ONU: Israël doit mettre fin à son occupation de la Palestine, déclare l'émir qatari

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'exprime lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York (Photo, AFP).
L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, s'exprime lors de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 21 septembre 2022

ONU: Israël doit mettre fin à son occupation de la Palestine, déclare l'émir qatari

  • Le cheikh Tamim al-Thani a souligné la situation critique du peuple syrien, la guerre au Yémen et plusieurs autres questions touchant la région et sa sécurité
  • L'émir du Qatar a souligné qu'un consensus sur la question des ambitions nucléaires du régime iranien contribuerait à apporter la stabilité au Moyen-Orient

LONDRES: L'émir du Qatar a appelé mardi la communauté internationale à faire pression sur Israël pour qu'il mette fin à son occupation des territoires palestiniens.

S'exprimant lors du débat général de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations unies, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani a déclaré: «Le Conseil de sécurité doit assumer sa responsabilité et contraindre Israël à mettre fin à l'occupation des territoires palestiniens et à établir un État palestinien selon les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale.

«En ne mettant pas en œuvre les résolutions internationales, et compte tenu de l'évolution continue de la situation sur le terrain, l'occupation et ses activités de colonisation, mène une politique du fait accompli.

«Cela changera les règles du conflit et modifiera le format de la solidarité à l'avenir. À ce stade, je souligne que nous sommes pleinement solidaires avec le peuple palestinien frère dans son aspiration à la justice», a-t-il ajouté.

«Nous devons prêter attention aux sources des problèmes avant que leur impact ne frappe aux portes de nos pays.»

Cheikh Tamim a également mentionné que la guerre en cours au Yémen préoccupe le Qatar.

«Au Yémen, nous voyons une lueur d'espoir dans le consensus des parties sur une trêve temporaire et nous attendons avec impatience un cessez-le-feu complet et permanent en préparation des négociations entre les parties yéménites», a-t-il déclaré.

Il a également évoqué d'autres questions touchant la région, notamment le sectarisme en Irak, les crises qui touchent le Liban et les situations en Libye et au Soudan.

L'émir du Qatar a souligné qu'un consensus sur la question des ambitions nucléaires du régime iranien contribuerait à apporter la stabilité au Moyen-Orient.

«Personne n'a d'alternative à un tel accord et sa conclusion serait dans l'intérêt de la sécurité et de la stabilité de la région et ouvrira la porte à un dialogue plus large au niveau de la sécurité régionale», a-t-il déclaré à l'Assemblée générale.

S'agissant de la crise énergétique mondiale, cheikh Tamim a affirmé que les efforts visant à en atténuer les effets ne peuvent être déployés que parallèlement à la protection de l'environnement.

«En attendant, nous devons fournir de l'énergie, et réaliser de manière réaliste que l'avenir de l'énergie comprendra un mélange diversifié de ses sources durables, comme l'énergie solaire, l'hydrogène, l'énergie éolienne et les sources d'hydrocarbures», a-t-il insisté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Wikileaks: Cinq journaux appellent à la fin des poursuites contre Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en février 2016 (Photo, AP).
Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, en février 2016 (Photo, AP).
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  • Ils estiment que «douze ans après les premières publications», «il est temps pour le gouvernement des Etats-Unis d'abandonner ses poursuites contre Julian Assange»
  • Assange est actuellement détenu dans une prison de haute-sécurité près de Londres en attendant l'examen de son appel

LONDRES: Cinq médias (The New York Times, The Guardian, El Pais, Le Monde et Der Spiegel) ont appelé lundi le gouvernement américain à abandonner les poursuites contre le fondateur de Wikileaks Julian Assange pour une fuite massive de documents.

L'Australien de 51 ans est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir publié à partir de 2010 plus de 700 000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan, à l'origine d'une série de révélations publiées notamment par ces cinq journaux. Il risque 175 ans de prison.

Arrêté par la police britannique en 2019 après sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres, il est actuellement détenu dans une prison de haute-sécurité près de Londres en attendant l'examen de son appel contre la décision du gouvernement britannique de l'extrader.

"Recueillir et diffuser des informations sensibles quand c'est nécessaire pour l'intérêt public constitue une part essentielle du travail des journalistes au quotidien", écrivent les rédacteurs en chef et directeurs de la publication des cinq journaux.

"Si ce travail est criminalisé, non seulement la qualité du débat public mais aussi nos démocraties s'en trouveront considérablement affaiblies."

Ils estiment que "douze ans après les premières publications", "il est temps pour le gouvernement des Etats-Unis d'abandonner ses poursuites contre Julian Assange", "publier n'est pas un délit".

La tribune rappelle que les responsables des rédactions des cinq journaux avaient "jugé nécessaire de critiquer publiquement son attitude en 2011 lorsque des versions non expurgées des télégrammes diplomatiques ont été rendues publiques, et certains d'entre nous restent préoccupés par l'accusation figurant dans l'acte de poursuites américain selon laquelle il aurait aidé à l'intrusion informatique dans une base de données classifiée".

"Mais nous sommes solidaires aujourd'hui pour exprimer notre grande inquiétude face aux poursuites judiciaires sans fin que subit Julian Assange", insiste la tribune.

Ses auteurs soulignent que le recours, lancé sous la présidence américaine de Donald Trump, à un texte de loi datant de 1917 pour lutter contre les espions "n'avait jamais été utilisé à l'encontre de journalistes, de médias ou de diffuseurs".

"Un tel acte d'accusation crée un précédent dangereux" et "menace la liberté d'informer".

Le mois dernier, le ministre américain de la Justice Merrick Garland a publié de nouvelles directives plus protectrices pour les journalistes, sans pour autant laisser augurer de conséquences définitives concernant Julian Assange.

Elles autorisent les poursuites contre les journalistes soupçonnés d'agir en tant qu'agents de puissances étrangères et préconisent une approche au cas par cas pour les affaires concernant les personnes qui ne sont pas forcément journalistes au sens traditionnel du terme.


Mondial: Bruno Fernandes envoie le Portugal en 1/8

Le milieu de terrain portugais Bruno Fernandes (2ndD) avec l'attaquant portugais Rafael Leao après avoir remporté le match de football du groupe H de la coupe du monde Qatar 2022 entre le Portugal et l'Uruguay au stade Lusail à Lusail, au nord de Doha, le 28 novembre 2022. ( Photo de Pablo PORCIUNCULA / AFP)
Le milieu de terrain portugais Bruno Fernandes (2ndD) avec l'attaquant portugais Rafael Leao après avoir remporté le match de football du groupe H de la coupe du monde Qatar 2022 entre le Portugal et l'Uruguay au stade Lusail à Lusail, au nord de Doha, le 28 novembre 2022. ( Photo de Pablo PORCIUNCULA / AFP)
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  • Après une victoire contre le Ghana (3-2) lors de son entrée en lice, la Seleçao portugaise est donc en tête du groupe H
  • Pour la revanche du huitième de finale du dernier Mondial, remporté par l'Uruguay (2-1), c'est bien Fernandes qui a le plus brillé

DOHA: Un meneur de jeu dans la lumière: Bruno Fernandes, d'un doublé, a permis au Portugal de battre l'Uruguay (2-0) lundi au Stade de Lusail de Doha, et de se qualifier pour les huitièmes de finale.

Après une victoire contre le Ghana (3-2) lors de son entrée en lice, la Seleçao portugaise est donc en tête du groupe H avec six points, devant le Ghana (trois pts), tandis que l'Uruguay et la Corée du Sud (un point) ferment la marche.

Le deuxième ticket qualificatif se disputera vendredi prochain à 16h00 entre les trois autres nations du groupe, et plus probablement entre le Ghana et l'Uruguay, qui s'affronteront.

Lundi soir à Lusail, dans le plus grand stade de la compétition (88.622) rempli pour l'occasion, les Portugais ont peut-être remporté un match pivot dans leur Mondial, par la performance de leur milieu de terrain offensif Fernandes.

Les attentes placées autour du joueur de Manchester United (28 ans) étaient grandes mais pas encore comblées, alors que l'autre star de l'équipe, Cristiano Ronaldo joue moins et semble moins en capacité de porter le Portugal, à 37 ans.

Surtout, les deux astres se sont enfin alignés, lors du premier but de la rencontre, un centre rentrant de Bruno Fernandes pour Cristiano Ronaldo, qui a tenté d'effleurer le ballon de la tête... en vain.

Qu'importe, ce but a permis au Portugal de forcer le cadenas de la Celeste, et le symbole est fort : les deux coéquipiers, qu'on disait en froid depuis le départ avec fracas de "CR7" du club mancunien, parvenaient à combiner et à faire taire les rumeurs leur prêtant une inimitié néfaste pour le collectif.

Revanche du Portugal

Pour la revanche du huitième de finale du dernier Mondial, remporté par l'Uruguay (2-1), c'est bien Fernandes qui a le plus brillé, inscrivant un deuxième but sur penalty, l'un de ses exercices favoris.

Des petits pas d'élan suivi d'un saut caractéristique : sa marque de fabrique a permis de prendre à contrepied Sergio Rochet (90e+3). L'ancien joueur du Sporting Portugal aurait même pu inscrire un triplé, si sa frappe n'avait par heurté le poteau en toute fin de match (90e+9).

Dans l'ensemble, le Portugal a souvent maîtrisé le match collectivement, gratifiant même ses supporters de belles séquences de possession, et semble monter en puissance dans la compétition.

En face, la Celeste a eu du mal et son duo d'attaquants Darvin Nunez-Edinson Cavani a été invisible. C'est plutôt le milieu Rodrigo Bentancur qui s'est montré, et qui a, un temps, incarné l'engagement, parfois excessif (carton jaune dès la 6e minute) de son équipe.

Après un superbe slalom entre Ruben Dias, Pepe et William Carvalho, Bentancur aurait pu donner l'avantage à son équipe, mais il a buté sur Diego Costa, bien sorti.

La Celeste est désormais dans l'obligation de battre le Ghana pour rallier les huitièmes de finale.


Amnesty International critique des députés britanniques demandant l’expulsion d’Albanais victimes de traite

Des migrants sont assis dans un bus dans le port de Douvres après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche, Douvres, Grande-Bretagne, le 3 mai 2022. (Reuters)
Des migrants sont assis dans un bus dans le port de Douvres après avoir été secourus lors de la traversée de la Manche, Douvres, Grande-Bretagne, le 3 mai 2022. (Reuters)
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  • Un groupe de cinquante conservateurs demande au Premier ministre de supprimer les «failles» de la loi sur l’asile
  • Pour Amnesty international, renvoyer une personne victime de la traite risque de la «livrer à nouveau à une exploitation cruelle»

LONDRES: Un conflit se prépare au Royaume-Uni après qu’Amnesty International a condamné un groupe de députés conservateurs qui ont demandé au Premier ministre Rishi Sunak de renvoyer les demandeurs d’asile albanais dans leur pays d’origine, y compris ceux qui affirment être victimes de la traite des êtres humains.

Le Royaume-Uni a connu une augmentation marquée du nombre d’Albanais arrivant dans le pays au cours des douze derniers mois. Nombre d’entre eux, qui traversent la Manche sur de petites embarcations, affirment avoir été victimes de traite des êtres humains et d’esclavage moderne.

Le groupe de plus de 50 politiciens a déclaré que les mesures visant à accélérer le processus d’expulsion des Albanais étaient nécessaires afin de dissuader les migrants de faire le voyage depuis ce qui est, selon eux, un pays sûr, et afin de réduire les retards importants dans la procédure d’asile au Royaume-Uni.

Dans une lettre adressée à Sunak, les députés indiquent: «S’ils (les demandeurs d’asile) ont réellement été emmenés (au Royaume-Uni) contre leur gré, ils ne pourraient raisonnablement pas s’opposer à être renvoyés chez eux.»

«Les particularités de nos lois sur l’esclavage moderne qui empêchent cela vont clairement à l’encontre des objectifs de cette loi et devraient être supprimées.»

«Le Bureau de l’Intérieur n’interprète pas correctement les lois sur l’asile. L’objectif est de faire passer le délai de traitement des demandes des Albanais de plusieurs années à quelques jours ou semaines», a déclaré le député David Davis, l’un des signataires, à Sky News.

«C’est l’objectif et nous pensons que c’est possible. Si nous ne le faisons pas, le Bureau de l’Intérieur ne sera jamais en mesure de faire face au nombre de demandes. Il faut déjà quatre-cent jours pour obtenir une décision. Le processus sera de plus en plus long.»

Il a ajouté que la crainte d’être persécuté par des passeurs et des bandes criminelles ne devrait pas permettre aux personnes de demander l’asile. «Je ne fais pas des Albanais des boucs émissaires. Ce que je veux faire, c’est combler ces lacunes», a-t-il assuré.

Steve Valdez-Symonds, directeur du programme britannique Droits des réfugiés et des migrants d’Amnesty international, a critiqué David Davis, déclarant au Guardian: «Il semble y avoir beaucoup d’absurdités ici.»

«Il faut commencer par savoir si le gouvernement ne veut pas ou ne peut pas vous protéger contre la persécution. Il ne détermine pas qui doivent être vos persécuteurs», a-t-il expliqué. «Il pourrait s’agir d’un crime organisé, ou d’une vendetta. Il pourrait également s’agir de femmes  persécutées par leur propre famille. La question est de savoir si l’État est à la fois capable et désireux de fournir les protections qu’il est censé fournir en vertu du droit international.»

«Toutes les victimes de la traite des êtres humains ne sont pas nécessairement en danger lorsqu’elles sont renvoyées dans leur pays, mais renvoyer une personne dans le pays où elle a été victime de la traite risque de la livrer à nouveau à une exploitation cruelle, à moins que sa situation ne s’améliore de manière considérable dans ce pays», a-t-il poursuivi.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com