Afghanistan: échange de prisonniers entre les États-Unis et les talibans

Un taliban veille près de l'hôtel Intercontinental lors d'une conférence de presse organisée par des membres des talibans, à Kaboul le 19 septembre 2022. Les États-Unis et le régime taliban ont procédé lundi à un échange de prisonniers, entre un vétéran de la marine américaine et un soutien clé du mouvement islamiste détenu depuis 17 ans par les Américains (AFP)
Un taliban veille près de l'hôtel Intercontinental lors d'une conférence de presse organisée par des membres des talibans, à Kaboul le 19 septembre 2022. Les États-Unis et le régime taliban ont procédé lundi à un échange de prisonniers, entre un vétéran de la marine américaine et un soutien clé du mouvement islamiste détenu depuis 17 ans par les Américains (AFP)
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Publié le Lundi 19 septembre 2022

Afghanistan: échange de prisonniers entre les États-Unis et les talibans

  • Le prisonnier afghan, Bashar Noorzaï, condamné à la prison à vie aux Etats-Unis pour trafic d'héroïne, n'occupait aucune position officielle au sein des talibans
  • Le vétéran de la marine américaine travaillait en tant qu'ingénieur civil sur des projets de construction en Afghanistan lorsqu'il a été pris en otage

KABOUL: Les États-Unis et le régime taliban ont procédé lundi à un échange de prisonniers, entre un vétéran de la marine américaine et un soutien clé du mouvement islamiste détenu depuis 17 ans par les Américains, accueilli avec ferveur à Kaboul.

L'Américain Mark Frerichs, enlevé en 2020 en Afghanistan, a été échangé contre Bashar Noorzaï, un chef de guerre proche des talibans emprisonné aux États-Unis pour trafic d'héroïne.

"Après de longues négociations, le citoyen américain Mark Frerichs a été remis à une délégation américaine et cette délégation nous a remis (Bashar Noorzaï) aujourd'hui (lundi) à l'aéroport de Kaboul", a indiqué le ministre afghan des Affaires étrangères, Amir Khan Muttaqi, lors d'une conférence de presse dans la capitale.

Le vétéran de la marine américaine travaillait en tant qu'ingénieur civil sur des projets de construction en Afghanistan lorsqu'il a été pris en otage, selon le département d'Etat américain.

Le 31 janvier, le président américain Joe Biden avait demandé aux talibans de libérer "immédiatement" Mark Frerichs "avant de pouvoir espérer une quelconque prise en compte de leurs aspirations à la légitimité." "Ce n'est pas négociable", avait insisté Joe Biden à propos du nouveau gouvernement afghan, qui n'a été reconnu par aucun pays au monde.

Le prisonnier afghan, Bashar Noorzaï, condamné à la prison à vie aux Etats-Unis pour trafic d'héroïne, n'occupait aucune position officielle au sein des talibans, a précisé à l'AFP le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid.

Il a néanmoins "apporté un soutien important, y compris en armes", lors de l'émergence du mouvement islamiste dans les années 1990, a-t-il ajouté.

Proche collaborateur de feu mollah Omar, fondateur mythique des talibans, Bashar Noorzaï a combattu l'occupation soviétique avec les forces moudjahidines soutenues par les États-Unis. Lors de son procès, les procureurs américains avaient déclaré qu'il dirigeait un "réseau mondial de stupéfiants" et qu'il avait soutenu le premier régime des talibans entre 1996 et 2001.

 'Source de paix'  

"Si l'EIA (Émirat islamique d'Afghanistan) n'avait pas montré sa forte détermination, je ne serais pas ici aujourd'hui", a déclaré aux journalistes Bashar Noorzaï lors de son arrivée à Kaboul.

"Ma libération en échange d'un Américain sera une source de paix entre l'Afghanistan et les Américains", a-t-il ajouté.

Son retour a été célébré en fanfare par le régime taliban. Des photos postées sur les réseaux sociaux montrent des combattants talibans masqués lui mettant des colliers de fleurs autour du cou.

Bashar Noorzaï est le deuxième détenu afghan libéré par les États-Unis au cours des derniers mois. En juin, Assadullah Haroon a été libéré après 15 ans de détention dans la prison de Guantanamo.

M. Haroon avait croupi, sans chef d'inculpation, pendant des années dans le centre de détention américain de Cuba après avoir été arrêté en 2006 alors qu'il travaillait comme négociant en miel entre le Pakistan et l'Afghanistan.

La libération de Noorzaï marque le début d'un "nouveau chapitre" dans les relations entre l'Afghanistan et les États-Unis, a souligné le ministre des Affaires étrangères.

 "Succès majeur" 

Sa libération est un "succès majeur" pour les talibans, selon Hekmatullah Hekmat, analyste afghan spécialisé dans la sécurité, interrogé par l'AFP.

"Les talibans peuvent dire à leurs fantassins et aux Afghans qu'ils sont capables de ramener leurs ressortissants détenus par des groupes d'opposition".

En août 2021, les talibans ont repris le pouvoir après 20 ans d'occupation du pays par les Etats-Unis et leurs alliés de l'Otan. La guerre a coûté la vie à plus de 2.400 soldats américains et à plus de 3.500 des autres pays de l'Otan, selon l'armée américaine. Des dizaines de milliers d'Afghans ont aussi péri.

Malgré la fierté des talibans d'avoir reconquis le pouvoir, le pays de 38 millions d'habitants doit faire face à l'une des pires crises humanitaires sur la planète, selon les Nations unies.

La situation n'a fait qu'empirer quand les versements de milliards de dollars d'aide étrangère, qui ont soutenu l'économie afghane pendant des décennies, ont soudainement été interrompus lors du retrait des Etats-Unis. Quelque sept milliards de dollars de réserves ont été gelés par Washington.

Les sévères restrictions imposées par les talibans aux droits des femmes sont devenues un obstacle majeur à la reconnaissance officielle par la communauté internationale du gouvernement islamiste en Afghanistan.


L'armée américaine tire sur un pétrolier au large d'Oman, trois Indiens portés disparus

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  • "Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué
  • L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien

DUBAI: Trois membres d'équipage indiens sont portés disparus mercredi, après une attaque revendiquée par l'armée américaine contre un pétrolier au large d'Oman qui tentait, selon Washington, d'exporter du pétrole d'Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, a précisé sur X que l'un de ses avions de combat avait tiré sur "la salle des machines" du Settebello, qui bat pavillon des Palaos, "après que l'équipage a refusé d'obtempérer aux ordres des forces américaines"

"Sur 24 membres d'équipage indiens à bord, 21 ont été secourus jusqu'à présent et trois sont portés disparus", a précisé le ministère indien des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'Inde a convoqué le chargé d'affaires américain à New Delhi et exprimé une "vive protestation" concernant l'attaque, a indiqué à l'AFP un haut responsable du gouvernement indien.

Il s'agit du huitième navire neutralisé depuis le début du blocus imposé par les Etats-Unis contre les ports iraniens, d'après le décompte de l'armée américaine.

Le sultanat d'Oman est situé à l'entrée du détroit d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé depuis le début fin février du conflit opposant les Etats-Unis et Israël à l'Iran. Près d'un cinquième des livraisons mondiales de pétrole et de gaz transitent par cette voie.

La compagnie de sécurité maritime britannique Vanguard a indiqué avoir été informée que le Settebello avait "transmis un appel de détresse indiquant que sa salle des machines avait été touchée par un missile" au large de Sohar, dans le golfe d'Oman et qu'un incendie s'était déclaré à bord.

L'agence de sécurité maritime britannique UKMTO a spécifié que les faits s'étaient produits à 20 miles nautiques au nord-est de la ville omanaise de Sohar.

"Les autorités locales ont indiqué qu'un pétrolier avait signalé un feu dans sa salle des machines, et qu'elles se trouvaient sur place pour aider à l'évacuation de l'équipage", selon le communiqué de l'UKMTO.

"Le navire a fait état d'une victime et de deux membres d'équipage portés disparus. Aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a-t-elle ajouté.

Lundi, les secours omanais avaient évacué par hélicoptère 24 marins indiens d'un pétrolier en feu au large des côtes du sultanat d'Oman, selon les autorités indiennes, qui n'avaient pas précisé les causes de l'incendie. Le sinistre était survenu sur le MT Marivex, un navire battant également pavillon des îles Palaos

Le tir américain contre le Settebello est intervenu alors que l'Iran a revendiqué mercredi matin des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction d'un hélicoptère américain lundi.


Trump affirme que les Etats-Unis vont «attaquer très durement» l'Iran

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  • "On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous"
  • L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère

WASHINGTON: Donald Trump a affirmé mercredi qu'il allait "attaquer très durement" l'Iran, y compris potentiellement en visant des centrales électriques ou des ponts, et dénoncé les "tergiversations" de Téhéran concernant un accord.

Il a aussi annoncé que les forces américaines avaient mené une "mission secrète" qui avait permis de faire transiter 100 millions de barils de pétrole par le détroit d'Ormuz.

"On va les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès "aujourd'hui" (mercredi).

"On verra bien ce qui va se passer, mais on les a frappés durement hier, et on va les frapper durement aujourd'hui, (...) au cas où vous n'allumeriez pas votre télé", a-t-il dit.

Il a précisé être en droit de le faire après la destruction lundi d'un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.

L'Iran a revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par l'attaque de l'hélicoptère.

Ces frappes américaines en représailles à l'attaque de l'hélicoptère - qui survolait le détroit d'Ormuz, toujours verrouillé par l'Iran - ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l'île de Qeshm, sur la côte sud de l'Iran.

"On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n'arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous", a poursuivi Donald Trump.

"Tout a été négocié. Nous avons un accord entièrement négocié, mais ils tergiversent sans cesse", a ajouté le dirigeant républicain.

Plus tôt, il avait estimé que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".

"MORT!!!" 

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", avait écrit le président américain sur son réseau Truth Social. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"

Donald Trump a aussi affirmé à Fox News qu'il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.

Interrogé à ce sujet à la Maison Blanche par un journaliste de l'AFP, il a répondu: "Je ne vais pas vous le dire mais je peux le faire".

Sur son réseau Truth Social, il a par ailleurs écrit que l'armée américaine avait mené "une mission secrète en soutien des pétroliers et autres navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz".

"Ces efforts ont permis de faire passer 100 MILLIONS de barils de pétrole par le détroit", a-t-il ajouté, en précisant que "plus de 200 navires" avaient pu franchir le passage.

Cette "mission secrète" évoque le "Project Freedom", un projet d'escorte de navires annoncé début mai puis très rapidement suspendu par Donald Trump en raison, à l'époque, de "grands progrès" dans les discussions avec Téhéran.

Depuis l'entrée en vigueur de la trêve début avril, le dirigeant républicain multiplie les déclarations contradictoires, entre espoir d'un compromis tout proche et menace de reprise des hostilités.

Donald Trump affirmait encore mardi que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue d'un accord avec Téhéran, évoquant un délai de "deux à trois jours" pour sa conclusion.

Il a par ailleurs affirmé, dans un autre message mercredi, que le blocus américain des ports iraniens était "le plus réussi" de l'histoire, allant selon lui jusqu'à empêcher Téhéran de payer la solde de ses militaires.

Peu après les propos de M. Trump à la Maison Blanche, l'armée américaine a annoncé qu'un de ses avions de combat avait mis hors service un pétrolier dans le Golfe d'Oman qui tentait d'apporter du pétrole en Iran malgré le blocus imposé par les Etats-Unis.


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"