Les banques centrales font flamber les taux et baisser les Bourses

Le yen glisse depuis le début d'année, notamment en raison de la politique de la Banque du Japon (BoJ) qui n'a pas durci ses taux contrairement aux Etats-Unis (Photo, AFP).
Le yen glisse depuis le début d'année, notamment en raison de la politique de la Banque du Japon (BoJ) qui n'a pas durci ses taux contrairement aux Etats-Unis (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 23 septembre 2022

Les banques centrales font flamber les taux et baisser les Bourses

  • À Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,35%, l'indice Nasdaq a lâché 1,37% et l'indice élargi S&P 500 a abandonné 0,84%
  • Les indices européens ont aussi nettement baissé, après leur rebond de mardi

NEW YORK: Les Bourses mondiales ont reculé jeudi, digérant de nombreuses décisions des banques centrales, à commencer par celle des Etats-Unis mercredi, tandis que le dollar restait à un haut niveau, poussant même le Japon à une intervention.

À Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,35%, l'indice Nasdaq a lâché 1,37% et l'indice élargi S&P 500 a abandonné 0,84%.

Les indices européens ont aussi nettement baissé, après leur rebond de mardi: Paris a reculé de 1,87%, Francfort de 1,84%, Londres de 1,08% et Milan de 1,07%.

La banque centrale américaine a relevé mercredi de 0,75 point de pourcentage son principal taux directeur, comme en juin et juillet, pour le porter à une fourchette allant de 3% à 3,25%, contre un niveau se situant juste au-dessus de 0% en début d'année.

Les investisseurs n'ont pas tant été surpris par ce resserrement monétaire que par la ligne dure adoptée par la Fed dans ses nouvelles projections en matière d'évolution de ce taux, qui pourrait monter au-dessus de 4,5% et ne pas redescendre avant 2024.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a assumé de devoir "ralentir l'économie" pour réduire la croissance et attendre plus longtemps avant d'envisager de baisser le taux directeur.

La forte impression laissée mercredi par la Fed a été accentuée jeudi par une vague de relèvements de taux de plusieurs autres banques centrales, de la Banque nationale suisse à la Banque d'Angleterre.

"Les marchés actions sont à la peine, car ils s'attendent à ce que la flambée des taux déclenche une récession mondiale", a commenté, dans une note, Edward Moya, d'Oanda.

La séquence a enflammé les taux obligataires, que les marchés actions voient, avec angoisse, remonter à marche forcée depuis des semaines.

Jeudi, le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans a bondi à 3,70%, contre 3,52% la veille, au plus haut depuis février 2011.

Le taux à dix ans allemand ressortait à 1,97% et le français à 2,51%.

Le Japon au secours du yen

Sur le marché des changes, le dollar a atteint jeudi dans la nuit de nouveaux sommets face aux autres grandes monnaies. L'euro se stabilisait à 0,9833 dollar et la livre à 1,1255 dollar, vers 20H55 GMT.

Après avoir touché un pic à 145,899 yen, le dollar refluait à 142,40 yen (-1,15%), le ministère des Finances japonais ayant déclaré être intervenu sur le marché pour soutenir le yen, une première depuis 1998. Il avait aussi agi en 2011 pour baisser la monnaie.

Le yen glisse depuis le début d'année, notamment en raison de la politique de la Banque du Japon (BoJ) qui n'a pas durci ses taux contrairement aux Etats-Unis. Jeudi, elle a encore maintenu sa politique monétaire ultra accommodante, estimant que les conditions n'étaient pas encore réunies pour un resserrement monétaire, l'inflation n'étant que de 2,8% sur un an au Japon.

De son côté, la banque centrale turque a abaissé jeudi son principal taux directeur pour le deuxième mois consécutif, de 13% à 12%, la livre turque atteignant au même moment son plus bas niveau historique par rapport au dollar.

Du côté de l'énergie

Les cours du pétrole ont terminé en petite hausse jeudi, dans un marché qui ne réagit que faiblement à l'escalade russe dans le conflit ukrainien, mais plus préoccupé par les conséquences sur la demande du resserrement monétaire généralisé.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, a gagné 0,70%, pour clôturer à 90,46 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour échéance en novembre, a lui pris 0,66%, à 83,49 dollars.

Le gaz naturel européen reculait de 0,93% à 188 euros le mégawattheure sur le marché de référence en Europe, le TTF néerlandais.

Tech, immobilier, luxe en berne

Parmi les secteurs les plus affectés jeudi figurent la technologie (ASML -5,19%) ou encore le luxe (Hermès -4,92%), car la hausse des taux diminue la valorisation de leurs bénéfices futurs, et l'immobilier (Vonovia -4,82%).


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.