Chasse aux pyromanes en Dordogne face à des incendies multiples

Un arbre en feu dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
Un arbre en feu dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 20 septembre 2022

Chasse aux pyromanes en Dordogne face à des incendies multiples

Un arbre en feu dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
  • Selon le parquet, cet ancien pompier volontaire de 45 ans, qui a évoqué «un geste impulsif», nie avoir provoqué d'autres sinistres et les investigations se poursuivent sous la direction d'une cellule d'enquête spécialement dédiée
  • Le 31 août, le tribunal de Dijon a infligé un an de prison ferme à un quadragénaire pour huit départs de feu volontaires dans le Morvan

BORDEAUX: Un homme sera jugé en comparution immédiate ce mardi à Périgueux après avoir été pris en flagrant délit d'allumer un feu, mais la chasse aux pyromanes se poursuit en Dordogne, confrontée à des incendies à répétition. 

Les faits se sont déroulés samedi soir dans un champ de maïs proche de la Double, une forêt isolée dans l'ouest du département, théâtre de nombreux départs de feu depuis cet été. 

Selon le parquet, cet ancien pompier volontaire de 45 ans, qui a évoqué "un geste impulsif", nie avoir provoqué d'autres sinistres et les investigations se poursuivent sous la direction d'une cellule d'enquête spécialement dédiée. 

Tandis que le suspect, connu de la justice seulement pour des délits routiers, était en garde à vue, un feu a de nouveau brûlé 5 000 m2 de végétation dimanche à La Roche-Chalais, dans la Double. 

Au sein de cette commune d'environ 3 000 habitants qui a subi "des dizaines de départs de feu depuis le début de l'été", selon son maire Jean-Michel Sautreau, "il y a beaucoup d'incompréhension, de questions mais aussi de la peur". 

"C'est devenu malsain et c'est difficile à vivre pour tout le monde: propriétaires forestiers, population, élus, forces de l'ordre et bien sûr pompiers", a témoigné l'élu. "A la mairie, on est à l'étage et on regarde l'horizon: on attend de voir s'il y a une colonne de fumée. Par moments, c'était pas loin d'être tous les jours". 

"Tant que le ou les auteurs de l'ensemble des départs de feux volontaires observés ces dernières semaines n'auront pas été mis hors d'état de nuire, le dispositif de mobilisation se poursuivra", a déclaré lundi le préfet de la Dordogne, Jean-Sébastien Lamontagne, lors d'un déplacement dans la Double. 

Traque aussi en Charente 

En Charente voisine, 350 hectares ont brûlé la semaine dernière, après seize départs de feu "à peu près simultanés" dans cinq communes voisines au sud d'Angoulême. Là aussi, la piste criminelle "ne fait que peu de doutes" selon le parquet, qui écarte toutefois la possibilité d'un lien avec la Double toute proche. 

En août, la préfecture de Gironde, constatant "une augmentation des faits d'incendiaires" après les deux grands feux de juillet (20 800 hectares brûlés à Landiras et La Teste-de-Buch), avait lancé un peloton de gendarmerie "Vigilance Forêt" sur les routes et pistes près de Soulac-sur-Mer, dans un contexte de départs de feu multiples et rapprochés. 

Avec ce dispositif opérant à moto, VTT ou en voiture, épaulé par des renforts locaux, 45 militaires avaient été mobilisés pour surveiller des comportements suspects. Les résultats n'ont pas tardé: un étudiant de 19 ans, pompier volontaire, a été écroué, soupçonné d'être à l'origine de 31 incendies. Il a reconnu "pour partie" son implication, d'après le parquet. 

Des pyromanes ont été appréhendés dans d'autres régions touchées elles aussi par des feux cet été. Dans l'Hérault, un ancien pompier volontaire de 33 ans a été écroué, soupçonné d'être l'auteur de deux incendies début août. Il doit comparaître le 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Béziers. 

Le 31 août, le tribunal de Dijon a infligé un an de prison ferme à un quadragénaire pour huit départs de feu volontaires dans le Morvan. Cet homme dépressif avait été pris en flagrant délit après que la gendarmerie eut aussi mis en place un dispositif de surveillance spécial face à la multiplication d'incendies dans un secteur très concentré. 

D'après l'Office national des forêts (ONF), neuf feux sur dix sont d'origine humaine et trois sur dix, en moyenne, sont intentionnels. 

Le 21 août, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait annoncé vouloir lancer "3 000 postes de gendarmes verts" afin d'améliorer le travail d'enquête judiciaire, notamment dans les affaires d'incendies volontaires. 

Cet été, "il y a eu entre 80 et 120 départs de feux par jour dans notre pays" et "nous avons procédé à ce jour à 26 interpellations de pyromanes présumés", avait-t-il souligné. 


Au procès Sarkozy en appel, l'écho lointain des écoutes téléphoniques de la ligne «Bismuth»

Des conversations de 2014 entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog ont été pour la première fois diffusées publiquement (Photo, AFP).
Des conversations de 2014 entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog ont été pour la première fois diffusées publiquement (Photo, AFP).
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  • Les écoutes révèlent un changement radical, sur le fond comme sur la forme
  • Nicolas Sarkozy appelle son avocat en utilisant cette fois un de ses téléphones officiels

PARIS: Des voix surgies du passé, quelques grésillements et l'ébauche, selon l'accusation, d'un pacte de corruption: des conversations de 2014 entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog ont été pour la première fois diffusées publiquement, mardi, au procès en appel de l'affaire des "écoutes".

Deux petites enceintes murales et 24 fichiers sonores ont plongé la cour d'appel de Paris dans le cœur de ce dossier de corruption et trafic d'influence: les échanges entre l'ex-président et son avocat historique sur deux lignes officieuses ouvertes début janvier 2014 sous l'alias "Paul Bismuth".

En première instance, des raisons techniques avaient empêché leur diffusion et la perspective de les entendre mardi a drainé un large public, soumis pour l'occasion à des mesures drastiques. Chaque téléphone devait être éteint et glissé dans un sac de congélation fermé, distribué à l'entrée de la cour.

De ces échanges téléphoniques se dégage la grande proximité entre M. Sarkozy et son avocat et ami de longue date - "Ca va Thierry?", "Je t'embrasse mon Thierry"- et un petit jeu entre leurs lignes téléphoniques "officieuses" et officielles.

"Réponds sur ton téléphone (officiel, NDLR), parce que... qu'on ait l'impression d'avoir une conversation", glisse M. Sarkozy le 1er février sur la ligne "Bismuth". "D'accord, je réponds maintenant? Euh... On parle de quoi ?", demande son avocat. "Rappelle-moi en disant, tu m'as appelé", ajoute l'ex-président.

Sur le fond transparaît sa préoccupation concernant un pourvoi qu'il a alors déposé devant la Cour de cassation, afin d'invalider la saisie de ses agendas présidentiels dans le cadre de l'affaire Bettencourt.

Également prévenu dans ce dossier, Gilbert Azibert, alors avocat général à la Cour de cassation, aurait réussi à obtenir un avis confidentiel dans ce dossier et semble tenter de peser sur les délibérations dans un sens favorable à l'ex-président, selon ce qu'en rapporte au téléphone Me Herzog.

«J'ai été stupéfait»

L'ex-chef de l'Etat suit tout ça de près. "Gilbert, y a pas de nouvelles"?", "On n'a toujours pas de nouvelles de la Cour de cassation?", demande-t-il plusieurs fois à son avocat qui loue, en retour, les interventions de M. Azibert dans ce dossier.

"Voilà... Il a bossé hein", résume-t-il le 29 janvier.

Quelques jours plus tard, l'avocat rapporte à l'ex-président que M. Azibert convoite un poste dans la hiérarchie judiciaire à Monaco.

"Il me dit : j'ose pas demander. Peut-être qu'il faudrait que j'aie un coup de pouce. Ben, je lui ai dit tu rigoles avec ce que tu fais", dit Me Herzog.

"Non ben t'inquiète pas, dis-lui", lui répond Nicolas Sarkozy. "Appelle-le aujourd'hui en disant que je m’en occuperai parce que moi, je vais à Monaco". Un engagement qu'il réitérera le 25 février alors qu'il est en visite dans la Principauté. "Tu peux lui dire que, à midi, je ferai la démarche".

Le lendemain, les écoutes révèlent un changement radical, sur le fond comme sur la forme: Nicolas Sarkozy appelle son avocat en utilisant cette fois un de ses téléphones officiels ; son ton perd en spontanéité et il revient sur sa promesse d'user de ses réseaux pour soutenir M. Azibert.

"Alors, je t'avais dit que je le ferais. Et puis j'ai réfléchi, ça va paraître très bizarre", dit-il.

Selon les enquêteurs, ce revirement soudain serait lié au fait que M. Sarkozy et son avocat auraient appris que la ligne "Bismuth" était, elle aussi, sur écoutes, mais une enquête parallèle n'est pas parvenue à identifier une éventuelle taupe.

Une certitude: M. Azibert n'a pas décroché le poste à Monaco et la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de M. Sarkozy. Selon les prévenus, c'est la preuve que le pacte de corruption n'est qu'un "fantasme".

En fin de journée, la parole est revenue à Nicolas Sarkozy. L'ex-président s'est avancé vers la barre pour dire tout le mal qu'il pensait de ces interceptions, qu'il disait écouter "pour la première fois".

"La confidentialité entre un avocat et son client, on peut lui dire au revoir", a-t-il tonné. "En écoutant ça pendant deux heures, j'ai été stupéfait", a-t-il aussi dit, ajoutant: "J'ai senti physiquement une gêne".

Fin des débats prévue le 16 décembre.


Procès de l'attentat de Nice: La justice requiert 15 ans de prison contre les accusés

Ce croquis d'audience réalisé le 6 septembre 2022 montre les accusés Artan Henaj, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa (Photo, AFP).
Ce croquis d'audience réalisé le 6 septembre 2022 montre les accusés Artan Henaj, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa (Photo, AFP).
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  • Le ministère public a réclamé 15 ans de prison à l'encontre de Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud
  • Les réquisitions ont provoqué la perplexité des parties civiles

PARIS: Au procès du sanglant attentat de Nice (sud-est de la France), l'accusation a supris mardi en demandant à la cour d'assises spéciale de Paris de condamner Ramzi Arefa, l’un des trois accusés poursuivis pour "association de malfaiteurs terroriste", pour une "simple association de malfaiteurs de droit commun".

Ramzi Arefa "ne pouvait pas connaître la radicalisation" du tueur Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, qui causé la mort de 86 personnes et en a blessé plus de 450 au volant de son camion de 19 tonnes sur la promenade des Anglais à Nice le 14 juillet 2016, a estimé le ministère public, qui a néanmoins réclamé 15 ans de détention à son encontre comme pour les deux autres accusés poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste, Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud.

Ces deux derniers "n'ignoraient pas la capacité (de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel) à commettre des actes en lien avec son idéologie radicale", a affirmé Jean-Michel Bourlès, l'un des trois avocats généraux du parquet national antiterroriste (Pnat) français, au terme de son réquisitoire. "Le doute n’est pas permis. Ils ont agi en connaissant ses discours, sa fascination, sa proximité avec l’État islamique" (EI, organisation djihadiste).

En revanche, a poursuivi l'avocat général, Ramzi Arefa, accusé d'avoir fourni une arme à Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, "ne pouvait pas connaître l'évolution et la radicalisation" du tueur, en raison de ses liens "récents" et moins fréquents avec lui.

En conséquence, "nous vous demanderons de condamner Ramzi Arefa pour une simple infraction d’association de malfaiteurs de droit commun et non pour association de malfaiteurs terroriste criminelle", a-t-il dit, provoquant des réactions stupéfaites sur les bancs des parties civiles.

Le ministère public a réclamé 15 ans de prison à l'encontre de Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud en estimant que leur "proximité réelle" avec le tueur, la "connaissance de sa radicalisation", leur association "à des degrés divers" à la location du camion utilisé pour l'attentat et leurs "démarches positives pour (lui) fournir une arme" les rendaient bien coupables d'association de malfaiteurs terroriste.

À l'encontre des cinq accusés, dont quatre Albanais, poursuivis pour des délits de droit commun relatifs au trafic d'armes, le Pnat a requis des peines allant de 2 ans à 10 ans de prison, avec interdiction définitive du territoire français pour trois des quatre Albanais.

Jean-Michel Bourlès et ses collègues du Pnat, Alexa Dubourg et Rachel Lecuyer, ont déployé durant près de huit heures des réquisitions, soulignant notamment que les accusés devaient être jugés "exclusivement pour les faits qui leur sont reprochés".

«Singularité de l'horreur»

"Il y aura des frustrations, c'est inévitable", a lancé Alexa Dubourg en ouvrant le réquisitoire à trois voix du Pnat, rappelant qu'"aucun" des huit accusés devant la cour d'assises spéciale de Paris ne pouvait être jugé "comme s'il était l'auteur de l'attentat".

Le Pnat a contredit ceux qui estiment que les accusés sont là "parce qu'on a cherché des boucs émissaires et qu'on a voulu un procès à tout prix". "Il y avait des charges suffisantes pour qu'un procès se tienne. (...) Personne ne peut venir dire que le dossier est vide", a assuré Mme Dubourg.

Elle a rappelé "la singularité de l'horreur" de cet attentat, qui avait pris pour cible "des familles". 15 enfants et adolescents ont été tués par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel.

Si la représentante du Pnat a défendu le principe des autopsies judiciaires, parfois "nécessaires", elle a admis que le Pnat avait "failli" dans son "obligation légale" d'information des familles des victimes, ce qui avait engendré "une souffrance supplémentaire" et "une rupture de confiance avec l'institution judiciaire".

Les réquisitions ont provoqué la perplexité des parties civiles, qui ont assisté à l’audience depuis la salle délocalisée du palais Acropolis à Nice.

"J’espère que la cour sera plus sévère que les réquisitions, je ne comprends pas ces peines demandées après tout ce qui a été dit à l'audience", a ainsi déploré Anne Murris, 62 ans, présidente de l’association Mémorial des Anges, qui a perdu sa fille Camille ce 14 juillet 2016.

Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud risquent 20 ans de prison maximum. Ramzi Arefa encourt quant à lui la réclusion à perpétuité, car il est en état de récidive légale en raison d'une condamnation pour vol en 2014.

Après le réquisitoire et les plaidoiries de la défense, prévues du 7 au 9 décembre, les accusés auront une dernière fois la parole, le 12 décembre, avant que la cour se retire pour délibérer.

Le verdict est attendu le mardi 13 décembre.


France: Le gouvernement défend un projet «équilibré» sur l'immigration

Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin (Photo, AFP).
Le ministre français de l'Intérieur Gérald Darmanin (Photo, AFP).
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  • Le ministre du Travail Olivier Dussopt a lui souhaité «le travail comme facteur d'intégration»
  • La France doit pouvoir «dire qui on veut» et «qui on ne veut pas» accueillir

PARIS: Le gouvernement a vanté mardi l'équilibre entre expulsions et intégration de son projet de réforme sur l'immigration, lors d'un débat sans vote à l'Assemblée nationale où les oppositions, y compris Les Républicains, l'ont pourfendu pour des raisons parfois opposées.

La France doit pouvoir "dire qui on veut" et "qui on ne veut pas" accueillir, a résumé la Première ministre Elisabeth Borne en ouvrant le débat, estimant que "l'immigration zéro n'est ni souhaitable, ni possible, pas plus réaliste que ne l'est une immigration dérégulée".

"Ce texte sera équilibré", a-t-elle promis, réaffirmant sa volonté d'allier "fermeté" et "humanité" avec ce projet de loi qui doit être déposé début 2023.

Il comporte des mesures visant essentiellement à rendre plus efficaces les procédures d'expulsions, une équation qui empoisonne la politique migratoire française depuis des années et que la dernière réforme de 2018 n'a pas permis de résoudre.

Le gouvernement présente une série de durcissements et une réforme "structurelle" du système d'asile au service de l'accélération des procédures, ainsi que quelques mesures en faveur de l'intégration.

Le grand écart entre les deux mesures-phares symbolise l'équilibre recherché: d'une part la délivrance d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) dès le rejet d'une demande d'asile en première instance, d'autre part la création d'un titre de séjour pour les travailleurs sans-papiers dans les "métiers en tension", qui manquent de main-d'œuvre.

«Entraide» versus «submersion»

"Trop de règles spécifiquement françaises empêchent d'expulser les criminels" étrangers présents "sur notre sol", a déploré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui s'est fait siffler par La France insoumise quand il a cité l'historien monarchiste Jacques Bainville, admiré par l'ex-candidat d'extrême droite à la présidentielle Eric Zemmour.

Le ministre du Travail Olivier Dussopt a lui souhaité "réhabiliter le travail comme facteur d'intégration".

"Entraide" et "accueil digne" pour la gauche, "moins d'immigration" à droite, voire refus d'une "submersion" à l'extrême droite: chaque groupe politique a ensuite déroulé ses propositions, tout en critiquant le projet gouvernemental.

La présidente des députés Rassemblement national Marine Le Pen a dénoncé à nouveau une immigration "hors de contrôle".

"Vous voulez plus d'immigration en France, nous voulons moins d'immigration", a asséné l'élu LR Pierre-Henri Dumont. Des "propos d'une infinie violence", a estimé le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, en rappelant le parcours de sa mère italienne.

A gauche, la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot a reproché à M. Darmanin de "chasser sur les terres de l'extrême droite".

"Les murs administratifs que vous avez dressés n'arrêtent rien, ils enferment dans des situations de non-droit et dans des accueils indignes", a accusé le patron du groupe socialiste Boris Vallaud.

«Quasi-consensus»

Aurore Bergé (Renaissance) a renvoyé dos à dos ceux qui souhaitent une "forteresse" et ceux pour qui "la France serait la planche de salut".

Dans sa réponse, Elisabeth Borne a distingué les "interventions de pure posture" et "sans aucune proposition" du RN et de LFI, et celles des partis "de l'arc républicain" avec lesquels elle voit "un quasi-consensus" pour "mieux intégrer celles et ceux que nous accueillons notamment par le travail et par la langue".

Un autre débat suivra au Sénat le 13 décembre.

Pour atteindre la majorité absolue dont il ne dispose pas à l'Assemblée, le gouvernement veut donner des gages à toutes les sensibilités, surtout à droite, sans vider le texte de sa substance.

Il est ainsi prêt à discuter des "critères" du titre de séjour sur les métiers en tension, selon M. Darmanin, qui doit recevoir le président des députés LR Olivier Marleix le 15 décembre.

L'Assemblée nationale avait rejeté le 1er décembre deux propositions de loi LR sur les expulsions d'étrangers délinquants.

Le ministère de l'Intérieur veut concentrer "l'effort sur les auteurs de troubles à l'ordre public", notamment depuis le meurtre mi-octobre de Lola, 12 ans, par une ressortissante algérienne sous le coup d'une OQTF.

"Nous vous proposerons" de "ne plus nous censurer et de laisser au juge le soin de mesurer si la vie privée et familiale et le droit au séjour sont compatibles avec des actes de grave délinquance", a dit M. Darmanin.

Les associations soutenant les exilés, rassemblées devant le Palais-Bourbon, ont dénoncé une réforme "hostile" et appelé à "mettre fin aux discours liant immigration et délinquance". Selon Fanélie Carrey-Conte, de la Cimade, cet "énième projet de loi" sera placé sous le signe de l'"obsession autour des OQTF".