Incendies en Gironde: le tour de France des pompiers appelés en renfort

Un pompier tente d'éteindre un incendie dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
Un pompier tente d'éteindre un incendie dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 17 septembre 2022

Incendies en Gironde: le tour de France des pompiers appelés en renfort

Un pompier tente d'éteindre un incendie dans une forêt près de Saumos, dans le sud-ouest de la France, le 14 septembre 2022. (Photo, AFP)
  • Ils étaient jusqu'à un millier à se battre contre l'incendie fixé jeudi après avoir ravagé plus de 3 400 hectares de végétation et de pins autour des villages de Saumos et Sainte-Hélène, dans le sud du Médoc
  • Pour Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), la campagne de lutte contre les feux de forêt est désormais «annuelle»

BORDEAUX: Un défilé, presque habituel, de camions rouges venus de toute la France. En Gironde, plus de 600 pompiers ont encore été appelés en renfort cette semaine pour lutter contre les flammes, au terme d'un été mouvementé. 

Ils étaient jusqu'à un millier à se battre contre l'incendie fixé jeudi après avoir ravagé plus de 3 400 hectares de végétation et de pins autour des villages de Saumos et Sainte-Hélène, dans le sud du Médoc. 

Des pompiers du département mais aussi d'Ille-et-Vilaine, de la Charente, du Lot-et-Garonne, de l'Hérault, des Bouches-du-Rhône, etc. La liste est longue à énumérer mais le renfort indispensable, comme il l'a été toute la saison. 

À la mi-août, 1 100 pompiers avaient déjà été appelés pour faire face au second feu de Landiras (7 400 hectares). Une "mobilisation sans pareille" depuis 1949 et l'incendie historique qui avait brûlé 50 000 hectares et tué 82 personnes à Saucats, en Gironde, selon Jean-Luc Gleyze, patron du département et des pompiers locaux. 

Plus de 350 étaient même venus d'Europe, notamment d'Allemagne, d'Italie et de Roumanie. 

"On a rarement vu des renforts descendre aussi souvent" dans le Sud, observe le capitaine Christophe Lucas, du SDIS du Puy-de-Dôme, venu cette semaine avec la colonne Sud-Est Auvergne qui regroupe des renforts de l'Allier, du Cantal, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire. 

Mercredi, au cœur de l'incendie, l'AFP a rencontré certains de ces renforts près d'un étang utilisé comme point de ravitaillement en eau. Des pompiers de Charente-Maritime y rechargeaient leur citerne. "Heureusement, ce n'est pas tous les jours comme ça", lâche l'un d'entre eux. 

A côté, un camion de l'Allier, avec à son bord le lieutenant Tierno. Lui et ses collègues sont partis dès la soirée de lundi, quand l'incendie de Saumos a pris de l'ampleur, et ont roulé toute la nuit pour rejoindre les lieux du sinistre. Des chauffeurs se sont relayés mais le trajet, déjà, était fatiguant. 

Or, "quand vous arrivez, on considère que vous êtes tout neuf", relève ce sapeur-pompier volontaire. "C'est notre rôle de dire que l'on a roulé et qu'il faut prévoir des temps de repos pour que les pompiers soient dans les meilleures conditions", souligne le capitaine Lucas. 

« Gifle » 

Car les journées à combattre le feu sont longues. Beaucoup ont également été sollicités, durant l'été, pour des incendies en Ardèche, dans l'Aveyron, même en Bretagne. 

Pour Éric Brocardi, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), la campagne de lutte contre les feux de forêt est désormais "annuelle". 

"Il n'y a plus de saison, comme pour le risque orageux et les inondations. Quand un territoire est touché par les feux de forêt, d'autres sont touchés par les orages", a-t-il affirmé mercredi sur franceinfo. 

Face à l'augmentation des risques, en plus des interventions de secours quotidiennes, la profession réclame davantage de moyens matériels, aériens notamment, et une meilleure répartition géographique des équipements. 

Mais aussi d'amplifier la formation, le recrutement et de sensibiliser toujours plus la population. Des revendications qui seront portées lors du 128e congrès national des sapeurs-pompiers de France, du 21 au 24 septembre à Nancy. 

"Cet été, on s'est pris une gifle: il va falloir réagir", avertit le président de la FNSPF, Grégory Allione. Il demande le recrutement des "presque 1 000" lauréats des concours de pompiers professionnels encore non embauchés, et de 50 000 volontaires supplémentaires "d'ici 2027". 

A Nîmes, les pompiers du Gard sont descendus dans la rue cette semaine pour réclamer une augmentation de leurs effectifs. Ils devraient passer de 700 à 750 d'ici 2028. 


Après Chypre, Macron sur le Charles de Gaulle pour souligner l'important déploiement militaire français

Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive
  • "Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger"

A BORD DU CHARLES DE GAULLE: Emmanuel Macron est arrivé lundi après-midi à bord du Charles de Gaulle en Méditerranée après avoir évoqué à Chypre une future mission internationale "purement défensive" pour "rouvrir" le détroit d'Ormuz, dans le cadre d'un important déploiement militaire français autour du conflit au Moyen-Orient.

Le président français a atterri en hélicoptère sur le porte-avions, qui se trouve désormais au large de la Crète, en Grèce. Il a été redirigé sur son ordre vers la Méditerranée orientale après le début du conflit déclenché le 28 février par des frappes américano-israéliennes contre l'Iran.

Emmanuel Macron s'était auparavant rendu à l'aéroport militaire de Paphos, dans le sud-ouest de Chypre, île méditerranéenne touchée par un drone peu après le début de cette offensive, pour apporter son soutien à son homologue chypriote Nikos Christodoulides.

"Lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée", a-t-il martelé. "Nous n'accepterons pas que le moindre morceau du territoire européen, comme Chypre, soit exposé au danger", a renchéri à leurs côtés le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis, tout en assurant qu'il s'agissait d'actions "strictement défensives, loin de tout engagement militaire". La France, l'Italie et l'Espagne ont dépêché chacune une frégate dans la zone.

Le Charles de Gaulle est au coeur d'un important dispositif naval français appelé aussi à mobiliser "huit frégates" et "deux portes-hélicoptères amphibies" dans une vaste zone incluant la Méditerranée orientale, la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe, a détaillé Emmanuel Macron.

Coordination du G7 

Il a notamment annoncé que la France contribuerait "dans la durée" avec "deux frégates" à l'opération Aspides mise en place en 2024 par l'Union européenne en mer Rouge, sous commandement grec. Une frégate française y participait déjà.

Le Premier ministre grec a invité ses "collègues européens à renforcer cette opération avec davantage de moyens flottants".

L'UE s'est justement dite disposée "à adapter et à renforcer davantage" ses missions de protection maritime, ont indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen Antonio Costa à l'issue d'une réunion en visioconférence avec plusieurs dirigeants du Moyen-Orient.

Au-delà, "nous sommes en train de mettre en place" une "mission purement défensive, purement d'accompagnement", qui "a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit", "l'escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d'Ormuz", a affirmé le chef de l'Etat français.

C'est, selon lui, "essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région", alors que l'impraticabilité du détroit, en raison du conflit, a fait s'envoler les cours ces derniers jours.

Emmanuel Macron a assuré préparer cette mission "strictement pacifique" avec des partenaires "européens et non européens". Des discussions sont évoquées côté français notamment avec l'Inde et d'autres pays asiatiques fortement touchés par la situation actuelle.

La France, qui préside cette année le G7, prépare pour mardi une réunion de ministres de l'Energie de ce groupe de pays (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Italie, Allemagne, Canada, Japon) en marge d'un sommet à Paris sur le nucléaire civil. "J'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques", a dit le président français, qui a précisé à des journalistes que ces pays envisageaient parmi les "options" possibles de puiser dans leurs réserves stratégiques.

La courte visite à Chypre a permis à Emmanuel Macron de réaffirmer ses autres objectifs, dont la protection des pays du Golfe visés par des frappes iraniennes, et celle des ressortissants français dans la région.

Après s'être entretenu dans la matinée, pendant son vol vers Chypre, avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président français a une nouvelle fois appelé le Hezbollah pro-iranien à "cesser toutes frappes depuis le sol libanais".

"Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriales du Liban d'être recouvrées, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol", a-t-il insisté.


Macron s'est entretenu lundi matin avec Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban selon l'Elysée

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
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  • Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée
  • Emmanuel Macron se rendra lundi après-midi à bord du porte-avions Charles de Gaulle, qui se trouve au large de la Crète, en Méditerranée orientale, où il a été dépêché pour faire face à la situation au Moyen-Orient

PAPHOS: Emmanuel Macron s'est entretenu lundi matin avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de la situation au Moyen-Orient et au Liban, a indiqué l'Elysée.

Le président français avait déjà échangé mercredi dernier avec M. Netanyahu, pour la première fois depuis l'été 2025, alors qu'Israël poursuit ses frappes contre l'Iran mais aussi Beyrouth, dont la partie sud est le bastion du Hezbollah pro-iranien.

 

 

 


Liban: Macron condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU

Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron photographié au palais de l’Élysée à Paris le 3 mars 2026. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron condamne une attaque contre une position de la Finul au sud du Liban et réaffirme le rôle stabilisateur de la force onusienne
  • Il exprime le soutien de la France à la souveraineté et à la sécurité de la Syrie, du Liban et de l’Irak, tout en appelant à éviter que le conflit régional ne s’étende

PARIS: Le président français Emmanuel Macron a condamné vendredi une "attaque inacceptable" contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, après s'être entretenu avec ses homologues libanais Joseph Aoun et syrien Ahmad Al-Chareh.

"La France œuvre avec ses partenaires à éviter que le conflit ne se propage davantage dans la région", a affirmé sur le réseau social X le chef de l'Etat, soulignant le "rôle clé de stabilisation au sud du Liban" joué par la Finul.

Emmanuel Macron a assuré que son pays resterait "engagé" dans cette force qui compte quelque 700 Français et assuré que "la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Syrie et du Liban, comme de chaque pays dans la région, devait être respectée".

Une position de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a été ciblée vendredi dans le sud du pays, faisant des blessés parmi les Casques bleus ghanéens, selon l'Agence nationale d'information (Ani) libanaise, alors que la guerre déclenchée le week-end dernier par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran s'est étendue au Liban.

Israël a répliqué à des tirs du Hezbollah pro-iranien par des bombardements au Liban, notamment dans son fief de la partie sud de Beyrouth.

Le chef de l'Etat français a discuté auparavant avec le Premier ministre irakien Mohamed Chia al-Soudani, à qui il a exprimé la "pleine solidarité" de la France, après l'attaque par des drones de l'aéroport de Bassora et de deux installations pétrolières dans le sud de l'Irak.

"J'ai renouvelé mon appui à son action résolue pour que l'Irak ne soit pas entraîné dans le conflit", a-t-il ajouté, estimant que la stabilité de ce pays "est essentielle pour toute la région".

"La France soutient le plein respect de la souveraineté, de la sécurité, et de l’intégrité territoriale de l’Irak", a-t-il également assuré.

Le gouvernement irakien et le gouvernement de la région autonome du Kurdistan ont affirmé que l'Irak ne devait pas servir de base pour lancer des attaques contre des pays voisins, alors que des informations font état de la possibilité que des combattants kurdes traversent la frontière avec l'Iran.

L'Iran a menacé, pour sa part, de prendre pour cible "toutes les installations" de la région du Kurdistan en Irak si des combattants kurdes parvenaient à entrer sur le territoire de la République islamique.