pour les représentants locaux

PARIS: Nouveau nom, nouvelle direction, et un saut dans l'inconnu: La République en marche, qui devient officiellement "Renaissance" samedi à Paris, doit trouver son rôle dans un second quinquennat Macron sans majorité, avant de faire émerger un successeur pour l’Élysée. 

Quelque 25 000 à 26 000 adhérents étaient appelés, de vendredi à samedi midi, à approuver, par vote électronique, les nouveaux statuts du parti, son nouveau nom "Renaissance", déjà employé à l'Assemblée et au Parlement européen, et la composition de la nouvelle direction. 

Les résultats seront proclamés à partir de 20h00, en présence d’Élisabeth Borne. Pas de suspense pour prendre la suite de Stanislas Guerini: un seul candidat a émergé, missionné par Emmanuel Macron: Stéphane Séjourné, 37 ans, ex-collaborateur du chef de l’État et président des eurodéputés Renaissance. 

M. Séjourné entend s'entourer d'une "direction collégiale" comprenant les représentants des partis associés Agir et Territoires de Progrès (Franck Riester et Olivier Dussopt), mais aussi et surtout des prétendants aux premiers rôles pour la présidentielle de 2027. Au premier rang desquels les ministres Bruno Le Maire, qui sera en charge des idées, et Gérald Darmanin, à qui reviendra la formation. 

"Deux choses sont importantes", explique un cadre de la direction sortante. "Un: mettre vraiment autour de la table tous les prétendants à 2027. Il faut qu'ils soient là, actifs, présents dans la discussion". Deux: "dérouler une organisation partisane qui sera capable d'élire un chef de parti potentiellement candidat à la présidentielle", après les élections européennes de 2024. 

La direction comprendra également le ministre délégué Clément Beaune (international) et la secrétaire d’État Bérengère Couillard (relations avec les adhérents) ou encore la présidente du groupe Renaissance à l'Assemblée Aurore Bergé, chargée de la "riposte". 

Candidat unique en 2027? 

Les nouveaux statuts du parti, qui a revendiqué jusqu'à 400 000 adhérents sans obligation de cotisation, devraient instaurer une adhésion payante, ainsi que des scrutins pour les représentants locaux, un point attendu dans un parti ayant montré de grandes difficultés à s'implanter au niveau local. 

Si le parti aura "vocation à présenter un candidat" à l’Élysée --M. Macron ne pouvant se représenter--, il devra également s'entendre avec les composantes autonomes de la majorité: le MoDem de François Bayrou, et Horizons de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe. 

Vendredi, M. Philippe a assuré Élisabeth Borne de son soutien lors des journées parlementaires de son parti à Fontainebleau, tout en livrant un discours fleuve déroulant sa "stratégie" pour le pays. 

François Bayrou, quant à lui, réunira ses troupes le week-end prochain à Guidel (Morbihan) pour les universités du MoDem. 

De son côté, Renaissance aura fort à faire, notamment à l'Assemblée, où le camp présidentiel ne détient qu'une majorité relative. Après une session extraordinaire estivale sans grands heurts, le menu d'automne s'annonce compliqué: projets de loi sur l'assurance-chômage, sur les énergies renouvelable et projet de loi d'orientation du ministère de l'Intérieur, avant la grande affaire de la rentrée: le budget. 

Gouvernement et majorités semblent déjà se préparer à déclencher l'article 49.3, qui permet l'adoption d'un texte sans vote, sauf motion de censure. Les débats du PLFSS risquent de s'enflammer avec l'hypothèse d'une inclusion de la réforme des retraites, évoquée lundi par le président. 


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.