Brésil: Fabiano, l'interprète en langue des signes de Bolsonaro, se lance en politique

Fabiano Guimarães (Photo, AFP).
Fabiano Guimarães (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Brésil: Fabiano, l'interprète en langue des signes de Bolsonaro, se lance en politique

  • Le 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro avait rompu avec le protocole lors de sa cérémonie d'investiture et cédé la vedette à la Première dame Michelle, qui avait délivré un message en langue des signes, qu'elle maîtrise et promeut
  • Depuis, M. Bolsonaro a toujours un interprète à ses côtés

BRASILIA: Presque personne ne connaît son nom, et encore moins sa voix, mais l'interprète en langue des signes de Jair Bolsonaro est un visage familier pour des millions de Brésiliens, une popularité qu'il veut désormais exploiter pour devenir député en octobre.

Pendant près de trois ans, Fabiano Guimarães, 42 ans, est apparu à maintes reprises devant le grand public lors de cérémonies et de voyages officiels aux côtés du président d'extrême droite, traduisant ses discours pour les personnes sourdes ou malentendantes.

C'était un "service rendu à la démocratie : j'ai amené la communauté malentendante dans le débat politique", a expliqué l'interprète à l'AFP depuis sa maison à Aguas Claras, une ville située à une demi-heure du palais présidentiel de Planalto à Brasilia.

Le 1er janvier 2019, Jair Bolsonaro avait rompu avec le protocole lors de sa cérémonie d'investiture et cédé la vedette à la Première dame Michelle, qui avait délivré un message en langue des signes, qu'elle maîtrise et promeut.

Depuis, M. Bolsonaro a toujours un interprète à ses côtés, y compris lors de ses retransmissions sur les réseaux sociaux. Fabiano Guimarães, à ses côtés depuis mi-2019, a vu sa popularité croître au fur et à mesure de ses gesticulations pour traduire les discours du président, qui use d'un langage populaire et profère parfois des grossièretés.

«Tu parles ?»

Mais être l'interprète de Jair Bolsonaro a surtout été un "défi technique", explique-t-il.

Son "langage est informel mais plein de contenu (...) il amène les gens les plus simples aux discussions politiques", dit ce bolsonariste convaincu. Dans son salon, trônent une tasse à l'effigie du président pro-armes et une médaille militaire à côté d'un panneau en bois sur lequel est écrit "Jésus".

Sa bonne entente avec le président est palpable, même en public.

Lors d'une émission diffusée sur internet en mai, Jair Bolsonaro avait fait une pause de quelques secondes, recherchant le nom de son ministre de l'Agriculture. Assis à côté de lui, une main couvrant sa bouche pour plus de discrétion, l'interprète s'était mué en souffleur. "Tu parles aussi?" avait réagi Jair Bolsonaro en riant.

"Être à côté du président m'a donné un but (...) Je suis une personne ordinaire, je suis là où je suis parce que Dieu a fait l'improbable", dit l'homme au crâne dégarni, moqué sous le sobriquet de "mudinho" (petit muet) de Bolsonaro.

«Plus visible»

Professeur d'espagnol et de portugais, ce fils d'une famille modeste a commencé à apprendre la langue des signes à l'âge de 18 ans au sein de l'église évangélique qu'il fréquentait à Belford Roxo, une banlieue du nord de Rio de Janeiro.

En 2019, il s'est présenté à un concours d'interprète pour le ministère de l'Education mais a été affecté à la Présidence, où il s'est rapproché de la Première dame, fervente évangélique.

"Le fait que l'interprète soit à côté du président lors des événements, avec deux langues au même niveau d'importance, a rendu la communauté sourde du Brésil plus visible", estime Fabiano Guimarães.

Le nombre de malentendants au Brésil est estimé à 10 millions, sur une population de 214 millions d'habitants. Environ 90 000 vivent dans le District fédéral où le traducteur se présente à la députation en défendant un programme en faveur de la famille "traditionnelle".

Le président défend "les piliers que sont Dieu, la patrie, la famille et la liberté. Et ceux de la Première dame, la sensibilité et l'inclusion, je les partage. Je veux réunir les deux programmes", assure-t-il.

À deux semaines du scrutin, il se préoccupe peu du fait que la plupart des électeurs ne connaissent pas son nom.

Le 2 octobre, il fera partie des dizaines de candidats identifiés sous le nom de "Bolsonaro", une pratique autorisée par le tribunal électoral pour que les candidats puissent utiliser les noms par lesquels ils sont le plus connus. Et juste en dessous, on pourra lire: "Fabiano, l'interprète de Bolsonaro".


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.


L'Iran cherche à tuer Donald Trump, a affirmé Israël auprès de Washington

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu écoute le président américain Donald Trump s'exprimer devant les journalistes lors d'une conférence de presse conjointe à la résidence Mar-a-Lago de Trump, à Palm Beach, en Floride. (AFP)
  • Israël a transmis aux États-Unis des renseignements affirmant que l'Iran préparerait un nouveau projet d'assassinat contre Donald Trump, selon des médias américains.
  • Ces révélations surviennent sur fond de tensions entre Washington et Israël concernant la guerre en Iran, certains responsables américains évoquant une possible tentative d'influencer la politique de Donald Trump

WASHINGTON: Israël a transmis à Washington des informations de ses services de renseignement selon lesquelles l'Iran prépare un nouveau plan pour assassiner Donald Trump, rapportent jeudi le Wall Street Journal et CNN en citant des sources anonymes.

Les deux médias américains sont avares en détails. Selon une source citée par CNN, l'alerte est arrivée cette semaine aux oreilles des Américains. Selon une autre source auprès de la chaîne, les Israéliens ont confirmé un nouveau plan iranien déjà partiellement détecté par les services américains.

Interrogée par l'AFP, la Maison Blanche n'a pas démenti, renvoyant simplement vers des déclarations de Donald Trump datant de mercredi: "Ils veulent éliminer le dirigeant américain - moi. Je suis sur une sorte de liste, j'ai vu ce matin que je suis sur toutes leurs listes".

Le président avait alors quitté le sommet de l'Otan en Turquie avec l'ancien avion présidentiel, et non le nouveau offert par le Qatar, en raison de questions de sécurité, selon le New York Times.

Ces fuites évoquant un nouveau complot interviennent au moment où la relation entre Israël et les Etats-Unis et leurs deux dirigeants, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et Donald Trump, bat de l'aile à propos de la guerre en Iran.

Les Etats-Unis sont le principal allié d'Israël, mais le président américain s'est à plusieurs reprises livré ces dernières semaines à des critiques publiques de M. Netanyahu, après que la guerre menée par Israël contre le Hezbollah au Liban a menacé les pourparlers avec l'Iran.

Des sources américaines citées par CNN estiment que cette transmission d'informations israéliennes aux Américains pourrait constituer un effort du gouvernement Netanyahu visant à convaincre Donald Trump de poursuivre ses bombardements contre l'Iran, redémarrés cette semaine.

Les Etats-Unis ont assassiné le puissant général iranien Qassem Soleimani en Irak en 2020, lors du premier mandat du républicain, et l'Iran a publiquement menacé de représailles, notamment à l'encontre de Donald Trump.

L'Iran vient d'inhumer son défunt guide suprême Ali Khamenei, tué dans une frappe américano-israélienne fin février au tout début de leur guerre, après plusieurs jours de funérailles marquées le désir de vengeance.


L'armée américaine dit avoir mené une nouvelle série de frappes en Iran, sur 90 cibles

Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
Des personnes se rassemblent sur la place Ferdowsi à Téhéran pour les funérailles du guide suprême iranien, Ali Khamenei. (AFP)Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Les États-Unis annoncent avoir frappé environ 90 cibles militaires en Iran, dont des systèmes de défense antiaérienne
  • Selon le Centcom, ces frappes visent à réduire les capacités de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz

WASHINGTON: L'armée américaine a atteint quelque 90 "cibles militaires" en Iran, parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, lors de sa dernière série de frappes, a annoncé mercredi soir le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

"Les Etats-Unis ont achevé une nouvelle série de frappes contre l'Iran, le 8 juillet, afin de dégrader davantage la capacité de l'Iran à s'en prendre au transport maritime commercial et à d'innocents marins civils dans le détroit d'Ormuz", a détaillé le Centcom dans un communiqué publié sur X.