À l'ONU, Zelensky appelle à «châtier» la Russie

«Châtiment pour avoir essayé de voler notre territoire, châtiment pour les meurtres de milliers de personnes, châtiment pour la torture et l'humiliation des femmes et des hommes» (Photo, AFP).
«Châtiment pour avoir essayé de voler notre territoire, châtiment pour les meurtres de milliers de personnes, châtiment pour la torture et l'humiliation des femmes et des hommes» (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 22 septembre 2022

À l'ONU, Zelensky appelle à «châtier» la Russie

  • «Un crime a été commis contre l'Ukraine et nous réclamons un juste châtiment», a martelé le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky
  • Il a aussi réclamé la mise en place d'un tribunal spécial et d'un fonds de compensation pour les victimes

NATIONS UNIES: Le président ukrainien a plaidé mercredi avec force devant l'Assemblée générale de l'ONU pour un "juste châtiment" contre la Russie que le président américain a accusé d'avoir "violé de manière éhontée" les principes des Nations unies.

"Un crime a été commis contre l'Ukraine et nous réclamons un juste châtiment", a martelé le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message vidéo diffusé lors de l'Assemblée générale de l'ONU grâce à une autorisation spéciale des Etats membres.

"Châtiment pour avoir essayé de voler notre territoire, châtiment pour les meurtres de milliers de personnes, châtiment pour la torture et l'humiliation des femmes et des hommes", a-t-il ajouté, répétant encore et encore ce mot de "châtiment".

Vêtu de son habituel T-shirt kaki, le leader ukrainien a aussi réclamé la mise en place d'un tribunal spécial et d'un fonds de compensation pour les victimes, et appelé l'ONU à priver la Russie de son droit de véto au Conseil de sécurité.

"Nous sommes prêts pour la paix. Mais une paix honnête et juste", a-t-il ajouté, listant les ingrédients de sa "recette" pour la paix, du "châtiment" à la restauration de l'intégrité territoriale en passant par des "garanties de sécurité".

"Le monde est de notre côté", a-t-il affirmé lors de ce discours de plus de 20 minutes accueilli par les applaudissements de nombreux délégués pour certains debout dans la salle à New York.

Quelques heures plus tôt à la tribune, Joe Biden a lui aussi attaqué frontalement la Russie qui a annoncé la mobilisation de centaine de milliers de réservistes et brandi la menace d'un recours à l'arme nucléaire. "Cette guerre anéantit le droit de l'Ukraine à exister, tout simplement", a lancé le président américain.

La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, "a violé de manière éhontée les principes de la Charte des Nations unies" en s'emparant de parties de territoire de son voisin, a-t-il fustigé.

Face aux nouvelles menaces de Vladimir Poutine, l'UE a elle convoqué pour mercredi soir une réunion d'urgence informelle de ses ministres des Affaires étrangères, où la question de nouvelles sanctions sera "sur la table".

Il faut "mettre le maximum de pression" sur la Russie, a commenté le président français Emmanuel Macron.

Alors que les pays du Sud s'agacent de plus en plus du fait que les Occidentaux se focalisent sur l'Ukraine malgré les multiples crises subies par l'humanité partout sur la planète, le président américain a tendu la main aux pays en développement.

L'UE, qui a également dénoncé "avec force l'escalade de la Russie", examine de son côté de nouvelles sanctions contre Moscou, a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell à l'issue d'une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères à New York mercredi soir.

«Nourrir les enfants»

Il a notamment annoncé mercredi une nouvelle aide de 2,9 milliards de dollars pour lutter contre l'insécurité alimentaire dans le monde, qui s'ajoute à une somme de 6,9 milliards de dollars déjà promise cette année par Washington.

"Dans n'importe quel pays du monde, quelles que soient les raisons de nos divisions, quand les parents ne peuvent pas nourrir leurs enfants, rien d'autre ne compte, rien", a-t-il insisté.

Américains, Européens et Africains s'étaient engagés mardi dans une déclaration commune à agir "avec urgence, ampleur et de concert pour répondre aux besoins alimentaires urgents de centaines de millions de personnes à travers le monde".

Joe Biden s'est d'autre part dit favorable à une réforme majeure du Conseil de sécurité en augmentant le nombre de membres permanents et non permanents.

Une revendication notamment du Japon et des pays en développement. "Il est temps de faire droit à la juste et légitime revendication africaine sur la réforme du Conseil de Sécurité", avait insisté mardi le président sénégalais Macky Sall, à la tête de l'Union africaine.

Iran, droits de l'Homme et nucléaire

Même si cette question a été évoquée par plusieurs dirigeants, l'Ukraine restera sans doute pour le reste de la semaine tout en haut des préoccupations d'un grand nombre de dirigeants.

Avec notamment jeudi une réunion du Conseil de sécurité au niveau des ministres des Affaires étrangères, donc en principe en présence de Sergueï Lavrov qui mène la délégation russe à l'ONU en l'absence de Vladimir Poutine.

Le dossier nucléaire iranien et les manifestations qui se multiplient en Iran après la mort d'une jeune femme détenue par la police des mœurs ont réussi à se frayer un chemin aussi jusqu'à New York.

"Les dirigeants iraniens devraient remarquer que la population est mécontente avec la direction qu'ils ont prise. Ils peuvent prendre un autre chemin", a déclaré à l'AFP le chef de la diplomatie britannique James Cleverly.

Le président iranien Ebrahim Raïssi s'est défendu à la tribune, accusant l'Occident d'avoir "deux poids, deux mesures" concernant les droits des femmes.

Il a également assuré que son pays "ne cherchait pas à construire ou à obtenir des armes nucléaires", et douté de la sincérité du gouvernement américain de relancer l'accord de 2015 qui était censé garantir que la République islamique ne puisse pas se doter de l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions sur son économie.

"Nous ne permettrons pas à l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire", a répondu Joe Biden, estimant qu'il était "impossible de gagner une guerre nucléaire" et qu'il ne fallait "pas la mener".


L'UE et Kiev décident d'un bureau d'enquête sur les «crimes d'agression» de Moscou

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre) assiste à une séance de travail lors d'un sommet UE-Ukraine à Kiev le 3 février 2023. (Photo fournie / Service de presse de la présidence ukrainienne / AFP)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (au centre) assiste à une séance de travail lors d'un sommet UE-Ukraine à Kiev le 3 février 2023. (Photo fournie / Service de presse de la présidence ukrainienne / AFP)
Short Url
  • La Cour pénale internationale (CPI) n'est compétente que pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité perpétrés en Ukraine, et non pour les «crimes d'agression» de la Russie
  • Le crime d'agression est imputable aux plus hauts dirigeants politiques et militaires d'un pays

KIEV : L'Union européenne et l'Ukraine ont convenu vendredi de la mise en place à La Haye d'un bureau d'enquête, sorte de parquet intérimaire, destiné à coordonner le recueil de preuves du «crime d'agression» de la Russie.

«Nous soutenons la mise en place d'un centre international pour la poursuite du crime d'agression en Ukraine (ICPA) à La Haye», indiquent l'UE et l'Ukraine dans une déclaration conjointe à l'issue d'un sommet UE-Ukraine à Kiev.

Son but est «de coordonner l'enquête sur le crime d'agression contre l'Ukraine, de préserver et de stocker les preuves pour de futurs procès», est-il précisé.

Ce centre est envisagé comme une étape intermédiaire avant l'établissement d'un tribunal spécial pour juger les plus hauts responsables russes, une demande de Kiev.

La Cour pénale internationale (CPI) n'est compétente que pour les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité perpétrés en Ukraine, et non pour les «crimes d'agression» de la Russie, car Moscou et Kiev ne sont pas signataires du traité de Rome instituant cette juridiction.

Le crime d'agression est imputable aux plus hauts dirigeants politiques et militaires d'un pays.

L'UE soutient la création d'une juridiction compétente pour ce type de crime, mais sa forme exacte soulève des questions juridiques complexes.

La Commission européenne a soumis deux options: un tribunal international spécial, basé sur un traité multilatéral, ou une juridiction hybride, relevant du droit ukrainien mais comportant des juges internationaux.

L'Ukraine voudrait un tribunal spécial capable de juger Vladimir Poutine fondé sur une résolution de l'Assemblée générale des Nations unies.

Mais certains pays, comme l'Allemagne doutent que l'établissement d'une telle juridiction recueille un soutien suffisant à l'ONU, et favorisent la création d'un tribunal hybride.

Selon la Commission, ce centre sera installé au siège d'Eurojust, l'agence de l'UE pour la coopération judiciaire en matière pénale.

Il sera intégré à une «équipe commune d'enquête», déjà constituée de six pays de l'UE (Lituanie, Pologne, Estonie, Lettonie, Slovaquie, Roumanie) et de l'Ukraine et à laquelle participe aussi le bureau du procureur de la CPI.

«Nous serons prêts à lancer très rapidement les travaux», avait déclaré jeudi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Kiev en annonçant cette structure.


Washington et Manille vont relancer des patrouilles conjointes en mer de Chine méridionale

Le ministre de la Défense Lloyd Austin en visite à Manille et son homologue philippin Carlito Galvez ont pris cette décision «pour aider à relever les défis» sécuritaires (Photo, AFP).
Le ministre de la Défense Lloyd Austin en visite à Manille et son homologue philippin Carlito Galvez ont pris cette décision «pour aider à relever les défis» sécuritaires (Photo, AFP).
Short Url
  • Les deux pays avaient suspendu leurs patrouilles maritimes dans cette zone très contestée lorsque l'ex-président Rodrigo Duterte était au pouvoir
  • Les Etats-Unis et les Philippines ont par ailleurs dévoilé jeudi un accord qui permettra aux soldats américains d'accéder à quatre bases supplémentaires de ce pays d'Asie

WASHINGTON: Les Etats-Unis et les Philippines ont décidé de reconduire des patrouilles conjointes dans la mer de Chine méridionale afin de contrer la montée en puissance militaire de la Chine, selon un communiqué du ministère américain de la Défense.

Le ministre de la Défense Lloyd Austin en visite à Manille et son homologue philippin Carlito Galvez ont pris cette décision "pour aider à relever les défis" sécuritaires, est-il indiqué dans le communiqué publié jeudi.

Les deux pays avaient suspendu leurs patrouilles maritimes dans cette zone très contestée lorsque l'ex-président Rodrigo Duterte était au pouvoir.

L'accord sur les patrouilles conjointes a été conclu "à la dernière minute" jeudi alors que se tenaient des discussions entre M. Austin et M. Galvez, a indiqué vendredi à l'AFP un haut responsable philippin.

"Il y aura des discussions complémentaires (...)(sur) ce que nous voulons faire exactement, où nous voulons précisément faire les choses, à quelle fréquence" et si des navires de la marine ou des garde-côtes participeront aux patrouilles, a déclaré le haut responsable, en parlant sous couvert de l'anonymat et en demandant à ne pas être directement cité.

"Bien sûr, la difficulté sera dans les détails donc techniquement si nous n'arrivons pas à nous mettre d'accord sur la façon dont nous voulons procéder, alors cela n'avancera pas."

Les Etats-Unis et les Philippines ont par ailleurs dévoilé jeudi un accord qui permettra aux soldats américains d'accéder à quatre bases supplémentaires de ce pays d'Asie du Sud-Est.

Washington cherche à resserrer ses liens avec Manille, distendus ces dernières années. L'ex-président philippin Rodrigo Duterte avait préféré se tourner vers la Chine au détriment de Washington, ancien colonisateur des Philippines.

Mais le nouveau gouvernement philippin de Ferdinand Marcos Jr souhaite renforcer son partenariat avec Washington, poussé par les revendications de Pékin sur Taïwan et la construction de bases chinoises en mer de Chine méridionale.

Compte tenu de sa proximité avec Taïwan, la coopération des Philippines constituerait un élément clé dans l'éventualité d'un conflit avec Pékin. Un général quatre étoiles de l'US Air Force a récemment pronostiqué qu'un tel affrontement pourrait se produire dès 2025.


Bolsonaro a fomenté la tentative de coup d'Etat, affirme Lula

L'ancien président du Brésil Jair Bolsonaro s'exprime lors d'une conférence de presse au Dezerland Park à Orlando, en Floride, le 31 janvier 2023. (Photo par Chandan Khanna / AFP)
L'ancien président du Brésil Jair Bolsonaro s'exprime lors d'une conférence de presse au Dezerland Park à Orlando, en Floride, le 31 janvier 2023. (Photo par Chandan Khanna / AFP)
Short Url
  • Le 8 janvier, des milliers de partisans de Bolsonaro, mécontents de la victoire de Lula sur son rival d'extrême droite lors de l'élection présidentielle d'octobre 2022, ont envahi et vandalisé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême
  • «Je suis certain que Bolsonaro a participé activement à cela et essaie encore d'y participer», a déclaré Lula, interrogé sur le rôle de l'ancien président dans ces événements

RIO DE JANEIRO : Le président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva s'est dit jeudi «certain» que Jair Bolsonaro était le cerveau derrière l'attaque des édifices gouvernementaux de Brasilia le 8 janvier, et qu'il cherchait ainsi à réaliser un «coup d'Etat».

«Aujourd'hui, je suis conscient et je le dis haut et fort: ce citoyen (l'ancien président Bolsonaro) a préparé le coup d'État», a déclaré Lula dans une interview accordée à la chaîne de télévision locale RedeTV!

Le 8 janvier, des milliers de partisans de Bolsonaro, mécontents de la victoire de Lula sur son rival d'extrême droite lors de l'élection présidentielle d'octobre 2022, ont envahi et vandalisé le palais présidentiel, le Congrès et la Cour suprême.

Un juge brésilien a décidé d'inclure l'ex-dirigeant, qui a quitté le Brésil pour la Floride fin décembre, dans l'enquête qui vise à déterminer qui est à l'origine du saccage des institutions brésiliennes.

«Je suis certain que Bolsonaro a participé activement à cela et essaie encore d'y participer», a ajouté Lula, interrogé sur le rôle de l'ancien président dans ces événements.

«Ils voulaient faire cette pagaille le 1er janvier, mais ils ont réalisé qu'ils ne pouvaient pas le faire parce qu'il y avait trop de policiers et trop de gens dans les rues», a ajouté Lula.

Ces déclarations interviennent le même jour que celles du sénateur Marcos do Val, qui a assuré avoir participé à une réunion avec l'ex-président où il était question d'empêcher l'arrivée au pouvoir de Lula.

Selon ses avocats, Jair Bolsonaro a déposé une demande d'extension de son visa de six mois pour rester aux Etats-Unis. Il nie avoir quelque lien que ce soit avec les événements du 8 janvier.

Lula, 77 ans, a gagné l'élection de justesse: 50,9% contre 49,1% pour Bolsonaro.

«Nous avons vaincu Bolsonaro, mais nous devons encore vaincre le Bolsonarisme», a enfin dit le président Lula dans l'entretien à la TV locale.